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23/12/2009

Satan

Google livres.jpgDans la série des "grands méchants" carnassiers, Google détient probablement la palme au point, peut être, de dépasser Coca, Pepsi, Microsoft et autres Texaco dans l'esprit de bien des gens. Depuis quelques temps, la peur à l'égard de Google se double d'un certain aveugement. Vous vous en doutez, loin de moi l'idée de me faire le champion de Google mais, quand on observer le débat concernant la question des livres et de l'édition, convenons que c'est du "grand n'importe quoi". Que Google se prenne quelques claques quand il agit au mépris du droit d'auteur et des éditeurs n'est pas pour me déplaire. A cet égard l'action en justice conduite par le Seuil - La Martinière est non seulement utile mais victorieuse. Il convient donc de s'en réjouir. Par contre, quand certains bons esprits, nécessairement parisiens, entendent dénoncer l'accord entre la Bibliothèque municipale de Lyon et Google il y a de quoi être irrité par tant de méconnaissance et d'esprit tordu car ce qui lie la bibliothèque lyonnaise à Google n'est en rien comparable au juste combat que nombre d'éditeur européens mènent face au même Google. De quoi s'agit-il ?

Comme une grosse vingtaine d'établissements dans le monde parmi lesquels on peut compter Harvard, Oxford ou Munich, la Bibliothèque municipale de Lyon, après un appel d'offre et sur la base d'un cahier des charges très sophistiqué, vient de confier à Google la tâche de numériser 500'000 ouvrages libres de droits. Cette numérisation impossible à financer par une collectivité va être exploitée conjointement par Google et l'établissement lyonnais qui, en parallèle ,mettra gratuitement cette numérisation à la disposition de tous.

Par ailleurs, l'accord lyonnais, qui semble inédit dans le monde, indique clairement que la numérisation se fait à la main, sous le contrôle scientifique de la bibliothèque, le dispositif mis en place se situant dans un rayon de moins de 50 kilomètres. Comme le dit le Directeur de la bibliothèque: "en réalisant une numérisation de masse, nous avons choisi d'avancer". Cette expérience lyonnaise à grande échelle est le plus sûr moyen de mettre à portée de tous, et en particulier des chercheurs, l'impressionnant patrimoine lyonnais mais aussi d'ouvrir des portes pour demain dans des domaines encore peu traités comme l'usage associatif ou professionnel.

Alors que depuis de nombreuses années l'Etat se désinteresse de cette question purement provinciale car n'oublions pas que la Bibliothèque municipale de Lyon (BML) est la seconde bibliothèque française après la bibliothèque nationale de France (BNF), il s'agissait pour Lyon de travailler à une échelle plus importante bien que les premières réalisation de numérisation remontent à 1992.

Que les quelques vierges effarouchées nichant dans le quartier latin continuent donc de pousser leurs cris en entendant le seul nom de Google ne change rien à l'affaire. D'ici quelques années 500'000 ouvrages du patrimoine lyonnais seront mis gratuitement à la disposition de tous, à travers le monde, depuis la bibliothèque municipale de Lyon. C'est après tout l'essentiel.

Lyon, le 23 décembre 2009.

Photo: DR

Commentaires

Et j'ai cru entendre que certains des titres du Seuil sur lesquels Google est attaqué ne sont plus disponibles dans le commerce.
Que peut faire le lecteur si Google se voit interdire la numérisation de ces oeuvres devenues indisponibles dans le commerce, par le fait de l'éditeur, (oeuvres sûrement sacrifiées sur l'autel de la rentabilité)?
On peut se poser la question...

Écrit par : Mianux | 25/12/2009

Bonjour,

je pense que c'est une bonne chose de permettre aux privilégiés de la planète ayant accès à l'informatique(dont je fais partie), d'avoir accès gratuitement aux bibliothèques informatisées.

Je trouve également qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter de la présence de Google dans le Bildeberg group, qui agit, comme chacun sait pour le bien de tous et des plus nécésiteux.

Une image pourtant, comme pas loin dans la mémoire, me hante face une situation comprenant de tels antagonistes: celle de feux de livres dans les rues. Une fois numérisés, on pourra brûler tout ce papier qui coûte cher, non?

Il n'y a pas si longtemps, un Bill Gates voulait acheter tous les droits d'auteurs et à présent vous leur OFFREZ le contrôle de l'accès à la culture, car par un malheureux hasard, votre bibliothèque brûlera une fois le "travail" terminé.


Et qui aura accès à la culture?


Ou vous n'êtes pas conscient de qui vous avez face à vous ou vous êtes des leurs, je voterais pour la première.

Tanilane

Écrit par : Tanilane | 30/12/2009

@Tanilane: Qui vous empêche d'enregistrer le support numérique et de le faire circuler? on a pas mal de supports possibles, pour les lire, je crois..

j"ai déjà enregistré pas mal d'ouvrages introuvables en bibliothèques, certains, trop vieux, couteraient trop chers à être réédités, et je doute pouvoir un jour lire le dernier exemplaire d'un livre aimé qui serait soigneusement enfoui et protégé de l'usure du temps..

Et les bibliothèques , pour bruler, pas besoin du Bildeberg , on a des jeunes qui font ca très bien..

Puis j'ai des problèmes pour marcher, la bibliothèque est loin...

Écrit par : paul | 01/01/2010

Personnellement, je suis ravie de voir Google nous permettre de disposer de la lecture de livres anciens qui me sont très utiles pour mes recherches! Handicapée, et sans grands moyens financiers pour me déplacer, je n'aurais jamais pu avoir accès à toute cette documentation fantastique! J'attends avec impatience que la BNF passe un accord avec Google pour faire la même chose... Ma thèse historique pourra enfin devenir plus riche, plus solide, et cela me réjouit sérieusement.
A quoi bon écouter ces "vierges effarouchées" dont l'auteur nous parle, qui ne pensent qu'à eux, que leur ego soit blessé ne me gêne en aucune manière! L'intelligensia parisienne-la plupart du temps-, me fait vomir...
Le grand Satan, c'est bien eux qui le représentent. La Culture est un bien qui doit exister pour tous, et pas seulement pour eux!

Écrit par : genechris | 03/01/2010

La culture pour tous oui, mais il ne faut pas oublier que rien n'est gratuit et qu'il faut aussi faire l'effort d'aller chercher l'information ! Le tout "tout de suite" à fait plus de tort à la culture qu'autre chose.. Il est vrai que pour des personnes à mobilité réduite la numérisation est plus simple mais tant d'efforts ont déjà été faits pour permettre l'accès !! Toujours plus plus plus...

Écrit par : Ferdidemalaga | 04/01/2010

c est normale que tout le monde puissent profiter des avancees de la science dans les oeuvres de la BLM un grand merci

Écrit par : breton | 05/01/2010

Je trouve lamentable que certains éditeurs bloquent la numérisation de livres qui ne sont plus vendus dans le commerce et qui ne le seront plus jamais (sauf peut-être à la mort de l'auteur).
Google a proposé une rémunération sur ces oeuvres disparues pour les maisons d'éditions et pour les auteurs. Cela donnerais une seconde vie a ses livres.

Écrit par : Encyclopédie | 05/01/2010

Ne vous y trompez pas: avec bien sûr quelques exceptions, seuls les éditeurs et les politiques s'offusquent de la numérisation des livres. Le fait est qu'ils crient plus fort que tous les amoureux des livres, dont je me réclame...

De Google, je retiens avant tout: un moteur de recherche extraordinaire, une impulsion décisive dans le domaine des applications Web riche JavaScript (GMail, Calendar, Documents...), un soutien inconditionnel au logiciel libre, et une capacité d'innovation jamais démentie. On en attend le 5ème de la part de Microsoft.

Écrit par : Gaël DEEST | 06/01/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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