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30/09/2009

Si m’en croyez camarades…

Halde aux vieux!.jpgSi vous voulez avoir la nausée, lisez l’article de Mustapha Kessous dans le Monde du 24 septembre dernier. Il fait mal. Très mal. Il raconte le racisme ordinaire de la France d’aujourd’hui. Un racisme puant et auquel le qualificatif de franchouillard que souvent nous lui accolons est un doux euphémisme.

J’ai à l’esprit – et vous aussi certainement – d’autres exemples à ajouter à ceux, personnels et déjà trop nombreux, de «Monsieur Kessous» comme il a pris le parti de se présenter pour éviter, en disant son prénom, que ne se ferme une fois de plus la porte, et ce avant même qu’un regard soupçonneux ne vienne l’examiner au travers d’un judas. Le journaliste lyonnais du Monde termine son article en lettres lasses : «On dit de moi que je suis d’origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un «beurgeois», un enfant issu de l’immigration… Mais jamais un Français, Français tout court».

Je vous avoue qu’à côté de cela, les âneries de la Halde - cette Haute Autorité chargée de lutter contre la discrimination - fustigeant les manuels scolaires parce qu’ils «véhiculent une image très négative des séniors», paraissent un brin dérisoire. D’autant que la HALDE appuie son éclatante démonstration sur ce beau poème de Ronsard «Mignonne allons voir si la rose» !... Les sages (?) de la HALDE ne contribuerait-ils pas eux aussi, par leur gâtisme intellectuel, à propager une image très négative de ceux que l’on appelle les séniors dans la novlangue?

Tout aussi tiédasse, la rédaction de l’une des questions soumises au vote des militants du PS le 1er octobre prochain à propos de la diversité. Pour contribuer «à une meilleure représentation des diversités de la société française», le rédacteur explique qu’il s’agit de viser «l’accès aux responsabilités de militants issus de l’immigration, d’ouvriers, d’agriculteurs, d’employés du secteur privé…». Mettre cela sous l’intitulé « diversité » c’est plutôt fadasse. À force de vouloir toujours faire une synthèse genre grand écart, on se déchire les membres ou on se noie dans le soap opéra. Quant à prendre les employés du secteur privé (contrairement à ce qu’affirme la vulgate droitière, ils sont nombreux au PS) comme mesure de la diversité !?...

L’autre soir, un camarade noir m’a demandé : «Et on en voit combien des comme moi aux manettes nationales de la République ou du PS ?». J’ai vraiment eu du mal à lui répondre que nous étions en train de changer. Il a maintenant quelques boucles blanches et serrées sur les tempes, c’est un sénior comme moi.

J’ai envie de pasticher le poète :

Donc, si m’en croyez, camarades

Tandis que les partis paradent

En leur plus triste forteresse,

Forcez, forcez notre demande :

Arrachons-les à leur prébende

Car les ans passent et le temps presse.

 

Jean-Paul Schmitt

29/09/2009

Dommage

hotel-dieu.jpgC’est donc décidé l’Hôtel Dieu, qui sera désaffecté de ses activités médicales fin 2010, va devenir un temple du luxe avec Hôtel 4 ou 5 étoiles, commerces et bureaux haut de gamme évidemment.

Il est vrai que, puisqu’on le dit, Lyon est une ville internationale qui doit renforcer sa panoplie dans ce domaine. Cela ne veut pas dire que la clientèle sera au rendez-vous ; le peu d’engouement pour la rue Grolée devrait rendre prudent. Mais cette mutation met fin à une longue histoire de cet établissement avec la ville qui souffre. Symbole de la compassion et de la charité depuis le XIIIème siècle l’Hôtel Dieu accueille toujours ceux qui dans la difficulté et, cela va avec, dans la discrétion viennent y recevoir des soins. C’est donc une longue tradition liée à la branche sociale de l’église catholique lyonnaise et prolongée par la Couverture Maladie Universelle instaurée par la gauche à la fin du XXème siècle qui va disparaître car elle ne se retrouvera nulle part. A cela Gérard Collomb oppose un pragmatisme basé sur le principe de réalité qui rappelle Raymond Barre sinon que l’ancien premier ministre savait lui laisser du temps au temps. Car tel est bien le problème.

L’argument financier brandi par le maire de Lyon paraît d’autant plus incontournable qu’on se trouve face à un calendrier d’urgence qui mêle la fin annoncée des activités médicales, la date de 2013 pour le retour des HCL à l’équilibre financier et peut-être aussi l’échéance électorale de 2014. Tout cela réuni fait que le dossier est mené au pas de charge par un comité de pilotage inévitablement restreint tenu par le bout du nez par un architecte urbaniste qui ne rendra véritablement de comptes qu’au maire. Dommage car ce dossier méritait mieux. 

On savait depuis le début du précédent mandat l’évidence de la mutation de l’Hôtel Dieu alors pourquoi ne pas avoir lancé une véritable concertation qui aurait associé toutes celles et tous ceux qui aujourd’hui se manifestent avec des idées pertinentes. Quel dommage, en effet, que de laisser sur le bord de route des acteurs sincères de la ville comme Régis Neyret, le professeur Mornex ou des militants du monde mutualiste comme Gérard Clavairoly et ses amis parce que leur projet n’est pas financé.

Lancée il y a neuf ans cette réflexion aurait pu mêler les idées, les rendre complémentaires tout en associant de nombreuses forces vives à un projet emblématique. Quant au financement cette anticipation aurait permis d’explorer des pistes où public et privé pouvaient se rencontrer. Les institutions, ville, Grand Lyon, Région, HCL… auraient pu fédérer les Mutuelles et les banques du même nom sans oublier de grands industriels lyonnais des métiers de la santé. On connaît la sensibilité d’Alain Mérieux sur ce sujet. En s’y prenant à la dernière minute on est passé à coté d’un moment citoyen de construction de la ville, laquelle se développe un peu trop au rythme des promoteurs immobiliers. Si c’est vraiment trop tard, dommage !

Philippe Dibilio

Photo: DR

28/09/2009

P., P. and Mary

48081.jpgL’information est me semble-t-il passée pratiquement inaperçue. Mary Travers, la blonde « Mary » de Peter, Paul and Mary, est décédée du côté du Connecticut d’une longue maladie qui la rongeait depuis quelques années. Même si peu de monde ne se souvient de ce trio symbole du renouveau folk des années soixante, il est bon de rappeler que Mary Travers est à elle seule représentative de l’engagement en politique d’une génération de musiciens américains. Une fois dit que ce trio oublié ne peut en aucune façon rivaliser sur le plan artistique, avec l’immense Dylan, convenons que l’engagement de Mary Travers aux côtés de Peter Yarrow et Paul Stookey se mesure lui de manière tangible à la différence de celui du « Zim ».

Mobilisée dans le combat pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam, la native de Greenwich village ne va pas s’économiser pour soutenir, tout au long de sa carrière, nombre de causes, y compris les plus sociales. D’ailleurs le 28 août 1963, Mary, au sein d’un trio alors en pleine gloire, chantera à l’issue de la grande marche organisée par le pasteur Martin Luther King. Pour la reconnaissance des droits de l’homme dans une Amérique Latine alors ravagée par les dictatures couvées par l’oncle Sam, Mary Travers va œuvrer multipliant concerts, lectures publiques et même conférences. Symbole de cette gauche libérale américaine qui n’a jamais, au cours des années soixante, manquée à ses devoirs, Mary Travers s’inscrivait dans la lignée des Woody Guthrie et autres Pete Seeger. Un Pete Seeger qui, il y a peu, fêtait son anniversaire sur scène en compagnie de Bruce Springsteen, l’homme qui l’a remis dans l’actualité, de Joan Baez et de l’ex Rage Against the Machine Tom Morello. Alors qu’il est d’un âge canonique, on se souvient aussi de l’émouvante présence du créateur de « If I had a hammer », aux côtés de Springsteen pour la cérémonie d’investiture de Barack Obama.

Cette triste nouvelle a manifestement fait moins de « buzz » que le fait qu’une modeste chanteuse épouse de Président signe un fort médiocre blues pour Sylvie Vartan. La vie est ainsi faite et en plus on a pris l’habitude qu’il puisse en être ainsi.

Lyon, le 28 septembre 2009.

27/09/2009

La légende du mort-vivant

Yann Moix.jpgLes livres écrits, lus et relus, imprimés et diffusés en une poignée de semaines envahissent les rayonnages de nos librairies. Arrivés plus vite que le vaccin en pharmacie, ceux concernant par exemple la grippe sont déjà là. Cet été, alors que le « roi de la pop » était encore au réfrigérateur, ceux concernant la vie et l’œuvre de Michael Jackson, jouaient du coude en tête de gondole. Parmi ces ouvrages, celui de Yann Moix, intitulé « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson » mérite que l’on s’y intéresse. C’est probablement le plus personnel du lot.

La rapidité de rédaction n’étant pas encore une qualité en littérature, mais cela ne devrait pas tarder à le devenir, nous passerons sur l’exploit, par ailleurs assez modeste, visant à écrire 150 pages en quinze jours portant ainsi le ratio à dix pages par 24 heures. Passons aussi sur l’exploit, cette fois-ci commercial, de Grasset nous refilant les dites 150 pages pour 13 euros, mais je m’égare. Revenons donc à Moix qui signe un de ces petits bouquins plutôt agréable à lire.

L’auteur est un fan, c’est donc à un livre de fan que le lecteur doit consacrer deux petites heures. L’auteur est aussi un esprit vif qui, autour d’un pitch en vérité aussi épais qu’un maxi-vinyl, nous trousse un texte pas si mal fichu que cela qui conjugue banalités et paradoxes, des évidences qui engendrent des curiosités et une sorte de littérature qui respire comme des mathématiques. Vous l’avez compris, ne comptez pas sur moi pour vous dire du mal de ce « Cinquante ans … ». Un bouquin qui nous livre le meilleur, comme au tout début à propos de considérations comparatives avec le Président Kennedy, mais aussi parfois le plus tarte, ce qui est le cas quand Moix se risque à évoquer Kerviel ou Dutroux.

En fait, la faiblesse du bouquin, et c’est toujours le cas à chaque fois qu’un fan décide d’écrire, c’est que Moix, qui proclame que « Maintenant qu’il est mort, Michael Jackson est vivant », en oublie de se rappeler que la disparition de Bambi était acquise depuis bien longtemps, j’évoque vous vous en doutez la mort artistique du chanteur. Contrairement à Kennedy dont Moix dit « que sa mort était supérieure à sa vie », on pourrait dire que concernant le même JFK, deux secondes avant sa mort, l’homme était encore vivant. Tel n’était vraiment pas le cas de Michael Jackson. Moix devrait pourtant savoir que les véritables mythes du rock and roll et de la pop ne prennent leurs racines que quand la mort frappe un artiste de son vivant.

  • > Yann Moix, « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson », Grasset, 2009, 12,90 €.

Lyon, le 27 septembre 2009.

26/09/2009

Numéro deux

couv1.jpgLes lecteurs du « Coup de grâce » pris d’un estival « chi-chi » en feuilletant du bout des doigts le premier numéro de la nouvelle revue culturelle lyonnaise, devraient être rassurés en lisant cette deuxième livraison qui tirée à « trois «  épingles (saisir, découvrir, choisir) est une réussite. Longuement consacré aux arts plastiques, dixième édition de la biennale lyonnaise oblige, ce deuxième opus du « Coup de grâce » ne se cloître pas pour autant dans la presqu’île puisque l’équipe de Guillaume Tanhia nous propose d’aller jeter un coup d’œil vers la Duchère, St Etienne en interviewant entre autre Françoise Goubert et surtout une randonnée valentinoise opportune sans oublier de petites escales en pays viennois, à Roanne et à St Julien Molin-Molette.

Moins métropolitain, plus exotique mais tout aussi intéressant, c’est du côté de Tokyo que nous entraîne Nino d’Introna, le patron du « Théâtre Nouvelle Génération », façon d’ouvrir la voie à Margot Carrière de « La Belle Zanka », qui, quant à elle, raconte son premier voyage à Yokohama.

« Le Coup de Grâce » c’est 170 pages, alors ne comptez pas sur moi pour vous décrire en détail le menu de ce numéro de rentrée qui évoque aussi la rencontre de Gallotta et Bashung, Thierry Raspail dans le texte et plus de vingt-pages de portfolio. Après en avoir terminé avec son dictionnaire de Lyon, ce deuxième numéro marque aussi la rentrée de Patrice Béghain qui titulaire d’une chronique, cette fois-ci consacrée à l’offensive des bigots à l’égard de l’Art Contemporain, évoque aussi Tiepolo et plus particulièrement l’ouvrage de Roberto Calasso dans les pages désignées sous le curieux vocable de « l’industrie culturelle » et surtout les époux Pontié et leur vin de Cahors. De quoi peut-être nous laisser espérer, dans le numéro trois, une rubrique sur l’art des jardins confiée à l’excellent ancien Adjoint à la Culture ?

Comme l’indique Guillaume Tanhia dans un édito intitulé « Baise-moi », le premier numéro mis en vente au début de l’été, « fut une réussite financière ». N’allez surtout pas en tirer comme conclusion que notre homme roule désormais en rolls et s’habille chez Zili. Vous le savez éditer une pareille revue est une gageure financière. S’y abonner est donc un geste de soutien utile, fort et agréable.

Lyon, le 26 septembre 2009

25/09/2009

Paris, reine du monde.

affiche-40x60-gp-c_535f7.jpgCe midi je vais visiter, avec une délégation de notre Agence d’Urbanisme, l’exposition « Grand Paris » à la Cité de l’Architecture. Vous le savez, en France, la capitale et sa région bénéficient d’une attention et de moyens sans pareils au point que depuis quelques temps le gouvernement s’est même doté d’un ministre en charge de la région capitale. D’ailleurs la réforme territoriale que ce même gouvernement nous prépare ne semble avoir que faire de l’avenir de ce que encore hier on appelait « Les métropoles d’équilibre ». Avec Sarkozy, la bonne vieille expression « Paris et le désert français » semble reprendre du poil de la bête. Je disais donc que les provinciaux de Lyon allaient visiter l’exposition consacrée à la Capitale.

C’est la consultation sur le « Grand Paris » intervenue il y a moins de deux ans qui enfante cette exposition qui examine Paris à très grande échelle. C’est d’ailleurs un lyonnais le président du PRES, Michel Lussault, professeur de géographie à l’ENS, qui a coordonné le cahier des charges de cette consultation et visiter tout à l’heure l’exposition en sa compagnie est chose très précieuse.

Cette exposition s’est donnée pour mission de rendre compte de l’aspect novateur de la consultation, du foisonnement des propositions et des démarches. Elle devrait probablement nous permettre, à nous qui entamons un travail à l’échelle métropolitaine (Lyon - St-Etienne - Bourgoin - Vienne), de nous emparer d’un travail au contenu intellectuel riche, de nous pénétrer d’une démarche ouverte en direction des différents acteurs, plus souple en terme de procédure et, espérons-le, créative.

Comme l’a envisagé l’équipe du « Plan d’Urbanisme Construction et Architecture » (PUCA) du ministère de l’écologie, en refusant toute logique de « Master plan » et de schéma général, c’est le pragmatisme, l’histoire des lieux et des territoires, la géographie et les paysages qui dictent la réflexion à l’œuvre.

Nous verrons bien comment l’exposition traduit cette démarche et je ne manquerais pas, si nécessaire, de vous en dire deux ou trois mots dans les semaines prochaines. Si vous aussi, vous souhaitez visiter cette exposition sur les projets du Grand-Paris, c’est à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, 1 Place du Trocadéro, Paris 16ème, métro Trocadéro.

Paris, le 25 septembre 2009.

24/09/2009

Tranches de vie

fillon.jpgChargé de mouiller la chemise pour dire le plus grand bien de la réforme territoriale que souhaite imposer au pas de charge Nicolas Sarkozy, Gérard Larcher moulinait hier dans le Figaro quelques arguments sans grande conviction. Comme pour se justifier, le Président du Sénat nous indiquait, sans trop y croire, qu’il souhaitait que tout cela se fasse « sans précipitation ». Le bon soldat Larcher, dans une ultime tentative pour nous faire croire que sa parole serait susceptible de peser, nous indiquait que François Fillon » lui avait « assuré que nous auront tout le temps nécessaire pour aller au bout du débat ». Larcher devrait pourtant le savoir, dans ce pays ou désormais les ministres comptent pour du beurre, les propos du premier d’entre eux ne valent pas tripette. D’ailleurs, hier mercredi, le conseil des ministres avait été zappé, le président de la république étant Outre-Atlantique. En d’autre temps, l’élégance l’aurait maintenu avec un ordre du jour d’opérette. Telle n’est plus la pratique sous Sarkozy qui n’en oubliait pas de s’inviter hier soir sur les deux principales chaînes de télévision convoquant les deux présentateurs « passe-plats » à New York, faisant ainsi des quelques questions préparées d’avance des références en terme d’équivalent carbone. Dans le même temps l’Elysée distillait l’information comme quoi, depuis les Etats-Unis, le Président téléphonait cinq à six fois par jour à sa tour de contrôle, Claude Guéant, et seulement une malheureuse fois à un premier ministre prié de s’en contenter.

Dans ce monde de brutes heureusement que Giscard est là pour nous rappeler qu’il y a aussi de l’amour, de la séduction et du romantisme. Une attitude que François Fillon devrait également reprendre à son compte, l’actuel premier ministre partageant avec « l’ex » une totale indifférence de la part des Français et le fait de s’être fait pourrir la vie par un président de la république.

Lyon, le 24 septembre 2009.

Photo: DR

23/09/2009

Cohn rit à l’Opéra

Cohnerie d'Aubry1.jpgVendredi dernier, à l’Opéra. La pièce s’intitulait « Quels termes pour une alliance ? ». Histoire de ne pas pleurer, je vous la fais façon gala Karsenty-Herbert pour les plus anciens et, pour les plus jeunes, façon Tête d’Or.

Le programme annonçait « Mise en scène : Laurent Joffrin ; décors : Jean Nouvel ; dans le rôle du trublion donneur de leçons impénitent : Daniel Cohn-Bendit ; dans le rôle de l’administrateur des biens de la Gauche Plurielle et remplaçant au pied levé la diva Martine Aubry : Claude Bartolone. »

Laurent Joffrin est sur scène et dort. À sa droite Dany désormais plus gris-bleu que rouge, mais toujours flamboyant, vitupère l’absence de la diva absente et empêche Claude, à la mine coincée et au sourire jaune, de défendre la gauche plurielle morte il y a cinq ans. Les deux hommes, habitués à battre les estrades, se tutoient. Extrait :

« Claude, avec ta gauche plurielle tu m’agaces. Avec elle, on est tous morts ! »

« Ah mais pardon… »

En expert du feu nourri et à l’instinct, Dany le coupe. Il pratique un tir aux pigeons tous azimuts, un art qu’il partage avec d’autres habitués des chasses présidentielles. « Ne me parle pas de Mélenchon ! »

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22/09/2009

Une solitude active

nouveau Site Desirs d'avenir.jpgLe terrain avait été bien préparé, toute la semaine dernière la presse, dans une unanimité suspecte, n’en avait que pour la solitude de Ségolène Royal. Et de broder sur le départ de ses proches et de certains adhérents de Désirs d’Avenir. Et pour ne pas lâcher le filon de la vie privée, on pointait l’incursion de son compagnon dans son action politique. Pensez donc un homme nouveau qui ne fait pas parti du sérail ; si maintenant tout le monde peut faire de politique où va-t-on ? Et puis le monsieur est intervenu dans le relooking du site internet, c’est son métier mais tout de même. D’ailleurs il est bien évidemment raté ce nouveau site et pour s’en convaincre on convoque les internautes dont on sait qu’ils représentent le meilleur ou le pire de l’expression démocratique. En l’occurrence le pire était le bien venu. Enfin l’Express est allé jusqu’à se lancer dans une rocambolesque histoire de facture adressée à Pierre Bergé ce qui aurait amené le célèbre mécène à s’éloigner à son tour. C’est totalement faux et démenti par l’ intéressé qui, au contraire a affiché une solidarité sans faille à Ségolène.

Ce tir de barrage est une nouvelle fois intervenu à la veille d’une initiative de l’ex et toujours candidate à l’élection présidentielle : la deuxième édition de la fête de la Fraternité. La pratique est connue mais elle est systématiquement réservée à Ségolène Royal. Pourtant la fête a eu lieu et dans sa solitude au milieu de 3000 personnes la femme seule a, une fois de plus tenu des propos que l’on aimerait voir repris ailleurs mais pour les connaître il faudra aller sur le site de Désirs d’Avenir car la presse elle n’a pas dû les entendre. Le seul passage retenu aura été celui concernant la naissance d’un mouvement de dépassement du PS. Position stratégique de la présidente de Poitou-Charente que l’on peut comprendre quand on voit l’attitude de son propre parti à son égard.

De cette semaine d’acharnement je retiendrai deux choses : Ségolène est toujours là, debout et combative ; d’autre part elle fait toujours peur, en particuliers à Nicolas Sarkozy. Aux leaders socialistes qui dénoncent avec raison l’emprise du président sur les média et son don de les manipuler je dirai simplement ceci. Si Ségolène reste la cible favorite c’est qu’elle représente pour lui le principal danger. En effet elle est la seule déjà positionnée dans la course à 2012, elle a derrière elle l’acquis d’une présence au deuxième tour et le score qui va avec et elle est toujours là debout combattante avec un discours sans cesse étouffé mais beaucoup plus solide que les zig zag de la politique d’un Sarkozy qui ne se gêne pas de puiser dans les idées de Ségo et de la gauche pour nourrir sa démagogie.

Alors que les choses soient dites elle est pour la gauche la meilleure candidate pour 2012. Ce ne sont pas ceux qu’elle a devancé en interne la fois précédente qui peuvent prétendre revenir en deuxième semaine : Fabius est grillé quant à DSK son pantouflage dans la finance offert par Sarko ne le met pas en meilleure situation pour parler au nom de la France qui souffre. Il reste les quadra qui n’en sont plus car tous tournent autour des cinquante ans et plus et talonnent ainsi Ségolène en terme d’âge, aucun n’a aujourd’hui la stature. Aussi la logique voudrait que tirant les leçons des fourberies de 2007 chacun s’inscrive dans un débat loyal et enrichissant avec elle pour aller ensuite au combat ensemble.

Voilà une situation qui créerait une meilleure dynamique pour affronter la politique du pouvoir en place et faire éclore des propositions gagnantes. Sortir de ce schéma c’est faire cadeau de la victoire à la droite, c’est une analyse de bon sens que le peuple de gauche risque de faire plus vite que les appareils.

Philippe Dibilio

Illustration: DR. Impression écran.

21/09/2009

Les auvergnats sont-ils tous des beaufs ?

JL Murat.jpgC’est aujourd’hui que sort « Le cours ordinaire des choses » le nouvel album de Jean-Louis Murat dont je vais vous dire probablement le plus grand bien d’ici quelques temps. Pour en savoir d’ores et déjà plus sur cette nouvelle aventure de l’auvergnat en Amérique on peut se reporter à « Xroads » du mois en cours qui consacre sa une à « L’enfant terrible », une interview de six pages et huit autres à une rétrospective de sa discographie. La messe semble dite, le millésime 2009 de Murat sera excellent. Les fans savent très bien par ailleurs que quand notre homme monte à Paris pour assurer la nécessaire promotion d’un nouveau disque, il se débrouille toujours pour faire un minimum de « provoc », parfois heureuse, parfois pathétique. En rencontrant Sabrina Champenois il y a quelques temps pour se faire faire le portrait dans Libération Murat semble avoir été au-delà du pathétique, il est devenu définitivement un beauf. D’après ce que l’on peut lire dans l’édition du 14 septembre dernier du quotidien forum à Lyon ce week end, c’est un Murat vautré sur le lit de sa piaule, dos tourné à la journaliste, qui a joué à la diva désagréable. Attitude calculée s’interroge la journaliste ? C’est évident. « Il est de ma responsabilité » dit le pequeneau à Libé « de rendre ce moment inoubliable » en guise de préambule après avoir pesté sur les quarante interviews à donner. Si Murat est un merveilleux auteur-compositeur-interprète, il faut savoir qu’il est doublé de talents en photographie dont il doit être le seul à être persuadé du caractère génial. Qu’à cela ne tienne, le photographe et chanteur auvergnat d’enchaîner par un définitif, la « photographie c’est pas un art, pas un métier, rien » histoire de caser un de ses minables auto portraits qui illustrera l’article en question. Passons sur « Le photographe devrait être un esclave », débouchant sur « A l’école, j’étais chef, au foot ou au rugby, j’étais toujours capitaine. J’ai jamais été sous-fifre » puis sur un, à la maison « Pareil, c’est moi le patron ».

S’en prenant « à ces abrutis de gauche » à propos de la loi Hadopi, à l’écrivaine Marie N’Diaye qui vient de produire « un pissat de femelle », à Bové, à Cohn-Bendit, à la médiocrité des autres, de tous les autres, à la terre entière.

L’histoire ne dit pas si ce jour là notre beauf était imbibé, pour sa défense on aimerait croire que oui. D’ailleurs la question de l’alcool est le dernier morceau de bravoure de Murat face à Libé car le chanteur déteste paraît-il les gens qui ne boivent pas. Je vous confie d’ailleurs en guise de conclusion cette citation qui ponctue le portrait dessiné par cette pauvre Sabrina Champenois. « J’aime bien Keith Richards » confie l’artiste, « il peut se faire dix fix, tomber une bouteille de vodka, il reste impeccable. C’est pas comme ces p’tits cons qu’ont bu trois verres de rouge et qui se pissent dessus sur scène. »

Une chose avant d’en rester là. C’est confirmé, Murat est un beauf qui fait de bons albums. Après la sortie de Hortefeux, mes amitiés aux Auvergnats qui ne méritent pas tant de honte.

Lyon, le 21 septembre 2009.

20/09/2009

Le brunch du neveu

1865459533.3.jpgCertains auraient très certainement préférés que le Ministre de la culture planche sur la loi Hadopi plutôt que sur la culture européenne. pour ce troisième jour du Forum Libération de Lyon. Il est vrai qu'un débat, avec par exemple le socialiste Patrick Bloche sur cette question aurait donné un peu de piment, mais c'est ainsi. La légendaire élégance de Libé nous a donc offert un échange entre le réalisateur Allemand Volker Schlondorff et le neveu devenu Ministre. Plat imposé "l'identité culturelle de l'Europe". On a donc connu chose beaucoup "fun" pour un brunch du dimanche matin.

Ce midi, Frédéric Mitterrand, avec nombre d'anecdotes, des témoignages personnels, des souvenirs, des touches sans retouches et de lyrisme a fait du Frédo prouvant ainsi, comme l'a probablement toujours souhaité Sarkozy, que le neuveu n'est pas dans le gouvernement pour faire le Ministre mais pour demeurer lui-même.
Je l'ai dis aux profs qui ont fait de ce forum une obligation de participation à leurs étudiants avec l'impérative nécessité de remettre une fiche dès demain matin 8h. Soyez cool, car Frédéric Mitterrand a fait plus de manière que de matière. Si vous retrouvez, chers collègues enseignants, des traces du grand oncle de la famille disparue dans cette macédoine qui ne peut plus dire son nom, mettez leur trois points. Le témoignage du grand-père qui a appris l'allemand après la Première guerre mondiale, doublez la note. Deux ou trois trucs sur l'Europe des cathédrales et celle de commerçants, la moyenne doit être acquise. Si vos poulains citent Lanzmann et le shoah, le moteur Franco-Allemand et le "9ème jour" de son ami Volker. Un seize s'impose.
Parmi les propos fortement décousus du Ministre après l'Albanie, la Macédoine, l'Inde, le TGV Madrid-Lisbonne, l'étape Turque est de loin la plus remarquable. Tendant un bâton pour mieux se faire battre, à propos de la Turquie et des frontières de cette Europe, sur l'élargissement notre Ministre a été à la peine, répondant que le matin il y était favorable et l'après-midi contre.
Le Ministre de la culture était donc présent ce midi au Forum lyonnais de Libération. Il a fait ce pourquoi Sarkozy l'a promu, du Frédo et à bien y réflechir c'est tout à fait en cela que réside sa force.

19/09/2009

Murmure

1865459533.3.jpgLes contraintes de la vie municipale ne me permettent pas en ce samedi de suivre avec l'assiduité qui conviendrait ce forum Libération comme j'ai pu le faire hier toute la journée.

Je vous conseille tout de même d'assister au débat concernant "L'écologie comme nouvelle utopie du XXIème siècle" entre Patrick Viveret et Nicolas Hulot, celui dont le Nouvel Observateur de la semaine nous dit qu'il murmure aussi aux oreilles de Sarkozy que jadis à celles de Chirac.

Toujours à l'Opéra, mais cette fois ci en début d'après midi, le débat de Finkielkraut et Hall sur les droits de l'homme mérite à mon humble avis plus qu'un détour, ce d'autant qu'il est animé par E. Aeschimann, un journaliste de Libé dont j'apprécie la prose.

On se retrouve donc Dimanche pour "Brunch du neveu", autrement dit l'intervention de notre nouveau Ministre de la Culture, sur e thème imposé de l'identité culturelle de l'Europe.

N.B: je vous rappelle que tout au long du week-end les principaux débats peuvent être visionnés en direct sur le site: http://www.forum-liberation-lyon.com

18/09/2009

Les François

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpgA ceux qui n’assistent pas à ce Forum lyonnais de Libération, rappelons, alors que le débat entre les François Bayrou et Hollande vient de se terminer, qu’une vingtaine de rencontres viennent d’avoir lieu. Du côté des acteurs politiques, Rama Yade, Daniel Cohn-Bendit, Claude Bartolone, Jean-Luc Mélenchon, Dominique Voynet, Gérard Collomb et bien d’autres se sont succédé mais force est de constater que cette rencontre entre « Les François » faisait office de sommet.

En ouvrant la discussion autour de l'idée, pour préparer l'alternance à Sarkozy, de "se rencontrer et de débattre", François Bayrou a tiré une première cartouche appelant de ce fait à la nécessité d'oeuvrer à la création d'un socle commun après selon François Hollande  "plus de 35 ans de vie séparée". Si le constat sur la caractérisation du pouvoir Sarkozyste semble commun, François Hollande a, quant à lui, insisté sur la division de ceux qui s'y oppose.

En vérité dans cette rencontre Hollande-Sarkozy, tout était dit, dans la première demi-heure. En effet, pour l'un comme pour l'autre, il y a accord pour débattre entre ceux qui  en ont le désir , autant dire qu'on est loin de la position paleo-programme commun exprimée par Bartolone ce matin même.

Deuxième élément de convergence, la nécessité de conduire un débat transparent et sans tractations.
Troisième point ne pas hésiter à aller au coeur des clivages et des antagonismes.

Cette rencontre lyonnaise, bien que positive, n'est en aucune façon "historique". Ce premier pas, qui indique une convergence forte sur la nécessité de débattre, cache encore mal les postures tactiques nichées dans le panorama politique d'une opposition qui entame un long cheminement. D'ailleurs histoire de ne pas se bercer d'illusions, François Hollande a invité le public à se convaincre qu'il n'y aura pas de candidat commun lors des prochaines présidentielles. Il a ainsi clairement pensé à François Bayrou mais probablement aussi... à lui.

Jean-Yves Sécheresse

Kyoto - Copenhague

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpgA l’annonce il y a quelques temps de ce débat entre Dominique Voynet et Gérard Collomb sur l’après Kyoto, un certain nombre de mes interlocuteurs affichaient leur surprise à l’idée que le Maire de Lyon puisse s’intéresser d’aussi près à ces questions climatiques. Le débat de cet après-midi a certainement permis à tous de se convaincre que, dans son action comme au plan de sa réflexion, la question abordée aujourd’hui n’est absolument pas anecdotique pour Collomb.

Rappelons tout de même qu’à Lyon Gérard Collomb a été un des premiers artisans d’une alliance stratégique avec les Verts, c’était en 1994, et que dès les années 92-93 il avait été un des rares socialistes à revendiquer publiquement l’arrêt de Super-Phénix. Voilà pour les rappels. Cela étant, cet échange entre Dominique Voynet et Gérard Collomb était tout sauf une somnolente sieste de Sénateurs s’inscrivant dans la perspective de la Conférence de Copenhague.

En effet, contrairement à certains égards, à l’esbrouffante partie jouée par le duo Cohn-Bendit/Bartolone ce matin, ce débat entre Voynet et Collomb a clairement indiqué qu’on pouvait échanger sur des sujets parfois « techniques » avec la volonté de partager information et de faire comprendre une démarche commune. Il y avait tout à l’heure à l’amphi de l’opéra de Lyon nulle divergence fondamentale entre les deux élus. Sur le bilan de Kyoto, sur la nécessité de construire un compromis utile à Copenhague, sur la place de la Chine ou sur la contribution carbone, la Maire de Montreuil et celui de Lyon parlaient un langage commun.

S’il avait été cet après-midi parmi nous, Claude Bartolone aurait probablement dénoncé les éléments de convergence entre Voynet et Collomb, le second aggravant son cas en indiquant ne pas vouloir « hurler aux petits pois » contre la taxe-carbone. En expliquant conjointement que l’Europe a d’une certaine façon raté le coche dans le post-Kyoto et qu’il convenait donc que Copenhague aboutisse à un compromis nos deux sénateurs n’ont certainement pas fait perdre leur temps au public réuni à Lyon en ce début d’après-midi. En répondant au cahier des charges fixé par Libération pour ce forum ils ont à l’évidence tiré ensemble dans le même sens. Pourquoi ne pas s’en féliciter ?

Jean-Yves Sécheresse

Daniel "show" Bendit

Forum_Liberation_Lyon-v2.jpgHorreur ! Malheur ! Je me faisais une joie d’assister au débat « Le zapping aura-t-il la peau de la civilisation » qui devait réunir Bertrand de Saint-Vincent, l’excellent chroniqueur du Figaro qui exerce l’épatant métier qui consiste à nous raconter ses week-end « relais et châteaux » financés par des partenaires dont il dit toujours le plus grand bien et Joy Sorman dont le bouquin sur NTM (Gallimard) est une merveille. Vous l’avez compris l’écrivaine et chroniqueuse de Paris Première était zappée au profit du Directeur de la rédaction de France 24. Le charme étant rompu, je voulais donc aller poser mes oreilles du côté du débat des stars de la journée, je veux parler de Martine Aubry et Dany Cohn-Bendit. La Première Secrétaire du PS étant absente, c’est Claude Bartolone qui était commis d’office. Cette absence a, vous vous en doutez, provoqué des remous, dans un public venu en nombre et qui s’est bien amusé des réparties d’un Cohn-Bendit très en forme persiflant sur l’absence de l’absente.

Deux doigts d’humour, un zeste de démagogie, quelques fondamentaux écolos déclinés à l’envie, Daniel Cohn-Bendit a donné le tempo dans un débat qu’il a écrasé souvent d’ailleurs avec des arguments embrouillés. Comme me le disait Gérard Collomb venu jeter un œil dans le premier quart d’heure, « Ça commence bien ! », au sens ou parfois la joute était plutôt « cheap ».
Plus intéressante était la confrontation sur la contribution « climat-énergie » et la possibilité de convergences avec le Modem. En proposant de réunir au Pic du Midi la gauche et « Europe-Ecologie » autour de ce thème, Claude Bartolone a été bien en peine de justifier le fait d’écarter Bayrou d’une telle initiative. Poussant son avantage, Daniel Cohn-Bendit a même proposé de rassembler autour d’un projet de loi reposant sur le rapport Rocard, socialistes, écologistes et amis de F. Bayrou, c'est-à-dire les forces qui acceptent la logique de taxation-Carbone excluant ainsi le PCF et le NPA. Moulinant un discours épuisé et épuisant, Bartolone s’en est tenu au catéchisme de Solferino. Parfois avec frime et suffisance Cohn- Bendit a encore une fois démontré des qualités de débatteur, anesthésiant souvent sa crédibilité en privilégiant uniquement le « show ».

Jean-Yves Sécheresse (www.jysecheresse.com)

 
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