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31/05/2010

Au nom du réel

Jean-Baptiste_Marie_Pierre_-_Vieillard.jpgSouvent, et à juste titre, on ne peut qu’être, si ce n’est effrayés tout du moins peinés, par l’irréalisme mêlé de populisme de certains secteurs de la gauche. Le refus de se coltiner la réalité telle qu’elle se présente demeure la maladie sénile d’une partie de la gauche et il est heureux de constater, en particulier au sein du Parti socialiste, que l’idée de se confronter à la réalité telle qu’elle s’impose, est très majoritaire. C’est ce que certains nomment le socialisme réformiste.

Concernant la question des retraites, c’est malheureusement parmi ceux qui ont pour habitude de convoquer le réel que l’on semble parfois faire le moins de cas de la réalité des choses. Dans cette réforme que touche par touche Sarkozy nous invite à adouber, les secteurs qui militent en général pour un socialisme fondé sur le réel sont paradoxalement ceux qui refusent, au nom d’une certaine idéologie, de voir la réalité dans toute sa nudité. En effet dans le combat des retraites qui s’offre à nous le réalisme ne peut que se conjuguer avec la lutte contre les inégalités et l’injustice.

Cette réforme des retraites qui va être proposée par la droite correspond ni plus ni moins qu’à pénaliser les ouvriers et les employés car repousser l’âge légal de 60 à 62 ou 63 ans c’est punir ceux qui connaissent les carrières les plus longues combinées la plupart du temps avec les salaires les plus courts. Par ailleurs en repoussant la décote au-delà de 65 ans, probablement vers 67 ou 68 ans, c’est également pénaliser les mêmes couches qui pour jouir de retraites à taux pleins devront s’user au travail jusqu’à des âges frisant leur espérance de vie. Face à cette situation aggravante et injuste, la réalité qui frappe les plus riches est autrement plus enviable puisque chacun sait que leurs niveaux d’imposition devraient être, au pire, proche de celui de l’avant bouclier-fiscal. Enfin, toujours au chapitre de l’injustice, nous savons que pour les carrières les plus courtes, celles des femmes par exemple, les inégalités risquent d’être encore plus criantes.

Face à ce projet gouvernemental, c’est donc au nom du réel que nous devons construire une opposition. Même si dans ce débat certains secteurs de gauche charrient encore leurs options démagogiques et populistes, ce n’est probablement pas une raison pour aller se perdre, au nom de je ne sais quel réalisme, dans des discours incompréhensibles qui, à tort ou à raison, apparaîtront inévitablement comme les cache-sexes de politiques injustes.

Lyon, le 31 mai 2010

Image: DR

30/05/2010

Ploufisme

1-b.gifA force chaque année de vous le répéter vous commencez à savoir ce qu’est le « ploufisme » cette philosophie faite d’actes gratuits, généreux et poétiques (G.G.P.) autrement dit ces lancers de cailloux pratiqués chaque année dont le seul but est de faire des ronds dans l’eau.

Mercredi prochain 2 juin c’est sur la planète entière que va se dérouler à 20h10 (heure locale) la neuvième édition de la « Plouf économie » ce concept poétique imaginé par le plasticien lyonnais Philippe Moncorgé.

A Lyon, seule ville dotée d’un lieu ploufique pérenne, nous nous retrouverons au 27 quai St- Vincent, sur le bas port. Amis d’ailleurs, de Annecy, Paris, Avignon, Lille, Brest, Epinal, Bordeaux, Perpignan, de la Réunion ou de Tahiti, d’autres rendez-vous ploufiques vous attendent. Que vous soyez à Brighton (sur le Pier), à Dublin (Millenium bridge), San Francisco (Pier 5), Rome (château des Anges), à Pékin, Montréal, en Belgique, au Maroc ou en Argentine, participez activement à ce combat ploufique.

Informations sur www.ploufeconomie.net . Contact artistique: philippe@moncorge.net. Son site.

Lyon, le 30 mai 2010.

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29/05/2010

Entretien sur Surf TV

J'étais l'invité de Surf TV, la web TV lyonnaise qu'anime Daniel Dubois. Il était question, lors de cette émission, des jeunes et de la crise.

JYS Surf TV.jpg

(cliquer sur l'image pour lancer la vidéo)

Lyon, le 29 mai 2010.

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28/05/2010

Soixante ans

200px-Strauss-Kahn%2C_Dominique_%28official_portrait_2008%29.jpgC’est après tout normal, mardi dernier l’UMP tenait convention à propos des retraites, le Parti du président en profitant pour exiger que saute le verrou du départ en retraite à soixante ans, entérinant ainsi une décision prise depuis belle lurette à l’Elysée. Une fois le mini ramdam Umpiste exécuté, il suffisait au ministre Woerth de claironner la bonne nouvelle sur LCI, en prenant tout de même le soin de préciser que les cheminots ne pouvaient être concernés par une telle décision.

Parlant de démagogie et d’irresponsabilité à propos de la position défendue par Martine Aubry d’un maintien du départ à 60 ans, le petit monde de l’UMP s’autorisait à jouer DSK contre le PS. Malgré la défense serrée de son équilibriste en chef, Jean-Christophe Cambadélis, les amis de DSK commençaient ainsi à percevoir les contours de l’épreuve qui les attend même si leur volonté de jouer l’opinion contre le parti apparaît comme de plus en plus nécessaire. En effet en épousant les thèses défendues à Paris, Rome, Athènes ou Londres, en surjouant son rôle de « Sachant », DSK a commis l’erreur de s’affaiblir dans le contexte qui devrait être celui de la désignation du candidat socialiste. En acceptant de toucher à la retraite à 60 ans, c'est-à-dire à participer à une agression contre un symbole, DSK a peut-être fait l’erreur de trop. En vérité, sur cette question de l’âge du départ en retraite, la seule possibilité pour la gauche est de passer un pacte avec les Français, un deal indiquant d’un côté que des salariés usés par une vie de labeur ne travailleront désormais plus que jusqu’à l’âge de 56 ou 57 ans, de l’autre que des catégories comme les enseignants ou les cadres voient l’âge légal reporté à 62 ou 63 ans. Sans pacte de ce type devant la nation, la question de l’âge de départ en retraite est un piège dans lequel DSK vient de plonger avec d’ailleurs une certaine délectation. Quant à Martine Aubry, si pour l’heure elle peut bénéficier d’un certain doute, il conviendrait, compte tenu de ses ambitions, qu’elle nous en dise un peu plus, question de principe.

Lyon, le 28 mai 2010.

27/05/2010

V.O

Frey.jpg9782081221314.jpgAprès la cubaine Wendy Guerra et Elif Shafak qui lisaient respectivement en espagnol et turc quelques pages de leurs derniers romans, les lyonnais anglophones peuvent se rendre aujourd’hui et demain à « La Voie aux Chapitres » (Lyon 7ème) et au « Bal des Ardents » Lyon (1er) pour entendre les voix de Sefi Atta et James Frey lisant leurs textes. En effet dans le cadre des dizaines de rendez-vous liés aux Assises Internationales du Roman, quatrièmes du genre, les libraires s’associent activement et gratuitement à l’opération. La romancière nigériane Sefi Atta est donc ce midi dans le 7ème pour lire quelques pages de « Le meilleur reste à venir » (Actes Sud) un ouvrage qui témoigne des ravages du conservatisme dans le Nigeria des années soixante-dix mais aussi de la difficulté de se réaliser pour nombre de femmes. Demain, au « Bal des Ardents » et toujours à la mi-journée, changement de style et de contexte avec James Frey, l’américain nous proposant une descente vertigineuse dans Los Angeles en lisant, en anglais, quelques pages de sa chronique dont on nous dit qu’elle n’est pas sans avoir la puissance de celle de Dos Passos (« Manhattan Transfer ») à une autre époque.

Puisque nous entamons la dernière ligne droite de ces assisses qui s’achèvent dimanche, notons vendredi, aux Subsistances, le dialogue entre Florence Aubenas et Marie Desplechin qui précède la rencontre vers 22h30 avec A.S. Byatt. Le lendemain Percival Everett sera sur le coup de 11h00 à la Bibliothèque du 1er arrondissement puis sous la verrière des Subsistances (avec André Malraux !) de 18h30 à 20h00. Dimanche, au moment du goûter et toujours aux Subs, table ronde avec Sefi Atta, Emmanuel Carrère et Yan Lianke sur le thème de l’autocensure.

> Sefi Atta, librairie « La Voie aux Chapitres », 12h30 le 27 mai 4 rue Saint-Jérôme, Lyon 7ème (04 37 70 41 62)

> James Frey, « Le Bal des Ardents », 12h30 le 28 mai, 17 rue Neuve, Lyon 1er (04 72 98 83 36)

Lyon, le 27 mai 2010.

NB: A noter aujourd'hui la manifestation interprofessionnelle sur les retraites qui partira de Jean Macé à 10h30.

26/05/2010

Pleure Margot !

Pleure Margot!.jpgUne de mes amies, enseignante à Villiers le Bel, vient de m’adresser un courriel de colère : une fois de plus, les médias – de droite comme de gauche – traitent de la vie des gens en choisissant de colorer la vie de peur et d’angoisse, plutôt que d’en montrer aussi la lumière :

« Bonjour à tous,

J'aime peu cet exercice du mail collectif mais il m'apparaît nécessaire aujourd'hui de contrecarrer les médias, de donner une autre parole sur le quotidien des personnes qui vivent, aiment, apprennent, travaillent, désespèrent, se recroquevillent, dans cette ville de Villiers le Bel.

Hier après-midi une de mes élèves de 5° a été poignardée par une autre du même âge. Elle n'est plus en danger, les professeurs titulaires d'un brevet de secourisme sont intervenus très vite, le SAMU et les pompiers ont suivi. Puis la police : interrogatoire pour ces petits témoins de 11 - 12 ans, reconstitution de la scène, photos, etc. Quadrillage du quartier pendant la soirée. Ce matin cellule d'écoute, présence de la police, du recteur. Et, et c'est là le problème, des télévisions.

Nous, professeurs, artistes, éducateurs, historiens, associations, travaillons au quotidien à dénouer comme nous le pouvons tout ce qui peut être porteur de violence, nous tentons par divers dispositifs de libérer la parole, d'affiner les sensibilités. D'apporter le savoir que nous avons reçu en tant que spécialistes de nos disciplines, en cherchant à le faire s'entrechoquer avec celui encore embryonnaire et fruste des jeunes, pour que nous grandissions tous en intelligence. Je dis nous tous, parce que ces enfants et adolescents, tout engoncés dans leur mal-être, les influences qu'ils subissent de la part de groupes parfois violents et sectaires, dans leurs rancoeurs vis-à-vis des représentants de l'état, sont pour beaucoup des intelligences vives et qui nous bousculent, nous évitent la sclérose mentale et morale.

Bref, on bosse, oui, nous les faignasses de fonctionnaires avec nos 4 mois de vacances par an, et notre étendard c'est ça : "Tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre". Einstein à Freud.

Malheureusement les émeutes de 2007 et tout ce qui s'en est suivi ont déjà émoussé de façon frappante la motivation des élèves, leur désir de se construire un avenir. La violence des événements ne fut pas la seule responsable. Le "travail" ravageur des médias sur l'image donnée à toute une population y est pour beaucoup. On devrait revoir le terme d'"objectif" d'appareil photo ou de caméra. Derrière la lentille il y a un journaliste, et derrière lui un directeur de presse, derrière encore des politiques, eux aussi largement engoncés dans leurs représentations, leur tour d'ivoire intellectuelle d'"élite" française, et leurs luttes de pouvoir et d'influence.Lorsque nous avons créé, patiemment, des ateliers, des événements culturels fortement mobilisateurs pour les jeunes et dans lesquels ils se déployaient, commençaient à prendre leur place d'individu et de citoyen, et que nous avons convié les médias pour rendre compte de cette réalité concrète et positive, pas un seul n'est venu. Pas même la presse de gauche. Le Canard Enchaîné est allé se planquer.

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25/05/2010

Du tact

logo-de-la-candidature-francaise-a-l-euro-2016.jpgNous saurons vendredi si la France organise ou non l’Euro 2016 de football et cette information aura une résonance particulière à Lyon au vu de son impact sur le dossier d’OL Land. Un impact à relativiser mais tout de même réel. L’alternative en tout cas est claire : cette organisation la France l’a ou on ne l’a pas et dans les deux cas de figure les protagonistes lyonnais auront à communiquer. Une communication qui méritera un peu de tact car le dossier ne sera pas clos le 28 au soir. Si la France n’a pas l’Euro les opposants donneront un peu plus de la voix mais le projet ne sera pas enterré pour autant tant il va de soi que le Grand Stade, et ce qui va avec, vise des objectifs pérennes et totalement liés aux perspectives de l’Olympique Lyonnais. Sauf à ce que Jean Michel Aulas ne jette l’éponge, ce qui n’est pas dans sa nature. Alors il faudra au président du club des arguments fermes et réfléchis pour convaincre de la poursuite du dossier. Il en a ; il lui revient de les afficher avec détermination et sans rancœur. Et il serait positif que Gérard Collomb fasse de même. Si la France organise l’Euro rien ne sera réglé pour autant car ne sont pas les 150 millions que l’Etat apporte pour les douze stades qui feront beaucoup avancer les choses. Mais il y aura un vent d’enthousiasme et un souffle d’intérêt national utiles au projet. Pour autant il faudra tenir le calendrier et bousculer un peu les choses sur le plan administratif et dans le rythme de traitement des recours ; deux domaines où l’Etat aura à faire preuve d’efficacité. Mais là encore l’heure ne sera pas aux déclarations intempestives et un brin revanchardes. Les deux protagonistes du dossier devraient plutôt travailler sur une communication rassembleuse et panser à cette occasion quelques plaies laissées par ce sujet devenu explosif du fait, entre autre, d’une communication souvent mal maîtrisée Il leur faudra donc du tact et éviter peut être de réagir à chaud mais plutôt se préparer calmement et en équipe pour évoquer le sujet.

Philippe Dibilio

24/05/2010

Air 4

AIR 2010.jpgA partir de demain et jusqu’à dimanche prochain, Lyon et les Subsistances accueillent les Assises Internationales du Roman, Acte IV. Imaginé et organisé par Le Monde et la Villa Gillet cet évènement littéraire sans équivalent est une réussite incontestable à mettre en particulier à l’actif de Raphaëlle Rérolle (Le Monde) et Guy Walter (Villa Gillet et Les Subsistances). « La littérature n’est pas faite de grands mots » écrit Raphaëlle Rérolle dans son éditorial de la brochure de présentation, « Plutôt d’assez petits, souvent d’assez simples et même pas toujours très malins » poursuit-elle en précisant que pour ce qui concerne les assises, c’est le mot plaisir qu’il convient de choisir. En aucune façon foire ou salon, encore moins fiesta à la dédicace, ni colloque pour hyper-spécialistes sans être pour autant un carrefour récréatif littéraire pour écrivains peoplisés, les Assises lyonnaises sont de toute évidence un lieu de plaisir et il suffit de voir les bobines des spectateurs et la quiétude de nombre d’auteurs pour s’en convaincre. Comme toujours quand il s’agit d’évoquer un évènement aussi riche je vais essayer d’éviter de vous imposer des listes d’auteurs, critiques et journalistes qui vont participer au succès de l’édition 2010. Si parmi ces personnalités ma curiosité très subjective va à Elif Shafak (Turquie), Dany Laferrière (Haïti-Québec), Perceval Everett (Etats-Unis) ou A.S. Byatt (Angleterre) sachez que Florence Aubenas, Marie Desplechin, Laurent Mauvignier, James Frey, Marie Darrieussecq ou Wendy Guerra, comme des dizaines d’autres écrivains, seront présents à Lyon dans la semaine.

Par ailleurs avec le concours du Progrès, de France Inter, de l’INA ou de Lyon Plus, Tables rondes, débats, rencontres, lectures seront au menu de la semaine, qui concerne les Lyonnais de la maternelle à l’Université.

Comme chaque année les Editions Christian Bourgois sont un magnifique partenaire de AIR avec les Actes des Assises, trois volumes parus et les fameux lexiques (numéros de 1 à 3).

Renseignements et réservations au 04 78 39 10 02 et sur www.villagillet.net

Lyon, le 24 mai 2010.

23/05/2010

La vie en Air

airguitar.jpgVous pouvez tout de même l’admettre. Sans moi, vous passiez à côté de l’évènement. Demain, à 14h, sur la plage des Rosaires Plérin à Plérin-sur-mer, se déroule la finale du championnat de France d’Air guitar. Pour les ignorants l’Air guitar est une discipline qui consiste, muni d’une guitare imaginaire, à « jouer » les meilleurs solos de Hendrix, Page ou AC-DC. Etre le roi de la guitare invisible est une chose particulièrement difficile et les meilleurs champions nationaux convergent chaque année vers un lieu, lui bien réel, celui des championnats du monde. Autant vous dire que demain à Plérin notre crédibilité nationale est en jeu car on y choisira celle ou celui qui représentera la France à la finale mondiale d’Helsinki.

Nul ne sait vraiment comment cette expression artistique s’est imposée mais on pourrait dire que Joe Cocker est un peu le pionnier de l’Air guitar, lui qui, en particulier lors du Festival de Woodstock, a, sans le vouloir, imposé les prémices de cet art en voie de mondialisation.

Maintenant que me voilà rassuré du fait que les plus distraits d’entre vous ne prendront pas l’Air guitar pour un concurrent à bas coût de notre compagnie nationale d’aviation, je voudrais vous faire remarquer que le rock n’est pas le seul domaine de prédilection du virtuel placé au rang d’expression artistique majeure. L’Air est sur le point d’envahir bien des domaines et déjà de véritables références s’imposent dans bien des disciplines. C’est ainsi qu’en football on pourrait dire que Gomis l’attaquant suppléant de l’Olympique Lyonnais est sur le point de s’imposer en matière de « Air Football » même s’il est fortement marqué à la culotte par ses concurrents du Paris St Germain. En gastronomie, derrière le catalan Ferran Adrià, champion du monde d’ « Air cuisine », les tenants de la cuisine moléculaire progressent. Guitare, football, gastronomie, la littérature compte aussi quelques « Airs écrivains » qui assez souvent écument les listes des Best-sellers. En particulier, dans notre pays les « Airs journalistes » sont nombreux et excellent, souvent à la télévision, dans l’art de passer les plats. Je le vois bien. Vous m’attendez au virage en vous disant que je vais exclure la politique de ce mouvement fondamental de notre modernité. Rien de plus inexact, l’ «Air politique » existe et nombreux sont les pratiquants qui parlent pour ne rien dire ou qui rivés sur les sondages pérorent n’hésitant pas de temps à autre à changer de point de vue. L’ « Air politique » se mesure facilement, pour cela il suffit de pointer les passages dans les grands médias. Spécialistes des moulinets, grands brasseurs devant l’éternel à l’égo particulièrement développé, les meilleurs spécialistes de l’ « Air politique » s’appellent Michèle Alliot-Marie, Manuel Valls, dans bien des cas Arnaud Montebourg et parmi les jeunes loups de l’UMP ils se comptent par dizaines.

Demain, je vous parle de la 4ème édition des AIR. Rassurez-vous, il s’agit des Assises Internationales du Roman qui se tiennent à Lyon du 24 mai au 30 mai.

Lyon, le 23 mai 2010.

22/05/2010

Vintage

Vintage 2010.jpgCela n’est pas fait pour nous rajeunir mais le Marché de la Mode Vintage qui se tient le week end prochain sur le Confluent signe sa 9ème édition. Rossignols millésimés, fringues nostalgiques, vieux jeans hors de forme, objets délicieusement popisants attendront comme chaque année des visiteurs qui de toute façon auront la certitude de passer un bon moment dans une excellente ambiance. Si le Marché proprement dit débute samedi prochain 29 mai, un « Before Vintage » est organisé en guise de préambule à partir d’aujourd’hui. Boutiques et restaurants, tous signalés par un sticker ad hoc, proposent donc pour la première fois un parcours vintage fait de petits shoppings et haltes anti-fringale tout au long de la semaine qui permettront de trouver le meuble, la montre, le disque daté que l’on s’échine à chiner.

Cette 9ème édition se tient du 29 au 30 mai sur le site de l’ancien Marché de Gros, à l’angle de la rue Vuillerme et du Cours Charlemagne, les 300 exposants garantissant une ambiance comédie musicale, thème retenu en 2010.

> « Marché de la Mode Vintage », contacts et informations sur www.marchemodevintage.com renseignements et réservations de stands au 04 78 42 99 27

Lyon, le 22 mai 2010.

21/05/2010

Excellence

Tout ne va pas si mal que cela dans notre pays. Certains secteurs frisent même, si ce n’est la perfection, tout du moins la performance. Parmi ces pôles d’excellence on compte bien évidemment la police. Le rapport annuel de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) qui honore, mais pour mieux les dénoncer les manquements des forces de l’ordre, l’explosion des gardes à vue, les fouilles à nu et autres injures et violences, ne s’y trompe donc pas. 

Victime de la qualité de son travail et de son indépendance, cette commission va passer à la trappe au profit d’un « Défenseur des Droits » qui fait déjà l’objet de critiques. Il faut dire que cette nouvelle structure, bien que pompeusement garantie par la constitution, n’aura que très rarement le loisir de pratiquer les investigations souhaitables. Au prétexte de la « Sécurité publique » ce Défenseur des droits ne devrait pas faire trop de zèle et stresser les forces de l’ordre.

Adieu saisines en augmentation record, adieu dénonciations des manquements graves de certains policiers, adieu mauvaises pratiques épinglées. En reprenant le flambeau de la CNDS on dit que ce « Défenseur des droits » pourrait avoir des allures de fossoyeurs. A nous d’être vigilants pour ne pas retrouver nos libertés au cimetière.

Lyon, le 21 mai 2010.

20/05/2010

Drapeau

Signe des temps ? Allez savoir. Autant les commentaires lapidaires se font aussi rares que les traits d'humour chez Eric Besson, autant  nombreux sont les mails à tenter de prolonger quelques uns des nombreux billets qui bornent, 7 jours sur 7, "De Lyon et d'ailleurs". Il y a peu, Marc Gauchée, un internaute parisien, m'a fait parvenir ce texte intitulé "Celui qui s'essuie sur le drapeau et ceux qui s'essuient sur Marianne". Le voici. La (mauvaise) humeur de Marc Gauchée pouvant être utile par les temps actuels.

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Celui qui s'essuie sur le drapeau et ceux qui s'essuient sur Marianne

Drapeau.jpgCeux qui nous gouvernent ont décidément l'outrage sélectif. Le 19 mars 2010, Métro publie une photographie de Frédéric Laurent, lauréat d'un « coup de cœur » du Marathon photo de la FNAC de Nice dans la catégorie « politiquement incorrect ». Il s'agit d'un homme vu de dos, pantalon sur les chevilles, s'essuyant les fesses avec le drapeau tricolore. Le cliché choque des députés UMP des Alpes-Maritimes, dont Charles-Ange Ginesy : « Il faut que nos jeunes générations apprennent à respecter les valeurs de la République, et le drapeau en fait partie ». Aussitôt, Michèle Alliot-Marie, pourtant ministre de la justice, a souhaité que des poursuites soient engagées contre ce type de comportement, qu'elle juge « intolérable » et envisage la parution d'un décret pour sanctionner cela d'une contravention... L'affaire est révélatrice de la bêtise, l'amnésie et la haine qui tiennent lieu, aujourd'hui, en France, de principes de gouvernement.

Drapeau 2.jpgElle traduit d'abord la confusion, savamment entretenue par la sarkozie déboussolée, entre les symboles de la République et les valeurs de cette même République. Le honteux et piteux débat orchestré par Eric Besson, bien nommé ministre de l'identité nationale, a surfé sur cette confusion : la défense orgueilleuse des symboles de la République permet de s'affranchir de ses valeurs ! C'est ainsi qu'alors que les valeurs d'égalité (défense du bouclier fiscal), de liberté (1% de la population française placé en garde à vue), de fraternité (rafles à la sortie des écoles) et de solidarité (atteintes à l'Etat social) sont battues en brèche par le pouvoir en place, rien n'est trop dur pour sanctionner ceux qui se moquent de la Marseillaise, du drapeau tricolore ou du président. Il faut reconnaître que la droite sarkoziste à de quoi être déboussolée : elle a élu un président libéral et candidat de la rupture (« Travailler plus pour gagner plus ») ; une crise plus loin, des millions de chômeurs en plus, elle est prise de vertige face à un président girouette qui dit tout et son contraire, flatte les extrêmes, joue les coqs entouré de 2000 policiers, donne des leçons au monde entier, n'a pas de bilan, est l'ami des riches et, surtout, surtout, veut être aimé d'abord par ses ennemis.

Drapeau 3.jpgEnsuite, il faut avoir la mémoire bien courte pour ne pas se rappeler d'une campagne récente financée par le gouvernement en faveur du « grand emprunt ». Il s'agissait d'une Marianne toute de blanc vêtue, y compris le bonnet phrygien qui pourtant, traditionnellement, est rouge. La fameuse Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix, guerrière et dépenaillée, encadrée par un bourgeois et un Gavroche armés, le sein à l'air, était ainsi transformée en femme bien prude, à la blancheur immaculée aux relents de Marie enceinte par l'opération du Saint Esprit. Il y avait bien outrage aux « valeurs de la République » ! Mais aucun député UMP n'a crié, l'exemple venait du sommet de l'Etat. Comble de la bêtise, au même moment, Elisabeth Badinter était raillée pour son livre Le Conflit, la femme et la mère (Flammarion), dénonçant la tyrannie du discours sur la maternité que subissent les femmes.

Ce n'est pas le peuple français qui a perdu les valeurs de la République, même quand il s'amuse de son drapeau transformé en PQ. Ce sont ceux qui nous gouvernent qui, dans une confusion mammo-religieuse, ne savent plus à quel sein se vouer et préfèrent s'en remettre à celui, sage et maîtrisé, de la Vierge plutôt qu'à celui, imprévisible mais libre, de la République.

Marc Gauchée

04:16 Publié dans Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drapeau, marianne, république, france, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/05/2010

Les jours heureux

SarkoCNR.jpgLe 16 mai au plateau des Glières. Pas de banderoles. Pas de slogans. Pas de badges. N’en déplaise à la presse taiseuse qui parle du rassemblement de Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui comme d’un rassemblement anti-sarkozyste. Dans les interventions, rien que des témoignages avec des mots clairs : liberté, égalité, fraternité, progrès social, solidarité, service public, république… Des mots qui se heurtent durement au réel. Depuis 2007, Nicolas Sarkozy se rend chaque année aux Glières pour y saluer la mémoire des maquisards massacrés en mars 1944 par les nazis et les miliciens français. Ce qui, au premier abord apparait comme normal et légitime, révèle à l’examen une instrumentalisation de l’Histoire quand il situe son action dans le droit fil « du Conseil National de la Résistance, qui, dans les heures les plus sombres de notre histoire, a su rassembler toutes les forces politiques pour forger le pacte social qui allait permettre la renaissance française » (publié en mars 1944 sous le titre Les jours heureux, le programme du CNR annonçait un ensemble formidable de réformes économiques et sociales parmi lesquelles la Sécurité sociale, les retraites par répartition et la liberté de la presse).

Non, aux Glières les 15 et 16 mai 2010, pas besoin de slogans, pas besoin de banderoles, pas besoin de badges. Il suffisait d’entendre les témoignages d’actions de résistance vraie, collectives souvent, individuelles parfois, toujours subordonnant la légitimité de la dignité humaine à celle des règles établies ou des législations indignes. Non, l’esprit qui soufflait-là n’était pas celui de la revanche, mais celui de la résistance, autrement plus difficile.

À 1500 mètres d’altitude, par deux ou trois degrés et une neige timide aussi tremblotante que nos guiboles, nous étions trois mille, une trentaine des Monts du Lyonnais, à écouter durant plus de deux heures les témoins qui se sont succédés sur la petite tribune de fortune. Applaudissements. Émotion au souvenir de ces morts souvent très jeunes, aujourd’hui glorieux, mais que radio Paris qualifiait alors de « ramassis de lâches communistes et terroristes étrangers ».

À méditer, parmi les mots entendus, ceux de Serge Portelli, vice-président du tribunal de Paris et membre de l’Appel des appels. « Nous sommes dans un État-limite, situation intermédiaire où nous ne sommes ni dans la démocratie ordinaire, ni dans la dictature, mais où l’on trouve tous les ferments d’un basculement possible. ». Il déclarait dans un ouvrage récent : « l’État-limite conserve l’architecture de la démocratie. Nous voyons fonctionner un Parlement, des élections ont lieu, les médias existent, la justice juge, les oppositions s’expriment. Mais le régime se caractérise par une excitation, une agitation extrême qui contredit violemment le cadre visible des institutions. L’appareil d’État fonctionne de façon inhabituelle. Sur la base d’une idéologie inquiétante et démagogique, se développent une volonté d’absolu dans les résolutions, un extrémisme dans les positions, une impulsivité dans la parole, une agressivité dans l’action, qui se traduisent par une exacerbation permanente de la violence d’État. Les frontières sont tutoyées, dépassées même parfois, préservées souvent grâce à une mobilisation de plus en plus massive des forces démocratiques. L’État-limite, c’est – version optimiste – un équilibre très instable et précaire ou – version pessimiste – un déséquilibre permanent et dangereux. » (www.ldh-toulon.net/spip.php?article3836).

Jean-Paul Schmitt

18/05/2010

Iconoclaste

dominique-strauss.jpgReviendra ou ne reviendra t-il pas à temps pour se présenter en 2012 ? la question du retour de DSK commence sérieusement à me chauffer les oreilles. Je trouve, en effet, assez insupportable que la gauche se mette en attente d’un homme providentiel… surtout pour le monde de la finance. Car, comme l’écrivait récemment Jean Marie Colombani, un expert du passage de la rive gauche à la rive droite de la Seine, DSK fait partie des trois français qui ont sauvé l’euro avec JC Trichetéternel patron de la banque centrale et Nicolas Sarkozy, magnifique référence de gauche. Aussi Ségolène Royal a raison de rappeler que le patron du FMI a « aidé » la Grèce en lui imposant : abaissements des salaires, démantèlement de la protection sociale et augmentation des taxes, un vrai programme de gauche ! Mais, me direz-vous, il est le chouchou des sondages qui le place meilleur candidat contre Sarko. Sans oublier le jeu manipulateur de ces plongées dans l’opinion il faut savoir que, selon un sondage BVA : 71% des dirigeants économiques souhaitent sa désignation à la candidature, le CAC 40 désignera-t-il le candidat socialiste ? Pour moi en tout cas voter DSK ce serait faire 1983 avant 1981 et je souhaite garder un peu petit espoir, celui qui amènera le peuple de gauche à regarder les choses en face et à se ressaisir en désignant une ou un candidat qui se dresse face à la situation actuelle en la regardant avec lucidité et la volonté de la changer. A l’image de Félipe Gonzalès l’ancien premier ministre socialiste espagnol qui déclarait récemment au quotidien El Païs : « nous avons sauvé le système financier mondial en sacrifiant des pourcentages très élevés de produit intérieur brut mais rien n’a changé dans son comportement qui est pourtant à l’origine de cette crise. » Dès lors le patron du FMI n’est pas le mieux placé pour prendre des mesures radicales, et pourquoi pas iconoclastes comme la nationalisation des banques, moyen assuré pour que l’Etat ne passe plus sous leurs fourches caudines mais aussi pour que leurs profits soient réorientés vers la relance de l’économie.

Philippe Dibilio

17/05/2010

Micky, Max, Rufus et les autres

mickygreen01.jpgDernière ligne droite avant l’armada pas toujours convaincante des festivals d’été. Voici quelques rendez-vous musicaux susceptibles d’en intéresser certains sans nécessairement se fâcher avec les autres.

  • > 18 mai, les fans de l’australienne et ex top model Micky Green seront ce soir là au Transbordeur pour un show qui risque d’être aussi pâle que sa crinière. Les plus « roots » seront bien entendu quelques rues plus haut, au CCO et à 20 heures pour le retour d’un Max Romeo perdu de vue depuis son passage à Woodstower mais jamais décevant.
  • > 22 mai, Ali Farka Touré est au Fil de Saint-Etienne (20, boulevard Thiers)
  • > 23 mai, Metallica est en exclusivité française à la Halle Tony Garnier et plus chanson française que jamais, sans gros son et moins réac, Romain Didier est quant à lui à Saint-Benoit en Bugey.
  • > Retour au Transbordeur le 26 mai pour le duo ricain Cocorosie toujours aussi cool mais qui lambine beaucoup pour évoluer. Les nostalgiques seront quant à eux à A Thou Bout d’chant pour le passage d’un voyage de Noz désormais mythique sur la place.
  • > Le lendemain Emmanuelle Seigner est au Transbordeur et la curiosité peut conduire les amateurs d’Ultra orange son précédent album aux accents d’un rock vélvetien de bon aloi à aller vérifier comment la chanteuse se débrouille sur scène avec son nouveau « Dingue ». Pour en rester sur cette idée les plus dingues parmi les fans de Arno iront ce soir là à Bourg-Lès-Valence, au théâtre Le Rhône, histoire de vérifier sur pièce ce que le dernier album du maître donne sur scène.

N’oubliez pas qu’entre Lyon et Vienne, en juin et juillet, Elvis Costello, Vampire Weekend, The National, Bob Dylan, Iggy Pop, Joe Cocker, Norah Jones et quelques autres sont attendus. Il est donc prudent de faire quelques économies.

Enfin, mercredi prochain, Rufus Wainwright est au Transbordeur. Un concert réservé à des fans qui prendront également plaisir à aller applaudir la sœurette Martha le 25 juillet aux Nuits de Fourvière pour la « Nuit Edith Piaf ».

Lyon, le 17 mai 2010.

 
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