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01/07/2009

Mémoires d’outre-mer

JégoDomota.jpgSi l’on en croit les conseillers de l’ex-ministre si fidèle, ça balance sec au lendemain du remaniement ministériel qui a vu, entre autres, le renvoi d’Yves Jégo. Parmi les proches d’icelui, il en est un qui se serait même lâché fort peu courtoisement en déclarant « Ils ont préféré les réseaux de la vieille Lucette [la vieille en question est la Sénatrice UMP Lucette Michaux-Chevry, mère de Marie-Luce Penchard, la remplaçante de Jégo]… ». Tout en rajoutant « C’est un peu comme la Françafrique… ». Il y a de la bile dans les postillons.

Yves Jégo serait, dit-on, furieux d’avoir été éjecté et menacerait d’user de sa « liberté retrouvée ». Bigre ! On en tremble dans les chaumières et, certainement, à L’Élysée. Il l’avait oubliée sa chère liberté, et d’une façon fort courtisane, lors de son retour en métropole, rappelé par François Fillon au beau milieu des négociations qu’il menait alors dans les départements d’Outre-mer. Il paraît aussi que les patrons békés martiniquais lui en veulent d’avoir trop cédé aux grévistes. Par décision du monarque, une Ultramarine accède au poste de ministre en charge de son territoire. À quelles sirènes cédera-t-elle ? De ses engagements, on ne connaît guère qu’une obscure fonction de conseillère technique du Prince, une très grande discrétion sur les évènements de début d’année aux Antilles et une candidature malheureuse aux dernières élections européennes.

Si l’on peut reconnaître à Yves Jégo des qualités d’écoute, on ne va pas pleurer pour autant sur son sort. Son dépit prêterait même à sourire si la situation dans les départements d’outre-mer n’appelait pas à la gravité. Nicolas Sarkozy vient d’y distiller quelques promesses qui resteront pour l’essentiel sans suite et quelques discours, drapé dans des habits dont on a l’impression qu’ils ne sont pas les siens. Cela ne changera probablement rien à la situation de nos concitoyens antillais et les états généraux de l’Outre-mer qui se déroulent en ce moment semblent être un grand masque posé sur ces départements et leurs habitants. À entendre nombre de témoignages sur place, le climat y est plutôt tendu.

En Guadeloupe, c’est plus que de la méfiance entre le LKP et les autres composantes en dialogue. À la Réunion, la question de la sur-rémunération des fonctionnaires est toujours aussi prégnante. L’évolution économique est de plus en plus préoccupante en Martinique et en Guyane.

Malgré les mesures décidées par le gouvernement – baisse du prix du carburant, des transports, de l’eau, du téléphone, augmentation de 200€ des bas salaires - on est toujours en rupture de stock sur les produits de première nécessité alors que le prix des autres produits, hors carburants, flambe et que, dans nombre d’entreprises, les 200€ des accords « Bino » (du nom du syndicaliste abattu) ne sont toujours pas appliqués. Ils le sont d’autant moins que la participation de l’État de 150€ pendant trois ans n’est toujours pas versée et que le décret promulgué par le ministère du travail n’oblige pas les entreprises à reprendre à leur charge l’intégralité des 200€, une fois la période de trois ans achevée. N’oublions pas que, dans tous ces départements, les taux de chômage continuent à être deux fois plus élevés qu’en métropole.

Mémoire d’Outre-mer… « Tous mes jours sont des adieux », comme l’écrivait Chateaubriand dans les Mémoires d’outre-tombe.

Jean-Paul Schmitt

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