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30/06/2009

Criminel

Bernard%20Madoff%20large.jpg150 ans de prison c’est la peine requise contre Bernard Madoff, célébrité de l‘escroquerie que l’on ne présente plus. Je ne sais, au moment d’écrire ces lignes quel sera le verdict de la cour américaine mais l’impact de ce chiffre aura fait son effet. 150 ans voilà qui est astronomique au regard de la vie d’un homme surtout lorsqu’il affiche déjà 71 ans.

Certes Madoff ne purgera pas sa peine complètement, entre remise et état de santé il quittera, discrètement, la prison assez rapidement. Mais au fond là n’est pas la problème, ce qui est choquant c’est que le débat glisse sur le terrain de l’anecdote : 150 ans c’est trop ou pas assez, réaliste ou totalement farfelu, il y aura certainement un journal ou une chaîne de TV pour poser la question avec demande de réponse par Internet ; il n’y a pas de petits profits.

Et pendant ce temps l’escroquerie continue avec ceux qui n’ont pas été mis en cause c’est à dire tous les autres escrocs, y compris en France. C’est ce que dit très bien une journaliste qui a tenu la plume de l’auteur du livre « Les confessions d’un banquier pourri ». Interrogée par le « Progrès » sur ce qu’elle a découvert en écrivant ce livre elle répond : » L’arrogance des membres de la classe financière française Ils pensent qu’au fond un krach ce n’est pas si grave, puisqu’ils vont pouvoir effacer leurs dettes et recapitaliser leurs banques. D’une part en demandant l’aide du pouvoir politique, d’autre part en continuant de racler les fonds de portefeuille des clients des guichets. Et l’après krach ne les inquiète pas. Ils font le dos rond, ils estiment qu’il s’agît d’un cycle historique, que c’est donc destiné à ne pas durer et qu’après tout recommencera comme avant ». Et c’est bien comme cela que ça se passe.

Il y a en France des dizaines de banquiers et autres financiers coupables de spoliation de leurs clients en général de modestes investisseurs, souvent jeunes primo-accédants. Et que s’est-il passé ? Rien. Je trouve pour ma part scandaleux qu’aucune voix ne soit élevée (sauf celle de Jean Montaldo dont les écrits ne sont pas ma tasse de thé mais qu’en l’occurrence j’approuve) pour demander la criminalisation de ces actes. En ces temps où l’on vote une loi à propos de tout ou n’importe quoi pas une proposition pour envoyer au pénal les auteurs de ces crimes financiers. Ni à gauche, ni à droite ni à l’extrême gauche. Il faut que tous soient totalement immergés dans le système pour en arriver là et considérer que gagner de l’argent, beaucoup d’argent, même en ruinant les autres demeure un acte de bravoure

Philippe Dibilio.

29/06/2009

Quelque chose de Michaël

michael-jackson.jpgNouveau Ministre de la Culture, l’une des premières déclarations de Frédéric Mitterrand me laisse presque sans voix. Qu’à donc dit notre Frédo national ? « Nous avons tous un Michaël Jackson en nous ». Certains diront que cette parole est autant définitive qu’obscure mais pour tout vous dire je suis toujours expectatif à la lecture de ce propos néo-ministériel me demandant dans la foulée, même inscrit au plus profond de l’âme du neveu, ce que Mitterrand peut bien avoir en commun avec Bambi. Comme dirait l’autre, « ça ne nous regarde pas ».

S’il n’avait pas été nommé ministre, Mitterrand détenait alors avec ce pauvre Jackson matière à faire un de ces docus aux envolées lyriques surfaites ponctué par une mort tragique presque aussi féconde que celles de Lady Diana et Marilyn réunies. Pensez-donc, s’il n’avait pas été ministre, un de ces jours, Mitterrand nous aurait probablement concocté avec sa façon si « old school » une histoire revisitée de la trajectoire de la star venue de l’Indiana. L’histoire du petit Jacko élevé à la dure et devenu enfant prodige puis déchu. Il nous aurait raconté en bon racoleur cathodique les coups reçus, les souffrances, les médocs avalés, Peter Pan, le caisson, les attouchements, les frais d’avocats et le passage imprévu de la grande faucheuse.

En vérité, dans son malheur, la dernière chance de ce pauvre Michaël est, ascension ministérielle oblige, d’échapper aux péroraisons signées Frédo. Avec un peu de chance notre documentariste, quand Mick Jagger ira prendre rendez-vous avec le diable, ne sera plus ministre. Il pourra ainsi nous raconter l’existence d’un fils de prof de gym devenu star planétaire envoûtant les foules par son ambigüité fascinante. On a tous quelque chose de Mick Jagger...

Lyon, le 29 juin 2009.

Photo: DR

 

28/06/2009

Conseils à Soan

SOAN-NOUVELLE-STAR.jpgAprès avoir massacré, comme ses concurrents, quelques perles et compositions diverses et variées, Soan est donc le vainqueur du TV crochet 2009 organisé par M6. Rebelle sans cause, probablement faux méchant et très modeste chanteur, Soan ambitionne tout de même d’entamer une carrière porté par l’enthousiasme juvénile de Philippe Maneouvre et de ses collègues.

Au point ou nous en sommes et quitte à supporter encore quelques temps ce nouvel avatar cathodique, autant lui proposer quelques repères afin que l’apprenti-chanteur puisse se situer sur l’échelle de Richter du rock’n’roll. Parmi la production la plus récente l’écoute fouillée et répétée de deux disques s’impose à notre vainqueur.

En prenant bien soin de lui dire que le dernier album de Eels et le tout nouveau Elvis Costello intitulé « Secret, profane and Sugarcane » se situent à des niveaux inatteignables pour lui, je suggère à Soan de tirer profit de ces écoutes ne serait-ce que pour revenir sur terre.

Sombre, volontairement inquiétant, gothique-light, Soan a été mis en rayon par M6 comme un personnage se la jouant légèrement disjoncté, quelqu’un de « différent ». Ça tombe bien dans le genre « allumé solitaire » avec E, l’homme qui se cache derrière Eels, il n’y a pas mieux pour Soan car entre noirceurs compliquées, errance solitaire et tutoiements proches de la grâce comme de l’état le plus brut de la musique, Eels doit être une référence pour l’ami que M6 a mis là.

Soan n’est pourtant pas seulement le croisement mal maîtrisé de Siouxee avec un cousin éloigné de Jim Morrison, c’est aussi un serial killer musical s’attaquant sans discernement à Noir Désir, Jacques Brel ou les Doors. L’écoute du très country et voire même Bluegrass dernier album d’Elvis Costello s’impose donc aussi à Soan histoire de voir que chanter est aussi un métier. Puisque le regard musical de ce Soan est panoramique, je ne peux que lui conseiller d’expertiser quelques-uns des trente albums parus à ce jour du binoclard liverpuldien. Tantôt avec son rock sous amphétamines (avec les Attractions), sa soul néo-orléanaise (avec Allen Toussaint), ses soubresauts Jazz ou Country, l’œuvre de Costello sera une inépuisable source de bonheur et une référence pour notre apprenti-chanteur qui doit tout de même se convaincre que rien n’est gagné pour lui.

Lyon, le 28 juin 2009.

Photo: DR

27/06/2009

Bambi

Les nécros pleuvent, les clips de « Bad » ou « Billie Jean » tournent en boucle sur les télés du monde entier, les médias consultent leurs consultants qui consultent leurs fiches. Tout a pratiquement déjà été dit, écrit et montré sur Michaël Jackson.

Des dizaines de bouquins s’écrivent depuis hier matin. Ils viendront d’ici peu rejoindre les centaines déjà édités. Quand on évoque Jackson les mots convoquent immédiatement les chiffres. Chiffre de ventes de disques et vidéos, fortune amassée puis évaporée. Après sa mort, la planète entière mesure ce que l’on savait déjà. Avec Presley et les Beatles, Michaël Jackson figurait définitivement dans le cercle très fermé des rois de la pop. A la différence des autres, Jackson avait une particularité essentielle qui pourtant faisait sourire plus d’un, il était Noir. Le premier Noir à s’être imposé sur la sono mondiale. Producteur heureux de Michaël Jackson, Quincy Jones écrivait dans son autobiographie parue il y a maintenant huit ans de cela. « Michaël était le plus grand artiste du monde. On a écrit une page d’histoire, tous les deux. C’était la première fois qu’un jeune Noir gagnait les cœurs du monde entier, de huit à quatre-vingts ans. Ça faisait tomber bon nombre d’énormes barrières ». On connaît la suite …

Lyon, le 27 juin 2009.

26/06/2009

Salsa

Y_Salsa_09.jpgAmi(e)s d’ailleurs, ne croyez pas une seule seconde que l’Ile Barbe (9ème arrondissement) qui accueillera ces trois prochains jours le festival « Y Salsa » s’appelle ainsi pour rendre hommage à Fidel, le plus célèbre des barbus cubains. Pourtant c’est bien de Cuba dont est originaire le légendaire Orquestra Aragón qui devrait soulever un festival lyonnais qui fêtera cette année son 6ème anniversaire. Véritable machine mise au point en 1939, « l’orchestre Aragon » est rassurez-vous tout sauf une vieille Buick rafistolée. C’est toujours une mécanique de précision, une distillerie musicale millésimée qui devrait faire évènement pour cette édition 2009.

Entre Cuba, les « barbudos » et Orquestra Aragon tout n’a d’ailleurs pas toujours été simple. Alors que Castro arrivait au pouvoir entraînant une sérieuse mise au pas de la vie musicale du pays, Orquestra Aragon, comme d’ailleurs Celia Cruz, la lupe et tant d’autres, firent partie de ces musiciens qui décidèrent de ne pas rentrer au pays. A ceux donc qui voudraient pour l’occasion faire prendre l’air à leur T-shirt du Che lors du set du groupe, contentez-vous, puisqu’il vous faut afficher de fortes inclinaisons révolutionnaires, de sortir de l’armoire celui de Manu Chao ou de Rage Against the Machine qui devraient faire l’affaire.

Parmi les têtes d’affiches d’Y Salsa 2009 un autre Cubain, Paulito FG, est particulièrement attendu par les « aficionados ». Produisant une musique aux confins de la salsa, du rock, du jazz et de la ballade, le chanteur est une star de la musique cubaine actuelle et sa présence à Lyon ce week end est un évènement.

La troisième sensation du festival est une formation de Bogota portant le nom mystérieux de « LA 33 » c'est-à-dire celui d’une rue de la capitale colombienne (Calle 33). Avec LA 33 c’est paraît-il l’assurance d’une salsa énergique puisant sa force dans l’univers urbain. La quatrième tête d’affiche vient je crois de Porto Rico. Il s’agit de Roberto Roena le plus endiablé des joueurs de Bongó qui demeure une référence incontestée dans l’art de pratiquer cet instrument, le « plus funky des salseros » comme le qualifie le programmateur du festival. Bon week end du côté de l’Ile Barbe.

  • - « Y Salsa Festival » - 26,27 et 28 juin – Ile Barbe, Lyon 9ème arrondissement.
  • - Renseignements sur www.y-salsa.com pour connaitre l’ensemble de la programmation, les animations, les activités du village.

Lyon, le 26 juin 2009.

25/06/2009

CNP

cinema-cnp-terreaux,19540.jpgSi l’on en croit l’association lyonnaise « Les inattendus » qui en profite pour s’affirmer comme futur repreneur, la situation des CNP, ce réseau de salle Arts et essais qui fait notre quotidien depuis la fin des années soixante, est problématique voire dangereuse. Hausse des loyers et de la masse salariale, dettes, selon « Les inattendus », les CNP lyonnais pourraient passer de vie à trépas. Dans la lettre ouverte sur l’avenir des CNP que je vous laisse le soin de consulter, peu d’éléments précis filtrent et je dois vous avouer, comme probablement beaucoup d’entre vous, que sans cette prise de position publique des « Inattendus », cette inquiétante information ne serait pas venue jusqu’à moi.

A un moment où notre agglomération prépare une grande manifestation tournée vers la promotion du cinéma, il est clair que si cette menace s’avérait d’actualité, un sacré nuage orageux viendrait obscurcir le ciel azur d’un cinéma lyonnais jusqu’ici préservé.

En attendant d’en savoir plus sur cet avenir que « les inattendus » considèrent comme, je cite, « gravement compromis », une seule solution, allons au cinoche et plus précisément dans le réseau des CNP.

Marseille, le 25 juin 2009.

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24/06/2009

Etapes

congres-versailles.jpgLe discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès était-il creux comme le prétend Laurent Fabius ? J’ai presque envie de dire qu’importe tellement ce jugement de valeur a peu d’impact et met une fois encore le PS en situation de réagir avant de réfléchir.

Il était évident que Sarkozy allait faire du Sarkozy et que son discours allait une fois de plus relever du propos électoral, mais en attendant ça marche puisque les électeurs sont au rendez-vous de l’UMP. Alors le président de la République peut rebondir sur l’actualité comme à propos de la burqa ce débat lancé aujourd’hui on ne sait trop pourquoi par notre ami André Gerin mais que Sarko saisît au bond non sans malice. Il peut lancer des idées dont on ne sait pas si elles prendront corps mais qui résonnent dans les esprits comme le lancement d’un emprunt national pour affronter la crise ou le paiement d’un an de salaire et de formation pour tout licencié économique.

La question reste de savoir s’il sera entendu des français qui pour se faire une idée sur ce discours auraient peut-être besoin de quelques éclairages politiques accompagnés de propositions solides. Car, au fond, les français n’ont aujourd’hui que « l’offre politique » que leur propose Sarkozy et cela lui donne de l’avance. Il est vrai que lorsque Ségolène Royal réunit quelques pointures, comme elle l’a fait récemment à Paris, pour analyser la crise et ouvrir des pistes pour en sortir, c’est le silence total dans les média. Mais c’est aussi malheureusement le black out au PS. Dommage ! Et pourtant il faudra bien à un moment ou à un autre se relever les manches pour construire ce projet qui réveillera la gauche et qu’amis et militants attendent avec une impatience qui en devient lancinante. Un projet qu’il serait plus efficace de préparer ensemble plutôt que chacun dans son coin en s’occupant ensuite de celui ou celle qui le portera. Après tout on peut toujours faire un rêve et même penser que ce processus se mette en route avant le prochain discours d’étape de Nicolas Sarkozy.

Philippe Dibilio

Photo: DR

23/06/2009

Burqa ou niqab ?

Gérin.jpgLe député maire de Vénissieux, André Gérin, agite la chronique avec une soixantaine de députés de tous bords politiques. Ils demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la pratique du port de la burqa ou du niqab en vue de « définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national ». On sait le communiste un brin provocateur. Ce n’est pas son coup d’essai, pourtant, il aborde-là une vraie question de société.

J’ai parfois des réactions primaires en amont de tout raisonnement. Par exemple, avant de songer aux révoltes adolescentes et au conformisme qui l’accompagne, je suis vite agacé par la tenue vestimentaire d’un gamin qui enfonce sa tête casquettée sous une capuche ample pour dissimuler son visage et me faire voir davantage ses pieds et ses Nike que son regard hardi ; je suis mal à l’aise devant un curé en soutane probablement parce que, sachant l’évolution qu’a voulu faire l’institution catholique (et il reste tant à faire), tout uniforme chrétien dans la rue m’est symbole d’intégrisme ; je suis naturellement révolté par les casseurs encagoulés de fin de manifestation….

Fi donc des réactions primaires. Raisonnons donc ensemble.

À entendre les avis contradictoires sur le sujet, il faut faire la part entre ceux et celles qui revendiquent l’usage de cet habillement au nom de la liberté individuelle et ceux et celles qui condamnent cette attitude au nom de l’égalité entre hommes et femmes.

Admettons qu’il existe des femmes portant par choix la burqa - le grillage comme seule transparence permise au regard - ou le niqab - le regard aperçu à travers la fente étroite du tissu. Combien sont-elles ? Heureusement les statistiques sur le sujet n’existent pas. Affirmation identitaire et/ou choix religieux ?

Prenons acte du fait que le choix soit celui d’une foi prêchée par un Islam importé qui leur demande de cacher leur féminité. Je sais que c’est difficile à accepter pour notre culture et pour notre histoire, somme toute récente, de combat pour l’égalité. À celles-ci, faisons entendre Malek Chebel qui vient de faire paraître chez Fayard une nouvelle traduction du Coran et un dictionnaire encyclopédique de l’Islam : « Mon Islam n’a pas besoin d’artifices, il est dans le cœur, pas dans les vêtements ».

Et puis enfin, quittons la thématique religieuse qui attise les conflits et examinons le problème du seul point de vue de trois concepts qui structurent notre notion républicaine de laïcité : le primat d’une même loi laïque pour tous, la non-aliénation de la personne et l’adhésion aux valeurs essentielles de la communauté des citoyens français. Aucun accommodement de pratiques culturelles et religieuses qui permettrait à chaque communauté – quelle qu’elle soit - d’appliquer son propre droit et de vivre selon ses propres valeurs en niant les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité n’est alors acceptable.

Oui, il y a choc de deux revendications de liberté : revendication individuelle et culturelle de celles qui veulent se voiler totalement si bon leur semble et revendication de liberté de la femme égale de l’homme. Mais ces deux revendications n’ont pas le même poids dans la balance de la liberté.

Celles qui revendiquent le droit de porter la burqa ou le niqab dans l’espace commun, aussi sincères soient-elles, utilisent un vêtement qui est, pour la collectivité où elles vivent et pour toutes celles qui sont obligées de se vêtir ainsi dans le monde, le symbole évident de l’aliénation de la femme.

Un sujet de réflexion à faire circuler sous le manteau, fut-il islamique….

Jean-Paul Schmitt

22/06/2009

Droit au but

DESCHAMPS_Didier_19990918_NF_R.jpgLa semaine qui s’annonce devrait être décisive pour l’Olympique de Marseille après le départ de Diouf de la Présidence du club. Dassier, l’homme de R.L. Dreyfus, de TF1 et de Sarkozy conditionne semble-t-il son accession à la tête du club à l’arrivée de son ami Jean-Pierre Bernès, l’homme de l’affaire VA-OM, l’agent du nouvel entraîneur Deschamps lui-même recruté par Diouf.

Le nouveau trio marseillais, Dassier-Bernès-Deschamps, s’est d’ailleurs rencontré dans un restaurant parisien pour consolider ce qui semble être un pacte. Reste à faire passer la pilule, en particulier aux supporters, qui, pourvu qu’on leur balance l’arrivée d’une star, ne devraient pas être trop à cheval quant à cet attelage. La star s’appelle Didier Drogba. Drogba est-il pour autant de retour à Marseille. Rien n’est moins certain. L’attaquant qui émarge à 7 millions d’euros par an est, comme son actuel club de Chelsea, plutôt gourmand, c’est un premier point et l’OM n’a manifestement pas les moyens de s’offrir à nouveau ce magnifique buteur. Mieux, quand il était agent de joueur, avant donc de prendre la présidence de l’OM, Pape Diouf détenait dans son portefeuille un certain ….. Didier Drogba. Bonjour l’ambiance.

A ceux qui annoncent donc, Drogba attaquant prochain de la formation phocéenne, Jean-Claude Dassier futur président du club, Jean-Pierre Bernès comme son bras droit et Didier Deschamps toujours entraîneur de l’O M, je dis, soyez prudents. Il est possible que d’ici quelques jours l’OM se retrouve avec l’inévitable Djibril Cissé sur les bras et ses 400 000 euros de salaire mensuel, sans président ni bras droit et un entraîneur seul, bien seul, qui heureusement pourra toujours compter sur le soutien de José Anigo.

Lyon, le 22 juin 2009.

Photo: DR

21/06/2009

After

J’évoquais il y a quelques semaines l’édition 2009 de « Jazz à Vienne » qui se présente avec son lot habituel de stars confirmées, de révélations mais aussi de rendez-vous propres à faire saliver les amateurs. Même si le navire amiral de « Jazz à Vienne » est le Théâtre Antique, on ne peut résumer l’évènement à la seule grande scène. Quelques mots donc pour vous donner envie de fréquenter d’autres lieux à d’autres moments c'est-à-dire d’autres facettes de ce qui demeure le plus grand rendez-vous jazz en France.

Après les concerts du Théâtre Antique, le « Club de minuit » demeure un lieu privilégié pour assister à des prestations « live » de jeunes talents qui, pour l’essentiel, constitueront des Têtes d’affiche de demain. Cette année la présence de la contre bassiste américaine Esperanza Spalding, du pianiste turc Murat Oztürk et de Baptiste Trotignon Quintet démontrent assez bien le niveau très élevé de ce « Club de Minuit » qui propose une dizaine de soirées tout au long du festival.

Avec « Jazz Mix », l’autre rendez-vous très prisé de « Jazz à Vienne », on change de couleur puisque jazz et musiques actuelles y font bon ménage.

Cette année Pierrick Pedron et Tigran Hamasyan s’y produiront (7 juillet), l’électro-jazz allemand « Jazzanova » le 4 juillet ainsi qu’en ouverture le 29 juin la fanfare de la Nouvelle Orléans, « Hot 8 Brass Band » pour un hommage très attendu au Label Tamla Motown.

Les after ne doivent pas conduire ceux qui se couchent comme les poules à boycotter les évènements en marge de la programmation officielle. C’est ainsi que presque chaque jour, aux alentours de 16H les Big Bands des Universités françaises, américaines et australiennes font vibrer les Jardins de Cybèle.

Pour en savoir plus sur le « Club de Minuit », « Jazz Mix », « Les jardins de Cybèle », « Jazz Parade » et les concerts du « Radisson SAS Hôtel » de Lyon, contactez www.jazzavienne.com, sachant que pour l’essentiel ces rendez-vous sont gratuits.

Lyon, le 21 juin 2009.

20/06/2009

Le coup, quand il vous arrive.

Culture-001.jpgLe coup est parti. En effet « Le coup de grâce », la revue culturelle portée par Guillaume Tanhia depuis de longs mois est disponible dans les kiosques. Segmenté en trois parties distinctes, « Saisir-Découvrir-choisir », ce premier numéro estival ressemble à un coup d’essais qui laisse entrevoir, en vitesse de croisière, la revue solide et ouverte que Lyon et sa région méritent. Dans la vitrine de ce premier numéro un article « post-2013 » qui s’interroge de manière assez équilibrée sur ce que serait la panne lyonnaise en matière de politique culturelle, un autre plutôt naïf sur l’envol marseillais sans oublier une plongée revigorante dans le monde machiste de la culture et une autre astucieuse à propos du patrimoine dopé par l’informatique.

Les sept euros investis dans cette belle revue vous permettront également d’aller à la découverte de Jemmie Walker, une actrice lyonnaise de 89 ans, Maguy Aimé directrice de casting, Gilles Pastor qui s’apprête à investir le théâtre du point du jour, sans oublier l’interview de Khalil El Ghrib dont les questions sont plus longues que les réponses et la découverte d’une kyrielle d’artistes (Philippe Favier, Vanessa Debray…) et d’une confortable section « choisir ».

Vous le savez, je suis un supporteur sans faille du travail effectué chaque semaine par le « Petit Bulletin » ou information pratique et articles toujours bien léchés cohabitent à merveille. Avec « Le coup de grâce », et malgré les limites de tout premier numéro, on joue dans un registre différent, celui d’une revue tout à la fois accessible, fouineuse mais dotée de véritables exigences.

Maintenant, passons au morceau de bravoure car il ne suffit pas de saluer le nouveau-né encore faut-il lui assurer son quotidien. Tout d’abord la petite réserve que je veux formuler consiste à la fois à saluer la charte de la revue publiée en page onze et douze et parait-il signée par les actionnaires sans que les dits actionnaires ne se fassent connaître. Plus essentiel, j’ignore les contours financiers d’une telle entreprise mais il ne faut pas être expert pour se rendre compte que l’aventure initiée par Guillaume Tanhia et ses amis exige le soutien de tous. S’abonner est donc le plus sûr moyen de donner le coup de pouce nécessaire à ce « coup de grâce », alors terminons par le vif du sujet …

« Le coup de grâce », abonnement 30 euros et plus si affinités, chèque à envoyer au 17, rue du Garet, Lyon 1er arrondissement, ou bien joindre le service abonnement sur abonnement @lecoupdegrace.eu.

Lyon, le 20 juin 2009.

Image: DR

19/06/2009

Attaquants de pointe

cristiano-ronaldo-09.jpgIl y a vingt-cinq ans, Diego Maradona était transféré de Naples vers le F.C Barcelone pour tout juste 8 millions d’euros. Aujourd’hui, c’est près de 94 qu’il convient de débourser pour s’offrir les services d’un autre ballon d’or le portugais Cristiano Ronaldo. C’est ce que vient de faire le Real Madrid. Pour continuer à parler chiffre, dans ce début de mercato, le club espagnol vient de dépenser, avec l’appui des banques, une somme qui avoisine la moitié de ce que compte investir l’Olympique lyonnais pour la construction de son stade. On croit rêver ou cauchemarder, c’est selon.

Pourtant la crise économique rode au dessus de l’Espagne. Le président du Real, Florentino Perez est d’ailleurs bien placé pour le savoir en sa qualité de roi du BTP et de l’immobilier. Perez va donc vendre des produits dérivés et des droits T.V., organiser des tournées asiatiques pour ses poussins. Objectif, rentabiliser l’opération sur moins de trois ans. Il paraît que la chose est implacable même si l’endettement du club est légendaire. Le simple transfert de Ronaldo représente à lui seul l’équivalent du deuxième budget annuel du championnat français de quoi s’interroger sur la physionomie à terme de cette ligue des champions qui va finir par se disputer entre trois ou quatre clubs à l’abri des besoins car à l’abri de tout contrôle de la part des autorités organisatrices.

Michel Platini a manifesté une fois de plus son émotion face à de telles pratiques, proposant une fois encore la mise en place d’une instance de contrôle financier à l’échelle européenne. Simple prêcheur dans le désert, le patron de l’UEFA pourra constater, comme d’habitude, que Real et autres Manchester United s’apprêtent à vendanger alors que leurs dettes demeurent abyssales. Platoche n’a plus qu’à espérer, que du côté de l’un de ces clubs majeurs, un actionnaire victime de revers boursiers, rende son tablier en laissant un de ces ogres gisant sur le pré. Fort heureusement à quelques encablures de son deuxième mandat, Barroso va remettre de l’ordre dans tout cela puisque Merkel, Sarkozy et Brown souhaitent lui prolonger son contrat. En Europe, les attaquants de pointe sont décidemment tous Portugais.

Lyon, le 19 juin 2009.

Journee-mondiale-du-refugie-20-juin-2009_medium.jpgA noter demain, « Forum Réfugiés » organise la 6ème marche des parapluies dans le cadre de la journée mondiale du réfugié.

Rendez-vous 15h00, place de la Croix-Rousse pour une déambulation qui se terminera sur les berges au niveau de la passerelle du collège.

Photo: DR

 

 

18/06/2009

On s’invite

Invites villeurbanne 2009.jpgLa fin de la semaine qui s’annonce devrait être villeurbannaise puisque « les Invites », en vérité depuis hier, reprennent du service. Le Maître des lieux, son directeur artistique Patrice Papelard, nous annonce cette huitième édition comme novatrice et on veut bien le croire car avec « Les Invites » les bonnes surprises sont toujours au coin de la rue. Jusqu’à samedi prochain, après un long travail aux Ateliers Frappaz, la rumeur évoque l’apparition d’arbres à sucettes ou de trottoirs roulants, de post-it gigantesques, de forêts de lettres, bref sous la houlette de Stéphane Durand et Patrick Laurino, une scénographie qui défrise, dédiée en particulier aux arts de la rue, devrait encore nous plonger dans la joie collective de retrouver la cité villeurbannaise.

Cette version 2009 offre comme chaque année pléthore de manifestations tant au centre ville que dans « Le maquis » des quartiers. Difficile donc de faire état de tout ce qui se trame dans une programmation qui entrainera les visiteurs vers le Burkina et plus généralement sur l’ensemble du continent africain sans oublier le repas de quartier géant du vendredi soir et les concerts destinés aux petits. Comme chaque année, je ne peux que vous conseiller de bloquer vos soirées des 18, 19 et 20 juin pour aller vous perdre dans ces « Invites » dont la convivialité, le charme, la joie et le tonus sont désormais légendaires dans l’agglomération.

Les amateurs de concerts devraient également apprécier une programmation très diversifiée avec Emily Loizeau le 19 juin, Arthur H, Fishbone et la soul revivaliste et pêchue des Sweet Vandals le 20 juin. Des dizaines de spectacles dont « We can be heroes » (Groupenfonction), Victor Demé ou Alif Naaba attendent un public dont le bon esprit est toujours au rendez-vous. Pour tout savoir sur ces « Invites 2009 », se rendre sur le site. Et pour se renseigner sur les repas de quartiers, téléphoner au 04 78 03 67 74

Lyon, le 18 juin 2009.

17/06/2009

La mercerie du Père Michel

Mercier.jpgMichel Mercier pourrait « donner une assise plus large encore à Nicolas Sarkozy » affirmait récemment Dominique Paillé, le porte-parole de l’UMP en vadrouille à Lyon. D’ailleurs « il apporte régulièrement les voix qui manquent à l’UMP pour être majoritaire dans cette assemblée [le Sénat] », rajoutait-il.

Certes, Michel Mercier a les épaules larges et de quoi bien remplir toute assise ministérielle suffisamment confortable proposée par Nicolas Sarkozy dans un souci d’ouverture bien compris. Les rumeurs – ces bruits qui transpirent avant d’avoir couru – sont allées bon train ces derniers temps. Et pas un train de sénateur. On le voyait à la Réforme Territoriale récemment, ensuite à l’Agriculture ou, si l’on en croit l’Express de la semaine passée, au Logement à la place de Christine boutée ailleurs.

L’homme connaît son terrain. Un terrain bien centriste, notamment celui de l’Ouest du département où l’on s’affirme sans étiquette pour taire une sympathie somme toute bien démocratique pour la politique qui conserve les choses en l’état et qui craint la nouveauté. Un terrain où l’on n’aime pas trop parler de politique. Où, dans le même temps, la solidarité et le bien vivre ensemble (parfois un peu trop entre soi) jouent plutôt bien. Sa solide silhouette lorsqu’elle arpente ce terrain cache bien la souplesse de son échine.

Sans y toucher, en l’intégrant au gouvernement, Nicolas Sarkozy fait la nique à la direction nationale du PS pour qui les territoires sentent par trop la province et le méthane. Il envisage donc d’acheter le fonds de commerce de Mercier. Le magasin pourrait en même temps lui servir de vitrine Modem. Car il y a de tout dans la mercerie rhodanienne du Père Michel. Même du Modem pas tout à fait Modem. Et il y a du choix si l’on en juge par quelques clients.

En 2008, Azouz Bégag venu chercher de quoi faire un patron pour une veste aux municipales et quelques ourlets façon Modem, est reparti les points dans ses poches. Dans le même mouvement, il a fourgué tout un lot de toile que l’on se ramasse à Geourjon.

Pour la couture dont il est un expert, il excelle à emmêler des fils de diverses nuances pâles - en camaïeux de bleu toujours - et il n’hésite jamais à une petite démonstration de son art. En témoigne l’une des dernières leçons du madré sur du Madras, le mois dernier. En fin de réunion de quartier dans son bourg, fuse la question qui tue « Quand allez-vous redevenir maire de Thizy ? » : le doigt habile et sans dé quittant la couture du pantalon, Michel a cousu d’un joli fil décoloré un « Il faut que je réfléchisse à comment répondre à votre question. Reposez- moi la dans un mois et demi ».

J’oubliais : la mercerie est aussi abondamment dotée de toile thermocollante double face dont il maîtrise toutes les techniques. Jusqu’aux étamines à fromage que les fabricants de Rigotte de Condrieu reconnaissants lui achètent désormais en quantité pour son intervention en faveur de l’inoubliable AOC.

Quant aux boutons, il ne les vend pas. Parfois, il en donne...

Jean-Paul Schmitt

16/06/2009

Sémantique

Il fallait y penser ! Manuel Vals l’a fait, pour sortir le Parti Socialiste de la crise qu’il traverse il a deux idées : changer le mot parti et l’adjectif socialiste. C’est sa façon à lui de rénover : on efface tout et on recommence. Et il argumente à sa manière. Changer socialiste car le mot socialisme est sans doute dépassé. Il renvoie à des conceptions du 20ème siècle. Changer parti un mot qui nous enferme dans quelque chose d’étroit. Il préfère rassemblement ce qui renvoie au feu RPR. Décidément le mauvais résultat du PS aux élections européennes entraîne ses dirigeants dans une course à l’échalote dont on se demande où elle va finir. A force de vouloir trouver le truc qui va permettre de tout changer et de placer son auteur en pôle position pour la présidentielle on finit par tomber dans ce genre de gadget qui ne sert qu’à évacuer les questions de fond. Après avoir reproché à Martine Aubry de ne pas avoir trouvé en quarante huit heures les solutions aux problèmes posés par le vote du 7 juin, les contestataires de la direction en sont à sauter sur tout ce qui fait djeun’ pour occuper la scène médiatique. Et pourtant Manuel Vals ne manque ni d’idées ni de talents mais il a oublié cette formule chère à François Mitterrand ; il faut laisser (au moins un peu) du temps au temps et réfléchir d’abord. Car personne ne croira que ce sont les mots parti et socialiste qui ont entraîné le PS sur la pente douce du recul depuis le début des années 2000. Derrière les mots il y a des actes et une pratique et ce sont eux qui leur donne de la force ou de l’anémie. Gérard Collomb est certainement sur une meilleure voie, bien qu’ambitieuse, lorsqu’il dit essayer de contribuer avec un certain nombre d’amis et d’intellectuels à redéfinir une pensée politique. Il sera temps ensuite de trouver les mots qui la porte. Il est certainement préférable de laisser la sémantique dans son rôle et de ne pas lui demander de faire de la politique à la place des politiques.

Philippe Dibilio

 
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