Avertir le modérateur

28/09/2010

Bruno Gollnisch, itinéraire d'un infant raté

gollnisch.jpeg16 septembre 2010, parvis de la basilique Saint Denis. Bruno Gollnisch, aspirant président du Front National, lance sa campagne interne depuis la nécropole des rois de France. Car pour détrôner Jean-Marie et faire la nique à Marine, Bruno Gollnisch est prêt à tout, même à convoquer les rois de France, Sainte Geneviève et tous ceux qui, "Dieu de clémence, ô Dieu vainqueur" sauveront, sauveront la France "Au nom du Sacré Coeur". Entre deux écrouelles et cinq pédiculoses corporelles à guérir, Bruno eut le temps de se rêver successeur de Louis I le Bègue, Louis IV d'Outremer, Louis VI le Gros et Louis XVI le Raccourci, tout en n'omettant pas d'écumer quelques vilénies contre la Révolution de 1789 et la horde de malheurs qui se sont bien évidemment abattus sur la France et sa mère l'Eglise.

Bruno Gollnisch, dont chacun à Lyon garde de son sens de l'Histoire un souvenir certain, a en plus un sens de l'optimisme à rendre jaloux ce porte-parole de Saddam Hussein qui chantait la douceur de vivre à Bagdad entre deux bombardements anglo-américains, n'ayant crainte de lancer sa croisade associative depuis une fosse commune de banlieue rouge. "Bruno, santo subito" pouvait-on entendre parmi la foule d'humanistes tridentins lefebvristes intégristes anticoncordataires venus participer au lancement de cette Reconquista des quartiers.

Pour être Kaiser à la place du Kaiser, Bruno Gollnisch avait pourtant toutes les cartes en main et les dieux très tôt s'étaient penchés sur son berceau.
Né à Neuilly le même jour - le 28 janvier - que Nicolas Sarkozy, ses parents lui attribuent le doux prénom de Bruno, qui, à lire les meilleures encyclopédies, viendrait du germanique brun, qui signifie bouclier mais aussi armure, couleur brune. Voyez combien la Divine Providence ne fut pas maladroite et n'a pas mégoté sur les grâces qui entourèrent la naissance celui dont nous parlons pour l'aider à son dessein national.

Et ce sans préjudice de la riche lignée dont il est le fruit : Gustave Flourens, son arrière grand-oncle fut défenseur des Crétois insurgés contre l'Empire Ottoman et les morceaux choisis de son oeuvre éphémère et discrète se trouvent, pour les amateurs de philanthropie, dans l'ouvrage de Marc Crapez, L’antisémitisme de gauche au XIXe siècle; Emile Flourens, son arrière-grand-père savait vivre avec son temps et fut un membre éminent de la Ligue Française Anti-maçonnique qui publia dès 1907 un excitant La liberté de l'esprit humain, pourquoi l'Église de France triomphera de la persécution. Bon sang ne saurait donc mentir et à voir pareil lignage, on n'ose imaginer, comme aurait dit Audiard, "l'aspect grandiose du mélange". Tous les ingrédients étaient dès lors réunis pour que Bruno perçât sous Gollnisch.


Docteur en droit international, amoureux éperdu de la démocratie japonaise, Bruno Gollnisch grimpa très vite aux oriflammes tricolores du Front National à mesure qu'il devenait plus jeune doyen de France à la Faculté des Langues de l'Université Lyon 3, confirmant ainsi cet adage selon lequel le temps ne fait rien à l'affaire. Le latin de messe n'ayant aucun secret pour lui, il en abusa même jusque dans les prétoires des barreaux parisiens, en tant qu'avocat, et lyonnais, en tant que prévenu, prouvant ainsi que le code pénal était soluble dans le Chardonnet mais pas dans le Beaujolais. Pour parfaire pareil curriculum vitae, il servit même, en tant que capitaine de frégate, la marine française, rêvant sans nul doute de venger Mers-El-Kébir. Certaines mauvaises langues diront même à cet instant que c'est bien la seule Marine qu'il voulut servir un jour ...

Enfin, il obtint son bâton de Maréchal du Lepénisme - excusez le pléonasme - en se faisant exclure pour cinq années de l'Université évoquée supra pour ses amabilités relatives aux chambres à gaz homicides. Jean-Marie, murmure-t-on, en eut la larme à son oeil et aurait failli, à l'annonce de cette nouvelle, passer l'arme à gauche mais aurait aussitôt retrouvé sa connaissance, la chose étant un motif d'exclusion du parti. 

N'ayant peur de rien, pas même de la contradiction, il profita des médias un matin de mars 2005 pour vanter les mérites de la séparation de la politique et de l'université, sur le perron de l'université évoquée ultra, en robe académique, son mortier de 75 à la main, et entouré d'une armée de vieilles ganaches lepénistes arborant des banderoles amphigouriques qui, sauf erreur de ma part, n'avaient aucun lien avec l'université française mais beaucoup avec Brasillach, l'inconsolable perte de l'Algérie ou encore la loi Gayssot à laquelle ils préfèrent d'aileurs donner le nom de "Fabius-Gayssot", histoire d'avoir leur dose d'acrimonie et de paranoia. Un vrai Greuze.

Mais Bruno a, si j'ose dire, un train et une loi salique de retard. Croyant avoir l'oreille attentive de Jean-Marie, il n'avait en réalité de lui que son mauvais oeil. Les eaux diaphanes d'une ultimogéniture blonde eurent tôt fait de l'engloutir et le ringardiser, le quotient intellectuel moyen de l'électeur d'extrême-droite ayant toutes les peines du monde à voter pour autre chose que pour un Le Pen, fût-il déguisé en chèvre décolorée de laquelle pendouillerait un écriteau éponyme. 

Ses audaces capillaires combinées à ses voitures de tombeur de chaisières à l'heure des vêpres ne feront rien à l'affaire. Au rythme où vont les choses, vous verrez qu'il finira recteur.

A la semaine prochaine, 

Stéphane Nivet

08:12 Publié dans Stéphane Nivet | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bruno gollnisch, front national, france, politique, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Votre article est à mettre aux chiottes, les votres évidemment

Écrit par : jeaninedecanet | 28/09/2010

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu