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08/08/2009

M comme « Modigliani »

M 3.jpgEn ces temps de crise, veinard encore à l’abri des lendemains qui déchantent, amoureux de femmes mystérieuses au regard clairs et aux visages longilignes, je n’ai rien trouvé de mieux que de me laisser prendre par les toiles de Modigliani pour oublier Franco dont je venais de découvrir les théories absconses par un ami.

Un peu tard me direz-vous pour une mise à jour sur les infamies du général. Quiproquo voulu (et facile, je le reconnais) : je ne parle pas de l’Espagnol, mais d’un Franco italo-américain.

Un Franco qui s’appelle Modigliani lui aussi. Un éminent économiste à en croire mon ami et qui a formulé, il y a longtemps, avec un autre bulbeux appelé Miller (pas Henry, mais Merton), des théorèmes financiers qui, paraît-il, sont célèbres. Du genre « Le coût du capital est indépendant de la structure financière de la firme, c’est-à-dire de la répartition entre l’appel aux capitaux propres et le recours à l’endettement ». Dette ou fonds propre seraient équivalents. Ah bon ! Si vous le dites…

modigliani_nu_cheveux_denoues_l.jpg

Je ne suis pas économiste et l’ami charitable m’a expliqué des tas de choses sur le sujet. En long, en large et en travers. En travers surtout puisque la plupart de ces choses ont dépassé mes capacités de compréhension fortement handicapées par l’ennui que m’a toujours procuré la matière financière. Je n’ai retenu que le docte commentaire suivant : le duo situait sa démonstration dans un monde que l’État ne distord pas par sa fiscalité et où les banques prêtent avec des taux d’intérêt calés sur l’économie réelle. Cela ne vous rappelle rien ?

Ce Franco Modigliani aurait aussi démontré - belle découverte ! (un Nobel en récompense) – que « La valeur d’une entreprise est indépendante des dividendes distribués » ; autrement dit qu’une augmentation importante des dividendes n’est pas nécessairement souhaitable. Voilà au moins une chose que je comprends à peu près et qui doit réconforter nombre de salariés licenciés, même si cela ne leur apporte pas de beurre dans les épinards.

Vous me comprenez mieux maintenant quand je vous disais que le seul Modigliani qui me fasse rêver vraiment s’appelle Amédeo… Portraits, nus, femmes au regard lointain voilé et grave, couleurs de naissance et de Renaissance, instinct, lignes pures, mains croisées… Douceur et grâce. Élégance aussi, presque mièvre. Pas de révolution – j’en rêve parfois - mais quelque chose de particulier, un peu facile peut-être ; encore que son « Nu couché aux cheveux dénoués » soit autrement plus voluptueux que l’Olympia de Manet tellement admirée.

C’est Carco qui disait qu’il y avait comme un souffle qui s’exhale des nus de Modigliani, « le souffle même de la vie ».

Jean-Paul Schmitt.

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