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17/11/2009

Sacrée Ségo

segolene_royal_red.jpgEn s’invitant aux forceps à la journée de travail organisée par Vincent Peillon à Dijon, Ségolène Royal a réussi un coup d’éclat dont elle a le secret. Il faut dire à sa décharge  que l’initiative du député européen du Sud Est était pour le moins cavalière. Convoquer au nom du courant « Espoir à gauche » une journée de travail sur l’éducation et en écarter celle qui fût le leader de ce courant au moment difficile du congrès de Reims ne manquait pas d’air. Et pour enfoncer le clou décréter la veille sur Europe 1 que Ségolène était un échec au rassemblement ne pouvait que pousser l’intéressée à sortir de ses gongs.

En fait Peillon souhaitait rééditer son opération de l’été où il avait déjà réuni autour de lui un arc en ciel allant de Robert hue à Marielle De Sarnez en passant pas Christiane Taubira ou les Verts. Un rassemblement qu’il s’appropriait pour l’orienter le moment venu vers tel ou tel présidentiable dont évidemment il ne souhaitait pas la présence afin d’asseoir sa position de leader du mouvement naissant. C’était sans se souvenir que Ségolène avait aussi été précurseur dans la main tendue au Modem ce dès l’élection présidentielle de 2007. Aussi, comme la louve de Rome, notre Ségo ne voulut pas se faire voler ses petits. Elle a réagi à sa manière, à la hussarde et sans complexe et j’ai plutôt tendance à applaudir.

Cet épisode m’ a renvoyé au livre de Francis Brochet, « la grande rupture » sorti récemment. L’éditorialiste et chef des pages politiques du Progrès y évoque la question de la rupture mise en scène par Nicolas Sarkozy et défend la thèse selon laquelle cette rupture vient de loin et trace son chemin au milieu des gesticulations de Sarko tout comme au travers du mode d’action d’autres acteurs du monde politique et économique. Un rupture qui ne nous tombe pas dessus du jour au lendemain mais qui fait son oeuvre depuis plusieurs années. Et pour cela il prend appui sur le parcours de trois personnages : Ségolène Royal, Laurence Parisot et Nicolas Sarkozy et son argumentaire ne manque pas d’intérêt. Je ne retiendrai qu’un seul point ; il attribue à cette rupture une cause générationnelle. Tous trois, en effet, ont l’âge de la remise à jour des pensées et des espoirs de la période de la Libération, tous trois n’ont pas fait 68 dans un camp comme dans l’autre, tous trois s’exonèrent des codes issus de ces deux périodes et qui ont jusqu’alors marqué la Vème République. Et il n’a pas tort ; nous sommes véritablement entrés dans une autre aire politique avec des approches et des attitudes bien loin de celles que nous, les plus âgés, avons vécu. Mais c’est la société qui a changé ; qu’on le veuille ou non on se parle différemment aujourd’hui. Je me suis longtemps interrogé sur le fait que mes petits enfants, même très jeunes, s’appropriaient plus vite que moi la maîtrise d’un ordinateur ou d’un téléphone portable. Puis un jour j’en ai conclu qu’avant de taper sur une touche moi je devais concevoir mon geste alors qu’ils allaient directement sur l’icône correspondant. Certes ils ne s’interrogerons peut être jamais sur le principe de fonctionnement du micro processeur ni ne comprendrons le calcul binaire qui sont des éléments clés de l’informatique mais ils communiquent avec l’outil.

Cela me semble à l’image de la société d’aujourd’hui qui va à l’essentiel, sans détour et sans s’imposer la lourdeur des formes et préséances d’hier. Ségolène Royal est certainement la seule des leaders de gauche à comprendre et assumer cette grande rupture nous aurions tort de nous en plaindre.

Philippe Dibilio

 

Commentaires

SR incarne avant tout son ambition personnelle.

Écrit par : Fran | 17/11/2009

Très bonne analyse... Pourquoi tant d'acharnement contre S.Royal ? SI tout le monde avait fait bloc derrière elle, on aurait eu une véritable machine à gagner. Elle a ça dans le sang, appelez ça comme vous voulez, l'instinct, l'intelligence politique, parfois simplement l'obstination et le courage, mais elle a ça dans le sang. Si on continue, et qu'on réussit à la flinguer, on s'en mordra les doigts dans 20 ans... Ce n'est qu'à tête reposée qu'on prend conscience de tout ce qu'elle endure depuis bientôt 4 ans, et de la chance qu'elle représente pour la gauche.

Écrit par : Etienne | 17/11/2009

Heureusement que Ségolène ROYAL témoigne d'une ambition personnelle sinon, on l'accuserait d'en manquer !
Il vaut mieux être ambitieux que prétentieux...

Écrit par : TORBEN | 18/11/2009

Certes mais l'ambition ne doit pas rendre aveugle et c'est pourquoi moi je souhaiterais que s'il s'avère qu'elle n'est pas désignée, elle se range aux côtés du ( de la ) candidat (e) de la gauche pour 2012.
J'écris celà car je ne pense pas qu'elle sera désignée. Elle divise trop pour celà.
Par contre si elle est désignée c'est évident qu'il faudra s'unir pour la suivre. Comme ont fait les UMP en 2007, même si certains n'aimaient pas NS.

Écrit par : Fran | 18/11/2009

Cette intervention "à chaud" ; était-elle opportune? n'aurait-il pas été préférable de publier un communiqué conjoint de son bureau politique,par la voix de J L Bianco par exemple,ceci afin de mieux contrôler l'incidence médiatique et éviter le dérapage polémique.Ceci dit,V Peillon marque un point lorsqu'il insiste sur la nécessité d'élaborer un programme concret avec les autres forces vives d'opposition;il est utopique de croire à la seule force de proposition ,dite citoyenne,pour gagner une élection nationale.

Écrit par : rambaud | 18/11/2009

je suis particulièrement scandalisée et outrée par l'intervention de Ségolène Royal. Elle est incapable de prendre de la hauteur et de la distance. le travail accompli par Vincent Peillon en particulier avec d'autres d'animation de "L'espoir à gauche" est réel. Il l'a démontré à Marseille encore une fois. Qu'elle besoin de venir régler ses comptes en public comme l'a fait à Dijon, tout par peur que Vincent Peillon ne lui fasse de l'ombre c'est ridicule.
Pour ma part c'est fini, je ne me sens plus appartenir à aucun courant (car c'est ce qui grangène le PS). Ségolène Royal comme d'autres n'est plus crédibles pour être devenir présidente.
Un temps pour tout, elle pourra contribuer et apporter sa pierre à l'édifice mais elle n'a pas l'étoffe d'une présidente. Au mieux pourra t'elle devenir un jour peut être si la gauche arrête de se diviser, Première ministre ou ministre de Dominique Strauss Kahn. Peillon a de l'avenir comme plusieurs quadras et quinquas, plus elle.

Écrit par : jérôme | 18/11/2009

N'étant pas spécialement de gauche, ni foncierement de droite, je constate simplempent que lorsque l'on parle des gesticulations de Sarkozy...bien peu d'internautes font des gorges chaudes des tribulations de Mme Royal, de ses demandes de pardon, de son tour du Monde où elle se parait d'une représentation de la France dont personne, à part elle, ne l'avait investie. Deuxiéme constat : la droite a un leader... La gauche entretient une guerre permanente entre responsables. Dans ce sens, Ségolène est un élement essentiel de la discorde et des querelles de personnes.
Je crois avoir lu dans les commentaires, un éloge de Mme Royal qui serait une machine à gagner ! Je ne veux pas croire que la large défaite à la presidentielle soit...une victoire ( même si le comporteme,nt de Ségolène aurait pu faire cillusion !!!). Je doute également que le choix de Martine Aubry à la tête du PS... soit un triomphe de Ségolène. Quant aux 16 % et quatriéme place du PS aux européennes, il convient, peut-être, d'attribuer à Mme Royal une responsabilité non négligeable à cet échec cuisant.

Écrit par : Claude | 25/11/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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