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31/05/2009

Sixties

manoeuvre.jpgDans un éditorial fort bien titré "Radio gaga", Philippe Manoeuvre le boss de Rock&Folk et accessoire rémunéré sur M6, indique à qui veut bien le lire et à quelques-uns de ses plus jeunes lecteurs, son point de vue sur "les sixties". Que nous dit l'homme aux célèbres Ray Ban et au perfecto parfait ? "On additionne les Rolling Stones+James Bond+Bob Dylan+Star treck+ es grands festival rock et on se dit que oui décidemment les bonnes choses viennent de là, des sixties triomphales".

A constater la trajectoire actuelle de Manoeuvre qui n'hésite pas, par ailleurs, à consacrer la "une" de Rock & Folk et 10 pages (dix !) à Mötley Crüe, on ne peut qu'être attristé par les dommages colatéraux engendrés par ces fameuses "sixties".

S'il lui reste un peu de temps dans son agenda problement compliqué, je suggère à Manoeuvre de parcourir quelques pages de bouquins qui viennent de paraître et qui se consacrent à cette période "triomphale" d'où tout semble venir. Dans l'ordre qui lui conviendra il lira "L'amérique de John Didion (Grasset) et en particulier sa plongée dans le San Franscisco de 1967. Manoeuvre connaît à la perfection l'itinéraire des Rolling Stones mais les exploits de la bande à Jagger réédités par "Le mot et le reste" devraient lui rafraichir la mémoire et peut-être lui donner l'occasion d'informer son jeune public. Au delà de la came, avec les sixties, on pense illico à un autre mot, qui n'est peut être plus du tout initialisé dans le cortex de Manoeuvre. Il s'agit de la politique. A cet effet la lecture de "Diggers" de Alice Gaillard (éditions l'Echapée) devrait apporter le complément nécessaire à une bonne connaissance de la période non sans le conduire à une saine reflexion. Voilà quelques lectures qui permettront à Manoeuvre, au cours des longues heures d'attente dans sa loge de "La nouvelle star" de réviser son point de vue sur les "sixties"et les "bonnes choses de la vie".

> Rock & Folk, n°502, Juin 2009, 5 euros,

Lyon, le 31 mai 2009.

30/05/2009

Juninho

juninho 2.jpgParmi les 44 coups francs marqués par Juninho, celui contre Ajaccio en mars 2006 est peut être celui qui impressionne le plus. Quasiment aux limites du rond central, l'artiste pose le ballon et sans s'intérroger plus que cela, "boom" frappe une balle qui fuse jusque sous la transversale. Porato désarticulé ne peut s'interposer. Juninho sera peut être en tribune ce soir au stadium de Toulouse, rien n'est moins suûr. Son 55ème carton jaune obtenu à Marseille suite à son but ayant été fatal. Peu importe, c'est samedi dernier à Gerland lors de l'avant dernière journée du championnat que le public a rendu hommage au brésilien. Une situation pour le moins curieuse sachant que l'annonce de son départ n'était alors pas "officielle". Les codes du football sont décidemment bizarres.

D'une certain fçon l'Olympique Lyonnais ferme une grande parenthèse avec le départ de son milieu offensif. En verité sur le terrain, cette parenthèse est fermée depuis bien lontmepos, depuis au moins la saison passée qui s'était pourtant soldée par un doublé "coupe-championnat". Dans ce contexte, même si certains peuvent accuser "la faute à pas de chance" ou pire Claude Puel, l'Olympique lyonnais est face à un chantier d'ampleur et les dernières victoires à Marseille et Gerland face au SM Caennais ne sont, pas plus que cela, porteuses d'un avenir que chacun aimerait radieux. Reconstruire sera pour un Puel qui en a les capacités une chose difficile. Le piège de tour qualificatif pour la Champions league va se présenter tôt, très tôt dans la saison. Si l'échec était au rendez-vous il conditionnera négativement la saison prochaine et peut être même la suivante. L'avenir de l'O.L se jouera donc fin août début septembre. Autant dire que le club, l'équipe et l'encadrement ont quelques semaines cet été pour se préparer à l'échance.

Lyon, le 30 mai 2009.

00:15 Publié dans Sur le stade... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : football, ol, olympique lyonnais, juninho, gerland, marseille, om, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/05/2009

Pousse mousse, on presse et ça mousse

suite hotel.jpgMême si c'est le privilège des "petits", il n'empêche que la chronique hebdomadaire de Nelly Kaprielan dans les Inrockuptibles est en général tout sauf de l'eau tiède. Celle de la semaine intitulée "Objectif pub", frappe fort et dit tout haut ce que nous constatons tous dans notre coin. Que dit l'incorruptible inrockuptible ? Que chacun à leur manière, Franz-Olivier Giesbert (Le Point), Jean Daniel (le Nouvel observateur) bénéficient, à l'occasion de la sortie de leur énième bouquin, d'une couverture hors norme et d'une complaisance presque généralisée et grossière qui malheureusement est habituelle. Mieux la journaliste se demande comment des personnalités aussi "bookées" en arrivent à trouver le temps d'écrire des "bouquins". Pire pourquoi de tels auteurs ne rougissent pas de honte en se mettant en valeur dans leurs hebdos respectifs. L'un dialoguant avec un écrivain connu, l'autre se faisant tresser des lauriers par un collaborateur de sa propre publication.

En mettant ainsi les pieds dans le plat Nelly Kaprielan ne pouvait pourtant dénoncer une chose probablement encore plus étonnante, à savoir un papier de Bertrand de Saint Vincent apparu mardi dans Le Figaro c'est à dire quelques jours après la sortie des Inrockuptibles. On savait nombre de journalistes enclins à renvoyer l'ascenseur suite à quelques douceurs, autrement dit à avoir la reconnaissance du ventre, mais avec Bertrand de Saint-Vincent on dépasse les espérances les plus folles de nombre d'annonceurs. Son éditorial du cahier "Le Figaro et vous" sobrement titré "Sur invitation" on ne fait rien moins que raconter par "le menu" un week-end à Malte manifestement payé par Moët Hennessy.

On connaissait le journalisme "Relais et châteaux", les journalistes "relais du château", avec le Figaro on vient d'inventer "la vie de château" puisque, et j'ose espérer que c'était de la part de Bertrand de Saint Vincent un pari arrosé avec des confrères, on décrit avec "luxe" de détails les délices et les charmes de l'hospitalité maltaise.

Avec Bertrand de Saint Vincent un nouveau genre, le "gonzo journalisme mondain" est après tout peut être né ?

Lyon, le 29 mai 2009.

28/05/2009

Barroso

Barroso.jpgComme si les élections européennes étaient déjà pliées, la "question Barroso" semble peu à peu occuper le devant de la scène. A coups d'interviews et de déclarations, le Président de la Commission européenne bouge ses pions afin d'apparaître, le plus rapidement possible, dès avant l'élection du 7 juin, comme incontournable, comme le seul capable de se succèder lui même. Alors que les travaillistes anglais, portugais ou espagnols font campagne pour Barroso, Sarkozy quant à lui souhaite se servir de l'actuel Président de la Commission comme d'un épouvantail. D'ailleurs écoutez bien , vous ne risquez pas d'entendre le moindre UMP soutenir Barroso. Tout au contraire, ce silence radio électoral qui annonce en vérité un soutien au Portugais quelques jours après l'élection, est un des éléments de la tactique de Sarkozy visant à se présenter comme un quasi opposant sur le front européen, un rebelle.

Se servir dans la limite du possible de Barroso pendant les quelques jours qui restent  encore dans cette campagne est d'ailleurs une bonne opportunité pour les candidats choisis par le Président. Par ailleurs, en imposant comme cirtère de réussite de leur entreprise le simple écart entre listes UMP et listes socialistes, Sarkozy et les siens évitent de focaliser l'attention de tous sur l'aspect très minoritaire des listes du Président. Une bonne partie de la presse jouant le jeu présidentiel, au soir du 7 juin, il sera alors très facile d'expliquer aux français que l'élection européenne de 2009 est une victoire pour le Président. Alors, vous l'avez compris, la seule façon d'indiquer dans son vote un refus de Sarkozy c'est à l'évidence de ne pas voter pour les listes de droite et surtout, en soutenant dans chacune des régions la liste du Parti socialiste c'est la seule manière d'interdire au Président de crier victoire au prétexte que l'écart serait important. Ouvrez grands les yeux, bloquez votre respiration et foncez, le 7 juin prochain, le bulletin socialiste à la main vers votre bureau de vote. C'est la seule façon d'être utile.

Lyon, le 28 mai 2009.

Photo: DR

27/05/2009

Bingo

BingoBongo.jpg« Merci Omar, pour tes avis et tes conseils ».

Deux ans ont passé depuis cet amical échange franco-africain du 6 mai 2007, juste avant la fermeture des bureaux de vote tel que nous l’a rapporté le président du Gabon. Deux ans déjà. Deux ans seulement.

Mais Omar est malade. Son fils aussi qui se fait soigner en France. Alors, un peu de compassion, que diable.

« Merci Omar ».

« À ton service Nicolas ».

Omar, l’inamovible, a pratiqué tous les présidents français et celui-ci, il le pratiquait déjà lorsqu’il n’était encore que le maire de Neuilly. Omar, bienfaiteur des campagnes électorales françaises plus que des campagnes africaines, a su faire fructifier ses investissements. Son patrimoine immobilier croit infiniment plus vite que l’expansion économique du Gabon aux réserves d’or noir pourtant conséquentes.

Vie privée, vie publique. Afrique brûlée. Ronde des amis qui randonnent de sommets d’État en sommet d’État. Ronde des ONG dans les marigots, les Sahels, les bidonvilles et les camps.

En douce France, l’herbe est verte, les boubous exotiques et les affaires franco-africaines feutrées. La justice soupèse. Une petite juge, Françoise Desset, au vu du fléau - celui de sa balance – avait estimé qu’une enquête préliminaire pour « Biens Mal Acquis » (BMA) par les sieurs Omar Bongo Ondimba, Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville et Theodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale pouvait légitimement être ouverte.

Une première. L’affaire ferait grand bruit. Mais le parquet veillait. Un parquet flottant car il n’y a rien de plus désagréable que ces lames qui font du bruit. Le nôtre ne grince pas. Bien ciré, sur lui les critiques et les affaires glissent. Dommage qu’il ne nous laisse pas entendre les pas de danse des banques relevées par l’enquête préliminaire. Il ne nous reste plus qu’à imaginer leurs entrechats pour faire face à leurs obligations sur le non-blanchissement. Étonnant corps de ballet : BNP, Société Générale, Crédit du Nord… Banque de France même, par laquelle auraient transité d’importants virements destinés au fils du président de la Guinée- Équatoriale.

Bingo Bongo ! Le parquet s’oppose.

Jean-Paul Schmitt

26/05/2009

Indécent

peau_de_banane.jpgOn le sait la délicatesse n’est pas une vertu qui occupe le champ politique, mais tout de même. En se mettant à trois élus verts de Villeurbanne, l’irascible Béatrice Vessiller en tête, pour donner une interview au Progrès dont le seul but est de « flinguer » Bernard Rivalta on atteint là les sommets de l’indécence. A leurs yeux rien ne va au Sytral que préside Rivalta : tarifs trop élevés, projets villeurbannais retardés etc… Même lorsque le journaliste évoque le fait que l’Etat n’accorde que des miettes aux transports lyonnais B. Vessiller tacle Rivalta car, dit elle, les projets du Sytral ne sont ni « grenello-compatibles » ni assez Plan Banlieue compatible. Tout ça comme si le président de l’organisme de transports était seul à bord, décidant de tout et ne rendant de comptes à personne. Or chacun sait, et Béatrice Vessiller en particuliers puisqu’elle siège au conseil syndical, que le Sytral est un outil de la politique d’aménagement du Grand Lyon (beaucoup) et du Conseil Général (un peu) lesquels donnent le là du plan de mandat. En fait la question des transports relève ici plutôt du prétexte tant il est évident que cette interview ne vise en fait qu’à donner le coup de grâce à Bernard Rivalta à Villeurbanne. La bouche en cœur Béatrice Vessiller donne crédit au maire de la ville des meilleures intentions et son acolyte J.C Ray accuse Rivalta de jeter des peaux de bananes sous les pieds du premier magistrat.

Dans cette querelle villeurbanno villeurbanaise qui agite le landernau socialiste local de longue date les verts prennent donc publiquement fait et cause pour celui qui les a fait rois depuis le déclin du PC et ils tirent sans ménagement sur l’ambulance Rivalta. Vessiller glisse d’ailleurs dans son propos cette phrase assassine : « mais peut-on encore compter le conseiller général du canton nord comme un élu de la ville »? Jusqu’en 2011 en tout cas il sera titulaire de ce poste mais par cette perfidie Béatrice Vessiller lance le débat de la non-reconduction de l’intéressé à la candidature, un souhait du maire sans doute, que les Verts devancent certainement pas sans arrières pensés. Avec ce comportement de Harki la basse manœuvre que représente cette interview atteint l’indécent voire pire de la part de plus de ces messieurs et dames venus à la politique en nous expliquant qu’il fallait en changer les mœurs, faire de le politique autrement, la moraliser. Une fois en place ces belles intentions ont tendance à s’envoler dans l’espoir du moindre siège supplémentaire.

Philippe Dibilio

25/05/2009

Le courage

30-1-170.jpgAu moment où la revue "Philosophie magazine" titre sa "une", "Le courage aujourd'hui. les héros sont parmi nous", un professeur de cette même discipline était, quant à lui, traduit devant un tribunal pour avoir crié, en pleine gare de Marseille, à des policiers qui effectuaient un contrôle d'identité, "Sarkozy je te vois". Nul ne sait encore si ce professeur de Philo sera condamné à ces 100 euros que certains aimeraient lui coller. En tout état de cause, avoir de tels comportements en public, citer simplement le nom du chef de l'Etat, est à priori et au minimum un acte de défiance dans la France d'aujourd'hui, pourquoi pas demain le signe d'un premier flirt avec le terrorisme. Pour revenir à la "une" de Philosophie magazine, ce professeur marseillais a de tout évidence fait acte de courage, c'est un héro parmi nous. Acte de bravoure ou pure folie c'est selon. Il n'empêche que ce "Sarkozy, je te vois" est un tapage injurieux, le tarif pouvant aller jusqu'à 450 euros. S'il s'agissait d'un outrage, la note serait plus salée puisque avoisinant les 7500 euros et à ce prix là un pofesseur est loin d'avoir les moyens de s'offrir une telle incartade.

Pour parler de quelque chose de plus sympathique, demain, Libération nous offre un cahier spécial sur le légendaire "Bed in" de John Lennon et Yoko Ono. Il s'agissait alors pour les deux tourtereaux du rock de rester une semaine au lit afin de faire passer un message de paix et d'amour. Alors que les supporters de DSK sont tous en train de s'intérroger sur comment réinstaller leur champion aux avant-postes de la vie politique sachant que le boss du FMI est un peu prisonnier de sa fonction et du calendrier, pourquoi ne pas proposer une évènement du type "In bed with DSK" ?. Une idée à creuser.

Lyon, le 25 mai 2009.

24/05/2009

AIR

Assises internationales du roman.jpgComment s’y retrouver dans ce magnifique dédale que sont, du 25 au 31 mai, Les Assises Internationales du Roman (AIR) inaugurées demain et placées sous le signe du « Roman, hors frontières ».

Voici donc le détail des tables rondes sachant qu’il convient de vérifier les horaires sur www.villagillet.net et réserver au 04 78 39 10 02. Sans quoi rien ne sera possible. Avouez que cela serait dommage.

Tables rondes

Quelle écriture pour la violence ? La puissance de la nature

Julia Leigh (Australie) Stéphane Audeguy (France)

Marie NDiaye (France) Rick Bass (Etats-Unis)

Stewart O’ Nan (Etats-Unis) Neil Bissoondath (Trinidad-Québec)

Pavel Sanaïev (Russie) Jorn Riel (Danemark)

 

Il était une fois … : Le conte Le point de vue de l’enfant

A.S. Byatt (Angleterre) Nancy Huston (Canada/France)

Pascal Quignard (France) Sasa Stanišić (Allemagne)

Sjón (Islande) Antonio Ungar (Colombie)

 

La mémoire en héritage Portraits d’une génération

Aharon Appelfeld (Israël) Annie Ernaux (France)

Gamal Ghitany (Egypte) Yu Hua (Chine)

Manuel Rivas (Espagne) Richard Morgiève (France)

Abdourahman A. Waberi (Djibouti) Juli Zeh (Allemagne)

 

Le livre dont le psychanalyste Narrative non fiction : l’enquête littéraire

est le héros

Siri Hustvedt (Etats-Unis) Fabrizio Gatti (Italie)

Hanif Kureishi (Angleterre) Sergio González Rodriguez (Mexique)

Michel Schneider (France) Philip Gourevitch (USA)

Philippe Vasset (France)

Fantasme et fantasque :

les déformations de la réalité Ecriture et identité : quelle place pour la psychologie ?

Arnon Grunberg (Pays Bas) John Burnside (Ecosse)

Toby Litt (Angleterre)Lidia Jorge (Portugal)

Véronique Ovaldé (France) Elias Khoury (Liban)

Sergi Pamiès (Espagne) Julie Wolkenstein (France)

 

La petite conversation avec des revenants, l’écrivain Dany Laferrière a pour mission de réagir à des interviews de grands romanciers disparus proposées par l’INA

Vu d’ailleurs, Rick Moody, Colum MC Cann et Will Self parlent respectivement d’Antonin Artaud, Emile Zola et Céline.

Lectures avec Pascal Quignard, Alain Planès, Denis Podalydès.

Et aussi, Petit déjeuner au Musée des Beaux Arts, débats philo, rencontre exceptionnelle avec Claude Lanzmann,etc…

Lyon, le 24 mai 2009.

23/05/2009

Prenez-le !

claude_allegre.jpgIl parait que dans la perspective de voir Claude Allegre rejoindre le gouvernement lors du remaniement en juillet c'est presque la panique dans les rangs de la majorité. A l'idée de voir débarquer l'ami de Jospin, qui plus est à un poste important dont la rumeur dit qu'il pourrait ressembler à un MITI français, on ne compte plus les réactions négatives. La simple idée de le savoir peut être demain membre de la future garde rapprochée de Sarkozy commence à pomper l'air des plus dévots de l'UMP.

Rassurez-vous Messieurs de la majorité, Allègre est tout sauf de gauche. Prenez-le ! Il est dispo ! Dans cette affaire, le seul qui risque d'en pâtir c'est Bernard Kouchner. Le Doc peut légitimement se dire que la période faste est sur le point de toucher à sa fin. Complètement démonétisé, Kouchner représente désormais moins que lui même un simple Ministre d'ouverture votant maintenant UMP. L'arrivée d'Allègre dans ce magasin de porcelaine risque de briser les dernières potiches et c'est tant mieux.

Alors un effort. Arrêtez vos simagrées et prenez Allègre dans votre futur gouvernement. Ca ne peut que nous faire plaisir.

Lyon, le 23 mai 2009.

22/05/2009

Paranormal

francis-lalanne.1239878583.jpgLes commentateurs les plus avisés regrettent que les Français ne s’intéressent pas plus à l’Europe alors que les élections au parlement européen arrivent à grand pas. C’est regrettable ce d’autant que l’on assiste à un véritable renouvellement. A côté des Barnier, Peillon, Cohn-Bendit et autres Mélenchon, de jeunes pousses se mêlent enfin de politique et, à l’évidence, les Français ne mesurent pas bien ce phénomène. Prenez Francis Lalanne, en voilà un qui apporte son lot de fraîcheur et de candeur dans le débat public. Avec Wechter, il s’est lancé dans la bagarre. Ici, du côté de Lyon avec la proto-Umpiste Marie-Laure Boulot et le célèbre Jean Brière, jadis viré des verts pour une raison de saine amnésie qui m’empêche de vous en dire plus, Lalanne rénove la vie politique. Après sa période de chevènementiste, Lalanne est devenu écolo. Attention par un de ceux qui veulent « repeindre l’économie en vert », couleur qui n’est plus « celle de l’écologie mais de la pollution ». Non, Lalanne est révolutionnaire car aujourd’hui « la révolution, c’est la révolte par le vote » et si jamais la patrie était en danger sachez que notre artiste lyrique s’imagine bien comme « une sentinelle de la démocratie ». Si l’aventure ne se terminait pas très bien pour lui, Lalanne ayant des moments de fulgurances, imagine dans ses rêves les plus fous « un cyber-parlement sur Internet afin de dénoncer ce qui est dangereux pour les citoyens européens.»

La démocratie c’est vraiment formidable et des élections comme celle au parlement européen sont parfois le creuset des idées de demain, le seul moyen de faire franchir aux concepts nouveaux la cloison invisible dressée par les Partis institutionnels.

La France est peut-être sur le point de perdre un chanteur, ce qui est après-tout une nouvelle pas si mauvaise que cela. Mais si l’Europe héritait d’un nouveau barde, il resterait à nos parlementaires de veiller avant chaque séance de l’attacher en haut d’un arbre bien bâillonné. L’ensemble des citations proviennent de l’excellent Tribune de Lyon une des rares publications locales qui s’intéresse au paranormal. Merci à eux.

Lyon, le 22 mai 2009.

Photo: DR

 

21/05/2009

J’écris ton nom

Grand Stade.jpgVous le savez peut-être, ici à Lyon, les socialistes dont je suis n’ont pas la chance d’être frappé de cette onction de gauche qui gagne notre Parti. Notre direction nationale, quant à elle, renoue avec une orientation de gauche qui s’illustre dans la plupart des questions qui interpellent nos concitoyens. Etre « socialiste de gauche » ou « socialiste de droite » n’est vous l’imaginez pas la même chose. C’est ainsi qu’une politique « socialiste de droite » ne s’illustre pas du tout au quotidien comme une politique « socialiste de gauche ». Je ne suis pas un spécialiste, mais il ne faut pas être grand clerc pour penser que de telles différences d’approche doivent se marquer dans la plupart des domaines de la vie publique. Je pense à l’économie, à la mixité sociale, à la culture… Bref, tel un bon coup de gourdin les dures réalités idéologiques partagent les socialistes entre ceux qui de gauche, conduisent des politiques de gauche, et ceux de droite qui mettent en œuvre celles de droite. Prenez la question des grands stades de football, voilà un domaine qui n’échappe pas à ce phénomène indépassable, à cette règle intangible.

C’est ainsi qu’à Lyon, le grand stade de l’Olympique Lyonnais sera financé par de l’argent privé. La direction de ce club va donc un de ces jours vendre le nom du stade à une compagnie privée, c’est ce qu’on appelle le « naming », et un beau matin on apprendra que ce stade s’appellera « Nike Stadium », « LG Aréna » ou « Axa Sport Center ». Voilà un exemple de politique produit du laissez-faire de socialistes de droite.

Prenez Lille, c’est tout le contraire. Le grand stade de football destiné au LOSC va être payé par de l’argent public. La collectivité propriétaire de l’équipement pourra donc un de ces jours vendre le nom du stade à une compagnie privée. Un beau jour le stade public s’appellera donc le « Reebok Aréna », le « Cassegrain Stadium » ou « Generali Sport Center » et ce n’est qu’ensuite que le LOSC sera contraint de payer un loyer en contrepartie de l’utilisation d’un équipement qui portera le nom de la société choisie.

Dans le premier cas, honteuse, la collectivité locale pourra tristement constater que le « LG Stadium » est la propriété de l’Olympique Lyonnais, dans le second c’est avec fierté que pendant 30 ans les Lillois paieront le stade Cassegrain qui sera loué au LOSC.

J’espère que vous avez enfin compris la différence entre le socialisme de droite et le socialisme de gauche. Si tel n’était pas le cas, un de ces jours je pourrais aborder le cas des vélos dont certains sont « Lib », la mixité sociale ou les questions de rénovation urbaine.

Lyon, le 21 mai 2009.

20/05/2009

Posture

36330a-francois_bayrou_denonce_l_abus_de_pouvoir.jpgLe livre de François Bayrou, « Abus de pouvoir », est un livre politique et comme tous ceux du genre il dénonce beaucoup et propose peu ; encore que ! Il faut, en effet, lui reconnaître quelques mérites.

Tout d’abord l’homme se trouve là une posture, celle d’un défenseur des valeurs humanistes qui frise parfois l’analyse de classe comme on aurait dit dans les années 70. Certes il n’est pas question pour moi d’être naïf ; en s’appropriant le créneau des fondements de la république : liberté, égalité, fraternité le président du Modem se cherche une base suffisamment large pour poursuivre son seul objectif avoué : la présidentielle de 2012. Mais il faut lui reconnaître qu’il le fait avec un certain talent. Car, contrairement à beaucoup de commentaires qu’il a suscité son ouvrage n’est pas un pamphlet anti-sarkoziste primaire.

Il réussit, en effet, à brosser un portrait pertinent du locataire de l’Elysée et surtout de mettre en perspective ses intentions profondes et les objectifs qu’il se donne pour le pays. Et il argumente autour de la proposition selon laquelle : « le président de la république a un plan. Il conduit la France là où elle a toujours refusé d’aller. L’abandon du modèle républicain, le culte de l’argent, le choix d’une société d’inégalités, le renoncement à ce qui faisait la force et l’originalité de la France dans le monde. » Et pour cela, selon Bayrou, Nicolas Sarkozy a  eu pour inspiration le mouvement néoconservateur américain version Bush qui a décidé de bâtir sa victoire sur le noyau dur de son électorat, la droite dure religieuse américaine, la droite qui soutenait la guerre en Irak. Modèle que les américains ont aujourd’hui rejeté. Et pour s’attacher le noyau dur de la droite française Sarkozy va jusqu’à le reconstituer en suscitant des polémiques pour opposer les français sur tous les sujets potentiellement explosifs.

De plus François Bayrou décortique, comme l’avait fait dans un livre également Ségolène Royal, la méthode et les astuces de Sarko pour arriver à ses fins. Ce livre, en fait, tape juste et il n’est pas étonnant qu’il ait déclenché l’ire des roquets du président comme celle des leaders de gauche d’ailleurs. Il est à ce propos dommage que ce soit un centriste qui occupe ce créneau qui s’apparente parfois à du Besancenot, l’esprit de responsabilité en plus. Me voilà pas converti au Modem pour autant d’autant que connaissant bien certains de ses acteurs locaux je ne sui pas persuadé qu’ils se retrouvent dans ce texte, mais je reconnais à son président une capacité à porter un regard éclairé sur l’état de la France et à proposer quelques pistes pour en sortir. Ce chapitre final n’est pas le plus étayé mais il pose les bases d’un rassemblement pour demain dont la gauche aurait tort de se moquer. Bayrou, en effet, n’écrit pas les premières lignes d’un programme commun mais trace les contours d’un rassemblement qui pourrait bien être celui du deuxième tour de 2012.

Philippe Dibilio

19/05/2009

Bacheloter ?

Roselyne Bachelot.jpgBacheloter : verbe intransitif qui signifie étudier la verve féminine dans le microcosme politique (de Bachelot Roselyne, pharmacienne d’Angers de tendance conservatrice RPR puis UMP, qui fut ministre à plusieurs reprises).

Se dit plus généralement de l’effort qui consiste à trouver des qualités cachées dans toute déclaration politique davantage tournée vers la communication que vers l’action.

Je bachelote et je remplis des « fiches de pompe ». Sur mes fiches, colonne des points négatifs, j’avais déjà noté les révélations de dame Roselyne concernant la surdité d’un ancien chef d’État (elle aurait eu un éclat coquin dans les yeux en confiant ce secret d’État aux journalistes). Bon, j’avais trouvé cela beaucoup moins méchant que les confidences « off » qui qualifiaient un prédécesseur de roi fainéant. J’avais noté aussi, dans la même colonne, mais avec hésitation, son « garez votre voiture à l’ombre » adressé aux petits vieux pendant la canicule de l’été 2003 : une action autrement plus rapide à mettre en œuvre que la climatisation dans les maisons de retraite. J’avais eu également une hésitation au moment de noter, dans la colonne des points positifs cette fois, une certaine spontanéité et une certaine franchise, mais tout de suite après avoir écrit le mot « franchise », j’ai sorti ma gomme jugeant que les franchises médicales ne méritaient pas un tel classement. J’étais en train d’annoter la décidément longue colonne des passifs avec sa loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST), tout en me reprochant in petto d’être par trop partial, lorsque j’ai eu connaissance de sa toute dernière déclaration concernant les transsexuels. Enfin me suis-je dit ! Voilà de quoi positiver un peu. Ne venait-elle pas de déclarer, à la veille de la Journée mondiale contre l’homophobie, qu’elle allait saisir la Haute Autorité de Santé « afin de publier un décret déclassifiant la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée ». Vingt-huit ans après que Robert Badinter a fait sortir l’homosexualité du code pénal, Roselyne fait sortir la transsexualité de la psychiatrie.

Du coup, j’ai repris espoir et j’ai poursuivi un tout petit peu plus avant le bachelotage que je vous livre ici et j’ai rajouté trois autres points positifs : 1) dès 1998, Roselyne avait eu le courage d’affronter les membres de son groupe à l’Assemblée en faveur du PACS, 2) Roselyne est favorable au mariage gay 3) Roselyne est favorable à l’adoption par les couples homosexuels.

J’ai encore beaucoup de questions en suspens :

> pourquoi Roselyne fait-elle une loi HPST si sotte et a-t-elle des points de vue si intelligents parfois sur notre société ?

> pourquoi reste-t-il autant de personne ignares – fussent-elles des autorités morales ou religieuses en vue – qui persistent à ranger dans les déviances des vies minoritaires différentes ?

Jean-Paul Schmitt

18/05/2009

Nouvelles du futur

courbe.gifIl y a une poignée de semaines, ils s’étaient tous passés le mot, « la fin de la crise » se profilait au terme de 2009 et au pire au début de 2010. Depuis, ceux qui s’acharnent à détruire avec application le fameux « modèle social français » depuis des années s’efforcent désormais de dire à qui veut bien l’entendre que le modèle en question serait le facteur explicatif du fait que « la France tient le coup ».
Dans le lot, il y en a un qui est en passe de devenir le meilleur agent d’ambiance du libéralisme avancé, c’est le Directeur Général de l’agence Global Equities. Il s’appelle Marc Touati et les médias sont particulièrement assoiffés de son crédo. Touati est donc à la manœuvre. Il explique par exemple que la progression de la consommation en France empêche l’effondrement de l’économie, que nous sommes « les moins mauvais élèves de la zone euro » prédisant illico, notez-le bien, non pas une reprise, mais un rebond au troisième trimestre 2009. D’ici quelques temps, en vérité, vous verrez que ceux qui comme Touati, parlaient de reprise hier et de rebond aujourd’hui finiront bien par nous indiquer demain que nous pouvons attendre, pour le 1er trimestre 2010 « l’ouverture d’une séquence pouvant déboucher au printemps prochain sur une phase initiale permettant d’entrevoir un premier rebond au terme de l’été 2010 qui pourrait être le prélude à l’émergence des premiers indicateurs favorables à la reprise qui aurait de bonnes chances d’arriver au cours de l’hiver 2011 ».
Passons donc à des analyses plus sérieuses. Elles étaient exposées dans Le Libération du weekend par Eric Heyer, un des responsables de la prévision à l’OFCE. En résumé, que disait Heyer ?
Tout en admettant que le prochain trimestre pourrait être moins négatif que prévu, mais négatif tout de même, le pire est devant nous. Les près de 140 000 emplois déjà détruits en France ne sont qu’une première « adaptation » qui annonce un mouvement encore plus violent. Pour Heyer le chômage va continuer à s’accroitre jusqu’à la fin 2010 dépassant probablement les 11% en entraînant, je cite, pour les ménages une « situation qui ira en s’aggravant ». L’économiste de l’OFCE annonce donc des jours encore plus noirs, fait l’analyse que le pari du gouvernement français est en passe d’être perdu et que la crise actuelle va se globaliser encore plus, les pays émergents ne pouvant restés déconnectés de la récession généralisée.
Attaquer ainsi la semaine, qui plus est après la déroute de Patricia Kaas, est, j’en conviens difficile. Fort heureusement il nous reste toujours les sourires de Roselyne Bachelot, de Bernard Laporte et de Jean-Louis Borloo.

Lyon, le 18 mai 2009.

17/05/2009

Mélange des genres

aung_san_suu_kyi.jpgIl est possible que l’information n’arrive pas à parvenir jusqu’à vos oreilles mais Thierry Braillard, notre Adjoint au sports, non sans préciser que cela ne pouvait se concevoir qu’en cas de vacance du pouvoir, entrouvre la possibilité d’être un jour candidat à la Mairie de Lyon. C’était il y a quelques semaines dans le magazine « Lyon People ». Cela étant la question cruciale n’est pas là. Dans la même interview à son ami Barth, le même Thierry Braillard confiait à son interlocuteur une chose bien plus préoccupante à mes yeux. « La Nouvelle Star » nous disait Thierry « c’est la seule émission de télé-réalité qui apporte quelque chose ».

Naïvement je pensais jusqu’ici que la seule chose que pouvait apporter cette émission c’était, de la part des téléspectateurs, des coups de fils rémunérateurs à M6. Compte tenu des propos de mon ami Thierry je compte sur le champ me pencher sur ce supposé « apport » de la « Nouvelle Star » et je vous tiendrais au courant de mes cogitations. Ce week end je suis tombé sur VSD et j’y découvre que les dégâts engendrés par « La nouvelle star » ne se limitent pas à la région lyonnaise. Benoit Hamon, le porte parole du PS, déclare tout comme Thierry Braillard, aimer la « nouvelle star » et confie même à l’hebdomadaire un secret de première bourre, celui d’avoir voté pour « Camélia Jordana ».

Si les plus hautes sommités du socialisme font leur « outing » en indiquant, qui plus est à la face du monde, leur choix pour Camélia Jordana, il serait normal qu’un prétendant à la Mairie de Lyon en fasse autant. Pour qui a donc voté Thierry Braillard ?

Cela étant, ce matin, mon esprit taquin à l’égard de Thierry Braillard et Benoit Hamon convient d’être tempéré. En renvoyant une nouvelle fois en prison Aung San Suu Kyi, la clique du Général Than Shwe manœuvre avec sa brutalité habituelle à l’égard de « la dame de Rangoun ».

Alors que le 27 mai prochain s’achevait la période légale de détention en résidence surveillée de l’opposante au régime des généraux, saisissant un prétexte pour le moins stupéfiant, la junte à fait reprendre à Aung San Suu Kyi le chemin de la sinistre prison de Insein. Chacun le sait, l’état de santé de l’opposante est chancelant. On peut donc être particulièrement inquiet sur le sort qui va être réservé à la dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie.

Nous savons tous que le régime dictorial de Rangoun est jusqu’ici totalement imperméable à des pressions internationales et même à des sanctions. Il conviendrait pourtant que la communauté internationale réagisse en exigeant la libération immédiate de Aung San Suu Kyi ce d’autant que la junte militaire est entrain d’habiller son ordre féroce d’une pseudo « feuille de route vers la démocratie » débouchant sur des élections en 2010 dont nous savons tous qu’elles seront sous le contrôle des Dobermans de Rangoun.

En vous souhaitant un bon dimanche j’espère que vous me pardonnerez aujourd’hui ce mélange des genres.

Lyon, le 17 mai 2009.

 
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