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31/01/2010

Nouveautés

VV Brown.jpgDepuis de très longues et nombreuses semaines il fallait faire ceinture en matière de nouveautés musicales. Fort heureusement, janvier sur le point de s’achever apporte son lot de disques et en particulier, celui tant attendu, de la petite anglaise V.V. Brown (Travelling like the light) annoncée comme la dernière merveille du monde de la pop.

Pour tout vous avouer, même si l’ensemble est frais et sympathique, Amy Winehouse peut encore cuver sur ses deux oreilles, la Vanessa en question ayant encore quelques efforts à faire pour se forger un style personnel. Son disque est avant tout une collection de plages qui flirtent entre effluves sixties, relans doo-wop, faux-airs de Lily Allen ou Kate Nash pour « Leave ! » et variété de qualité. Cela étant la V.V. a du potentiel et de l’énergie à revendre. Elle mériterait que quelques mentors s’intéressent à elle car des titres comme « I Love You » laissent entrevoir des capacités vocales réelles et plus généralement le tonus communicatif qui domine sur « Quick Fix » ou « L.O.V.E. » en particulier confirment qu’avec V.V. Brown se dessine l’avenir de la pop anglaise. Avec Eels, qui signe en l’espace de quelques mois un successeur au formidable « Hombre Lobo » paru en juin dernier, fraicheur et joie communicative ne sont toujours pas au rendez-vous. Avec ce « Ending Times », Everett dit E, prolonge notre plaisir dépressif, la noirceur bluesy étant toujours le plat principal servi au bivouac. Un album définitivement déconseillé à ceux qui n’ont pas aimé « Hombre Lobo » et peut-être également la dernière occasion pour ceux qui sont restés scotchés sur « Novocaïne For the Soul » de revenir dans l’univers si compliqué de E. Au rayon des revenants, il convient de signaler aussi le retour presque gagnant de Adam Green, le new yorkais ne retrouvant pas totalement l’écriture et les interprétations miraculeuses qui figuraient dans « Friends of Mine » (2003) mais qui laisse espérer encore de beaux jours, tant, avec ses airs de « branleur » doué, Adam Green, en deux ou trois phrasés et quelques bluettes troussées à la va-vite, semble toujours capable de franchir un jour les plus grands himalayas.

  • > V.V. Brown, « Traveling like the light », Island
  • > Eels, “End Times”, E Works Records
  • > Adam Green, “Minor Love”, Rough Trade

Lyon, le 31 janvier 2010.

30/01/2010

Formidable

Dans ce pays c'est à la radio, sur Europe 1, qu'un procureur de la République annonce le fait qu'il va faire appel suite à un procès. Ce pays aux ressources insoupconnées est par ailleurs le champion des gardes à vue. C'est toujours dans ce pays qu'on s'apprête à liquider le juge d'instruction. Elle est pas belle la vie ? Bon week-end.

Lyon, le 30 janvier 2010.

29/01/2010

Narquin N1

roselyne_bachelot_reference.jpgAlors que l’on annonçait le week end dernier la fermeture des centres de vaccination contre la grippe A, je recevais enfin ce foutu bon accompagné de la missive de celle qui aurait dorénavant intérêt à se faire appeler Roselyne Narquin histoire de se faire oublier. Adieu « Pandemrix », « Humenza », « Panenza », « Focetria », « celtura » ou « Celvapan » destinés en une seule injection à estourbir A-H1N1. Je me souviens que fin août, lors de la pré-rentrée des enseignants, le ministère avait pris grand soin de nous expliquer, entre autre, comment il convenait d’éternuer dans son coude. Tout l’automne, Madame Narquin s’était magnifiquement mise en scène espérant probablement que grâce à H1N1 l’occasion de passer la sur-multipliée était enfin arrivée et que sa carrière était à la relance. Depuis quelques semaines nous ne voyons plus malheureusement le sourire éclatant de Madame Narquin à la télévision. Cela fait un bail que Claire Chazal et David Pujadas ne nous annoncent plus notre mort quotidien. On nous explique qu’il ne faut pas être trop dur avec Madame Narquin. Pour nous en convaincre on nous demande si d’autres auraient mieux fait à sa place dans la même situation. Bien sûr que non ! Au hasard, prenons la gauche. Il est clair que si les socialos-écolos-communistes avaient été aux affaires, j’aurais reçu mon bon d’ici cinq ou six mois, juste le temps pour me rendre parmi les premiers dans les centres de vaccination qui auraient été opérationnels au 15 août 2010. Côté nombre de morts n’en parlons même pas et quant au coût global il aurait explosé au point très probablement d’atteindre des sommes pharaoniques. En vérité ce pays peut aujourd’hui se féliciter de s’être doté d’un président qui a eu la lumineuse idée de nommer Madame Narquin aux Sports et à la Santé. Imaginez une seule seconde que ce ne fût pas le cas ?

Lyon, le 29 janvier 2010.

Photo: DR

28/01/2010

En gros et en détail

Sarkozy NB.jpgLe Président est paraît-il ravi de sa prestation de lundi soir sur TF1 et les quelques 8 millions de téléspectateurs qui assistaient à l’émission sont quant à eux convaincus. Plus précisément, si l’on en croit « Le Parisien » et l’institut CSA, 57% des personnes ayant vu Nicolas Sarkozy l’ont trouvé convaincant.

Autant dire que l’Elysée est aux anges quand on songe à la côte de popularité médiocre du président. En vérité, quand on consulte ce sondage paru hier, on peut se dire que le président devra y réfléchir à deux fois avant de convoquer une seconde fois le ban et l’arrière-ban de TF1. En effet, en examinant les principaux thèmes abordés par Nicolas Sarkozy face au panel concocté par TF1, il y a de quoi perdre le sourire puisque la performance présidentielle s’avère bien modeste. Pas convainquant à 60% sur l’emploi, à 58% sur les retraites, à 51% sur les salaires de Proglio, à 61% sur le pouvoir d’achat, à 45% sur l’identité nationale et à 45% sur la réduction du nombre de fonctionnaires, le président a des soucis à se faire car sur aucune de ces thématiques les convaincus l’emportent. On pourrait dire que Sarkozy arrive à convaincre « en gros » mais jamais dans le détail. Malgré cela, Franck Louvrier, son conseiller en communication, nous confie que « la parole présidentielle n’est pas usée » autrement dit que, « plus c’est gros, plus ça passe ». D’ailleurs à l’occasion de cet échange avec le panel de TF1, Nicolas Sarkozy a utilisé les mêmes ficelles gagnantes que lors de la dernière campagne présidentielle expliquant que les problèmes économiques, d’emploi ou de retraites étaient à mettre sur le dos de la crise ou des socialistes et que pour le reste il convenait de faire confiance à sa détermination et à son acharnement. Reste à savoir si une telle ligne sera suffisante pour gagner « en gros » la prochaine présidentielle, tout le reste étant du détail.

Lyon, le 28 janvier 2010.

 

27/01/2010

Machiavel a fait des petits

Sarkomachiavelisme!.jpgBarak Obama a déclaré mercredi dernier : « J’ai perdu le sens du contact direct avec les Américains sur leurs valeurs essentielles ». Imaginez un instant Nicolas Sarkozy faire de même à propos des Français. On peut rêver. Ni lui, ni les ministres et sous-ministres qui nous gouvernent, ne feront amende honorable. Sauront-ils jamais dire la vérité ?

Dans l’auto congratulation - discipline dans laquelle les politiques sont experts quels que soit leur bord – notre président bat tous les records. Écoutez-le défendre ses réformes – car il s’agit de réformes, courageuses et bien menées, n’en doutez pas. Les mots sont martelés, répétés, bégayés, enflés, déclinés, commentés souvent avec déférence par les « journalistes » télévisuels. Ces « réformes » qui traînent pourtant avec elles une comptabilité mortifère d’emplois détruits aveuglément. Ces « réformes » qui laissent sur le bord du chemin de plus en plus d’exclus et de travailleurs qu’on qualifie désormais de pauvres. Ces « réformes » qui sont comme graffées sur toutes les façades de la République. Des façades qui se lézardent. Signées d’un seul et même tag : Sarko. Machiavélique !

Barak Obama voit sa popularité baisser nous serinent nos bons médias. Il ne serait plus qu’à 50% de satisfaction. Rappelez-moi celle de Nicolas Sarkozy en janvier 2010. Elle était de 32%, un niveau déjà atteint deux fois, en mai 2009 et en mai 2008.

Tout cela n’est que tambouille de chiffres me direz-vous et les seuls bons chiffres sont ceux de Nicolas. Comme ceux qu’il nous a livrés lors de ses vœux de 2010 : «Depuis 2007, la France a signé chaque année deux fois plus de grands contrats à l’export que durant les dix années précédentes. Deux fois plus !» Je vous conseille la lecture de l’excellent article de Cédric Mathiot dans Libé du 21 janvier dernier : sur l’ensemble des grands contrats signés par la France, le bluff est flagrant et la soi-disant performance est dans les choux. Manipulation encore. Version péjorative du machiavélisme.

Mais je chipote, tout va bien. Dormez braves gens, la République est calme et bien en laisse… Il n’est que de relire ce qu’écrivait Victor Hugo à propos de Louis Napoléon Bonaparte. Petit extrait :

« M. Louis Bonaparte se laisse volontiers entrevoir socialiste. Il sent qu’il y a là pour lui une sorte de champ vague, exploitable à l’ambition.

Alors il ne parle pas, il ment. Cet homme ment comme les autres hommes respirent. Il annonce une intention honnête, prenez garde ; il affirme, méfiez vous ; il fait un serment, tremblez. Machiavel a fait des petits.

Annoncer une énormité dont le monde se récrie, la désavouer avec indignation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête homme, puis au moment où l’on se rassure et où l’on rit de l’énormité en question, l’exécuter.

Jean-Paul Schmitt

26/01/2010

Coup de Gueule

En se privant de 600.000 euros de publicité pour laisser une heure d’émission sans coupures à Sarkozy, TF1 ne lésine pas sur les moyens pour aider le Président à redresser la tête dans les sondages, ce qui ne veut pas dire dans le cœur des français. Cet exemple en dit long sur les liens qui unissent l’Elysée et les grands média à sa disposition. Que ce soit ceux du secteur privé lié par l’amitié et la connivence avec Sarko ou ceux du service public dont le PDG est désormais sous tutelle du chef de l’Etat, il est vrai à un très bon salaire (2 700 000 euros par an) Si l’on voulait d’ailleurs un exemple du soutien des média à la politique du pouvoir le débat sur l’identité nationale constitue un modèle du genre. Sans l’appui permanent de la presse, de la radio et de la télévision que serait devenue cette funeste initiative ? Une litanie de rencontres bon chic bon genre suivies par un public trié sur le volet et qui n’aurait intéressé personne. Mais le tapage médiatique a permis de relayer le souhait du gouvernement : faire renaître les vieux démons à la veille des élections régionales. L’étape lyonnaise a été significative de ce point de vue. A l’intérieur de la Préfecture quelques notables accompagnés de jeunes bien pensants, à l’extérieur un déploiement outrancier de forces de l’ordre qui ont laissé les manifestants se faire agresser par des nazillons qui eux avaient compris le sens de ce « débat »en se lâchant contre les immigrés. Certes depuis sa campagne présidentielle Sarkozy joue avec les média mais ce n’est pas une raison pour s’en habituer. Alors il est salutaire que des hommes politiques s’insurgent. Bien sûr la chaise vide de Vincent Peillon sur France 2 n’a pas le panache du « messieurs les censeurs bonsoir » de Maurice Clavel en son temps mais le député européen s’et rattrapé dans le Monde où il argumente sa position. Quant à François Bayrou il a bien fait de remettre en place cet indéboulonnable laudateur des politiques de droite qu’est J.P Elkabach. Ces situations démontrent en tout cas que le chantier de la liberté et de l’indépendance de la presse tout comme celui de la lutte contre les abus du pouvoir sur ce terrain reste ouvert et mérite des actions plus suivies.

Philippe Dibilio

25/01/2010

Massacre en direct

tf1.jpgLa blonde la plus hitchcockienne du PAF, Laurence Ferrari, va recevoir ce soir, les yeux dans les yeux, notre Président. Face à la présentatrice glamoureuse, le locataire de l’Elysée timide et hypnotisé par le charme fou et froid de la blonde platinée décrite dans Libération comme en fait « une brune à poigne », risque de ne pas peser bien lourd. Décochant questions ouvertes et incisives en alternance avec une batterie d’interpellations pointues, la blonde risque de transformer le petit maître en sujet.

Ça va donc chauffer, ça va péter ce soir au vingt-heures de TF1. Quand elle va empoigner le Président, la native d’Aix ne va pas mégoter sur les torgnoles, être économe en claques, avare de coups envers celui que la rumeur présente comme un ex. Ça va donc être ce soir la fête à Sarko, le massacre d’un chef, l’agonie d’un président plumé comme un perdreau de l’année. Une honteuse cérémonie funeste qui précèdera une exécution à la roumaine présidée par le killer du PAF, Jean-Pierre Pernaud.

Il faut dire que s’il est en général fort mal traité dans les médias, Nicolas Sarkozy est particulièrement le souffre douleur de la première chaîne de télévision. Ce soir livré aux questions baveuses d’un pseudo échantillon de Français, c’est donc Jean-Pierre Pernaud qui aura pour tâche d’achever le président. Pour qui connaît le persiflage habituel du présentateur du 13 heures, c’est avec une joie malsaine que Pernaud portera une estocade finale animée d’une haine sans nom envers le régime. Trop c’est trop. Ce soir, faîtes comme moi, regardez plutôt « Cuisine T.V ».

Lyon, le 25 janvier 2010.

24/01/2010

Un grand et des minuscules

John Huston.jpgDeux institutions culturelles lyonnaises mettent dès ce premier trimestre les petits plats dans les grands. D’un côté l’Institut Lumière présente une importante « rétrospective John Huston », de l’autre le Musée de l’Imprimerie, jamais avare depuis quelques années de projets étonnants, propose quant à lui « Minuscules », une exposition sur les livres de très petits formats au fil des siècles.

Entamée depuis quelques jours, la rétrospective Huston va jusqu’au 3 mars prochain passer en revue une œuvre aux allures de boite aux trésors puisque après « Le Faucon Maltais », « Key Largo », « Le trésor de la Sierra Madre », l’équipe de Thierry Frémaux programme sur différentes séances « the African Queen », « Moby Dick » , « La nuit de l’iguane », « Fat City », « L’Honneur des Prizzi », soit au total plus d’une vingtaine de films témoins majeurs du travail du grand réalisateur. Cerise sur le gâteau, le 2 février, une soirée spéciale est annoncée en présence de Patrick Brion, un des spécialistes Français de Huston.

Avant de dire quelques mots sur le Musée de l’imprimerie, du 27 janvier au 23 février signalons qu’une seconde rétrospective, consacrée cette fois à Claude Lanzmann, est prévue, l’auteur étant invité le 9 février. Avec ses séances de Ciné-Concert à l’auditorium, une soirée consacrée aux films de montagne, une autre au cinéma et à l’urbanisme, sans oublier les coups de projecteurs sur Jacques Bral (« Extérieur nuit ») et des projections en copies neuves , l’Institut Lumière dopée par le succès du Grand Lyon Festival propose donc une magnifique programmation. « Minuscules » l’exposition du Musée de l’Imprimerie qui concentre le tir sur les livres de très petits formats s’annonce également comme séduisante avec sa kyrielle de manifestations adjacentes (conférences, ateliers adultes et pour enfants). Gajeures techniques, petits bijoux de finesse et parfois de poésie, ces livres présentés par le musée comme de « minuscules ambassadeurs de la chaîne graphique » seront à l’honneur jusqu’à la fin de la saison.

> Institut Lumière, « Rétrospectives John Huston », du 5 janvier au 3 mars, renseignements sur www.intitut-lumiere.org et les vidéos exclusives des soirées sur www.youtube.com/institutlumiere 25, rue du Premier film, Lyon 8ème, métro ligne D – Montplaisir-Lumière

> Musée de l’Imprimerie, « Minuscules », renseignements sur www.imprimerie.lyon.fr 13, rue de la Poulaillerie, Lyon 2ème, métro ligne A - Cordeliers.

Lyon, le 24 janvier 2010.

23/01/2010

Vu à la télé

Il n'est vraiment pas dans mes habitudes de publier sur ce blog interventions, discours ou textes relatifs à la vie municipale ou communautaire. L'occasion faisant exceptionnellement le larron, le sympathique Antoine du groupe socialiste au "Grand Lyon" m'ayant transmis une vidéo relative à la dernière séance publique, voici mon intervention à propos de notre politique métropolitaine et de la réforme territoriale actuellement en discussion au parlement.


Lyon, le 23 janvier 2010.

22/01/2010

Tarascon

602116883.jpgAndré Gerin, le député communiste de Vénissieux, celui qui organise des safaris parlementaires anti-burqua avec son ami Eric Raoult, avait hier les honneurs du Figaro. Il en profitait pour s’en prendre à ses camarades accusés « d’angélisme », de ne pas avoir conduit ce débat avec sérieux, d’être « complaisants ». Rien de neuf me direz-vous cependant, au détour de l’interview Gerin en profitait pour avancer quelques pions mais Sophie Huet, la journaliste en charge de l’opération, s’abstenait d’exercer son droit de poursuite préférant s’en tenir aux insinuations du député communiste. Que disait donc André Gerin ?

« Dans certaines entreprises du CAC 40 » expliquait l’honorable parlementaire, « se constituent des syndicats religieux ou communautaristes qui remettent en cause la mixité au travail ou la tenue vestimentaire des femmes. » « Dans certains établissements scolaires » ajoutait l’ancien maire de Vénissieux, « 50% des jeunes filles mineures sont exonérées de gymnastique ou de piscine, et des gamins contestent les cours d’histoire ou de sciences naturelles ». Pour très probablement enfoncer le clou, Gerin concluait en indiquant qu’en « Milieu hospitalier, des médecins hommes sont menacés individuellement par des gourous qui accompagnent des femmes voilées et qui exigent que leurs médecins soient des femmes. »

C’est donc un député de la république particulièrement informé qui s’exprimait hier dans le Figaro, un parlementaire qui rapportait des faits gravissimes. Un élu : qui doit maintenant nous en dire plus, autrement dit nous indiquer :

1 - Le nom et la localisation des entreprises du CAC 40 concernées par l’émergence des syndicats religieux qui mettent en cause la mixité au travail et la tenue vestimentaire des femmes

2 - Le nom et la localisation des établissements scolaires au sein desquels 50% des jeunes filles sont dispensées d’EPS et de piscine

3 - Le nom, la localisation et l’identification des faits pour les hôpitaux incriminés.

J’imagine que certaines de ces insinuations concernent le département du Rhône. A Gerin de nous en dire plus sous peine d’apparaître, non seulement pour un chasseur de burquas mais pire pour un tartarin.

Lyon, le 22 janvier 2010.

21/01/2010

Depuis que Frédo est tombé de scooter

73233-frederic-mitterrand.jpgOuf ! On commence à en savoir plus sur la politique que Frédéric Mitterrand souhaiterait mettre en œuvre. Vous me direz qu’il était temps mais le problème n’est pas là. Lors de la cérémonie des vœux au Ministère de la culture, devant une assistance sélectionnée, le Ministre a donc annoncé une réorientation aux faux-airs de rupture. Le temps de « la culture pour chacun » est venu. Attention ce nouveau concept de « culture pour chacun » n’a absolument rien à voir avec la fameuse « culture pour tous » jadis mise en œuvre par les prédécesseurs de l’actuel ministre. Dans l’esprit du génial Frédo, « la culture pour tous » équivalait à « la culture pour les mêmes » d’où ce nouveau concept de « culture pour chacun » qui, si je mesure bien les choses, devrait avant tout concerner « les autres » ou plus exactement ceux qui ne bénéficiaient pas, hier, de « la culture pour tous » réservée alors aux « mêmes ». Plaisanterie mise à part, comment vous dire mon inquiétude sur l’état de santé de la culture suite à de pareils propos ?

J’ai lu quelque part que Frédéric Mitterand était sur le point de faire évoluer son cabinet. On a tous bien compris qu’en se cassant la pipe en scooter, notre ami Frédo s’était fait mal au bras. Cela étant, si un courageux de sa nouvelle équipe avait l’audace de convaincre le Ministre d’aller passer un scanner au Val-de-grâce cela ne serait peut-être pas tout à fait du luxe. En attendant, permettez-moi de vous souhaiter en 2010, non pas une bonne santé pour tous mais bien une bonne santé pour chacun.

Lyon, le 21 janvier 2010.

Image: DR.

20/01/2010

Sélectif

musee.jpgJ’ai toujours beaucoup de mal à admettre l’indignation sélective et pourtant très répandue en particuliers dans les milieux bobo-bling bling qui ont succédé aux figures de la gauche caviar qui nous avait édicté un véritable manuel des causes défendables et celles bien sûr qui ne l’étaient pas. J’ai d’autant plus de mal que ce sont aujourd’hui certains journalistes qui se sont engouffrés dans cette spécialisation s’éloignant ainsi de la véracité des faits selon la belle formule de Stendhal. Sans aller chercher parmi les grands enjeux de la planète nous en avons eu un exemple ces derniers jours dans la vie lyonno-lyonnaise. Au terme d’un appel d’offre le SYTRAL a retenu pour deux lots de travaux de dévoiement de réseaux d’eau en vue du prolongement de la ligne T4 du tramway un même groupement d’entreprises. Ce groupement propose un prix nettement supérieur de celui des autres concurrents mais très proche de l’estimation du donneur d’ordre. Une entreprise non retenue décide alors de faire un recours devant le tribunal administratif et cherche pour cela des arguments juridiques comme le fait que le Sytral n’ait pas demandé par écrit une justification aux soumissionnaires qui avançaient les prix les plus bas. Jusque là rien que de plus ordinaire dans le jeu habituel des appels d’offre où le perdant d’un jour, qui est souvent le gagnant du lendemain, peut contester un choix. Mais dans la presse locale un vent d’indignation se lève, le Sytral, de Bernard Rivalta bien sûr, aurait des pratiques bizarres en matière d’appel d’offres. Et le soupçon enfle à propos du groupement au prix le plus élevé. Et de jongler avec les chiffres, toujours impressionnants pour de tels travaux, et de défendre l’intérêt du contribuable évidemment mis à mal. En fait il n’est heureusement pas exceptionnel qu’un donneur d’ordre public choisisse non pas le moins mais le mieux disant et c’est en général le bon choix et le plus transparent. A s’attacher au moins cher non seulement on prend des risques en matière de qualité mais le corollaire est une litanie d’avenants au marché qui grignotent l’économie de départ et qui sont votés dans la discrétion et l’indifférence générale. Quant aux pratiques du Sytral la juridiction saisie vient de se donner six mois pour trancher. Bref, on s’indigne dans le landerneau.

Et voila qu’au même moment le Conseil Général de Michel Mercier choisit entre les deux prétendants à la reprise des travaux du musée des Confluences. On ne va pas épiloguer sur ce dossier où la notion de dépassement du prix a atteint des sommets himalayens et pour lequel le président a beau nous dire que cela se paiera sans augmentation d’impôts il reste qu’avec la différence entre l'estimation et le coût c’est à une baisse d’impôts à laquelle on aurait dû avoir droit. Et pourtant là le chœur des indignés ne trouve rien à redire ; au contraire. Ils louent la prudence de Mercier qui a pris le plus cher pour se donner des garanties de sécurité reprenant exactement les arguments du Sytral pour justifier son propre choix. Mais là plus d’indignation ! Alors comprenne qui pourra et surtout quel crédit accorder à de tels jugements.

Philippe Dibilio

19/01/2010

Le lapin du Chabot

Lapin chabot.jpgArlette Chabot maitresse des débats politiques de la chaine de service public ( ?) accusant Vincent Peillon via sa rédactrice en chef d’utiliser des méthodes de voyou tout en étant soutenue par Etienne Mougeotte dont on connaît les éditos sarkoviétiques au Figaro, l’ultra libéralisme radiophonique et le coup de sifflet rageur de fin de récré, reconnaissez que cela a de l’allure !...

Si, comme le commente Marianne2, le faux-bond de Peillon peut paraître peu glorieux, il permet au moins d’interpeller sur le style de « faire valoir » du pouvoir en place que France 2 pratique avec force et continuité au service de Nicolas Sarkozy, que celui-ci soit l’actuel président ou l’encore simple candidat. Il faut se souvenir des bises complices échangées entre Nicolas et Arlette à l’issue du débat pour les présidentielles de mai 2007 devant une Ségolène Royal qui n’avait eu droit qu’à la main froide de madame Chabot

Vous me rétorquerez peut-être le « Chabot humiliée par Sarkozy » qui inonda les médias en septembre dernier. Paradoxal ? Pas tant que cela. On peut aussi y voir l’habileté des communicants élyséens et considérer « l’engueulade de Washington » comme une façon maligne de donner des lettres d’indépendance à celle qui de plus en plus apparait comme au service d’un penser conforme au pouvoir.

Si vous n’êtes pas convaincu que France 2 fabrique « des émissions clés en mains pour ministres en mauvaise posture » comme l’affirme Marianne, réexaminez le fil de ce que d’aucuns appellent débat du 14 janvier dernier. Vous y découvrirez tous les produits et gestes qui font la bonne brosse à reluire pour ministre avec écran de fumée : la famille forcément chère au cœur de Besson, le Maroc de son enfance, ses blessures si intimes et ses plaies ouvertes, son antiracisme forcément viscéral. Ce n’était plus une biographie, c’était une hagiographie.

Qui a piégé qui ? J’aimerais que ce soit Peillon piégeant France 2 et Chabot en refusant de leur servir de faire valoir. Un faire valoir bien entendu dépourvu du quart d’heure d’auto encensoir réservé à saint Besson. J’entends déjà certains me faisant remarquer que le documentaire (?) sur Jospin qui faisait suite n’a pas pris non plus davantage de distance par rapport à son sujet ni émis davantage de contradictions. Dont acte. Et à verser au dossier à charge.

Nul doute que la soirée « spéciale » Nicolas Sarkozy le 25 janvier sur TF1 nous montrera enfin une vraie télévision d’information : Laurence Ferrari et Jean-Pierre Pernaud, ces insolents, font déjà frémir notre omni-président créateur d’évènements. Les Français durant deux heures et demie, yeux dans les yeux avec le président, à six semaines des élections vont se régaler.

Comme le disait Chomsky « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures ». C’est aussi un moyen direct de désintégration selon ce cher Camus que l’on veut panthéoniser…

Jean-Paul Schmitt

18/01/2010

Gainsbourgmania

serge gainsbourg.jpgA reluquer bande-annonce et extraits, en écoutant Joann Sfar ce néo-réalisateur issu de la bande dessinée, on ne peut qu’être rassuré, le Gainsbourg qui nous est proposé cette semaine ne devrait pas décevoir et voire même s’avérer une heureuse surprise hivernale. Sans faire étape au purgatoire, Serge Gainsbourg est donc passé de la gloire au succès éternel, de quoi d’ailleurs rendre inquiétant le phénomène car depuis sa disparition on ne compte plus les compilations, rééditions et bouquins proposés. Que Serge Gainsbourg, mais c’était déjà le cas de son vivant, mérite amplement de figurer parmi la petite poignée d’auteurs-compositeurs français dignes de trôner dans le panthéon international des faiseurs de hits est incontestable. Que l’on assiste à une telle dévotion est pour le moins aberrant. Si l’on écoute bien le monde médiatique, le plus souvent béat, mis à part le billet de 500 francs brûlés par l’artiste devant les caméras, tout ce qu’a produit Gainsbourg relèverait du pur génie. Calmons-nous et considérons que dans les dix ou quinze dernières années de sa vie, Gainsbourg était surtout un bon client pour les médias à l’affût et probablement un auteur et interprète devenu modeste.

Que Sfar, « réinvente au cinéma Gainsbourg » n’est franchement pas pour me déplaire mais il serait grand temps que l’on puisse évaluer l’œuvre du grand Serge sachant qu’il n’est vraiment pas obscène de dire que dans la production pléthorique de notre plus grand artiste « pop » il y a « à boire et à manger ». Je ne pense bien entendu pas le moins du monde à l’œuvre cinématographique de Gainsbourg qui n’offre guère d’intérêt, pas plus d’ailleurs, à quelques-uns de ses textes. Gainsbourg c’est une très grosse vingtaine de bijoux et probablement un nombre équivalent de compositions largement au dessus de la production jugée à l’époque comme la plus recommandable. Pour le reste, l’œuvre de Gainsbourg est plus souvent le fait de l’imitation que de l’inspiration.

Devenu une sorte « d’intouchable », nous pouvons également nous interroger sur une tendance visant à nous démontrer que notre génie national continue d’exercer son talent par procuration. C’est ainsi que depuis quelques semaines l’ensemble de la presse porte au pinacle, au-delà du raisonnable, le dernier album de Charlotte qui ne mérite vraiment pas tant d’honneur. Il est clair qu’à terme cette « gainsbourgmania » particulièrement dévôte se retournera contre un artiste qui ne mérite ni l'aveuglement actuel et encore moins, usé par les mains sales du marketing, l’indignité qui pourrait le frapper demain ou après demain.

Lyon, le 18 janvier 2010.

17/01/2010

Oh, brother

400px-patrick_balkany.jpgLe pote, le frère, le complice et ami de Nicolas, Patrick Balkany vient de faire don au pays de ses petits secrets. Au lit avec Bardot, en voyage avec Sarko, presque violé par Shirley Mac Laine, en vacances avec le président, la vie tumultueuse de l’homme qui avait annoncé aux Français le retour au bercail de Cécilia et même communiqué sur le malaise vagal présidentiel, est donc depuis cette semaine plus qu’un témoin. C’est un écrivain. De quoi remplir de fierté ce département des Hauts-de-Seine si attaqué et décrié.

Victime de l’acharnement médiatique et de la terreur des juges pour, il le dit lui-même, quelques broutilles, Patrick Balkany se réhabilite lui-même tout en nous racontant sa première poignée de main avec Sarko, la tendre protection amicale de Nicolas quand tout allait mal, « la joie de vivre inaltérable » d’Isabelle.

Cet exercice littéraire inattendu est, vous l’avez compris, une façon pour Balkany de se « Libérer de cette caricature-carcan » qui le frappe, d’exprimer une « sensibilité » et une « tendresse » jusqu’ici dissimulées car, nous dit cet homme fort du 92, « même les grands gueules pleurent sous le masque ».

Je sais bien qu’en ce dimanche il ne sera pas très facile de vous procurer un bon bouquin à dévorer mais, dès demain lundi, vous pourrez vous précipiter chez votre libraire. Entre le monde noir, abject et interlope de Ellroy, ce sinistre égoutier qui scrute le mal dans les moindres recoins de l’Amérique et cette leçon de vie de Patrick Balkany, il n’y a bien entendu pas photo. L’homme qui murmure aux oreilles du président est désormais un écrivain. Pourquoi s’en plaindre.

Lyon, le 17 janvier 2010.

Photo: DR

 
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