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30/06/2010

Travailler moins et jouer plus.

Mouilllac micro.jpg« On travaille moins et on joue plus ». Le slogan de l’affiche de la fête de la musique à Lyon a décoiffé la belle chevelure de la droite lyonnaise. En l’occurrence, celle bien ordonnée de Thierry Mouillac, élu dans le 6ème arrondissement. Jamais à court de coups de cymbales et de grosse caisse dans sa fanfare anti-Collomb, le déjà vieux jeune sarkozyste Mouillac dénonçait la semaine passée une Fête de la Musique « support de propagande à grande échelle, basée sur un « slogan gauchiste » et dont le message est « choquant, mensonger et irresponsable »…

Bigre, quel émoi et pour quelle grande et noble cause !

Las, c’est pourtant vrai qu’on travaille moins puisqu’il y a davantage de gens qui pointent au chômage. Heureusement, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne : voir les infirmières débordées, les agents des pôles emploi qui ont parfois 200 dossiers à suivre, j’en passe et des quantités. Tout ce monde-là travaille de plus en plus… Tout en gagnant moins ou pas plus.

Qui joue et à quoi, cher Mouillac ?

On connaît la musique, donc la réponse pleine de dièses : c’est la faute aux 35 heures et à tous ces paresseux de gauchistes aux poings gantés de rouge ; ce rouge qui affole les signataires du traité UMP-PC chinois comme la muleta un taureau. Il leur fait oublier qu’en matière de musique et de fête à Neuneu détournée, ils en connaissent un brin. Faut-il leur rappeler que créer de la musique est aussi un travail ? Et qui doit être rémunéré, comme tout le monde le sait.

Petit da capo après l’air du grand émoi chevroté par le fêtard musical Mouillac qui se proclame sur son blog farouche défenseur de la liberté individuelle (ça sonne fort façon cymbale et ça plait bien aux amateurs de fanfare) : pirater « Kids » du groupe MGMT comme ses chers amis Unionistes Musicaux Protestataires n’ont pas hésité à le faire, c’est pas très joli, joli. Ce vol du bourdon a été pénalisé avec comme altération à la clé, une amende de 30.000 euros. Ça devrait l’inciter à quelque gargarisme avant la prochaine aria.

Jean-Paul Schmitt

29/06/2010

Rassurant

400px-Clara_Gaymard.jpgDans le civil Clara Gaymard est l’épouse de l’élu savoyard et ex-ministre, professionnellement elle est la patronne de la filiale française de Général Electric le géant industriel américain. C’est à ce titre qu’elle était dernièrement invitée aux « matins du journal Challenges » et les propos qui en ont été rapportés m’ont plutôt ravi. Pleine d’humour cette femme de 50 ans n’hésite pas à déclarer : « mère de famille outrageusement nombreuse, blonde, énarque, mariée à un politique, on peut dire que je les collectionne. » Mais la force de son propos tient à son analyse de la situation économique. Dirigeante d’une société qui réussit même pendant la crise elle se fait le chantre du développement industriel et déclare dans ses conclusions : « Un, la politique industrielle n’est pas un gros mot comme on pouvait l’entendre avant 2008 à Davos. Deux, le monde ne va pas vers moins d’Etat. Trois, le sens de l’histoire n’est pas un passage du secondaire au tertiaire comme on l’a longtemps cru : l’innovation ne peut se faire sans l’industrie. » Et elle est bien placé pour le dire au vu des résultats de son groupe. Evoquant la crise du capitalisme Clara Gaymard n’est pas tendre non plus : «  elle a prouvé que ce qui est légal n’est pas forcement moral ». Et d’afficher enfin un patriotisme économique qu’elle définit ainsi : «  Le vrai patriotisme économique ce n’est pas celui de la localisation du siège social ou de la nationalité des actionnaires. C’est celui des emplois sur le sol français ». Il faut dire que sur ce point GE a donné l’exemple dans les Yvelines, à Belfort ou au Creusot. Clara Gaymard nous tient au fond un discours somme toute rassurant qui révèle que même au cœur d’une société hyper mondialisée comme GE on peut s’éloigner de la pensée unique. Voila qui est agréable à entendre à la veille des vacances.

Philippe Dibilio

28/06/2010

Ira, Ira pas

promo_5020.jpgIl paraît que Sarkozy ne sait plus faire vendre les hebdos. Parmi les politiques, seul Dominique Strauss-Kahn semble encore faire l’affaire ou plus exactement, comme c’est le cas cette semaine pour l’Express, à faire faire des affaires. Biographie usée mais revisitée, inter-titre comme quoi son père était franc-maçon, liste des diplômes, débat « au sommet » entre Mosco et Mélenchon, tout y passe. Bref, la marmite Strauss-Kahn est sur le feu et le fumet qu’elle peut dégager est dirigé vers nos narines, « Ira, Ira pas ? »  That-is the question.

Pote de Denis Kessler, Schumpétérien à ses heures, plus promoteurs de solutions qu’inventeur, méchant flic du FMI, l’Express tourné vers les courbes de vérités souffle le chaud puis le froid sur un Strauss qui n’en demande d’ailleurs pas tant. « Ce garçon remarquable » comme aime à le définir Sarkozy marque pourtant des points. A la hausse parmi les plus de 65 ans, il est peut-être sur le point d’arriver à la hauteur de Sarko sur le segment de ces séniors traditionnellement acquis à la droite. Déçues par le Chef de l’Etat, les classes moyennes seraient, si l’on en croit certains sondages prêtes à se jeter dans les bras de DSK. Reste la « France qui se lève tôt » qui, pour ce qui la concerne, semble peu attirée vers ce type de gauche dont la droite ne cesse de dire qu’il est des siens.

« Ira, Ira pas ? », vous le savez depuis longtemps, je pense à tort ou à raison que DSK se décidera à y aller uniquement si le contenu de la gamelle lui est délicatement dressé dans l’assiette, prêt à consommer, avec son brin de persil. Dans le cas contraire il faudra bien que les réformistes qui s’affichent dispersés dans le PS s’interrogent et décident de choisir l’un d’entre-eux. C’est alors que nous nous perdrons une fois de plus dans nos calculs les plus effroyables en nous demandant, pour chacun de ces candidats réformistes, « Ira, ira pas ? »

Pour parler d’autre chose. Hier soir à Fourvière, le mot d’ordre était plutôt « ira pas » puisque c’est devant un auditoire modeste que s’est produit à l’Odéon Richard Hawley. D’un équilibre parfait la prestation de l’anglais était pourtant magnifique, les absents avaient encore une fois tort et la lune presque rousse ne s’y était pourtant pas trompée. Elle était là, au balcon, pour saluer le crooner de Scheffield.

Clermont, le 28 juin 2010.

27/06/2010

Viva Guillon !



26/06/2010

Jacques Duvernay

C'est avec une très grande tristesse que jeudi, en fin d'après-midi, nous avons appris la disparition de notre ami Jacques Duvernay, Directeur de cabinet du Maire de Bourgoin-Jallieu et du Président de la Communauté d'Agglomération des Portes de l'Isère (CAPI).

Travailleur, rigoureux, élégant et d'une grande courtoisie, Jacques avait beaucoup apporté à notre travail commun pour construire une métropole lyonnaise bâtie à partir des territoires du Nord Isère, du Pays viennois, de la métropole stéphanoise et du Grand Lyon. C'est en 2000 que Jacques nous avait rejoint pour aider, dans une difficile campagne municipale, Gérard Collomb à remporter une victoire qui s'avérait comme historique. Depuis, Jacques Duvernay travaillait aux côtés d'Alain Cottalorda avec qui il avait permis de hisser le Nord Isère au rang de territoire majeur de notre métropole.

Toujours accueillant et déterminé à aider sa ville et les berjalliens, Jacques consacrait aussi beaucoup de son énergie à se battre pour le CSBJ, le club de rugby de Bourgoin étant un des éléments majeurs du rayonnement de la ville. J'avais souvent répondu à ses invitations en particulier alors que le célèbre club du TOP 14 connaissait nombre de difficultés.

La disparition de Jacques Duvernay est une terrible épreuve pour sa famille, ses proches et toute l'équipe municipale de Bourgoin. J'adresse à ses proches, à Alain Cottalorda, le Maire de la ville, toute ma sympathie. Nous serons nombreux à garder de Jacques Duvernay le souvenir d'un homme droit tourné vers les autres, un ami doté des plus grandes qualités humaines.

Lyon, le 26 juin 2010.

25/06/2010

13 août

75462-claude-gueant.jpgLes sondages actuellement réalisés vont tous dans le même sens. La politique économique du gouvernement est sanctionnée par les français et, quant aux retraites, à plus de 60% nos compatriotes refusent de voir le pays embarqué dans la réforme Sarkozy-Woerth. Il parait que le président de la république misait beaucoup sur quelques performances de notre équipe de football sur le sol sud-africain pour faire passer la potion amère des retraites. Raté. D’ailleurs s’il lisait plus régulièrement le quotidien l’Equipe, Claude Guéant, le « premier ministre » de Sarkozy, se serait aperçu que cela sentait le pâté en matière de football et qu’il convenait donc d’y aller avec douceur. Pourtant, totalement libéré Guéant vient en effet de donner une interview au « Financial Times » que l’on devrait porter à la connaissance des français à quelques semaines des premiers départs en vacances. Que nous dit la voix de son maître ? Tout d’abord que les gels et coupes budgétaires allaient continuer et que le chef raboteur Fillon n’entendait pas y aller avec retenue. « Il y aura d’autres annonces » a indiqué au célèbre journal Guéant qui en a profité pour dire que « Nous devons en faire d’avantage, évidemment beaucoup plus ». En conclusion depuis quelques jours, avec Guéant, les Lagarde et Fillon entonnent le même refrain. On juge les futures performances de la France comme « incertaines », que les prévisions pourraient se révéler comme « trop audacieuses », bref que les chiffres qui allaient être publiés par l’Insee le 13 août prochain seraient probablement peu optimistes.

Alors le 13 août prochain si sur la plage vos gosses demandent des friandises, une glace, un coca ou un tee-shirt de Lady Gaga, offrez-leur tout cela. Il s’agit peut-être de la dernière fois avant bien longtemps.

Lyon, le 25 juin 2010.

Photo: DR

24/06/2010

Amours clandestines

Eric_woerth.jpg« De Lyon et d’ailleurs » est lui aussi capable de fournir à la nation une écoute clandestine qui apporte la lumière qui convient dans l’affaire Bettencourt-Woerth.

La scène se passe au petit déjeuner dans la cuisine Vogica du couple Woerth. Florence qui couve à l’époque la fortune de Madame Bettencourt déguste un Earl Grey de marque offert par Christian Blanc tandis que son époux Eric, alors ministre du budget, lui beurre la tartine ...

Florence : tu sais honey, j’ai découvert que Madame Bettencourt …

Eric : stop mon amour, je ne veux en savoir plus.

Florence : mais arrête Honey, j’allais te dire que Madame Bettencourt utilisait plizz pour faire briller ses surfaces modernes.

Eric : pardonnez-moi ma mie mais je croyais que vous alliez me faire des révélations sur des évasions fiscales, des comptes en Suisse ou sur quelques manières peu recommandables de payer moins d’impôts.

Florence : vous n’y pensez pas Honey, il convient de séparer notre vie professionnelle de notre intimité. Concernant le financement de l’Ump passe encore mais pour le reste sachons rester, l’un comme l’autre, dans notre rôle.

Eric : je t’aime Florence

Florence : moi aussi Honey

Eric : bonne journée amour de ma vie, je m’en vais compter l’argent des Français

Florence : bonne journée Honey, moi celui de Madame Bettencourt

Bien que court, cet extrait d’écoute clandestine devrait fermer définitivement le clapet de ce monsieur Montebourg et rétablir l’honneur des Woerth. Ne me dites pas merci.

Lyon, le 24 juin 2010.

Photo: DR

23/06/2010

Oublier Buffet ?

Camembert Fabien1.jpgLe 18 juin Nicolas Sarkozy jouait à Londres « Plus gaulliste que moi tu meurs », histoire de coller son affiche par-dessus celle d’un amuseur concurrent qu’il rêve d’accrocher à un croc de boucher et dont la première était le 19 juin.

Plus intéressant : le 18 juin Marie-George Buffet rendait les rennes du PC devant un parterre où se pressaient ce qu’il est convenu d’appeler toutes les forces de gauche. Elle passait le relais à Pierre Laurent après une course d’obstacles assez longue et aussi décevante que le score de l’équipe de France face au Mexique.

Si le passage à la postérité de Marie-George - femme engagée et attachante - devait être mesuré à l’audience de son parti, il y a fort à parier que peu de gens se rappelleront d’elle. Il vaudrait sans doute mieux miser pour cela sur le souvenir qu’elle laissera comme féministe. Et retenir de son discours du 18 juin 2010 – un peu convenu tant les invités avaient hâte d’aller faire buffet (facile, je sais) – cette jolie formule : «Je ne veux pas parler du problème des femmes dans mon discours de départ. Car les femmes ne sont pas un problème, elles sont la moitié de la solution.».

Ce 18 juin-là je le retiens pour la femme engagée qui a créé l’AAAA2004 « Afganes, Afghans Après Athènes 2004 » (rien à voir avec une quelconque agence de notation ni avec l’AAAAA, Association Amicale des Amateurs d’Andouillete Authentique), une association de soutien aux femmes afghanes autour de la pratique du sport et qu’elle préside ; je le retiens pour la femme active dans la coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception et pour la femme debout des assises des droits des femmes…

Si « Oublier le cantal, ça peut être fatal » - pub fromagesque qui avait provoqué l’indignation de Marie-George et des Chiennes de garde – « Oublier Buffet, c’est peut être exagéré »…

Jean-Paul Schmitt

22/06/2010

Le maillot et le fromage

equipe-de-france-multi-machin.jpgLes amis avec qui je regarde et donc commente les matchs de foot le savent je n’ai jamais aimé cette équipe de France là et ce depuis le début de l’ère Domenech. Venus essentiellement de clubs européens dans lesquels ils peuvent briller ce ne sont, en équipe nationale, que des mercenaires indignes du maillot et qui d’ailleurs ne chante même pas la Marseillaise. On découvre aujourd’hui ces personnages malhonnêtes ou mal finis pour les plus excusables qui, à de rares exceptions, composent l’équipe de France. Par ailleurs les systèmes mafieux existent aussi dans l’équipe de France où les caïds font et défont la composition de l’équipe. Hier ils s’appelaient Zidane ou Dugary et ils avaient un certain niveau, aujourd’hui on est tombé au plus bas avec Anelka ou Ribery. Et face à eux un sélectionneur sans classe, incapable d’imposer ses choix au point d’oublier Benzema ou Nashri et de laisser Gourcuff sur le banc. Mais tous ces gens là sont grassement payés et ont passé un beau séjour dans un très bel hôtel sans être ennuyé par les supporters ces emmerdeurs qui veulent des poignées de main et des autographes. Tout cela au fond n’est que le reflet de la société bling bling d’aujourd’hui où seul le fric règne…et ils en ont beaucoup. Les français qui dans leur majorité ne manquent pas de bon sens ont bien compris tout ça et ont vite ignorée cette équipe qui n’a de France que le nom. Aussi le résultat du match contre l’Afrique du Sud n’a plus d’importance car même en cas d’impossible miracle personne ne croit plus en ces joueurs. Il est donc temps de revenir aux fondamentaux et de constituer un groupe de joueurs ambitieux pour eux même et pour le pays. Un groupe dont l’ossature repose sur le club qui s’impose en championnat. Ce sera la charge de Laurent Blanc. Pour réussir il aurait besoin d’un grand renouvellement à la tête de la Fédération où sévissent des hommes ayant dépassé la limite d’âge et surtout de compétence. Il faudrait leur faire lâcher leur fromage, mais c’est là une autre affaire.

Philippe Dibilio

Photo: DR/FFF

 

21/06/2010

Bad boys

nicolas%20anelka-thumb.JPGPauvre Dominique de Villepin, son appel du 19 juin prévu depuis des lustres s’est perdu dans un week end vampirisé par l’équipe de France de football ou plutôt ce qu’il en reste. Le faux « Bad boy » de la droite française s’est fait piqué la vedette par un Anelka viré, le quotidien de référence du sport français ayant décidé de fabriquer l’évènement en publiant sa « une » grotesque. Cela étant tout le monde pensait en rester là mais en vérité, comme le révèle le site de Libération, l’affaire Anelka n’est que le début du commencement. Alors que le limité Evra, capitaine de l’équipe, nous expliquait, samedi, dans une pitoyable conférence de presse, qu’un traître, au sein du groupe, fournissait des informations à la presse, Grégory Schneider de Libé affirmait quant à lui que Saint-Zidane était probablement à la tête d’un complot contre Domenech. Traître, complot, l’odeur du pâté envahissait le club France et d’ici la rencontre face à l’Afrique du Sud on a la très nette impression que tout peut arriver. Insultes, clans, refus de s’entraîner, disputes, coups, gestes obscènes à l’égard de la presse, les ados attardés et friqués du football français sont définitivement meilleurs pour le bling-bling que pour le foot et Nike qui vient de se payer la tunique bleue pour quelques quarante millions d’euros l’an devrait faire grise mine.

Quant à Laurent Blanc entre la probable volonté de reconstruire avec Gourcuff, son désir de ne pas rompre avec Zidane, nous préférons lui souhaiter bonne chance ce d’autant que peu à peu les langues vont se délier avec comme toile de fond un champ de ruines jonché des cadavres d’Escalette, Domenech, Anelka, Houiller et quelques autres. D’ailleurs si Blanc veut réussir, il doit se convaincre de repartir de zéro en se passant définitivement non seulement de Anelka mais aussi de Henry, Ribéry, Gallas, bref de toute cette vieille garde avariée. Avec les Toulalan, Gourcuff, Lloris, Diabi et Malouda, le retour des tricards comme Benzema, Nasri et voire même Ben Arfa ainsi que l’intégration de plus jeunes, Blanc peut envisager reconstruire sur la durée à condition bien entendu de rompre définitivement avec le « yaourt qui pense » et toute la génération 98.

Bonne fête de la musique à tous.

Lyon, le 21 juin 2010.

20/06/2010

Dieu est-il à nos côtés ?

bob_dylan.jpgCe soir, comme j’imagine pas mal d’indécrottables admirateurs, je vais assister au concert de Bob Dylan à la Halle Tony Garnier. Pourtant mon dernier souvenir « Dylanien » remontre à quelques années, plus particulièrement à Saint-Etienne, et ce soir-là, à la sortie du show pitoyable du Zimmerman je m’étais promis de ne jamais me faire avoir une nouvelle fois. Appuyé sur son clavier, comme d’autres à un déambulateur, plaquant des accords dispensables tant le groupe de requins mobilisé pour l’occasion faisait très bien l’affaire, Dylan, Stetson sur le crâne et de profil, imposait une soupe recuite à un public bon enfant. Je connaissais bien entendu la théorie des Dylanologues les plus avertis répétant qu’un seul concert sur quatre du génie de Duluth méritait le détour. Pas de bol à Saint-Etienne ce soir-là on avait droit à l’un des trois concerts les plus minables et chacun devait bien s’en contenter. Pour tout vous dire les trois ou quatre derniers albums de Dylan conviennent parfaitement à mon oreille et à la différence de pas mal de fans de la première heure, je m’intéresse au travail d’un homme qui, bien qu’avançant en âge, poursuit avec une musique de plus en plus roots un authentique cheminement. Le concert lyonnais de ce soir sera-t-il l’un des quatre dignes de rester dans nos esprits ou bien un énième fatras désobligeant à l’égard du public, même Dieu ne le sait point et Dylan encore moins.

Lyon, le 20 juin 2010.

19/06/2010

Bigarreau si, bigarreau no

CERISE.jpgIl suffit de lire le Figaro pour s’en convaincre. L’action positive du chef de l’Etat vient se nicher dans les moindres recoins de nos pauvres petites vies. Prenez le prix des cerises. S’il est abordable c’est grâce au Président, c’est tout du moins ce qu’expliquait dans la Pravda gouvernementale, un certain Jérôme Bédier, président de la Fédération du commerce et de la distribution, qui indiquait que l’engagement de modération des marges pratiqué sur la cerise était le fruit des accords conclus à l’Elysée le 17 mai. Mieux Carrefour, probablement pour faire plaisir au président, s’était engagé le week end dernier, sur des opérations « prix coutants ». Ce week end sur les marchés en matant le bigarreau, ayez donc une pensée pour le président à moins que vous ne préfériez vous dire que sur un kilo payé à l’arboriculteur entre 2.50 et 3.50 euros c’est quasi de perte dont il s’agit. Selon les producteurs de cerises de la vallée du Rhône il conviendrait que le prix du kilo se situe aux environs de 4.50 euros pour que le travail puisse être considéré comme rémunérateur et non payé avec des queues de cerises.

Lyon, le 19 juin 2010.

18/06/2010

Noomiz: nouveau MySpace ?

C’est en parcourant twitter que j’ai découvert récemment la start-up française Noomiz et mon ami Henri Parado m’a conseillé de regarder de plus près ce nouveau site. Ensuite, je suis tombé par hasard sur un tweet de la secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet qui m’a convaincu d’y regarder de plus près.

Le site Noomiz propose aux artistes une plateforme de blogging, de rencontre  et des solutions de marketing digital permettant de chiffrer le succès d'un artiste sur le web en mesurant et calculant la propagation d’une chanson sur les réseaux sociaux.

Myspace ayant raté le tournant du web 2.0, du web social, les artistes ont aujourd’hui tout intérêt à envisager d’autres solutions. Noomiz m’apparaît comme une initiative intéressante reste à voir si cela fonctionnera. N’étant pas certain qu’il s’agisse de ce qui se fait de mieux, à vous de fouiner et de m’en dire plus.

Lyon, le 18 juin 2010.

17/06/2010

Blanc comme neige

photogen_t4.jpg

Etienne Blanc, le très droitier député UMP de l’Ain et président de l’ARC (Assemblée Régionale de Coopération du Genevois) semble sur le point de faire voter un amendement au projet de loi portant sur la réforme territoriale permettant à des ensembles frontaliers regroupant tout juste 50 000 habitants de bénéficier du titre de Pôle Métropolitain. Passons sur le côté comique du label métropolitain qui serait  ainsi attribué à 50 000 âmes pour nous concentrer sur deux aspects complémentaires à ce projet.

En effet, une fois dit que ces métropoles frontalières de poche seront destinées, nous dit l’UMPiste et ancien Milloniste, « à faire le poids » face à des Genevois qui vont se gondoler en apprenant la nouvelle, ce nouveau statut est destiné, nous précise l’ami Etienne, je cite, « à inscrire ce territoire » tel qu’il est rêvé par Blanc « comme la troisième agglomération de Rhône-Alpes » derrière Saint-Etienne et Grenoble, oubliant au passage un truc qui s’appelle Lyon. Tout en remerciant le député Blanc de nous permettre d’esquisser un sourire en ces temps difficiles, un second aspect, cette fois ci inquiétant pose problème. Avec sa bonne copine la sénatrice Fabienne Keller, heureusement mise en congé par les électeurs strasbourgeois lors des dernières municipales, Etienne Blanc imagine également, si l’on décortique la prose des Echos du 15 juin, « de doter les zones frontalières d’un statut particulier ou notamment, le droit social et la fiscalité seraient adaptés pour les rendre concurrentielles et ainsi attirer les investisseurs ». Retraites, déficits, recul des droits, quand on vous dit que ces gens deviennent dangereux j’espère que chacun commence à prendre la dimension d’un phénomène qui permet même à de petits roitelets de province, comme Etienne Blanc, de nous construire peut-être le pire des avenirs.

Lyon, le 17 juin 2010

 

16/06/2010

Mauvaise augure

villeurbanne.jpgRichard Llung a été élu conseiller général de Villeurbanne centre avec 1677 voix sur 27442 électeurs inscrits et 11 voix d’avance sur Beatrice Vessilier. Il siégera donc au département avec le soutien de 6% de ses mandants. Aussi malgré l’argutie de la phrase, sortie de son contexte et attribuée à François Hollande : « les petits écarts font les grandes victoires » ce néo-villeurbannais aux dents longues ne fait pas sur son nom une entrée triomphante sur la scène politique locale. Et pourtant adjoint à l’urbanisme depuis 2008 il avait quelques atouts dont, notamment, le dossier de la rénovation du quartier des Gratte Ciels au cœur du canton qui lui a permis de rencontrer pas mal de monde ; mais ceci explique peut-être cela. Pourtant ce ne sont pas les chiffres qui auront marqué ce deuxième tour mais les déclarations du maire Jean Paul Bret. Etonnante attitude, en effet, de ce maire qui depuis le début de la campagne n’a eu de cesse d’essayer d’interdire à son adjointe verte de participer à l’élection lui proposant en contre partie un accord sur le tapis vert à l’occasion du renouvellement des trois cantons de la ville l’an prochain. Devant son refus et son score proche du candidat socialiste au premier tour elle choisit de se maintenir. Là les foudres de Bret redoublent, il veut lui imposer de se retirer comme s’il fallait à tout prix laisser le champ libre au camarade Llung. Le prétexte invoqué, c’est la droite qui va arbitrer le scrutin, révèle la piètre confiance des socialistes qui, s’ils avaient mobilisé leur électorat, auraient plié cette élection sans coup férir. Dimanche soir Bret a atteint les sommets en menaçant maintenant de sanctionner son adjointe sur le terrain municipal.

Ainsi à « Villeurbanne la socialiste » le PS, par la voix de son maire, distribuerait les autorisations de candidatures et les punitions d’après scrutin. En d’autre lieu on appellerait ça du stalinisme. Et pourtant c’est bien le même Bret qui a permis à Béatrice Veissilier ce parcours politique en renversant les alliances dès le mandat précédent pour accorder aux verts la place jusqu’alors acquise par le PC. C’est Bret qui jouait les vertueux en la désignant 2ème adjointe le tout au détriment de l’avancée de dossiers d’urbanisme importants. Et aujourd’hui c’est la guerre. Peut-être parce que le maire de Villeurbanne issu de l’appareil socialiste confond les genres au point d’appliquer à l’espace républicain les pratiques internes à sa section. Voila qui n’est pas de bonne augure à moins de deux ans d’une échéance nationale où le PS sera censé rassembler largement autour de lui pour l’emporter

Philippe Dibilio

 
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