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31/08/2009

Equations

Cet été 2009, n’a pas été plus palpitant que ses prédécesseurs mais ce mois d’août finissant mérite tout de même un rapide aller-retour.

Retour tout d’abord vers le Maroc et la popularité de Mohamed VI avec un sondage réalisé par l’hebdomadaire « Tel Quel » avec le soutien du Monde. Dès sa sortie, avant publication, l’hebdomadaire marocain auteur de la coupable enquête d’opinion a été mis au pilon par les autorités sans passer par la case justice. La raison est des plus simples : « La monarchie ne peut-être mise en équation ».

Pourtant cette première enquête historique n’était pas, loin s’en faut défavorable au souverain, le sondage du CSA ne mettant qu’un seul point négatif en évidence, le roi étant jugé par près de 50% des Marocains trop disposé à donner des droits aux femmes.

Pendant ce temps notre président se reposait comme un bien heureux suite à son malaise vagal. Bilan des opérations, selon le même CSA, 53% des Français indiquaient qu’ils étaient désormais satisfaits alors qu’ils n’étaient que 41% en mai dernier. J’enrage que pas une moindre seconde, Nicolas Sarkozy, l’homme qui adore sa mise en équation, n’a songé faire détruire les exemplaires de VSD.

Autre continent, autre sondage, celui là concernait, toujours début août, Barack Obama et a probablement fait grand plaisir à notre président car le nouveau président américain connaît un tassement de son indice de popularité.

Mohamed VI qui n’en veut pas, Sarkozy qui en redemande, Obama pris à son propre piège, en ce mois d’août au Maroc, en France et aux Etats-Unis, seules les opinions semblent avoir bossé cet été.

Toujours au registre des sondages, 78% des Français estiment que la France est bien préparée face à l’épidémie de grippe et  60%  trouvent que la mobilisation gouvernementale est adéquate. Tout va donc au mieux et si les Français avaient une bonne opinion du Parti Socialiste et de sa première secrétaire cela serait parfait.

En attendant les autres équations qui vont nous être proposées dans la semaine, terminons cette fin du mois d’août par une triste note. Suu kyi est toujours entre les mains de ses geôliers birmans, Thierry Jonquet s’en est allé et Willy De Ville doit être en ce moment à la recherche d’Edith Piaf, là haut au paradis.

Lyon, le 31 août 2009. 

30/08/2009

Z comme « Zappa »

Z.jpgPendant bien des années, lire en langue française des livres sur Frank Zappa était quasi impossible. C’est l’éditeur « Le Castor Astral » qui retroussa les manches en publiant de nombreux ouvrages. Parmi les auteurs qui contribuèrent à mieux faire connaître au public français le génial guitariste, Guy Darol est, avec Christophe Delbrouck, l’un des principaux artisans de la bibliographie zappatiste. Après « La parade de l’homme-Wazoo » (1996), « Zappa de Z à A » (2000), « L’Amérique en déshabillé » (2003), tous chez l’excellent Castor Astral, Guy Darol signe cette année un nouvel ouvrage intitulé sobrement « Frank Zappa » dans la collection de poche de cet éditeur, la bien nommée Castormusic.

Si vous n’arrivez pas à vous y retrouver dans cette désormais pléthorique bibliographie aussi compliquée que l’œuvre discographique du père des « Mothers », ce Zappa est pour vous. Chronologique, documenté, précis, Guy Darol raconte en passionné la trajectoire d’un musicien hors-pair, d’un guitariste merveilleux, du plus « politique » des rockers américains mais aussi l’itinéraire d’un fan.

C’est aujourd’hui que s’achève ce troisième abécédaire de l’été. Demain nous reprenons notre rythme habituel. Profitez donc comme moi de ce dernier jour de vacances.

  • > Guy Darol, « Frank Zappa », Castormusic, 12 euros.

Lyon, le 30 août 2009.

29/08/2009

Y comme « Yourcenar »

Y.jpgVous êtes vous déjà perdu, capturé corps et âme, dans les Nouvelles Orientales de Marguerite Yourcenar ? Si oui et si vous aimez la peinture, il faut relire « Comment Wang-Fô fut sauvé ». Vous entrerez à nouveau dans le monde magique des images-sentiments, des couleurs-sensations, du réel-faux plus vrai que le vrai.

Vous marcherez sur le pavement de jade d’un palais impérial ou bien vos longs cheveux flotteront sur une mer peinte dont le murmure des vagues vous berce. Vous entendrez, figé de stupeur, le claquement des rames sur l’eau. Comme Ling, le disciple de Wang-Fô, emporté par le tableau que peint son vieux maître, vous reviendrez, un foulard de sang autour du cou, de ce pays au-delà de la mort, là où votre enfance vit encore, pour monter dans la barque que Wang-Fô est en train de peindre.

Faites comme Ling ou comme l’empereur et ses courtisans. Admirez l’œuvre du maître. Essayez ! L’effet est garanti. Posez-vous devant une de ces toiles magiques, dans un silence aussi profond que celui décrit par Yourcenar : « si profond qu’on eût entendu tomber des larmes »

Par exemple, devant l’un des tableaux de mer de Claude Gellée dit Le Lorrain. Embarquez dans un de ces navires dont les mâts craquent sur la houle. Vous entendrez claquer les oriflammes et le grincement des cabestans. Vous assisterez à l’embarquement de la reine de Saba. À Tarse, vous rencontrerez Cléopâtre et son nez joli. Dans un port au ciel blanc, vous irez en courant incendier les navires des femmes de Troie. Dans un petit port de mer à l’aube, quand la mer est verte, vous respirerez des odeurs d’algues et de pêche et, sur votre peau, vous sentirez la chaleur du soleil sortant des eaux et chassant les fraîcheurs en même temps que les frayeurs de nuit.

Mieux encore, installez-vous devant une toile de Turner.

Turner-William-Soleil-couchant-sur-un-lac.jpg

Je vous suggère « Soleil couchant sur un lac » ou bien « Paysage avec une rivière et une baie au loin ». Vous verrez des soleils voilés et des scintillements de lumière. Il y aura des ciels opalescents jouant sur les eaux calmes. Des bleu paisibles. De fines touches ocre. Des nuages, de merveilleux nuages noyés de brume. Vous trouverez, à l’instar de l’empereur dans la nouvelle de Yourcenar, que votre monde est moins beau que celui du peintre. Avec lui, vous crierez votre dépit : « Tu m’as menti, Wang-Fô, vieil imposteur : le monde n’est qu’un amas de taches confuses, jetées sur le vide par un peintre insensé, sans cesse effacées par nos larmes »…

Persévérez un instant. Laissez de côté vos images convenues. Oubliez ce que vous savez déjà. Et, comme devant le tableau de Wang-Fô, quand nous nous verrons, vous me raconterez : « une buée d’or s’éleva et se déploya sur la mer. Enfin, la barque vira autour d’un rocher qui fermait l’entrée du large ; l’ombre d’une falaise tomba sur elle ; le sillage s’effaça de la surface déserte, et le peintre Wang-Fô et son disciple Ling disparurent à jamais sur cette mer de jade bleu que Wang-Fô venait d’inventer ».

Jean-Paul Schmitt

28/08/2009

X comme « XXI »

X.jpgCela faisait longtemps que je voulais signaler l’aventure de cette étonnante et « classieuse » revue « XXI » (vingt et un) qui semble s’installer dans la durée comme quoi le talent et l’innovation peuvent encore s’imposer tout en ne bénéficiant pas de l’appui des mastodontes industriels même si Gallimard et Flammarion participent à son capital.

« XXI », depuis moins de deux ans, sillonne le monde des arts, de la littérature et de la politique de façon inédite non sans accorder une place décisive au visuel. Avec « Le Tigre », cette revue est probablement la bonne nouvelle des années 2000. On pourra toujours objecter tel angle de prise de vue sur les affaires du monde ou un ton parfois irritant, il n’empêche que « XXI » est à découvrir et à soutenir.

IMAGE_XX1-a1533.gifEn décidant à la fin du printemps de sortir son premier numéro hors-série intitulé « Histoires de livres » la revue montre tout de même un manque de souffle, les soixante pages proposées n’offrant pas le foisonnement que véhicule traditionnellement la revue régulière. Cela étant on lira avec intérêt le texte offert par Orhan Pamuk et « La bible de Gutenberg au pays des Soviets » d’Yves Stavridès, le Portofolio et les news se situant en deçà de nos espérances.

  • > « XXI », 3 rue Rollin, Paris 5ème - 01 42 17 47 80 et www.leblogde21.fr. Le formulaire d’abonnement étant directement téléchargeable

Lyon, le 28 août 2009.

27/08/2009

W comme « Woodstower »

W.jpgSi l’on comptabilise la phase pionnière de la Tour de Salvagny, Woodstower va signer cette année sa 11ème édition. Le festival lyonnais installé définitivement sur le grand parc de Miribel-Jonage sonnera donc les 28, 29 et 30 août la fin de l’été 2009 autour d’une programmation qui devrait convaincre un public nombreux. En effet, si tel n’était pas le cas cela serait à désespérer. Comme à son habitude, la soirée inaugurale de demain sera en partie placée sous le signe du reggae et du dub avec, en tête d’affiche, Dub Inc. La soirée du samedi, quant à elle, offre un plateau de première bourre avec le quasi-dépressif Hip-hop de Tricky vu il y a déjà pas mal de temps dans nos contrées (Fourvière ?), Peaches l’électro-canadienne la plus allumée mais aussi les toujours épatants Herman Düne que l’on ne se lasse pas de voir et de revoir. Si on ajoute à cela Zombie Zombie l’extravagant rejeton de la famille Düne et Max Tundra un briton dont on nous dit le plus grand bien, cette édition 2009 se présente plutôt bien à condition que dame météo y mette du sien.

Woodstower 2009.jpgArts de la rue, Village associatif, cadre champêtre du parc, ateliers, spectacles pour enfants, la sympathique équipe de « Woodstower » mijote depuis des mois cette édition 2009. Sachons être à la hauteur de son investissement.

  • > « Woodstower 2009 », grand parc de Miribel-Jonage

- Vendredi 28 : Dub Inc – Sporto Kantes – Mardi Gras BB – Dadi et Charlie – Kosh – Aphte Punk …

- Samedi 29 : Tricky – Peaches – Herman Düne – Zombie Zombie – Hindi Zahra – André Duracelle …

- 29 et 30, accès libre en journée

Renseignements sur www.woodstower.com

Lannemezan, le 27 août 2009.

26/08/2009

V comme « Villes moches»

V.jpg

« Il paraît que Tokyo est la plus belle des villes moches du monde » écrit Florent Chavouet dans l’introduction de son récit graphique intitulé « Tokyo Sanpo ». Personnellement je n’ai jamais mis les pieds dans la capitale japonaise et si vous êtes comme moi, offrez-vous ce bouquin qui retrace le séjour de l’auteur de juin à décembre 2006. Vignettes, crayonnés, esquisses, plans se succèdent tout au long des 200 pages de ce recueil qui pose un regard tantôt acide, tantôt tendre sur Tokyo et les japonais. C’est en fait le portrait de tout un petit monde parcouru par Florent Chavouet qui émane de cet album de voyage découpé selon les quartiers de la ville et par des interludes le plus souvent au plus proche du quotidien. Ici nulle étude sociologique tout est affaire de touches personnelles et de ces petits détails qui font souvent le charme de la vie. Dans « Tokyo Sanpo » on trouve tout. La chaise pliante acquise sur place étant donné l’absence de bancs publics, le vélo, le stylo acheté dans le BHV local, les sachets de pâtes, les dizaines de personnages rencontrés, du « Salaryman Strict » avec son pantalon de costume remonté bien haut au « Lycéen qui se la pète ». Des centaines de dessins qui tutoient le réalisme et la caricature, des notes le plus souvent pleines d’humour qui peuvent faire croire un instant au lecteur que Tokyo n’a presque plus de secret pour lui.

Tokyo Sanpo.jpgEspérons que comme les Editions Philippe Picquier d’autres éditeurs vont expédier ce Florent Chavouet parcourir le monde pour nous rapporter d’autres carnets de New York, Cuba, Buenos Aires, Dakar ou Melbourne.

> « Tokyo Sanpo », Editions Philippe Picquier, 24 euros.

Lannemezan, le 26 août 2009.

25/08/2009

U comme « Une saison en images »

U.jpgVoici un résumé en images de la saison III de "De Lyon et d'ailleurs".

 

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24/08/2009

T comme « Trente »

thumb_T.jpgLa Maison de la danse fête ses trente ans soit douze ans au théâtre de la Croix Rousse et désormais dix-huit dans l’ex théâtre du huitième. Après une biennale 2008 d’une réussite exceptionnelle, pour ce trentième anniversaire Guy Darmet combine, fidèle à sa ligne, un programme 2009 qui mêle spectacles les plus populaires et artistes parfois plus difficiles d’accès. Il est donc temps de penser « abonnement » puisque certains spectacles risquent d’être rapidement « Sold out », je pense aux quatres jours du « Nederland Dans Theater », ou bien à la ruée que risque de provoquer « In the sky with Diamonds », une production brésilienne à partir des chansons des Beatles qui sera une première française.

Peut-être suis-je en définitive conservateur mais ce qu’il y a de plaisant dans la programmation de la Maison de la Danse c’est bien évidemment la possibilité de faire des découvertes mais aussi de retrouver régulièrement certains artistes. Cette année avec Antonio Gades, l’American Ballet Theatre, le retour de Blanche Neige d’Angelin Preljocaj, les danseurs et percussionnistes de Stomps, Mourad Merzouki qui va mixer, avec Käfig, hip-hop et capoeira, il devrait en avoir pour tous les goûts. Pour ce qui concerne les créations Abou Lagaa avec la Compagnie Baraka et Le Quatuor Debussy mériteront, en mars, le détour tout comme, dans un autre genre, « Système Castafiore » de Marcia Barcellos et Karl Biscuit.

  • > La Maison de la Danse, renseignements au 04 72 78 18 18, location au 04 72 78 18 18 et sur www.maisondeladanse.com

Lannemezan, le 24 août 2009

 

23/08/2009

T comme « Trône »

T.jpgImaginez un trône mobile qui, à travers la douce France, va de ville en ville et mène le monarque que vous êtes un instant durant. Un trône rien que pour vous. Un trône accessible sans problème au citoyen que vous êtes pourvu que vous ayez réservé votre place. Un trône moins imposant que celui que l’on imagine sous les fesses du Napoléon peint par Ingres – « Napoléon Ier sur son trône impérial » – mais autrement plus design. Un trône que vous occupez sans parure, face à un miroir qui vous renvoie l’image d’un personnage souriant d’aise et ayant déposé son fardeau. Un trône presque aussi familier que celui sur lequel vous vous attardez chez vous en feuilletant les brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio qu’un ami mal intentionné vous a offert l’été dernier ou le numéro de Courrier International que vous avez laissé tomber de vos mains il y a trois mois. Un trône qui fonce à près de 300 kilomètres à l’heure. Un trône de TGV.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Genoux serrés, mâchoires crispées, parfois un impatient au front bas las de la longueur de votre méditation secoue la porte et tente de vous arracher à cette contemplation qu’il vous est si difficile d’abandonner : quiétude d’un décor d’herbes sèches, eau peinte façon Dali plus bleue que celle qui gronde sous vous, ou encore galets et oiseaux marins prêts à larguer quelque dépôt de guano.

Napoléon Ier.jpg

N’oubliez pas, avant de quitter ce lieu de pouvoir ô combien éphémère, d’adresser une pensée émue aux bâtisseurs de ces trônes ; leur violon d’Ingres à eux c’est le perfectionnement des WC chimiques (une chimie de plus en plus « verte »). Ils se sont ingéniés à trouver des technologies qui permettent d’espacer les vidanges de votre auguste chaise percée et ils ont dégotté de petites bactéries qui se régalent de vos nobles restes. Tout cela afin de porter de plus en plus loin et sans trêve le prestige de la France.

Oubliez Ingres par contre : songez avec soulagement que les quelques instants de majesté que vous avez dérobés à l’Histoire ont échappé à son iconographie trop lourde que seul un certain président saurait aimer : hermine, sceptre, main de Justice façon MAM, aigle et, à défaut d’abeilles, grosses mouches noires et luisantes.

Et si vous ne pouvez oublier l’artiste, retenez ses Odalisques aux vertèbres surnuméraires, son Bain turc, ses cous féminins gracieux et déformés, ses chairs opulentes et orientales, mais de grâce, pas son Napoléon.

Jean-Paul Schmitt

22/08/2009

S comme « Sorcières »

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Non je ne touche rien à chaque fois que je vous dis du bien des Editions Allia en particulier à propos de ces petits bouquins à 3 euros que l’on trouve désormais un peu partout. Le 16 juillet je vous invitais à lire « Chicago-ballade » de Hans Magnus Enzensberger cet opuscule consacré à Al Capone. Aujourd’hui je vous conseille une lecture encore plus étonnante, et je le crois assez inédite pour le public français, « Interrogatoires » de Dashiell Hammett c’est à dire la compilation sur tout juste quatre-vingt-dix pages des trois témoignages du grand écrivain devant la « Commission Mc Carthy » en pleine chasse aux sorcières.

Lire, tel quel, ces minutes ne vous apportera pas grand-chose au plan strict d’une meilleure connaissance des faits mais, et vous pouvez me croire, plonger dans ces interrogatoires nous immerge de façon terrible dans un contexte nauséabond, glacial et quasi chirurgical.

arton13308-d43e6.jpgVous le savez peut-être, Hammett, qui était à cette époque non seulement l’immense écrivain que nous fréquentons mais aussi une personnalité connue et reconnue, ne mégotait pas sur son engagement tant aux côtés des luttes pour les droits civiques que contre le franquisme et le nazisme. Suspecté, comme tant d’autres, d’être un des agents du « complot communiste », Hammett, à la fin des années quarante fût auditionné par la commission sénatoriale et la Cour d’appel du second district de New-York. Le petit bouquin, traduit et préfacé par Nathalie Bennat est à lire que l’on apprécie ou pas le roman noir.

  • > Dashiell Hammett, « Interrogatoires », Editions Allia, 2009, 3 euros.

Lannemezan, le 22 août 2009.

21/08/2009

S comme « Soan »

1318006653.jpgUn beau dimanche de juin dernier, je me suis autorisé à donner mon grain de sel sur le célébrissime Soan récemment honoré par M6. Que les choses soient claires, ce Soan qui semble n’être qu’un « arroseur arrosé » m’indiffère au plus haut point. Il s’agissait simplement ce jour-là de lui conseiller l’écoute de quelques nouveautés discographiques – Eels et Elvis Costello je crois – pour suggérer, plus à ses nouveaux fans qu’à lui-même, de passer à autre chose.

Avec un peu moins de vigueur que lors de ma charge à l’égard de Phil Collins il y a deux ans, ce blog s’est retrouvé abusivement squatté de commentaires et mails parfois ahurissants de gonzes hyper motivés subitement investis de la nécessité de défendre les intérêts moraux de ce chanteur venu (presque) de nulle part.

SOAN-NOUVELLE-STAR.jpgJe n’arrive toujours pas à comprendre ce qui peut motiver une telle mobilisation autour d’un chanteur, simple créature née d’un télé-crochet. J’imagine que Soan « se tape » comme moi du point de vue de ces internautes qui, plutôt que de s’époumoner sur ce blog, devraient écouter de la bonne musique.

En ce 21 août, il est probable que les fans de Soan, au demeurant bien moins organisés que ceux de Phil Collins, s’apprêtent à lancer leur contre-offensive suite à ce billet. Je leur souhaite donc la bienvenue sur « De Lyon et d’ailleurs ». Si jamais d’ici quelques jours leur nombre n’était pas à la hauteur, je serais obligé d’en conclure que l’ami Soan a des soucis à se faire.

Lannemezan, le 21 août 2009.

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20/08/2009

S comme « Sixties »

thumb_S_2.jpgSi jusqu’à présent, vous fondiez votre connaissance de l’effervescence hippie des années soixante à partir des œuvres de Johnny Hallyday, Maxime Le Forestier ou de « Hair », il est grand temps de passer à autre chose ce d’autant que l’on commence à mesurer l’importance de cette période 1966-1968 et à évaluer les imbécilités véhiculées depuis à son propos.
La lecture de deux ouvrages s’impose donc pour mieux connaître ces quelques mois plus funestes que l’on se plait souvent à croire. Le premier, « Les Diggers », écrit par Alice Gaillard fait le point sur cette courte période qui va perturber sévèrement le quartier de Haight Asbury à San Francisco en centrant son étude sur l’un des mouvements les plus intéressants né dans les mid-sixties californiennes. Le second est un recueil de chroniques de la journaliste (Gonzo !) Joan Didion que Grasset vient opportunément de traduire et qui concerne bien des affres de l’Amérique de l’époque.
Alice Gaillard, l’auteur de cette petite saga des « Diggers », groupe radical et utopiste qui fût la principale composante de l’agitation hippisante de ces sixties retrace avec précision et sens de la perspective un mouvement largement ignoré de ce côté de l’atlantique et inspiré par Emmett Grogan. Partisans de ce que l’on appellerait aujourd’hui le théâtre de rue, maîtres de l’agit-pop , les Diggers, loin du cliché hippies colporté jusqu’ici par la grande presse était une sorte de réseau actif et solidaire, en particulier par la mise en place de soupes populaires, mais aussi une sensibilité utopiste et alternative majeure dans l’histoire de la contre-culture américaine née dans les années soixante. Ce petit livre efficace et documenté de Alice Gaillard est accompagné d’un DVD du documentaire co-écrit par l’auteur et intitulé « Les Diggers de San Francisco », façon utile et agréable d’accompagner ou de précéder la lecture d’un bouquin publié aux Editions de l’Echappée.
Avec la publication des chroniques de la journaliste Joan Didion publiées par Grasset on couvre une période beaucoup plus ample (1965 – 1990). Cette pionnière du « nouveau journalisme » y décrit, parfois de manière quasi chirurgicale, cet underground californien avec son lot de drogue, de violences et d’errance de ce qu’elle nomme « les enfants perdus ».
Johan Didion.gifLoin de la légende douce-heureuse du flower-power, Joan Didion nous conduit en apnée vers un haight-Asbury qui ressemble parfois à l’enfer pour des mômes perdus. Le grand intérêt de ces chroniques est également de nous entraîner à la découverte, en direct « live », de l’Amérique de Charles Manson, de Jim Morrison, des Black Panthers et à la rencontre d’un John Wayne à l’article de la mort. Celle d’un monde, si ce n’est à la renverse, au moins à la bascule qui s’abîme aussi aux confins du New York de la fin des années quatre-vingt.
Bref une plongée incomparable dans les recoins parfois très noirs de la mythologie américaine au travers de textes écrits à chaud par une exceptionnelle journaliste. Un vrai témoin.
> Alice Gaillard, « Les Diggers, révolution et contre-culture à San Francisco (1966-1968) », Editions l’Echapée, 20 euros, CD compris.
> Joan Didion, « L’Amérique (1965-1990) – Chroniques », Grasset, 19 euros.

Lannemezan, le 20 août 2009.

19/08/2009

R comme « Remuer »

1827014920.jpgRassurez-vous, je ne vais pas vous entretenir jogging, gym ou sports extrêmes voyez ce qui est arrivé au Président de la République. Une fois n’est pas coutume, parlons cuisine, parlons risotto. Ce plat parmi les plus simples, fait souvent peur. Par ailleurs il devient relativement rare dans les restaurants que l’on peut fréquenter, si ce n’est au quotidien, au moins de temps à autre.

Il fût un temps ou il arrivait, ici à Lyon, que « Les Muses » (Opéra de Lyon) se risquaient dans cette aventure en proposant un risotto généreusement accompagné de quelques calamars bien venus. C’est désormais de l’histoire ancienne. « L’Ouest » comme « Le Nord » y allaient également du leur agrémenté de Saint-Jacques mais aujourd’hui les gambas ont repris le pouvoir et ce à un prix presque prohibitif. Passons à l’essentiel.

C’est donc à la maison que l’on peut déguster un risotto, celui qui nous convient, sachant que l’inspiration tempérée par nos moyens permet de voir les choses avec simplicité puisque des légumes de saison permettront d’élaborer un plat familial qui doit savoir ne pas trop se la jouer.

La première opération, peut-être celle qui demande le plus d’effort et qui exige de ne pas trop se montrer radin, consiste à se procurer le riz qui convient. Arborio, dont le grain demeure solide ou Carnaroli, riche en gluten, font l’affaire. Le truc avec le risotto c’est qu’une fois que lardons, oignons ou tout autre ingrédient sont correctement revenus il est nécessaire de prendre sa respiration, de se concentrer et de ne plus penser qu’à ça. Il faut donc se lâcher, c'est-à-dire ajouter le riz jusqu’à ce qu’il devienne translucide. C’est en général à ce stade que l’avenir de notre risotto se joue et notre crédibilité avec. Une fois le riz dans la casserole pas question donc d’aller prendre l’apéro, de téléphoner ou d’entamer la lecture de l’Equipe. Il faut remuer. Sans cesse remuer et remuer encore, car tel est le secret d’un bon risotto. On déglace au blanc sec. On remue. On ajoute le bouillon après évaporation du vin, on remue encore. On rajoute à nouveau du bouillon, on remue et c’est au bout d’une petite quinzaine de minutes que l’on rajoute nos pois, fèves ou asperges, en mouillant et en remuant. Maintenant l’essentiel est fait. Retiré du feu, le riz est enfin dispo pour accueillir dans la joie son parmesan pour enfin se reposer. Avant de passer à table on offre à notre risotto quelques copeaux de parmesan découpés à l’économe. Il faut se remuer pour se régaler.

Hautes Pyrénées, le 19 août 2009.

18/08/2009

R comme « Rock dreams »

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En 1973, fruit du travail conjoint et complice du graphiste Guy Peellaert et du journaliste Nik Cohn sortait « Rock dreams » un livre décrit alors par le Los Angeles Times comme « de la musique pour les yeux ».

De Dylan prostré au fond d’une limousine à Mama Cass à poil dans la position du lotus à Creeque Alley, des Beatles coursés par les flics dans strawberry fields jusqu’à Eddy Cochran reluquant les filles déambulant dans Main Street, les chromos du bruxellois lestés des courts textes du critique rock demeurent dans l’esprit de tous comme la plus belle galerie des mythes du rock avec son lot de lumière et sa cargaison d’ombre. Les images de Peellaert respirent en effet plus la déprime et la mort que les paillettes. Jerry Lee Lewis, bourré, éclusant sous la pluie sa énième bouteille de whisky, Johnny Cash derrière les barbelés, James Taylor cuvant alors que Carole King passe la serpillière, Janis Joplin avachie sur son lit, Ian Anderson en vieux satyre, scène de crime avec ce pauvre Sam Cooke, Donovan paumé sur la colline d’une décharge, constituent le petit peuple de la légende du rock. Un rêve aux accents de cauchemard. On le sait, Guy Peellaert s’en est allé en novembre 2008 laissant derrière lui une œuvre exceptionnelle. Sa dernière série, consacrée à la pop belge restera inachevée mais jusqu’au 28 septembre prochain la Fondation Dina-Vierny propose une exposition intitulée « Bye Bye, Bye Baby, Bye Bye » bel hommage à l’artiste disparu. Encore donc un tout petit mois pour aller la visiter.

  • 02aaf96642a0a9d593ddc110.L._AA240_.jpg>Guy Peellaert, « Bye Bye, Bye Baby, Bye Bye »

Fondation Dina Vierny – Musée Maillot – 61 rue de Grenelle, Paris 7ème arrondissement.

Jusqu’au 28 septembre 2009

  • >Guy Peellaert, « Bye Bye, Bye Baby, By Bye »

Fondation Dina Verny, Gallimard, 29 euros.

  • Rock dreams », Guy Peellaert et Nik Cohn réédition Taschen, 2003

Hautes Pyrénées, le 18 août 2009.

17/08/2009

R comme « Roman noir »

184258809.jpgJe vous parle aujourd’hui d’un temps ou les héros de polars n’étaient pas médecins légistes ou experts scientifiques. Un temps largement révolu ou les bouts de ficelles et le flair permettaient à des flics ou des privés désabusés, cigarette au bec et fiole de whisky à portée de main, de trainer leur carcasse entre deux crimes. Parmi les plus célèbres de ces détectives l’un s’appelait John Dalmas mais c’est sous le nom de Marlowe, Philip Marlowe, qu’il deviendra célèbre. Son créateur Chandler, Raymond Chandler, ne ressemblait que bien peu à ses héros. Tour à tour comptable, employé à l’Amirauté, Chandler commença sa carrière de maître du roman noir sur le tard, vers quarante-cinq ans. Son premier roman est publié en 1939, c’est le célèbre « Grand Sommeil ». On célèbre cette année le cinquantième anniversaire de sa disparition et les éditions Omnibus fêtent très dignement l’évènement en publiant en un seul volume ses nouvelles sous le titre « Les ennuis, c’est mon problème ». Cette somme de plus de 1200 pages est suivie d’un essai dans lequel Chandler, suprême hommage à Hammett écrit, « il a restitué le meurtre à ceux qui le commettent pour de vrais raisons, non pour fournir un cadavre à l’auteur. »

C’est probablement là que réside le secret de fabrication de ce nouveau polar issu des pulps magazines qui avec Chandler, Hammett et par la suite toute une lignée vont serrer le kiki au roman policier pour « inventer » le roman noir.

9782258079823.gifA propos de roman noir, à ceux qui ne sont pas des fidèles de cette littérature, je ne peux que recommander le formidable petit bouquin de Jean-Bernard Pouy qui en quelques 120 pages, bibliographie non comprise, règle le problème comme avant lui Claude Mesplède l’a fait dans son indépassable Dictionnaire des littératures policières en deux volumineux tomes. Il vous reste une petite quinzaine de jours avant de reprendre le boulot, autant vous dire que vous avez du pain sur la planche.

  • > Raymond Chandler, « Les ennuis, c’est mon problème », Omnibus, 29 euros.

  • > Jean-Bernard Pouy, « Une brève histoire du roman noir », l’œil neuf, 14.90 euros.

  • > Claude Mesplède, « Dictionnaire des littératures policières », éditions Joseph K. (2ème édition-2007), 50 euros.

Lyon, le 17 août 2009.

 
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