Avertir le modérateur

31/07/2010

J comme "Juliet, Naked"

J.jpg

Simple effet du hasard, alors que Nick Hornby nous propose « Juliet, Naked », un roman qui renoue avec le rock, Teenage Fan Club le groupe écossais quasi-fétiche du même Hornby nous livre un album particulièrement intéressant suite à une très longue période de disette puisque, si je ne fais pas erreur, « Songs From Northern Britain » remonte à 1997.

Simple coup du sort, alors que Tucker Crowe, musicien à la tête d’une discographie correcte mais demeurée en plan depuis 1986 continue d’être invisible, un peu à la manière d’un Salinger, c’est dans les WC d’une salle de concert de Minneapolis qu’on pense l’avoir vu pour la dernière fois et c’est, vous l’avez compris, à ce moment là que Hornby nous refile dans les pattes son Duncan, un personnage majeur du nouveau roman de l’auteur de « High Fidelity ». Hornby, un type comme l’indiquait Eric Neuhoff dans Le Figaro « qui écrit sur la musique comme personne » et un écrivain comme le formulait astucieusement J.D. Beauvallet dans Les Inrocks qui excelle dans l’art de raconter des histoires de ménages à trois, le rock ou le foot étant le troisième angle un peu à la manière du « Bizarre Love Triangle » de New Order, autre groupe fétiche de l’écrivain.

Frappa dingue comme nombre de fans peuvent l’être Ducan va donc partir sur les traces de Tucker Crowe entraînant même sa pauvre compagne Annie. Le ménage à trois étant reconstitué encore une fois pour que le pire entraîne le meilleur, avec ce « Juliet, Naked » Nick Hornby nous redit que parfois au pays du rock les abrutis sont rois.

Hornby.jpgA tous je recommande bien entendu la lecture estivale de ce « Juliet, Naked » en précisant toutefois aux plus fauchés ou aux plus radins que, bien qu’étant édité en France par 10/18, ce bouquin n’est pas un livre de poche.

« Juliet, Naked » de Nick Hornby, traduit par Christine Barbaste, 10/18, 19 euros


New Order - Bizarre Love Triangle
envoyé par aquanote. - Clip, interview et concert.

Lyon, le 31 juillet 2010.

06:28 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : duncan, mineapolis, nick hornby, livre, roman, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/07/2010

I comme "Imelda Marcos"

I.jpgCe n’est pas parce qu’elle est passée presque inaperçue lors de sa sortie il y a deux ou trois mois qu’il n’est pas utile de revenir sur la dernière production de David Byrne concoctée avec Fatboy Slim et intitulée « Here Lies Love ». Objet musical parfois difficile à identifier mais néanmoins très intéressant, ce « Here Lies love » qui bénéficie de la participation de Cyndi Lauper, Martha Wainwright, Santigold, Steve Earle, Sharon Jones et Florence Welch, celle de Florence and the Machine, est surtout étonnant par son sujet. En effet ce disque nous replonge dans l’univers d’un personnage que chacun avait oublié et qui avait, à l’époque fait la « une » de la presse mondiale, je veux parler de Imelda Marcos la femme d’un dictateur Philippin connu pour ses détournements financiers répétés et personnage quasi historique du milieu des années soixante jusqu’à la dernière partie des « eighties ».

Noctambule militante, amoureuse de Danse Music, collectionneuse de chaussures, on dit qu’elle possédait 3000 paires de pompes, folle de mode et de toutes les apparences, celle qui incarne la vie d’avant les people, est donc la grande inspiratrice d’un Byrne, particulièrement en forme, qui à la stupeur générale a extrait le mythe Imelda de la naphtaline. En vérité dans cet album dont je vous recommande l’écoute répétée, l’ex Talking Heads raconte le parcours de Imelda Marcos tout comme celui de sa gouvernante Estrella sorte d’ambassadrice d’un petit peuple dont Imelda elle-même était issue.

musrevmarcos_346681t.jpgCertains en apprenant le fait que Byrne s’attaquait sur tout un disque au mythe Imelda avaient fait savoir leur déception tant Byrne est à la fois le chantre du rock arty mais aussi l’une des grandes figures artistiques progressistes américaines. Foutaise. L’album de Byrne nous raconte l’histoire kitch d’une reine de beauté devenue épouse de tyran. Pour cette démarche romantique qui peut, reconnaissons-le au pire irriter, Byrne est particulièrement bien entouré. Ceux qui ne suivent que de très loin le travail du new-yorkais prendront plaisir à écouter cet été ce double album en forme de comédie musicale. Ci-gît l’amour !

> -David Byrne et Fat Boy Slim, « Here Lies Love », None Such Records, 2010

Lyon, le 30 juillet 2010.

29/07/2010

H comme "Héritiers"

H 2.jpg

Avant tout réputé et connu comme un brillant avocat défenseur de la propriété intellectuelle et de la vie privée des people qui en sont parfois privés, Emmanuel Pierrat signe cette année un heureux florilège des vies agitées que connaissent quelques personnalités après leur mort. Ce bouquin intitulé « Famille, je vous hais ! » est donc consacré à ces héritiers qui se disputent, tendent des pièges, manœuvrent pour capter, s’approprier, marchandiser ou veiller à l’image de lucratifs défunts. Avec sa plume alerte et plaisante, Pierrat examine sous formes de courts chapitres les destins post mortem de Hergé, Françoise Dolto, Charles Trenet, Lennon ou Marlet, Giacometti et Picasso. Je vous l’assure, passer un bout d’été, grâce à Emmanuel Pierrat, avec certains de ces morts célèbres et leurs parfois peu sympathiques héritiers n’est pas loin d’être un régal. Charognards, veuves abusées et veuves abusives, tribus la bave aux lèvres, héritiers plus ou moins prévisibles devraient vous accompagner pour quelques heures de lecture agréable car Pierrat est un conteur de première bourre et son humour n’est jamais en berne au point que des chapitres comme « James Joyce et les joyciens » sont de véritables délices.

9782842303686FS.gif&wmax=155&hmax=239&loupe=true> - Emmanuel Pierrat, « Famille, je vous hais ! – Les héritiers d’auteurs », hoëbeke, 18 euros.

Lyon, le 29 juillet 2010.

28/07/2010

H comme "Hasta Guevarra siempre"

H 2.jpgPrès de la fontaine sèche, deux musiciens - une vieille femme au bandeau rouge et à la voix éraillée et un petit homme souriant - deux solitudes solidaires et fripées grattent leur guitare en répétant les accords usés de Commandante Guevarra.

Tout à l’entour, La Havane fait la sieste.

Hasta Guevarra siempre.jpg

À la terrasse du restaurant à toile verte, vers Obispo, Raphael croque des touristes qui mâchent bruyamment. Le trait est vif. Ils oublieront de laisser le peso convertible pour lequel il a posé quelques touches de mauvaise aquarelle sur du papier récupéré.

Je le croque croquant. Il rit, me donne un peso cubain à l’effigie du Che puis appelle son ami endormi sur le banc voisin. Longiligne, les yeux clairs, l’homme s’adosse et regarde Raphael me croquer à son tour.

Rires. Échange de dessins. Pont par dessus la mer. Promesses d’au revoir.

L’enfant brun demande un dessin. Raphael hume ma boite de peinture et laisse l’envie glisser des éclats dans ses yeux. Sur le papier que Raphael lui a donné, l’enfant brun a dessiné la blondeur d’Anne et son dessin naïf efface doucement les graphes du Che qui inondent nos souvenirs.

Hasta la libertad siempre.

Hasta Guevarra, acrylique sur toile, 60x60 cm

Jean-Paul Schmitt

08:34 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : che guevarra, cuba, la havane, comandante, che | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/07/2010

G comme "Gone"

G 1.jpg

Sydney Govou quitte donc l’Olympique Lyonnais. Venu du Puy-en-Velay, le milieu offensif droit formé à l’O.L. n’avait donc connu jusqu’au terme de cette saison 2009-2010 qu’un seul club. C’était en quelque sorte notre Raul, en beaucoup plus sympathique s’entend. Du doublé contre le Bayern Munich en 2000-2001, au brassard de capitaine, craint pour ses débordements sur le flanc droit de Lyon, réputé pour ses talents de défenseur, Sydney Govou en quittant l’Olympique Lyonnais solde une époque. Vainqueur de l’ensemble des titres, buteur souvent opportun à l’O.L. comme en équipe de France, les spectateurs de Gerland regretteront ce joueur au bon esprit symbole de leur club et de son centre de formation.

govou.jpgAmi des concessionnaires automobiles et de leurs carrossiers, pote des patrons de boites de nuit et en général des lieux de fête, Sydney Govou ne rencontrera jamais un lyonnais pour lui reprocher un style de vie agité qu’il partageait parfois avec un joueur aussi généreux que lui, je veux parler de Sylvain Wiltord. Quand on sollicite le site « argent-salaire.com », on peut apprendre que Sydney taxait chaque mois 375 000 euros à l’O.L. c’est d’ailleurs peut-être là que se situe l’explication du départ de notre offensif milieu droit. Comme la plupart des supporters de l’Olympique Lyonnais je souhaite à Sydney Govou beaucoup de réussites et de belles émotions footballistiques sachant que nous serons toujours heureux de l’applaudir s’il nous revenait à Gerland, y compris sous d’autres couleurs.

Nous l’invitons enfin à oublier au plus vite la piteuse campagne Sud africaine de l’équipe de France au cours de laquelle Sydney a été l’objet d’un dénigrement assez injustifié.

Lyon, le 27 juillet 2010.

26/07/2010

F comme "Flores cubanas"

F 2.jpgFleurs coupées, les pieds dans le béton des seaux en plastique jaunes. Elles se posent en riant sur la rouille, à l’abri d’arcades ombrées brunes et orange et leurs yeux dansent.

Les glaïeuls bleus ont bu l’encre de tous les libelles de 1959 et l’eau du matin commence à brûler dans des bitumes défoncés.

Lumière brute sur les arbres parfumés des balcons éreintés de l’autre côté de la rue

Soupirs. Sourires.

Le vent est d’amour et les révoltes se rêvent, cachées dans les lézardes des murs ; même la pluie de février n’arrive plus à les déloger. Le temps croule gai dans le gris des crépis et gicle en caracolant sur les pavés.

Les beaux jours sont venus ; fleurs et fleuristes oublient la Revolucion qui dort dans son palais derrière le Paseo de Marti.

Les jineteras iront flâner demain sur le Malecon, « Là-bas la mer est un mur. Les jours coulent uniformes dans le sens de la langueur ».

Flores cubanas.jpg

Flores cubanas, acrylique sur toile, 60x60 cm

Jean-Paul Schmitt

25/07/2010

E comme "Edgar"

E 2.jpgOn dit souvent à propos de Edgar Faure que « des comme ça, on ne sait plus en faire ». Grande figure de la quatrième République, Maître-nageur-sauveteur de la cinquième quand il devient, après Mai 68, Ministre de l’Education Nationale de De Gaulle, artisan de la décolonisation, Intellectuel brillant, avocat hors-pair, politique à l’humour ravageur, capable de bien des compromis au point qu’une partie de sa vie publique n’est qu’adaptation à partir de convictions souvent secondes, Edgar Faure n’en demeure pas moins un personnage à part et parfois loin d’être un modèle dans la vie publique française. Personne ne songe mettre en cause l’intelligence de l’homme ni son érudition. Nul ne peut contester sa créativité débordante et pourtant je ne connais personne qui, à un moment ou à un autre, s’est piqué de nous convaincre de faire d’Edgar Faure une référence. Yves Marek l’ancien Directeur du Cabinet de notre illustre personnage à la Mission du bicentenaire de la Révolution s’y colle pourtant en signant un petit bouquin à la Documentation française-Assemblée Nationale intitulé « Edgar Faure, l’optimiste » et publié dans la collection « Tribuns » qui a déjà fait honneur à Jaurès, Briand, Clémenceau et qui s’apprête à publier un « Victor Hugo, l’universel ». En vérité, au milieu de tout ce beau monde on peut se demander ce que Faure vient faire et se dire qu’au train où vont les choses, le prochain sur la liste pourrait-être le défunt Philippe Séguin et pourquoi pas de son vivant un certain François Fillon.

 

edgar_faure.jpgEn sous titrant son livre « l’optimiste », il aurait été probablement plus judicieux de choisir le terme « l’opportunisme » pour qualifier la trajectoire d’Edgar Faure. Cela étant qu’importe, le « Edgar Faure » de Yves Marek est un bouquin « de Fan » et, à ce titre, mérite non seulement le respect mais doit être recommandé car, vous l’avez compris, ce n’est pas parce que l’on se montre très critique à l’égard de l’Edgar que l’on souhaite sa disparition de notre mémoire politique. Par ailleurs, entre nous, entre Faure, Lagarde, Alliot-Marie, Morin, Hortefeux ou Woerth, il n’y a pas photo.

> - Yves Marek, « Edgar Faure, l’optimiste », La Documentation française-Assemblée Nationale, 10 euros.

Hautes-Pyrénées, le 25 juillet 2010.

24/07/2010

E comme "Epouvantail (l')"

E 1.jpg

Comme presque chaque année les éditions du Seuil nous traduisent un Michael Connelly. L’affaire dure depuis des lustres puisque avec « L’épouvantail » il s’agit du vingtième Connelly, un roman à disposition du public américain depuis presque 10 ans. Pour tout vous dire, avec ou sans Harry Bosch, j’ai toujours du plaisir à lire ces bouquins même si je sais que tous ne peuvent se valoir. La livraison de l’année est plutôt bonne et on y retrouve le journaliste McEvoy ce qui permet à Connelly de nous en dire plus sur les arcanes d’une presse américaine en difficulté. Sur le départ, McEvoy, qui après tout n’est peut-être que le double de Connelly, lui aussi ancien journaliste dans les années quatre-vingt, McEvoy donc va enquêter sur un jeune dealer noir que tout semble rendre coupable. Un peu à la manière d’un Hitchcock, Connelly livre très tôt à ses lecteurs l’identité du véritable coupable autant vous dire que l’auteur de cet « Epouvantail » est sûr et certain de l’efficacité de son intrigue et de l’excellence de la conduite de son récit. Inutile de vous en dire beaucoup plus. Je peux cependant vous certifier que le Connely 2010 est de très bonne facture, en quelque sorte idéal pour l’été.

Michael Connelly_epouvantail.jpg> Michael Connelly, « L’épouvantail », Le Seuil, 21,80 euros - Traduction Robert Pépin

Hautes-Pyrénées, le 24 juillet 2010.

 

23/07/2010

D comme "Danse (biennale de la)"

D 3.jpg

L’entame de « Encore ! », l’édition 2010 de la Biennale de la Danse, pourrait apparaître à certains comme bien lointaine. Rien n’est pourtant plus trompeur car en levant le rideau le 9 septembre j’aime autant vous dire que d’ici quelques semaines de nombreux spectacles phares ne seront plus accessibles, la location menant actuellement bon train. C’est donc, avant de partir en congés que les plus prudents d’entre-vous auront la bonne idée de réserver leurs places pour ce qui sera la dernière Biennale imaginée par Guy Darmet son fondateur. En effet, en 2012 c’est Dominique Hervieu qui prendra la suite du pionner de la danse contemporaine à Lyon mais la future patronne de la Maison de la Danse nous revient d’ici là pour deux représentations de son « Porgy and Bess » proposé en 2008 à l’Opéra de Lyon.

Ballets de Monte-Carlo, Hofesh Shechter Company, Maguy Marin sur le départ du CCN de Rillieux-la-Pape, Trisha Brown Dance Compay, les danseurs du Tané theater Wuppertal chers à Pina Bausch, Tania Carvalho, Maria Angeles Gabaldon, Germaine Acogny, Bill T jones, Nasser Martin-Gousset, Maria Donata d’Urso, Mickaël Le Mer, sans oublier Ali Fekih, Denis Plassard, le Ballet Preljocaj, Nacera Belaza, seront jusqu’au 30 octobre sur les plus grandes scènes lyonnaises (Maison de la Danse, Opéra, TNP, Salle 3000…)

Ici à Lyon nous aurons également beaucoup de tendresse pour le retour de Käfig et de Mourad Merzouki, la recréation (de 2006) de « Balé de Rua » ainsi que pour la première en Europe de la cellule contemporaine du Ballet National Algérien (du 26 septembre au 2 octobre au Transbordeur).

Biennale danse.jpgDepuis le 26 mai on peut réserver à la Galerie des Terreaux (Lyon 1er), sur www.biennaledeladanse.com, au 04 27 46 65 65, à la Maison de la Danse (Lyon 8ème) et par correspondance jusqu’au 30 août au 3, rue du Président Edouard Herriot (BP 1137, 69203 Lyon Cedex 01).

Encore ! Encore ! Encore…

Hautes-Pyrénées, le 23 juillet 2010.

22/07/2010

D comme "Disques de l'été"

D 2.jpg

Même si mes vacances 2010 ressemblent plus à de modestes vadrouilles qu’à de grandes expéditions, il convient de préparer avec le plus grand soin la bande originale de l’été, les disques nécessaires pour faire face aux envies. Sachant qu’une bonne sélection est, comme la solexine de jadis, avant tout un savant mélange, voici celui qui va m’accompagner.

  • - Graham Nash, “ Reflexions” (Compilation), Atlantic-Rhino, 2009
  • - Nico, “Innocent and Vain” (Compilation), Polydor, 2002
  • - David Byrne and Fat boy slim, “Here lies love”, None Such, 2010
  • - Johnny Cash, “American VI, Ain’t no grace”, American Recording, 2010
  • - Neil Young, “Dreamin’man live’92”, Reprise, 2009
  • - Jackson Browne, “Time the Conqueror”, Inside Recordinjs, 2008
  • - Robert Wyatt, “Nothing can stop us”, (Compilation), Domino, 2008
  • - Nick Lowe, “The Brenton Trilogy”, Proper Records, 1994-1998-2001
  • - Sharon Jones, “I learned the hard way”, Daptone, 2010
  • - Rolling Stones, “Exile on Main Street”, Virgin, 2010

Hautes-Pyrénées, le 22 juillet 2010.

06:27 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : browne, sharon jones, rolling stones, disques, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/07/2010

Décès de Philippe Faure

Absent de Lyon, c’est hier, à la lecture de Libération, que j’ai appris la disparition de Philippe Faure le directeur et animateur du théâtre de la Croix-Rousse. Les lyonnais et en particulier les 10 000 abonnés du théâtre doivent être comme nous « KO debout » tant Philippe Faure entretenait avec son art, son public et sa ville une liaison forte et passionnée. Alors que depuis des mois et des mois, Philippe Faure revendiquait légitimement le statut de « scène nationale », face aux réponses fuyantes de l’Etat il était passé en quelque sorte à l’offensive en rebaptisant son théâtre « La maison du peuple et de l’utopie ». J’espère que ce combat pour la reconnaissance du travail de Philippe Faure continuera et que nous aurons rapidement le moyen d’offrir cette ultime reconnaissance au théâtre de la Croix-Rousse tel que Philippe Faure l’incarnait.

Directeur de théâtre, metteur en scène, auteur, comédien, Philippe Faure avait toujours également apporté son soutien personnel au combat de la gauche lyonnaise. A chaque élection, je le voyais accompagné de ses enfants, fréquenter le plus souvent le matin le bureau de vote de la mairie annexe du 5ème arrondissement.

A chaque fois, par son énergie, son engagement jamais en demie teinte il nous professait ses encouragements y compris quand les temps étaient difficiles.

A sa famille, ses proches, à toute l’équipe du théâtre j’adresse les condoléances de l’ensemble des élus socialistes lyonnais.

Hautes-Pyrénées, le 21 juillet 2010

JYS

D comme "Douche bleue"

D 1.jpgInstant chair d’avant l’eau, d’avant les aiguilles de pluie, devant la lumière et les nuages enfermés.

Instant bleu dans le sombre d’un lieu où la pensée dans l’ombre se ploie.

Instant soyeux. Instant tremblant. Caché au verso de plis secrets jamais écrits.

Instant encore voilé d’avant la cruauté.

Instant ivre des livres du soir qu’on va ouvrir. Instant de soie de touches rêvées du bout des doigts.

Instant d’encre verte sous des portes au loin peut-être ouvertes.

Instant pensé d’avant la pensée.

Derrière la chevelure éclate le clair cru d’un encensoir d’eau et de mémoire. Rideau rude où vont mourir les images.

Douche bleue.jpg

Douche bleue, acrylique sur toile, 92x72 cm

Jean-Paul Schmitt

07:26 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, bleu, eau, jean-paul schmitt | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/07/2010

C comme "Craponne-sur-Arzon"

C Abécédaire.jpg

Plus que trois jours pour vous décider car vendredi débute le 23ème Festival de Musique Country de Craponne-sur-Arzon. Devenu le Fatima ou le Lourdes des amateurs de Country music, Craponne n’est pas un de ces rassemblements destiné à se déguiser en cowboy ou bien à apprendre le rude mode de vie des indiens d’Amérique. Craponne-sur-Arzon (Haute Loire) est « The » Festival français du genre, le meilleur, avec ses stars la plupart du temps déboulant des Etats-Unis, ses stages instrumentaux et ses masters classes, ses stages de danses, son festival off, ses animations et sa radio sur internet.

Logo%202010.pngCette année Craponne, véritable « music city » paumée en Auvergne accueille du beau monde avec entre autre Robert Earl Keen, Ray Wylie Hubbard, Daryle Singletary, Radney Foster ou Mitch Webb tous venant des Etats-Unis. On peut réserver dans les lieux habituels ou sur tickenet.fr. Pour de plus amples renseignements contacter www.festivaldecraponne.com, le forfait 3 jours étant à 58 euros et chacune des journées à 35 ou 32 euros.

Hautes-Pyrénées, le 20 juillet 2010.

19/07/2010

C comme "Couche culotte"

C 3.jpg

C’est de notoriété publique mais, bien que président du groupe socialiste au conseil municipal de Lyon, j’ai quelques solides amis parmi les verts et tout comme Gérard Collomb qui a dès 1995 mis en place une alliance que l’on pourrait qualifier de durable avec les écologistes, je suis toujours persuadé que c’est ainsi que nous devons continuer à imaginer l’avenir de la gauche. Depuis quelques temps, ici comme ailleurs, les relations entre nos partis ne sont pas au zénith et il faudra rapidement en tirer des conclusions tant l’attitude des verts peut parfois générer des problèmes qui prospèrent sur le terrain d’un chauvinisme de parti assez étonnant et, plus grave, une tendance lourde à vouloir récupérer après les victoires électorales systématiquement le bon côté des choses en laissant, le plus souvent aux socialistes, le soin de mettre les mains dans le moteur. Les verts ont donc les mains propres. Leur refus de se salir les pognes est en passe de devenir légendaire pourtant ils ne sont pas les derniers, dans un élan ayatollesque d’un autre temps, à exiger des autres de mettre les mains dans la m…Il y a quelques semaines, ici, une élue verte s’est entichée du combat pour la réintroduction, non pas de l'ours dans les Pyrénées, mais des couches lavables dans les crèches de la ville laissant ainsi aux personnels et aux parents le bon soin de défendre la planète. Recadrée, nullement par les siens, mais par le maire (socialiste), cette élue, au demeurant fort sympathique, fait actuellement profil bas en attendant probablement une prochaine lubie. Donneurs de leçons, s’appliquant rarement à eux-mêmes les bons conseils adressés à la cantonade, les verts commencent à irriter bien du monde et je veux leur dire qu’après quelques trois bonnes décennies d’existence, il serait bon qu’ils décident de quitter l’adolescence en suivant par exemple assez systématiquement le chemin de Dany Cohn-Bendit.

couche_culotte.jpgIl y a peu, je siégeais dans une enceinte à côté d’une personnalité véritable hiérarque vert de la région. Pendant le temps de la réunion, un chauffeur appointé attendait sur le parking submergé par la chaleur, la climatisation du véhicule tournant pendant que l’élu en question distillait ses saintes paroles. Une fois dit qu’utiliser, comme je le fais, un véhicule personnel n’est pas une honte, je suggère à cet élu de changer de pratique et en tout état de cause de se poser dès à présent la question de savoir si dans quelques années il ne compte pas utiliser quelques couches jetables pour son confort personnel et celui de ses proches.

Hautes-Pyrénées, le 19 juillet 2010.

18/07/2010

C comme "Care"

C 2.jpg

C’est avec une surprise pas loin d’être totale que les socialistes ont découvert, en écoutant un beau jour d’avril Martine Aubry, que le temps du « Care » était venu. « N’oublions jamais qu’aucune allocation ne remplace les chaînes de soin, les solidarités familiales et amicales, l’attention du voisinage » nous avait alors expliqué la Première Secrétaire du Parti Socialiste convoquant ainsi cette sorte de philosophie née aux Etats-Unis, semble-t-il au début des années soixante-dix.

martine-aubry.jpgPansement sur une jambe de bois, bobologie politique, cache-sexe compassionnel, stade dégradé de la social-démocratie, les critiques fusèrent face à ce concept qui aurait été livré à Martine Aubry par le laboratoire d’idées du PS dirigé par Christian Paul, un ami de Montebourg. Quelques jeunes intellectuels comme la philosophe Fabienne Bruyère ou le sociologue Guillaume Le Blanc montèrent au créneau pour expliquer que ce « Care » était par nature de gauche car critiquant un libéralisme porteur d’individualisme. L’économiste Serge Guérin quant à lui, au nom de principes comme la « bienveillance » ou « l’implication » se fit également l’avocat de cette cause qui, avouons-le, n’a pas véritablement été en situation de prospérer. Depuis ce coups d’avril 2010, force est donc de constater que le « Care » de Martine Aubry patine et, à mon très humble avis, pour longtemps.

Lyon, le 18 juillet 2010.

 

06:50 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : martine aubry, ps, care, bien-être, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu