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16/03/2010

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regionales 2004.jpgComme à l’occasion de chaque élection les français ont adressé leur message et en général il reflète l’air du temps de manière simple et empreinte de bon sens. Comme à chaque élection on se dit qu’il faut l’entendre et mieux encore l’écouter. Encore faut-il le décrypter. Et comme après chaque élection chacun peut y aller de son analyse ; alors allons y ! Sans aucun doute le premier tour des régionales est un échec pour Sarkozy et sa tactique d’alliance de toutes les formations de la majorité mais au-delà c’est aussi un vote sanction y compris de la part des électeurs de droite.

Sans aucun doute c’est aussi une victoire du PS qui retrouve sa place de leader dynamique au cœur d’une gauche redevenue combative. Une gauche qui intègre aujourd’hui des écologistes plus « responsables » et prêts à s’inscrire dans un processus de gestion en particuliers des régions. Et sans aucun doute enfin c’est un succès pour Martine Aubry qui a su, quoiqu’en pensent certains, redonner nationalement une image cohérente du PS.

Mais une fois ceci dit il faut bien se poser les deux vraies questions : celles de l’abstention et de la remontée du FN. Si pour l’abstention on peut évoquer pour partie une bouderie de l’électorat de droite au vu des zig zag de la politique de Sarko par rapport à ses fondamentaux, il faut bien convenir qu’elle reflète aussi autre chose. Et en premier lieu une rupture entre le politique et le citoyen. Le mécontentement réel, en particuliers des couches populaires, ne s’exprime plus majoritairement par le vote à gauche, ni même à l’extrême gauche si l’on en juge par les résultats de LO et du NPA alors que nous traversons une période où les luttes sociales se durcissent. Et ce n’est pas l’OPA, au demeurant réussie, de Mélenchon sur le PC qui infirme la tendance. Dès lors le bulletin de vote perd sa signification et se dilue dans l’abstention. Mais les choses vont encore plus loin, en particuliers dans les milieux populaires, où il se transforme en vote FN. Car c’est là aussi une donnée du scrutin le FN relève la tête d’abord dans les cités et sur l’humus du désespoir et de la colère des couches populaires exposées à la crise et à l’injustice triomphante. Il est donc grand temps de renouer le dialogue avec ce peuple qui souffre et ce ne sont pas les propos convenus prononcés au soir du premier tour qui suffiront. Il faut afficher clairement les propositions pour demain et se positionner sans ambage vis-à-vis du système . Il faut le faire avec des mots simples, avec des mots plu proches de ceux qu’utilise Georges Frèche que ceux des pensionnaires de Normal Sup ou de l’ENA.

Je twisterai les mots s’il fallait les twister chantait Jean Ferrat, peut être convient-il aujourd’hui de passer par le RAP ou le SLAM à condition que ce soit le langage de la clarté et de la sincérité. L’essentiel étant de renouer le dialogue qui permettra d’aller vers le changement.

Philippe Dibilio

Commentaires

D'abord le FN
A ma fille aînée, primo-votante, qui me demandait pourquoi le réveil du FN je lui expliquais que si l'on doit combattre ses idées, on ne doit pas croire s'en être débarrassé comme cela. Il n'y a que 6-7% de français qui votent par adhésion, le reste ce sont des abstentionnistes qui veulent pousser un cri. Cela représente un risque démocratique mais il ne faut pas dramatiser, depuis le 21 avril désormais, les français choisissent leur élection.
Lorsque tu de tapes sur le doigt avec un marteau soit tu pousses un juron, soit tu mets ton doigt dans ta bouche pour retenir ton juron.
Pour les classes populaires, la crise cela fait très mal, alors on vote FN ou on s'abstient.
Pour les classes moyennes et les fonctionnaires, la crise fait aussi très mal, si on est à gauche, on a voté Modem avant-hier, on a voté Europe-écologie hier et si on est à droite, on s'est abstenu hier.

Ensuite la gauche.
La droite populaire ne l'est plus mais il n'y aura pas de vote d'adhésion populaire à gauche tant que nous ne proposerons pas un espoir tangible, raisonnable et crédible. Il faut donc que nous, militants, intellectuels, élus et cadres croyons qu'il existe un espoir de sortir de la crise conjoncturelle et une place pour le peuple français dans la mondialisation. On ne peut pas se contenter de panser les plaies sans offrir de perspectives de guérison.

Écrit par : jbdivry | 16/03/2010

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