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22/11/2010

Pause (toujours ?)

Color%20digital(1).jpgAprès quelques années de parfois bons mais toujours loyaux services, « De Lyon et d’ailleurs » va aller se faire voir ailleurs rejoignant ainsi l’immense cimetière des blogs. Ce blog n’a jamais été une passade conjoncturelle destinée à glaner quelques poignées de voix dans les caniveaux des campagnes électorales. Tout au contraire, avec ses milliers de billets publiés depuis le 20/11/2006, « De Lyon et d’ailleurs » m’a permis de donner mon grain de sel sur à peu près tout et n’importe quoi même si les arcanes de la vie politique locale n’ont jamais été mon obsession principale. En vérité, car tel était le cahier des charges que je m’étais fixé, les petites bassesses et les grands coups tordus qui enrichissent au quotidien notre vie politique tout en donnant naissance aux plus beaux ragots, n’ont jamais fait partie de la démarche de ce blog. Peut-être en sera-t-il autrement plus tard, Dieu seul le sait.

A deux ans des présidentielles, à quatre des municipales, le contexte qui va s’imposer à nous nécessite de changer et probablement d’imaginer un retour, pourrait-on dire, en fanfare, de la politique même au prix de l’abandon de mes dérisoires inclinaisons pour les sous-cultures, celles de ma génération. C’est donc avec ce type de perspective qu’un nouveau blog pourrait émerger d’ici quelques temps. Un blog probablement plus énergique que jamais, plus acide que parfois et peut-être même plus libre que jadis.

Que ce qui ont tant fait pour que « De Lyon et d’Ailleurs » existe se reconnaissent et soient remerciés chaleureusement. Que ceux qui, parfois en très grand nombre, se sont chaque jour tournés vers quelques-uns de mes morceaux de bravoure reçoivent mes plus cordiales salutations et enfin, que ceux qui ont toujours affiché un suffisant dédain à l’égard de cet exercice quotidien tout en se précipitant dès la première heure sur ce blog afin de renifler ce qui s’y disait soient également remerciés et pardonnés. Je vous embrasse tous et vous dis qu’il pourrait peut-être y avoir une vie après la pause, alors attendons la fin de la pause.

Lyon, le 22 novembre 2010.

21/11/2010

Ah ! Les filles

Ecoutez « Fidelity ! » l’inattendu album de la merveilleuse Chrissie Hynde qui nous revient affublée d’un compagnon que vous jugerez d’infortune, l’ancien leader des gallois de Grace, le dénommé J.P.Jones. En la circonstance, enlevez le mec, il vous reste Chrissie et un assez bon disque. Laissez le J.P. en question et vous obtiendrez un disque plus que dispensable et sans importance. Morale de l’histoire, dans bien des cas les filles gagneraient à se passer des gars. D’ailleurs ces temps-ci, les disques des filles semblent particulièrement bien troussés. Après un volume 1 du tonnerre de dieu, Suzanne Vega livre un excellent « close-up » (vol 2. People and places) annonciateur de deux autres à paraître dans les semaines qui viennent. Moins Folk et plus Soul, loin des âneries de Lady Gaga, Mavis Staples avec son « You are Not Alone » signe quant à elle, malgré ses soixante-dix ans bien sonnés, un assez formidable exercice de figures imposées se situant entre une Aretha Franklin en forme et l’énergie du regretté Salomon Burke. Au programme des reprises de Randy Newman, Allen Toussaint ou John Fogerty avec l’aide précieuse de Jeff Tweedy de Wilco.

Peu éprouvées par ma démonstration je vous imagine grognons et négatifs, pour tout dire chieurs à l’idée d’admettre que les filles sont formidables. Malgré ce faux-pas de la belle Chussie, avec la série gagnante en cours de Vega la New Yorkaise et le « peps » de Mavis Staples je ne dois, pour anesthésier définitivement votre soif de contestation vous lancer à la figure le nouveau Emily Jane White, ainsi qu’un « Bang bang » beau et agréable d’une anglaise née en Italie, Sara Schiralli, dont je dois vous avouer que je ne connais absolument rien.

Bref vous l’avez compris, les bons disques de femmes se ramassent cet automne à la pelle. Pourquoi s’en priver ce d’autant que l’on dit également grand bien de Warpaint, une sorte de phénomène du moment, mais aussi de Women, un groupe de canadiens composés…de mecs.

  • JP, Chrissie and the Fairground Boys, " Fidelity ", Ear music
  • Suzanne Vega, "Close up - vol 2, people and places” Cooking vinyl/Pias
  • Marvis Staples, “You are not Alone”, Anti/pias.
  • Emily Jane White, “Ode To sentience”, Talitres/Differ-Ant. Sachant que l’éditeur bordelais de la chanteuse réédite les deux premiers albums dans un petit coffret vendu entre 15 et 20 euros
  • Sara Schiralli, " Bang Bang ", Universal

 

Lyon, le 21 novembre 2010.

20/11/2010

Chute, Berry

Laurent Cachard.pngLes plus attentifs d’entre-vous doivent s’en souvenir, j’avais pensé le plus grand bien du premier roman (édité) de Laurent Cachard, il s’agissait de « Tébessa, 1956 ». Fidèle à son éditeur dijonnais « Raison et passions », l’auteur lyonnais propose aujourd’hui son second roman, « La partie de cache-cache », un texte tout aussi court mais guère dans la même veine de son devancier puisque ici nul contexte historique ou politique ne vient à la rescousse d’un récit qui nous plonge dans les terres berrichonnes de Jean, Grégoire et Emilie pour une partie de cache-cache au final pleine d’enseignement et loin de l’innocence.

Mourir ? Suspendu dans le vide ? Aux prises avec les esprits ? Crier ? Apprendre à respirer ; Ne compter sur personne, s’enfoncer dans l’obscurité, se terrer ? Cette partie de cache-cache manipulée par Laurent Cachard frise au glacial en nous faisant piquer du nez dans le marais. Pour tout vous dire quand Cachard le Croix-Roussien nous entraînait dans les marges d’une guerre qui ne voulait pas dire son nom, chacun pouvait y retrouver ses petits. Maintenant qu’il cultive, avec les petits, ses angoisses dans le Berry, Laurent Cachard a plus à voir avec le loup garou qu’avec les canuts et contrairement à ce qu’il écrit, l’auteur se met enfin à renouer avec les bassesses de sa vie d’enfant, de quoi faire dire à certains qu’il était temps. A lire sans délais, d’un seul bloc, le soir, quand on est seul.

  • Laurent Cachard, « La partie de cache-cache », Editions Raison et Passions, 11 euros.

Contact : Editions Raison et Passions, 33 rue Philippe Genreau Dijon et www.raisonetpassions.fr.

Lyon, le 20 novembre 2010

 

19/11/2010

Irrespirable ?

ra_94.jpgC'est Denis Lafay, le directeur de la rédaction d'Acteurs de l'Economie qui rapporte dans le tout récent et dernier numéro de sa revue les propos d'un industriel concernant la guerre qui se mène pour le contrôle de la chambre de commerce. "Le climat dans la ville" nous dit le chef d'entreprise "est devenu irrespirable".

Denis Lafay n'est pas non plus le dernier à brosser un tableau préoccupant de l'ambiance qu'il croit être celle de Lyon alors que la CCI est en surchauffe électorale. "La gouvernance institutionnelle lyonnaise est lézardée" nous dit le journaliste. Pour illustrer son propos Denis Lafay indique que le "départ du Grand Lyon de Christophe Cizeron à l'été 2009, (le) remaniement du cabinet du Maire de Lyon, (le) flottement post-élections à la région, (les) rivalités des structures publiques internationales" comme la bataille consulaire actuellement à l'œuvre laisseront, précise le patron d'Acteurs de l'Economie, d'"irréversibles stigmates".

Contestable ou pas, dotée ou pas d'un trait trop dur, cette analyse est suffisamment nouvelle et inédite pour mériter l'attention qui convient. Même si de toute évidence les éléments de crise qui émergent ne convergent pas nécessairement notons qu'entre les coups qui volent bas ici, les contradictions motrices qui travaillent en profondeur là-bas ou les tendances centrifuges qui risquent de se manifester ailleurs en raison d'une gouvernance enivrée de solitude, les raisons de s'inquiéter sont bien réelles. Même si certains se rassureront en expliquant que Denis Lafay va un peu vite en besogne, force est de constater qu'un peu partout, respirer devient une épreuve. A suivre !

Lyon, le 19 novembre 2010.

18/11/2010

Back to Auvergne

C'est aux aurores que je vous poste le billet d'aujourd'hui devant, pour répondre à de biens normales obligations professionnelles, me rendre à Clermont, au cœur de cette Auvergne qui refuse héroïquement de coucher avec Hortefeux. A propos d'auvergnats, je ne sais pas si vous êtes comme moi mais la vie est plus légère depuis que, touché par le devoir de réserve, le pénible Charasse est obligé de se taire. Si Sarkozy avait la bonne idée de fourguer des postes de la même nature à Allègre, Besson, Longuet, Marini ou Ciotti, la bande-son de notre quotidien serait bien plus agréable. A propos de son, certains d'entre vous se demandaient comment était le concert de Jean-Louis Murat, le plus auvergnat de nos renfrognés, puisque l'homme s'était produit dans une quasi clandestinité du côté de Saint Genis-Laval. Comment vous dire ? C'était parfait, Murat disposant d'un groupe soudé pas très loin de friser à la perfection et, croyez-moi, la perfection parfaite est chose rare de nos jours.

Pour revenir à l'auvergnat de Neuilly, il paraitrait qu'après son renoncement aux municipales à Clermont, Hortefeux envisagerait sérieusement de tenter l'aventure municipale de 2014 à Vichy. Hortefeux et Vichy voilà des noms qui vont si bien ensemble. Une fois Maire de Vichy, Hortefeux pourra se rapprocher de l'une des grandes figures de la ville à savoir Claude Vorilhon plus connu sous le nom de Raël. Avouez qu'une rencontre Hortefeux-Vorilhon cela aurait de la gueule au même titre que celle jadis organisée entre Sarkozy et Tom Cruise.

Lyon, le 18 novembre 2010.

17/11/2010

Cranach naturalisé ?

les-trois-graces©lucas-cranach.jpgNotre grand musée national, le Louvre, en appelle au mécénat individuel (http://www.troisgraces.fr) pour acquérir une œuvre de Lucas Cranach, Les Trois Grâces.

Il s’agit ici de Lucas Cranach le Vieux et le tableau est estimé à quatre millions d’euros. Pourquoi pas, me direz-vous.

Soit. Mais l’accroche que j’ai trouvée sur le site dédié à l’acquisition du tableau m’a de prime abord quelque peu agacé : l’œuvre est déclarée « trésor national ». Bigre ! Certes l’art n’a pas de frontière - et c’est heureux - mais s’agissant de Cranach, peintre allemand fameux du XVIème siècle, l’appellation « trésor national » est quand même excessive, non ?

J’avais tout simplement oublié qu’il s’agit en fait d’une bien curieuse qualification, une sorte d’astuce légale, décidée par une commission ad’hoc pour refuser la délivrance du certificat qui, seul, permet à son propriétaire de sortir un bien artistique du territoire. Une astuce qui, pendant 30 mois, permet aussi à l’État et à ses musées de l’acheter au prix fixé par une commission d’experts (encore une). Et si le propriétaire n’est toujours pas d’accord pour la vendre, on prononce une nouvelle interdiction de sortie. Ad vitam. Voilà comment les Trois Grâces allemandes sont devenues « trésor national ».

Il n’empêche, cette appellation continue à m’apparaître comme un ersatz de cocorico national tout-à-fait boursouflé.

Quant à la manière consistant à en appeler au mécénat individuel, elle me pose elle aussi problème. C’est en effet une niche fiscale pour le moins contestable que celle qui est utilisée en l’occurrence et qui permet une déduction d’impôt au donateur. Ainsi, pour un don de 100 euros, 66 euros de réduction fiscale sont octroyés à un particulier et 90 euros à une entreprise. Naturellement, ces euros seront pris sur les autres contribuables et, puisque l’impôt versé est insuffisant pour permettre d’assurer tout le fonctionnement « social et culturel » nécessaire, ils seront pris sur d’autres budgets. In fine, il est tout à fait possible qu’ils soient pris sur les moyens nécessaires au développement culturel de nos rejetons. Un comble quand on sait que le chapitre « accès à la culture » du budget 2010 a baissé de près de 10 millions d’euros !

Jean-Paul Schmitt

Illustration: Les Trois Grâces, 1531, Lucas Cranach, dit l’Ancien, huile sur bois (© 2010 musée du Louvre).

16/11/2010

France des années 2020. Roman d'anticipation

carte_elections_2e_tour.jpgNous sommes le 1er février 2020. J'ai bientôt 40 ans, plus que 30 ans avant de pouvoir prendre ma retraite.

Hier soir à la télévision, le président Strauss-Kahn, âgé de 71 ans, a d'ores et déjà annoncé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat, laissant ainsi les mains libres à son premier ministre, Arnaud Montebourg, pour être candidat aux présidentielles de 2022. Jean-François Copé, avocat fiscaliste aujourd'hui retiré de la vie politique depuis son score croupion aux élections présidentielles de 2017- surclassant de quelques milliers de voix seulement celui de Gaston Defferre en 1969 - n'a pas souhaité réagir à cette annonce. Xavier Bertrand, assureur militant, a déclaré "être disponible afin de mettre fin à la politique du gouvernement socialo--modemo-écologiste qui a ruiné la France depuis 2012". Toutefois, les travaux de la commission d'enquête "Droit d'inventaire après Kärcher" risquent d'entraver derechef les ambitions du conseiller territorial de Picardie, le président de ladite commission, le député-maire d'Antony Alain Morvan, ayant déjà annoncé qu'il envisageait de l'auditionner "à toutes fins utiles" d'ici la fin de l'année.

Beaucoup de départ en retraite à droite et au centre. Jean-Louis Borloo a quitté tous ses mandats électifs pour prendre la tête de la Fondation "France-Six Roses". Brice Hortefeux, sénateur-maire de Vichy, a été déclaré inéligible pour sa énième déclaration sur les auvergnats. Voilà qui devrait renvoyer aux oubliettes la proposition de rétablissement de la peine de mort pour les français naturalisés depuis moins de dix ans. Christine Lagarde est annoncée à la présidence du FMI tandis que Dominique de Villepin a remplacé à la tête du Conseil Constitutionnel Jean Sarkozy, fraichement licencié en droit après huit années de dur labeur et nommé à cette fonction le dernier jour du mandat de son père. Xavier Darcos a été quant à lui élu nouveau secrétaire perpétuel de l'Académie Française après la modification du règlement de 1635 qui interdisait, jusqu'à présent, d'être membre de la Compagnie immortelle à ceux qui ne maitrisaient pas totalement la règle de trois et le passé antérieur. Ces nouvelles dispositions sont de nature à susciter quantités de vocations, à l'instar de Frédéric Lefebvre,maire d'Issy-les-Moulineaux depuis l'épectase de Santini, auteur du célèbre "J'ai été sarkozyste : itinéraire d'un malgré-nous" et à qui il tarde de remplacer le joyau toujours vert Valéry Giscard d'Estaing au fauteuil n°16 jadis "Occupé" par Charles Maurras.

A gauche, quelques nouveautés. Ségolène Royal, ministre de l'Intérieur et de la Fra-ter-ni-té, a soulevé un tollé lors du débat sur la loi portant création d'internats militaires pour les jeunes en difficulté. Gérard Collomb, maire de Lyon depuis 19 ans en campagne pour son 4ème mandat, actuellement ministre de l'aménagement du territoire, espère que l'OL, désormais présidé par Olivier Faron, remontera en CFA 2 dès cette saison. Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, ministres d'ouverture du gouvernement Montebourg, ne cachent plus leurs divergences de plus en plus fortes avec le président Strauss-Kahn. Jean-Luc Mélenchon aurait rédigé, sans l'envoyer, sa douzième lettre de démission. Bruno Julliard, ministre de l'Education Nationale, a déclaré penser à la Mairie de Paris "en se rasant le matin".

Nouvelle polémique sur l'île d'Yeu depuis que Eric Besson, qu'on aurait aperçu aux bras de sa femme Marine en Amérique du Sud, a fait discrètement fleurir la tombe de son beau-père ainsi que celle de son voisin de tranchée.

Au Sénat, il y a néanmoins fort à craindre d'un basculement à droite de la haute assemblée lors du renouvellement de septembre. Michel Mercier, ancien garde Sceaux et désormais benjamin du Palais du Luxembourg, fait figure de favori pour succéder à Laurent Fabius au perchoir sénatorial. Il faut dire que le projet de loi portant interdiction impérative du cumul des mandats a réveillé, en pleine sieste et en plein gigot, quantités de barons sur lesquels, vous l'imaginez bien, l'étique Mercier ne manquera pas de surfer à la vitesse du Rhône Express fondant sur Saint Exupéry.

A Corbeil-Essonnes, le toujours fringant Serge Dassault, 95 ans, a dû se résoudre à ne pas se succéder à lui-même et convoiter le suffrages des électeurs, vivants ou morts, une décision souveraine du conseil constitutionnel ayant établi que le risque d'énurésie était incompatible avec l'exercice d'une fonction élective, notamment en ce que "la présence ininterrompue d'infirmières au cours des séances du conseil municipal pouvait être de nature à empêcher la bonne tenue des débats".

Michel Sardou a sorti son dernier album, "Nicolas, reviens, ils sont devenus fous". Carla Bruni vient d'épouser en huitièmes noces Silvio Berlusconi.

Il est huit heures, mon réveil sonne. Nous sommes le 16 novembre 2010. François Fillon est toujours Premier Ministre et Frédéric Lefebvre est membre du gouvernement. Pour atténuer cette légitime torpeur matinale, on m'apprend que le préfet Gérault a glissé à un poste parisien. J'ai repris deux fois des moules.

A la semaine prochaine

Stéphane Nivet

15/11/2010

Chaud et froid

matiere_transporte_a_chaud.jpgIl y a fort à parier que la nomination du gouvernement nouveau ne fasse ni chaud ni froid aux français à l'instar du match OL-Nice d'hier soir qui a laissé de marbre tout Gerland. Cela étant, pour en rester aux différences de températures c'est aujourd'hui à Lyon que s'ouvre "Sibérie inconnue" ce festival de création russe imaginé par la Fondation Mickhail Prokhorov et sa fondatrice Irina Prokhorova, un événement qui s'achèvera, le 21 novembre prochain. Comme le disent les Inrockuptibles de la semaine l'initiative de la manifestation, "La Sibérie est une métaphore de la Russie puisque elle a toujours été le centre symbolique du pays, le point névralgique de tous ses paradoxes culturels et historiques". Russie et Sibérie, pourrait-on dire, sont toutes deux malheureusement aussi des territoires de censure, de soumission à cet ordre aux allures de pas de l'oie qui règne à Moscou, à cette poutinisation intolérable mais aussi fort heureusement, à des actions de résistance. L'événement lyonnais qui se veut et est, aussi divers que varié, s'il tient ses promesses, devrait donc faire date.

Pendant que le froid Sibérien s'installera dans l'atrium de l'Hôtel de Ville avec l'exposition "Qui devenir ?", le Conseil Municipal, quelques mètres plus loin, sous la chaleur des spots de la télévision, éclusera, heure après heure, l'égotisme pesant des uns plus que des autres. Sauf s'ils aspirent à ressembler à leur propre caricature, il convient donc de mettre en alerte ceux qui souhaitent faire de l'art de pérorer le degré ultime de la politique. Une tuile arrivant rarement seule, l'idée saugrenue de l'exécutif de réduire le nombre de séances publiques risque dans les temps qui s'annoncent de provoquer un allongement insupportable et inutilement à risque de nos Conseils Municipaux qui ressembleront ainsi à ces pérégrinations devenues désuètes de l'Orient Express vers la Russie éternelle, du chaud vers le froid.

> "Sibérie inconnue", du 15 au 21 novembre 2010 à l'Opéra, les Célestins, l'Auditorium, l'Hôtel de Ville, le Conservatoire National supérieur de musique, la Galerie des Terreaux, les Subsistances…Renseignements sur le site culturel de la Ville, sur www.france-russie2010.fr et www.prokhorovfund.rv

> Séance publique du Conseil Municipal, 15 heures, Hôtel de Ville, entrée place de la Comédie

> Le Collectif des Morts sans toi(t) et le Conseil Lyonnais pour le Respect des Droits organisent le mercredi 17 novembre à 18h30 leur traditionnelle cérémonie annuelle d'hommage aux lyonnais disparus dans la solitude. C'est à l'Hôtel de Ville et ouvert à tous.

Lyon, le 15 novembre 2010.

14/11/2010

Restos

restos-du-coeur.gifLes chiffres parlent malheureusement d’eux-mêmes. Les Restos du cœur c’est près de 60 000 bénévoles qui apportent leur aide à 830 000 personnes distribuant ainsi plus de 100 millions de repas par an.

Sur 100 euros qui sont destinés aux Restos, près de 43 euros proviennent de la générosité des Français et plus de 17 euros de la vente des CD et DVD des enfoirés.

Bientôt, plus de 2000 centres vont fonctionner, 70 Restos bébés du cœur s’activer et pas loin de 100 camions distribuant leurs repas chauds vont marauder. Les restos c’est aussi des lits d’hébergement, des logements temporaires, des ateliers d’insertion, des centres contre l’illettrisme sans oublier des opérations vacances, des rendez-vous cinéma ou des bibliothèques et vidéothèques qui fonctionnent dans les centres.

Plus que jamais le soutien aux Restaurants du cœur est une nécessité car l’association fondée par Coluche est tristement victime de son succès. De plus en plus de jeunes gens comme des personnes âgées touchant de toutes petites retraites sont dans l’obligation de se tourner vers les Restos. Les restaurants et Relais du cœur ont de plus en plus besoin de nous, ils comptent sur nous.

Pour les aider allez sur www.restosducoeur.org, téléphonez au 01 53 32 23 27 ou bien envoyez vos dons au 8, rue d’Athènes, Paris 9ème.


Goldman & Coluche - Les Restos Du Coeur
envoyé par cladstrife. - Regardez la dernière sélection musicale.

Lyon, le 14 novembre 2010

Photo:DR

13/11/2010

Nostalgies

michel_drucker_0002_michel_drucker02.jpgVous vous posez peut-être la question de l’opportunité de cette fameuse Maison Sarkozyste de l’histoire de France que l’on veut imposer contre l’avis quasi général des historiens. Comme le dit ce pauvre Mitterrand, pour savoir si un projet est « novateur et ambitieux », il suffit de mesurer la controverse qu’il produit. Concernant la Maison en question, la critique est dans une forme tellement olympique, que, comme le dit Frédo, c’est à coup sûr un projet aussi génial que grandiose. Regonflé à quelques encablures du remaniement, le neveu va même plus loin puisque l’animateur de télé devenu ministre n’hésite pas à comparer le barouf fait par le projet Sarkozyste à ce que fut, en son temps, la controverse du Centre Pompidou ou mieux le Grand Louvre avec sa pyramide combattue férocement par toute la droite regroupée derrière le Figaro Magazine.

Cela étant l’histoire et la mémoire ne se sont jamais aussi mal portées dans notre pays depuis que Nicolas Sarkozy est président. De l’Afrique aux captations d’héritages historiques, le chef de l’Etat bouffe et rumine l’histoire, manipule avec déraison la mémoire, triture les pires choses du passé pour en faire les douceurs nostalgiques d’aujourd’hui.

Après le come back de Patrick Sabatier imposé par l’Elysée, le retour du prof de gym Pierre Sled bombardé à la direction de France 3 par le Président, la nostalgie mémorielle sera ce soir à son comble puisque Michel Drucker nous administre une nouvelle fois ses « Champs Elysées » qui attendaient dans le formol depuis quelques années. Ce soir on arrache notre goute à goute mémoriel, on débranche la télé.

Lyon, le 13 novembre 2010

Photo:DR

12/11/2010

Deux balles

Canal---Le-Bouquet.gifComme l’ensemble des abonnés à Canal Plus et Canal Satellite, je viens de recevoir une lettre circulaire d’un dénommé Chamouton, Directeur des services clients, qui indique au « Cher abonné » que je suis, qu’à cause de la loi de finances 2011, la remise tarifaire de deux balles que l’on me faisait sur l’abonnement était désormais de l’histoire ancienne.

Ce Chamouton, qui n’était peut-être qu’un collégien au moment de la naissance de Canal, m’explique que son groupe est un acteur majeur du cinéma qui reverse chaque année une part importante de son chiffre d’affaires afin de financer des œuvres audiovisuelles. Arrêtez votre char Chamouton et cessez de prendre les abonnés pour des buses.

Si Canal Plus reverse de l’argent au cinéma c’est que la loi lui en fait obligation depuis la préhistoire de la chaîne payante. Nous dire dans une lettre à « deux balles » que tout cela est presque un acte d’amour de Canal à l’égard du cinéma n’est que pure manipulation. Chamouton vous qui venez d’adapter vos tarifs à cause de la loi de finances 2011, il convient d’expliquer à vos « chers abonnés » que si vous ne voulez plus soutenir le cinéma, il suffit de mettre la clé sous la porte et de céder ainsi à d’autres l’immense privilège que le pays tout entier vous accorde.

A un moment où certains pleurnichent à la première saillie démagogique de Mélenchon ou Montebourg, il n’est tout de même pas inutile de rappeler que les concessions accordées généreusement à TF1, Canal, Métropole Télévision ou Direct ne devraient pas bénéficier d’une automaticité de renouvellement. N’oubliez pas cher monsieur Chamouton que bien qu’excellente, la bonne soupe que vous dégustez pourrait être servie à d’autres. En attendant, et pour revenir à nos deux euros, sachez que votre initiative, monsieur Chamouton, a le mérite d’entretenir mon animosité à l’égard de Sarkozy mais, à bien y réfléchir, sachez aussi qu’il pourrait m’arriver de vouloir en finir avec votre télé à deux balles en me désabonnant.

Lyon, le 12 novembre 2010

Photo:DR

11/11/2010

Banlieues d’Europe

20ans-banlieues.jpgSi d’aventure certains d’entre-vous souhaitiez y participer, je veux évoquer dès aujourd’hui les 20 ans de « banlieues d’Europe » qui seront célébrés les 25, 26 et 27 novembre dans l’agglomération lyonnaise. Au cours de ces trois jours, l’association souhaite faire découvrir à tous des projets culturels et artistiques participatifs nés en Irlande du Nord, Angleterre, Allemagne, Italie, Autriche ou Slovénie.

Ces trois jours seront par ailleurs rythmés par trois temps forts : une rencontre professionnelle, un forum européen ainsi qu’une programmation artistique très diversifiée.

Il est bien entendu difficile de décrire par le menu les nombreux ateliers et les séances plénières qui attendent les participants à ces rencontres européennes. Je vais donc concentrer le tir sur quelques aspects d’une programmation culturelle à priori très rafraichissante donc voici le détail.

Vendredi 26 novembre

> Avant-première du film « 9.3 la belle rebelle » de Jean-Pierre Thorn

    Cinéma Comoedia, 13 avenue Berthelot, Lyon 7ème (réservations au 08 92 68 69 22)

    > Théâtre du Grabuge, « Ulysse et moi » de Sylvain Bolle-Redat

      Salle Genton, 21 rue Genton, Lyon 8ème (réservation au 04 72 04 81 18)

      > Compagnie Kadia-Faraux, « Tartuffe(s) »

        Centre culturel Charlie Chaplin, Place de la Nation, Vaulx en Velin (réservations au 04 72 04 81 18)

        Samedi 27 novembre

        > « Fanfaraï et autres surprises artistiques… » Au Marché-gare, salle de musiques actuelles, Lyon 2ème.

          Pour participer à l’ensemble de la manifestation, joindre « Banlieues d’Europe » au 271 rue Vendôme, Lyon 3ème - Tél 04 78 60 97 80 et banlieues.deurope@wanadoo.fr

          Lyon, le 11 novembre 2010

          Photo:DR

          10/11/2010

          Massacre des innocents

          Ben.jpgDepuis sept ans, 300.000 Chrétiens ont disparus d’Irak. Ils étaient 1,2 million sur les 23 millions que comptait l’Irak à la fin des années 80. Ils ne sont plus guère que 300.000 à 500.000 aujourd’hui. Des centaines sont, depuis 2003 notamment, les victimes d’un fanatisme terroriste. Les 52 morts de la semaine passée dans la cathédrale de Bagdad, parmi lesquels 35 fidèles et deux prêtres, rajoutent encore de l’horreur à l’horreur.

          Revendiqués par une mouvance d’Al-Qaïda en Irak, ils s’inscrivent dans une volonté déterminée d’éliminer des humains, femmes et enfants compris, pour leur seule appartenance à la religion chrétienne.

          De nombreux témoignages décrivent les atrocités que subissent aujourd’hui ces communautés chrétiennes irakiennes. Le Secours Catholique a recueilli en juin 2010 celui de Nageeb Mekhail, supérieur des dominicains de Mossoul. Lui n’hésite pas à parler de génocide. Le silence assourdissant sur ce sujet est habituel de la part des médias et des intellectuels de tous poils. Hormis lorsque des hauts faits d’horreur, vite oubliés, permettent un gros titre bien sanglant.

          Raison de plus pour signaler le trop lointain mais néanmoins excellent article de l’ami Romain Blachier sur Lyonnitude(s) de novembre 2007. Déjà, il parlait des « Chrétiens d’Orient oubliés ». Mais – pardon Romain – permets-moi un petit tacle : à la date du 5 novembre 2010, à part les manifs, l’autocongratulation et le slow, nada sur ce sujet ? Seraient-ce tes recettes de cuisine qui ont fait grimper ton blog dans le top ten ?

          Plus sérieusement, à part celle de Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, les voix des musulmans ne sont pas très fortes non plus sur ce sujet. Que je sache, à la même date du 5 novembre, je n’ai toujours rien lu de tonitruant de la part du recteur Kaptane. Me trompais-je ?

          Allons, amis musulmans pratiquants ou autres, faites-vous entendre !

          Jean-Paul Schmitt

          09/11/2010

          Remaniement : le pire n'est jamais décevant

          remaniement.jpgLa droite est en ébullition à l'aune du prochain remaniement. Les amabilités virevoltent. Les Volfoni passeraient pour des chérubins affectueux en comparaison de sentiments prisables et réciproques que se font livrer par grappes charnues les tenanciers de l'UMP et apparentés.

          Je vous propose quant à moi une sublimation : en exclusivité le futur casting gouvernemental, sous réserve bien sûr de disponibilité, mise en examen, inflation subite, nomination soudaine au conseil d'Etat, au Conseil économique,social et environnemental ou à la villa Médicis :

          Premier Ministre : Un Borloo sinon rien. L'UMP à visage humain. Notre Charles Bukowski de l'écologie mériterait à lui seul la création d'une appellation d'origine contrôlée "Grenelle" tellement il serait injuste qu'on nous le copiât. Chaque jour que Dieu fermente démontrera l'efficacité du sieur Borloo à Matignon, notamment depuis que le fils Dufeigneux, auteur d'une mémorable cuite à Varenne, a été éloigné de Matignon.

          Ministre du Travail, de la Santé et de l'Inflation présidentielle : Xavier Bertrand, assureur militant, qui aura à cœur d'exsuder l'ultrasarkozysme jusqu'à la transe façon convulsionnaire de Saint Médard. Si le sarkozysme était une religion, il serait préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

          Ministre de la Culture : Max Gallo, un Saint-Simon qui n'a rien vu. Et si Gallo n'est pas disponible, on peut rêver rue de Valois une des figures intellectuelles du sarkozysme : Jean-Marie Bigard, Michel Sardou, Christian Clavier ou Mireille Mathieu. Frédéric Mitterrand compte bien faire son Jack Lang et jouer les prolongations.

          Ministre de l'Economie, des Finances, du Milliard des Emigrés et du Budget: François Baroin, qui réclame depuis des semaines qu'on fasse donner Lagarde.

          Ministre de la Défense : Bruno Lemaire. Kaboul lui apprendra à rêver de Matignon.

          Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche : Valérie Pécresse, parce qu'elle le vaut bien. Un nouvel épisode de Martine en classe de découverte à ne pas manquer.

          Ministre de la Justice : Luc Châtel, mousquetaire du sarkozysme, Potemkine d'Intermarché, qui pourra mettre au service du parquet son expérience en matière de cirage et s'échinera à une politique pénale très keynésienne : généreuse et interventionniste. Ou pourquoi pas Philippe Courroye, pour services rendus.

          Ministres de la solidarité et de l'industrie, solidairement : Nadine Morano et Christian Estrosi, les Shirley et Dino de l'ump'iste aux étoiles.

          Ministre de l'Immigration, de l'Identité Nationale, haut commissaire aux expulsions matinales et à l'amitié franco-tunisienne: Eric Besson, dont le goût pour le maroquin est inextinguible.

          Ministre de la vile politique et des banlieues,  Porte parole du gouvernement : Eric Raoult, Démosthène avant les cailloux.

          Ministre de l'Agriculture, de l'espace rural et de l'aménagement de son territoire : Michel Mercier, marquise des granges, barriste rural usufruitier en survivance, qui ne fleurit qu'à la lumière que reflètent sur lui les lambris de préfecture et le mobilier national.

          Ministre de l'Intérieur, de l'Information et de la surveillance des fuites : Brice Hortefeux. Présumé innocent dans l'attente de son jugement pour injure raciale.

          Ministre Etranger aux Affaires : Eric-Innocent Woerth, dont le procès en béatification s'ouvrira sans doute avant tous les autres.

          Ministre de la Fonction Publique : Laurent Wauquiez. Dents longues, idées courtes.

          Secrétaire d'Etat aux sports et à la Validation des Acquis de l'Expérience : Rama Yade, Sémiramis de la gaffe. Serait médaillée d'or si les arts décoratifs étaient discipline olympique.

          Secrétaire d'Etat à l'Intérieur, chargé du démantèlement de la carte électorale et des collectivités : Alain Marleix, une sorte de petit Pasqua continental.

          Stéphane Nivet

          Photo: DR

          08/11/2010

          Trombinoscope

          mw08201.jpgSauf si Easy Jet en décidait autrement, c’est aujourd’hui que nous revenons entre Rhône et Saône au terme d’une escapade londonienne plutôt heureuse si l’on accepte d’oublier aussitôt quelques détails matériels comme, par exemple, l’hôtellerie ou les transports. Quand on évoque le potentiel museal de Londres on ne peut que penser à la Tate (Modern) mais malheureusement cette fascinante ancienne usine électrique semble dévorer les esprits au point que souvent certains touristes résument l’offre londonienne à ce monstre qui trône au bord de la tamise. C’est pourquoi je veux vous dire aujourd’hui deux mots sur une petite sœur plus pauvre, spécialisée dans le portrait, que je m’oblige à visiter lors de chaque séjour et qui recèle quelques petits trésors moins respectables sur le plan artistique mais d’autant plus attachants.

          Il s’agit, vous l’avez compris, de la National Portrait Gallery, un musée aussi unique qu’impressionnant qui, logé à Trafalgar derrière la National Gallery, s’impose comme le plus grand trombinoscope jamais imaginé. De Churchill à Shakespeare, du Roi Charles I à Jane Austen, de (Sir) Paul McCartney à Richard Branson les portraits accumulés vont de la croûte de seconde zone au chef d’œuvre incontesté. Ce musée qui affiche dignement ses plus de 150 ans est donc un cas, par ailleurs gratuit d’accès, qui assume fièrement un principe jamais remis en cause. Ici la valeur artistique ou esthétique de l’œuvre importe peu. Ce qui compte c’est le portrait du personnage peint, photographié, sculpté ou caricaturé. Si les stars de l’histoire britannique vous lassent un peu, si les Tudor ne vous inspirent pas, allez tout de même à la National Portrait Gallery ne serait-ce que pour y débusquer David Bowie, Blur, Dickens ou John Peel. Bonne visite si vous croisez un jour par Trafalgar square.

          Londres, le 8 novembre 2010

          Photo:DR

           
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