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30/04/2009

Le retour des revenants

pierre-henry.jpgParmi les dizaines et les dizaines de concerts qui sont proposés aux lyonnais tout au long d’un mois de Mai semé de ponts, j’ai noté la présence de revenants parfois arrivés de nulle part. Honneur aux dames, la présence de Lydia Lunch aux « Nuits Sonores » est pour le moins cohérente avec l’esprit de ce festival qui n’est pas seulement celui de l’électro mais qui s’affiche depuis quelques éditions également comme celui de « l’indie ». Cela étant c’est vraiment du côté des musiques électroniques que se situe l’évènement. Le festival lyonnais accueillant, pour un concert exceptionnel au Transbordeur, Pierre Henry le 24 mai. Oncle, papa, parrain, tuteur, maître, je ne sais comment vous le dire, mais de nombreux musiciens de la génération électro situent Pierre Henry comme une référence, peut-être le seul lien qui existe entre cette scène populaire et la musique savante. Pierre Henry a donc toute sa place pour apporter une conclusion définitive à cette édition 2009 même si son âge et surtout son œuvre devrait le disqualifier auprès de ceux qui résument ces musiques à un simple avatar « dance ».
Autant Pierre Henry a toujours été un passeur au contact des générations montantes qui se succèdent depuis la fin des années soixante, autant notre troisième revenant de mai, Lenny Kravitz, se situe dans une démarche inverse, son originalité reposant essentiellement dans sa capacité à recycler et à citer. Cela étant avec Kravitz l’art du mélange combiné à l’énergie est toujours l’assurance de bons spectacles et il n’y a aucune raison qu’il puisse en être autrement le 27 mai à la Halle Tony Garnier.
Lydia Lunch, Pierre Henry, Lenny Kravitz, ce mois de mai marqué par le retour des revenants commencera le 2 avec les Last Poets au Ninkasi-Kao. Mix de « talking words », de jazz et de soul, la démarche du groupe pionner des années soixante-dix n’est pas figé dans le patrimoine. Il faut avoir assisté, au moins une fois dans sa vie, à une prestation des « derniers poètes » qui demeurent définitivement des grands combattants des mots et de la vie.

  • > Last Poets, Ninkasi-Kao le 2 mai, 24 euros.
  • > Lydia Lunch, Nuits Sonores le 30 mai, 29 euros pour toute la nuit.
  • > Pierre Henry, Transbordeur le 24 mai, 25 euros.
  • > Lenny Kravitz, Halle Tony Garnier le 27 mai, 40 euros.

Lyon, le 30 avril 2009

29/04/2009

L’option zéro

Obamasarko.jpgGlobal Zero, une initiative lancée il y a quelques mois par cent personnalités politiques, militaires et civiles de toutes tendances politiques pour éliminer totalement les armes nucléaires dans le monde d’ici 2025.
Parmi les signataires : Jimmy Carter, Mikhaïl Gorbatchev, Michel Rocard, Hans Dietrich Genscher, Zbigniew Brzezinski. En janvier 2010, une réunion de 500 personnalités parmi lesquelles notamment Poutine et Obama devrait confirmer la démarche engagée.
Chiche !
Ce ne sera pas facile. Jugez-en, il s’agit de rien moins que de réduire massivement les arsenaux russes et américains qui représentent 96% des 27.000 armes nucléaires mondiales. Cela se ferait certes graduellement et jusqu’à zéro, mais concernerait également les armes nucléaires des autres états qui en possèdent. Enfin, cela impliquerait de mettre en place un système de contrôle international et une gestion, elle aussi internationale, du cycle du combustible nucléaire pour prévenir tout développement futur d’armes nucléaires.

La position française, issue de la théorie gaullienne de dissuasion du faible au fort, risque d’être un écueil réel à l’atteinte d’un tel objectif. Et ce ne sont pas les 18 points de la déclaration fourre-tout intitulée « Déclaration sur le renforcement de la sécurité internationale » des ministres européens des Affaires Étrangères de l’UE qui facilitera la solution ; résolution emmenée par la présidence française le 8 décembre 2008 au moment même où, le 9 décembre à Paris, Global Zero se lançait.
Les promoteurs de cette initiative ne s’y trompent pas. Ils tiennent la France pour un interlocuteur difficile. Nicolas Sarkozy y est d’ailleurs allé d’un petit couplet savamment savonnant affirmant que les propositions européennes se veulent « concrètes et réalistes ». Traduisez : celles de Global Zero ne le sont pas
Cette position de la France, avocate du désarmement – un désarmement limité qui ne dit pas son nom - n’est pas neuve. En 1999, Lionel Jospin affirmait dans la plus pure continuité : « la dissuasion nucléaire demeure un fondement essentiel de notre défense. »

Le sujet est important et ne peut se limiter ni à des réponses naïvement morales, ni à un rejet pur et simple, au nom de je ne sais quelle realpolitik, de ce qui pourrait être un grand progrès pour notre planète et tous ceux qui y vivent. Il mérite un vaste débat national. Ce temps de crise est-il opportun alors que les préoccupations concernant l’emploi et le pouvoir d’achat sont si prégnantes ?

Mais existe-t-il des moments privilégiés pour ce genre de débats ?
Je ne le pense pas.

Raison de plus pour les mener sans tarder.

Jean-Paul Schmitt

28/04/2009

Tacle

Olympique lyonnais.pngOlivier Margot, qui fut le premier rédacteur en chef de l’Equipe Magazine, est un talentueux journaliste et un homme plein d’humour. Lorsqu’il voyait une faute sur un terrain de football où le défenseur avait ostensiblement décollé les pieds du sol il parlait de « tacle à la carotide ». Dans l’interview qu’il donne cette semaine à Tribune de Lyon, Jean-Michel Aulas ne lève pas le pied aussi haut mais il tacle fermement son ami Gérard Collomb à propos du Grand Stade.

Ce dossier commence sérieusement à énerver le président de l’OL qui aimerait que les choses bougent de manière plus active. Et il supporte de moins en moins de voir Gérard Collomb passer de la réponse péremptoire à la colère intempestive chaque fois qu’ils abordent ce dossier. Et moins encore de s’entendre sans cesse dire que ce sont ses « amis » de l’UMP qui bloquent la situation ; lui qui mouille sérieusement la chemise jusqu ‘au sommet de l’Etat. Aussi il profite de l’interview pour rappeler tout d’abord que c’est « le maire de Lyon et président du Grand Lyon qui a choisi le site de Décines » histoire de mettre chacun devant ses responsabilités. Puis il tape où ça fait mal : « Le problème de départ est venu de la communication. Les opposants politiques expliquaient qu’ils n’avaient pas été associés au projet. Cela doit être résolu. C’est normal que messieurs Meunier et Forissier soient associés au projet. Et s’il y a eu une erreur de communication, je veux bien tenter de le résoudre en essayant de me mettre à la portée de tout le monde, et en intégrant dans les groupes de réflexion tous les élus locaux des communes avoisinantes. » Le propos a le mérite d’être clair, en soulignant la principale faille du dossier, il lance une pierre dans le jardin de Gérard Collomb.

Ainsi le président de l’OL commence à pointer les responsabilités au cas où le Grand Stade n’irait pas jusqu’au bout. Et puis Jean Michel Aulas aimerait que le temps qui s’écoule dans l’attente de la loi sur les stades soit mieux utilisé par les services de Collomb pour anticiper sur les sujets à débloquer car si cette loi est nécessaire elle ne sera pas suffisante et face aux questions qui se posent l’entourage de l’élu a tendance à afficher des réponses dont la validité n’est pas toujours avérée. Avec ce premier tacle public JMA lève donc le voile sur la tension qui commence sérieusement à monter entre les acteurs principaux de ce dossier. Car, comme il le dit si bien : «  Tant que la première pierre n’est pas posée, il y a toujours un risque » et il ne veut pas prendre celui d’avoir à assumer l’échec.

Philippe Dibilio

27/04/2009

Complot

Anarchy in the UK.JPGLa sombre affaire de l’arrestation de Tarnac continue de prospérer selon manifestement les souhaits des autorités. D’après « Libération », un document à caractère compilatoire faisant état des livres contenus dans la bibliothèque de Julien Coupat et ses amis vient d’être joint au dossier après un épluchage méthodique par les services de police. Parmi les bouquins qui figurent sur la liste constituée par les policiers on trouve bien entendu des auteurs inspirateurs de l’ultra-gauche comme Toni Negri ou Bobanno mais aussi « Anarchie au Royaume-Uni » de Nick Cohn un livre disponible en poche dans toutes les bonnes librairies du pays (Editions de l’Olivier) et qui est une sorte de reportage du célèbre écrivain à l’écriture « rock and roll » qui, du point de vue de notre police qui manifestement l’ignorait, a le grand tort de prendre pour titre la célèbre chanson des Sex Pistols, « Anarchy in the UK ».

La déstabilisation concertée de notre société se nichant à l’évidence entre les lignes de n’importe quel bouquin, je suggère que les mêmes services retournent à Tarmac pour, cette fois-ci, passer au peigne fin la discothèque de Coupat. Afin que nos fonctionnaires ne perdent pas inutilement leur temps, je dresse aujourd’hui la liste des brûlots qui, s’ils se trouvaient dans la maison en question, accréditeraient encore plus la thèse d’un complot généralisé.

Passons tout d’abord rapidement sur les œuvres des Sex Pistols, Clash, Rage Against the Machine, Noir Désir, Berurier Noir qui sont de toute évidence la bande-son des soulèvements qui se préparent. A ceux là il conviendra d’associer quelques chanteurs de « l’Anti-France » comme le chevelu Léo Ferré (« Les anarchistes », « l’affiche rouge »…), Jean Ferrat (« Potemkine »), Michel Fugain (« Le chiffon rouge ») et même cette sainte-nitouche de Stéphanie de Monaco (« Comme un ouragan »).

Même si l’on ajoute à cette première liste quelques professionnels de la provocation comme Marilyn Manson, Renaud et même Jean-Jacques Goldman qui a produit, rappelons-le un album intitulé « Rouge », il convient de ne pas laisser passer à travers les mailles de notre filet quelques manipulateurs qui, tapis dans l’ombre, l’air de ne pas y toucher, sont en vérité une malédiction. Au premier rang de ceux là il y a bien entendu Johnny Hallyday qui, non content d’avoir soutenu le mode de vie des hippies à la fin des années soixante à prôné avec « Noir c’est Noir » la révolution internationale anarchiste.

Même constatation pour Mademoiselle Mas (« En rouge et Noir »), la grecque Mouskouri (« Les rubans rouges ») ou Barbara (« l’Aigle Noir ») qui bien qu’étant toutes disparues n’en demeurent pas moins des agents actifs du complot.

N’ayant pas vocation à être un auxiliaire de police je voudrais limiter ce billet d’aujourd’hui à quelques conseils. J’attire donc l’attention des services concernés sur deux chanteurs pas très clairs. Le premier est noir, il s’appelle Harry Belafonte et chante depuis des années une ritournelle suave pour le compte d’un groupuscule particulièrement actif portant le nom de guene de « Carte Noire ». Le deuxième cas est encore plus dangereux et démontre que ces gens là ne respectent rien. Il s’agit du chanteur C. Jérôme et du titre « Le petit chaperon rouge est mort » si d’aventure nos policiers découvraient le CD en question, planqué dans la discothèque de Coupat, preuve serait définitivement faite de la culpabilité de ceux de Tarnac.

Lyon, le 27 avril 2009.

26/04/2009

Charité

5099924407328.jpgAvant de lire ce petit billet, je vous demande de prendre votre carnet de chèques et d’envoyer vingt ou trente euros aux Restos du cœur. Maintenant que ce geste nécessaire est fait, entrons dans le vif de notre sujet du jour.

Cette année, avec la reprise de « In the army », Jean-Jacques Goldman et sa bande semblent avoir atteint le fond du fond. Même si la démarche artistique a toujours été le cadet des soucis des Restos, reconnaissons que d’année en année, on nous entraîne vers le grand trou noir, celui qui fait peur. Je sais bien que Goldman, dont il faut féliciter l’attachement et la fidélité à la cause, ne fait ce job que pour une seule raison cruciale et déterminante pour les Restos, ramasser de l’argent. Je sais bien qu’en la matière c’est TF1 qui donne le tempo. Je sais tout autant que le plateau fortement markété est constitué à parité de la bande des enfoirés historiques et de personnalités à notoriété conjoncturelle. C’est ainsi que mannequins, footballeurs, chanteurs aléatoires se succèdent pour constituer année après année la « troupe » charitable au point que « chanter » avec les enfoirés constitue une véritable reconnaissance médiatique. Même si comme vous je sais parfaitement tout cela, je m’étonne toujours de cette absence d’exigence artistique qui semble être la marque de fabrique des enfoirés au point, qu’à l’instar de Coluche qui s’interrogeait sur ce que pouvait être cette couleur « plus blanc que blanc », je me demande ce que sera demain le « plus pire que pire ». Maintenant que votre chèque est rédigé, vous l’introduisez dans une enveloppe, enveloppe que vous placez à côté de vos clés de voiture et que vous posterez au plus vite.

Maintenant que ce geste généreux est effectué et que vos oreilles demeureront intactes car vous ne serez pas tentés d’écouter les enfoirés, je vous propose deux disques dont la portée charitable est évidente mais qui, à la différence des Restos du cœur, s’écoutent.

Le premier s’appelle « Dark was the night ». Ce double CD propose la fine fleur des scènes folk et rock américaines avec Arcade Fire, Sufjan Stevens, David Byrne et même Sharon Jones et ses Dap-Kings. Ne me faites pas dire que parmi les vingt-cinq ou trente titres tout est excellentissime mais il n’est pas rare que le bon côtoie ici le très bon.

Cette compilation destinée à lutter contre le sida est à l’initiative de « Red Hot » et succède à une kyrielle de devancières qui depuis presque vingt-ans concernaient le rock, le hip-hop, l’acid jazz ou des reprises de Cole Porter.

La seconde, « War child » n’en est pas non plus à son coup d’essai. Même si cette organisation qui mobilise des fonds au bénéfice des enfants victimes des guerres a commis des productions peu recommandables, avec cet album de reprises (Costello, McCartney, U2, Clash …) par certains artistes de la jeune génération (Lily Alen, Yeah Yeah Yeah,…) on frise l’intéressant. D’ailleurs la première plage, Beck reprenant le « Leopard-Skin Pill-box Hat » de Bob Dylan, mérite une écoute en boucle tant le boogie de l’américain évoque, sans le singer, le glam de T.Rex. Recommandable.

Pour plus d'infos: voir le site. Pour faire un don et soutenir financièrement les restos du coeur:  il suffit d'envoyer un chèque ou un mandat libellé à l'ordre des Restos du Cœur (en indiquant le code S2410 au dos du chèque) accompagné, si possible, d'un bulletin de solidarité rempli et imprimé à "Les Restaurants du Cœur - 75515 PARIS CEDEX 15 ".

Lyon, le 26 avril 2009

25/04/2009

Pop

couv_voxpop9smallweb.jpgUn petit billet aujourd’hui qui devrait réjouir tout particulièrement ceux, et je sais qu’ils sont nombreux, qui ne peuvent voir Michel Houellebecq en peinture. Vous le savez peut-être, non content d’être un écrivain reconnu et un cinéaste raté, Michel Houellebecq s’est toujours rêvé une vie de pop-star. La plupart du temps les gens enclins dans leur adolescence à de tels penchants se limitent à pratiquer le difficile art de l’« Air-guitar » devant l’armoire à glace en la seule présence de leur chien. Pour Houellebecq, il en est allé tout autrement puisque notre homme s’est risqué, pendant un laps de temps fort heureusement très court, à mener une carrière musicale sous la houlette de Bertrand Burgalat.

Dans son numéro d’avril-mai, le magazine Voxpop nous rappelle ces grands moments en lançant deux de ses plus fins limiers, Nico Prat et Jean-Vic Chapus, dans une enquête hilarante relatant les aventures popisantes d’un écrivain en tournée avec ceux qui ne s’appelaient pas encore AS Dragon. « Rock around the glauque », tel est le titre du papier, nous décrit à grand renfort de citations de son mentor de l’époque, Bertrand Burgalat, et de l’entourage de la pop-star naissante la vraie vie de Houellebecq « on tour ».

Posé sur scène à déclamer ses textes, actif en coulisse, souvent à l’ouest, branleur et prétentieux, le Houellebecq décrit par nos deux privés de Voxpop est pathétique, radin et trouillard.

Tout ce qu’on aime lire.

Voxpop, n° 9, avril-mai 2009, en vente en kiosques, 5 euros

www.voxpopmag.com 62 rue Turbigo – 75003 Paris

Lyon, le 25 avril 2009.

24/04/2009

24 avril

peter-gabriel854_MainPicture.jpgComme chaque 24 avril, la journée d’aujourd’hui est consacrée de part le monde à rendre hommage aux victimes du génocide des arméniens. Alors que grâce à l’action de franges de plus en plus élargies d’intellectuels et démocrates turcs la question de la reconnaissance du génocide des arméniens s’impose dans le débat public on mesure l’importance des manifestations qui visent à exiger une telle reconnaissance et la dénonciation de la négation.

Pour des raisons stratégiques, en apportant son soutien sans réserve à l’actuel gouvernement turc, le Président Obama semble avoir fait le choix, comme ses prédécesseurs, de passer par perte et profit le génocide de 1915. En recommandant que l’Europe fasse de l’intégration de la Turquie au sein de l’Union une question prioritaire, Obama n’est en rien, contrairement à ce que pensent Sarkozy et Villiers, en dehors de son rôle mais le nouveau Président américain aurait été particulièrement inspiré d’assortir son point de vue de quelques conditions liées à la démocratie, à la condition de la femme, à la place des minorités mais aussi, car c’est incontournable, à la reconnaissance du génocide des arméniens.

Comme chaque année, je m’efforce de faire valoir le point de vue de certains « Grands anciens » comme Jean Jaurès ou Justin Godard pour démontrer que cette « question arménienne » doit continuer à s’imposer y compris quand les grands de ce monde ne souhaitent pas l’inviter.

Assez récemment, le bi-mensuel « France-Arménie » se faisait l’écho des propos de Peter Gabriel quant à la reconnaissance du génocide. Voici l’essentiel d’une déclaration tout à fait en adéquation avec l’ensemble des combats menés jusqu’ici par l’ancien leader de Genesis.

« Lorsque j’ai composé la musique pour La Dernière tentation du Christ, j’ai découvert l’un des instruments les plus émouvants : le doudouk arménien. Je suis ensuite allé en Arménie à l’occasion de l’anniversaire du joueur de doudouk Djivan Kasparyan. Nous avons visité le Mémorial du Génocide consacré à plus d’un million d’Arméniens morts en 1915 » […] « Les Turcs nient le Génocide arménien et la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne l’ont pas reconnu mais j’espère qu’ils vont le faire. Il faut en parler afin que les Turcs acceptent les évènements du passé pour se libérer et avancer ».

Peter Gabriel

Lyon, le 24 avril 2009.

Photo: DR

23/04/2009

Thermomètre

342px-Thermometre_fievre.svg.pngDans six semaines nous voterons pour les élections au Parlement Européen. Si vous retirez les ponts et les week-ends qui viendront de façon salutaire apporter un peu d’air frais dans la vie compliquée des Français c’est une campagne de tout juste une petite trentaine de jours qui s’annonce. Trente jours pour convaincre plus de 65% des Français de se déplacer pour voter. On voit bien que l’objectif est inaténiable, surréaliste si l’on considère l’état de l’opinion dans un certain nombre d’autres Etats Européens.

C’est ainsi que selon le sondage « Eurobaromètre », seulement 17% des Polonais entendent, pour l’instant, aller déposer un bulletin dans l’urne le 7 juin prochain. Certains diront que la chose est bien normale tant les Polonais ont des rapports très compliqués à l’Union. Admettons mais prenons la Grande-Bretagne avec 22%, l’Autriche avec 21%, le Portugal (24%), la Slovénie (25%) ou la République Tchèque (26%), les projections sont tout aussi catastrophiques.

Ces chiffres traduisent un véritable problème des européens à l’égard de l’Europe. Plus globalement, seulement 44% des européens indiquent s’intéresser à l’élection et ils sont 16% à connaître la date même du scrutin. Pire, 64% sont ignorants du rôle du Parlement et en guise de pompon 54% du corps électoral sait que les Euros-députés sont élus au suffrage universel.

Ce sondage à vous mettre le moral dans les chaussettes tente de livrer quelques explications à ce désarroi. A plus de soixante pour cent, les sondés estiment que voter ne changera rien à leur situation et ils sont 55% à penser que le Parlement ne s’occupe pas de leur vie quotidienne. Crise oblige, les Européens affirment ne s’intéresser qu’à une seule chose, le chômage, et des thématiques comme l’énergie, la sécurité, le climat et même les retraites les laissent de marbre.

A une poignée de semaines de ce scrutin défiance et désintérêt se mélangent donc pour fonder une très certaine abstention qui risque de se révéler comme la grande conclusion politique de ces élections 2009. Parlement Européen, Commission et même la Banque Centrale pourtant demeurée active pendant la crise, semblent emportés par ce qui sera peut-être un véritable tsunami politique. Il conviendrait peut-être que ceux qui se sont tant chamaillés pour figurer sur les listes de leurs partis respectifs retroussent rapidement leurs manches.

Lyon, le 23 avril 2009.

22/04/2009

Décomplexés

president-republique1.jpg?w=197&h=159Nicolas Sarkozy avait inauguré ce style pendant la campagne présidentielle durant laquelle il est apparu comme un ultra-libéral décomplexé. Ce qui ne l’empêche pas aujourd’hui d’agir comme un interventionniste d’Etat tout aussi décomplexé. Car au fond tout désormais en politique est dans la manière.

Ce nouveau statut permet en tout cas aux électrons libres d’occuper le terrain au détriment des formations politiques engluées dans les jeux d’appareil ou d’obéissance au chef. Les derniers jours nous ont montré en effet, combien la parole libre était à la mode. Dernier exemple en date un Dominique de Villepin qui nous annonce une situation révolutionnaire dans le pays. Voilà un sacré contre pied de la part de ce gaulliste affiché. Pourtant il le fait de manière si décomplexée que ça le rendrait presque crédible.

Ségolène Royal de son coté nous a quasiment habituée à des propos autant libérés que décalés. Dommage quand même que sa deuxième demande de pardon estompe la première autrement plus forte. Quant à François Bayrou lui aussi il affiche des positions bien « gauchistes » au regard de l’histoire de la famille centriste dont il est l’héritier. Et pendant ce temps là leurs formations politiques respectives, sauf peut-être pour Bayrou que ses troupes suivent, sont empêtrées dans des propos politiques tellement traditionnels qu’ils en deviennent ringards.

Ainsi l’UMP dont la seule vocation est de relayer les frasques du président de la République avec plus ou moins de goût et même plutôt moins que plus. Coté PS on n’est pas mieux loti car à vouloir composer entre tous, y compris un DSK qui affirme que les états n’ont pas encore assez donné aux banques pour « nettoyer » le crédit des produits toxiques qu’elles ont elles même crées, on ne dégage plus qu’un discours aseptisé. Bref, il faudra peut-être s’y faire l’heure est au discours décomplexé et ce sont ceux qui le portent qui se retrouveront demain sur le devant de la scène pour l’élection présidentielle.

Philippe Dibilio

21/04/2009

Une petite chaise électrique autour du cou

Christ.jpgGainsbourg l’affirmait : c’est ce que porteraient tous les petits Chrétiens en lieu et place de crucifix, si le Nazaréen était mort de la sorte.
Un tel Christ, mort sur une chaise électrique, vient de trôner quelques semaines dans la cathédrale de Gap. L’œuvre est de Paul Fryer et elle a suscité de vives réactions de la part des fidèles confits, si l’on en croit le journal La Provence du 8 avril dernier. Les Catholiques des Hautes-Alpes, attachés au bois des certitudes, ont réagi fortement à ce qu’ils ne sont pas loin de considérer comme un blasphème.
Jean-Michel di Falco Leandri, l’évêque local, a eu le courage d’aller à l’encontre de l’imagerie doloriste traditionnelle pour la renouveler grâce à Fryer. Son intérêt pour l’art moderne rencontre-là une spiritualité plus contemporaine que celle trop souvent prônée benoîtement. Il aurait aussi pu exposer pour l’un des saints une autre œuvre de Fryer que j’aime bien, Martyr. Oserait-il aller jusqu’à exposer certaines photographies de Bettina Rheims ?
À défaut d’écouter ses sermons, on peut l’entendre lorsqu’il affirme que parce que l’habitude banalise on ne ressent pas devant un crucifix une émotion aussi forte que devant ce « Christ et la chaise électrique ».
On sait qu’il est un homme blessé par une injuste accusation de pédophilie jetée en pâture par la revue Golias et son inévitable Christian Terras il y a quelques années de cela. À part Jean-François Revel de l’Express qu’on ne peut pas soupçonner de bigoterie, personne dans la presse qui avait relayé cette rumeur n’a jamais fait le moindre acte de contrition sur ce point.
Se sont peut-être ces blessures qui lui ont inspiré ses méditations poétiques sur les multiples visages du Christ : homme et femme, séropositif, homosexuel, torturé, prostituée, battue…
L’homme d’église, autrefois très médiatique porte-parole de l’épiscopat français, a su se démarquer du Vatican lors des affaires récentes : excommunication d’une fillette violée, réintégration d’un évêque négationniste, condamnation de l’usage du préservatif et autres bêtises papales.

Chez l’un de ces prélats trop souvent silencieux, en trouver un qui a le courage de délivrer des messages chrétiens novateurs, de contrer les affirmations papales lorsqu’elles sont des âneries et, dans le même mouvement, de montrer un goût certain pour l’art de ce temps, me rend optimiste…

…pour quelques jours.

Jean-Paul Schmitt

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[EDIT JYS]:

touchepasmonnet.jpgComme vous le savez, la loi HADOPI « internet et création » a été rejetée en première lecture par les députés, en majorité socialistes. Toutefois, rien n'est gagnée, elle sera pourtant discutée une nouvelle fois à l'Assemblée Nationale à partir du 29 avril prochain. Cette loi répond de façon insatisfaisante aux enjeux de la création à l'heure des nouvelles technologies.  Pourquoi cette loi inapropriée et votée en urgence va être soumise de nouveau dans la précipitation jeudi. Un veritable débat public est nécessaire, d'autres alternatives sont possibles.

Je tiens à vous signaler l'initiative intéressante de l'association Artischaud, qui travaille autour des thèmes de la culture libre et de la libre diffusion et qui organise jeudi 23 avril dès 19h à la MJC du Vieux Lyon une réunion publique et de travail sur ce thème, en présence d'associations travaillant sur la culture numérique et d'élus.

L'objectif est de permettre à ces acteurs lyonnais de proposer collégialement des recommandations synthétiques destinées aux parlementaires français prenant en compte la nécessité de remettre les artistes au centre de l'économie qu'ils induisent, les notions de partage et d'accès pour tous, le respect des droits fondamentaux et universels.

20/04/2009

Ouf !

mille-feuilles.jpgOuf, plus que cinq ou six mois et la crise sera derrière nous. Cela faisait plusieurs semaines que le Figaro, l’organe officiel de l’optimisme français, nous en parlait, maintenant le pronostic se généralise et c’est tant mieux. D’ailleurs il y a des choses qui ne trompent pas. A voir comment David Pujadas positive sur « La France qui gagne » est la preuve évidente que l’on souhaite nous préparer à cette issue favorable que la plupart des Français refusent encore. Complètement intoxiqué par des péripéties comme Caterpillar, Continental, Sony ou Mittal notre pauvre pays résiste à l’évidence alors qu’il n’existe pas un seul jour que Dieu fasse sans que Madame Lagarde annonce des jours meilleurs. Vous qui demeurez des lecteurs informés de ce blog et de bien d’autres vous le savez. La reprise va se situer entre la fin 2009 et le début 2010. Trichet et DSK l’ont dit et face à ce mur d’incompréhension un nouvel indice a été proposé par certains médias. La pâtisserie Holder, située dans le bon village de la Loupe en Eure-et-Loir, bien connue pour la qualité paraît-il remarquable de son mille-feuille. Ce pâtissier a en effet constaté une augmentation des ventes de son gâteau pendant les fêtes de Pâques, signe cette fois-ci incontestable d’un regain de désir de consommation et d’un optimisme retrouvé.

A ceux qui douteraient que la crise puisse être en passe d’être derrière nous, je conseille, afin de faire appel à de véritables indicateurs économiques fiables, de prendre régulièrement contact avec la pâtisserie Holder afin de vérifier, par eux-mêmes, la réalité de cette sortie de crise. Je leur propose donc de joindre, courant juin, cette « pâtisserie-étalon » afin de mesurer les ventes de pièces-montées, juin rappelons-le, étant le mois des communions et des mariages. Même opération cette fois-ci aux alentours du 15 août car il serait désespérant que pour la fête de Marie le mille-feuille ne décolle pas chez Holder à moins de quatre mois de la fin de la crise. La dernière vague destinée à évaluer « l’indice Holder de fin de crise » se situera bien entendu pendant la trêve des confiseurs en prenant comme produit de référence la célèbre bûche de Noël. Les plus obtus pourront effectuer une ultime mesure au cours de la première semaine de janvier 2009 afin de constater que la galette des Rois part comme des petits pains.

D’après mes calculs, aux alentours du 15 janvier, Monsieur Holder devrait être pété de thunes et sa boutique mise en vente, notre futur prix Nobel d’Economie étant en passe de terminer sa vie aux bords des plages paradisiaques de l’Ile Maurice ou de Cancun.

Elle est pas belle la sortie de crise ?

Lyon, le 20 avril 2009.

19/04/2009

Ça Tchatche !

Ca tchatche_subsistances 2009.jpgDeuxième édition de « Ça Tchatche ! » ce rendez-vous de Printemps imaginé par les Subsistances et qui peu à peu s’installe dans le paysage culturel lyonnais. Ce « Ça Tchatche » 2009 se déroulera en fin de semaine prochaine du 23 au 26 avril. Alternant théâtre, cirque et vidéo ce long week end artistique devrait être le festival, tant attendu, des mots, des langues et des arts. Parmi la dizaine de spectacles proposés on peut retenir le « Comme Toujours Here I Stand » du Big Dance Theater, les New-Yorkais promettant un hommage à la culture française, « Vicious Dogs on Premises » de Dan Safer (USA) ainsi que, en plein air, « Dong » des basques de LagunArte.

Pour le « Fun » je veux vous signaler également les « Cours de langue minute » qui seront dispensés aux Subsistances pour l’occasion. Sous forme d’un projet participatif élaboré avec des habitants du Grand Lyon des sessions de 20 minutes, pour l’apprentissage de 30 langues, seront proposées.

Berbère (Kabylie), chilien, cockney, comorien, coréen, créole (île Maurice), duala (Cameroun), esperanto, farsi (Afghanistan), franco-provençal, georgien, hongrois, haketia, italien, maltais, mandarin, mongol, parlé lyonnais, russe, taïwanais, tamoul (Sri Lanka)… seront enseignés par des dizaines de professeurs amateurs et bénévoles qui viendront partager la pratique de leur langue et faire découvrir leur culture.

Programmes et horaires sont disponibles sur www.les-subs.com .C’est gratuit et les cours sont dispensés à l’amphi de l’Enba. Réservations au 04 78 39 10 02.

Lyon, le 19 avril 2009.

18/04/2009

World Cie

caddie.jpgIl m’est arrivé de dire le plus grand bien du travail initié par les éditions « les prairies ordinaires » en particulier avec la traduction du « Stade Dubaï du capitalisme » (2007) de Mike Davis. Même satisfaction aujourd’hui avec « Wal-Mart, l’entreprise-monde » de Nelson Lichtenstein et Susan Strasser qui passe en revue les faits et méfaits du géant américain de la distribution, une entreprise qui est le plus grand employeur du monde et dont le chiffre d’affaire est supérieur au PIB de la Suisse.

Inutile de vous dire que le bouquin des deux historiens et universitaires américains est franchement à charge et la chose n’est pas pour nous déplaire tant Wal-Mart affiche avec morgue sa puissance sans borne. Cassant les organisations syndicales, redessinant les villes, faisant plier la puissance publique, Wal-Mart fait passer nos Auchans et Carrefours pour une joyeuse bande de scouts.

Depuis l’Arkansas, « Le management invisible » de Wal-Mart organise flux-tendus, contrôles logistiques et gestion des stocks sans oublier, le sort des hommes avec une précision et un luxe dans le détail qui ne peut que faire peur. Ce « modèle Wal-Mart » pour le capitalisme du XXIème siècle est décrit, également dans ses contours asiatiques, avec une précision et un sens de l’illustration qui font de ce bouquin, une mine d’informations. Wal-Mart, nous disent les auteurs, c’est à la fois l’anti New-Deal, une idéologie et un discours, même une culture.

Ce petit livre de tout juste 120 pages est une lecture utile que vous pourrez aussi recommander à quelques amis commerciaux qui pourront ainsi se décontaminer de leur fréquentation régulière, et obligatoire, de la presse professionnelle.

> Nelson Lichtenstein et Susan Strasser, « Wal-Mart, l’entreprise-monde », Les Prairies ordinaires, 12 euros.

Hautes-Pyrénées, le 18 avril 2009.

17/04/2009

L'usine à rêve

hollywood.jpgPlus la crise se développe, plus les gens vont au cinéma. Telle est la conclusion assez générale des professionnels du Septième Art qui constatent, ici comme aux Etats-Unis, une augmentation sensible du nombre d’entrées en salles.

Les Sophie Marceau, Brad Pitt, Will Smith, Jim Carrey et Di Caprio seraient donc les nouveaux anti-dépresseurs des temps modernes, le dernier moyen pour oublier un quotidien qui se délite. La salle obscure, plus efficace et surtout moins chère que le cabinet du psy, serait donc en passe de redevenir une sorte de dispensaire des âmes, le moyen de rêver en couleur pour échapper à la grisaille.

L’intéressant dans cette affaire est que le phénomène est mondial. De Bombay à Tokyo, de Los Angeles à Strasbourg on constate la même tendance. Malgré d’ailleurs l’augmentation du prix du ticket moyen, les spectateurs se ruent au cinoche. Selon les historiens la tendance actuelle s’est déjà vérifiée lors de la grande crise économique de 1929. A l’époque, le public cherchait également à se changer les idées. D’ailleurs, comme aujourd’hui, le choix du spectateur se tournait  vers le divertissement mais pas uniquement. Les films dits « sérieux », voire même plus austères, permettant une sorte de meilleure compréhension du monde, tiraient leur épingle du jeu.

Je sais bien que certains, en lisant ce sympathique billet, se diront que le cinéma est le nouvel opium du peuple. Une manière de détourner les masses laborieuses de leur objectif historique. Une énième façon de rejouer l’endormissement du peuple. Ce qui me frappe par les temps actuels c’est surtout la réaction de certains « professionnels de la profession », comme le disait Godard, qui à l’annonce de cette embellie poussent déjà des cris d’horreurs. En vérité le tempo vient d’arriver d’Hollywood et plus particulièrement de la « Motion Picture Association of America » une côterie de lobbyistes qui nous dit que derrière ce nouvel engouement pour le cinéma une chose particulièrement terrible se joue, je cite, « donner encore plus envie aux gens de télécharger illégalement les films et d’acheter des DVD trafiqués ». Dan Glickman, le boss de cette association, déclarait même au Figaro, « il est urgent que chaque gouvernement légifère. C’est une priorité absolue ».

Je le savais bien. Derrière l’usine à rêve il y a toujours un cauchemar.

Hautes-Pyrénées, le 17 avril 2009

Photo:DR

16/04/2009

Conseils

pierre_assouline.jpgIl y a quelques semaines de cela, Pierre Assouline nous proposait un pétillant billet dans Le Monde 2 (n°268 du 4 avril) intitulé « Effet collatéral ». Il s’agissait pour l’écrivain et journaliste d’évoquer ces livres qui connaissent un destin merveilleux par le seul fait de rentrer dans l’actualité de façon imprévue oubien de se retrouver entre les mains d’une personnalité. A l’appui de sa démonstration Assouline nous parlait des « Hauts de Hurlevent » ouvrage dont les ventes sont subitement dopées suite au succès de « Fascination », la saga de Stephenie Meyer. Du côté des personnalités susceptibles de faire exploser les ventes, Obama est de loin le plus efficace puisqu’il suffit d’un cliché du Président lisant un bouquin pour qu’un essai ou une biographie assurent des droits d’auteur à vie à un écrivain. Même si notre chauvinisme doit en prendre un coup, il convient d’admettre qu’avec Sarkozy il n’en va pas de même. Notre Président reste loin d’être un booster car même cette pauvre Princesse de Clèves pourfendue par la parole présidentielle ne décolle pas d’un pouce.

Amis éditeurs, sachant que les temps sont difficiles, voici donc quelques suggestions, lestées d’une bonne dose de street-marketing, qui devraient donner du tonus à vos ventes sachant, à condition d’être parfaitement choisie, qu’une personnalité, pour des investissements parfois mineurs peut vous éviter de dépenser les budgets publicitaires les plus lourds. A l’instar de ce que Run DMC avait fait jadis pour Adidas ou Lady Diana pour le sac « Lady Dior », voici mes conseils très opérationnels susceptibles de vous sortir de la mouise.

Prenez les socialistes, deux noms s’imposent. Martine Aubry avec l’opuscule de Arthur Schopenhauer, « l’Art d’avoir toujours raison » (Mille-et-une-nuits, 2,5 euros) et Benoît Hamon pour « Convaincre en moins de deux minutes » de Nicolas Boothman (Marabout, 6,90 euros) sont les totems qui manquent à l’évidence à ces deux éditeurs.

A droite, comment se passer d’un Président comme le notre qui, photographié avec « Le petit traité de manipulation à l’usage des gens honnêtes » de Joule et Beauvois rendrait les choses beaucoup plus simples pour les éditions PUG (19 euros). Le chouchou, le miel incarné et président de l’UMP, Xavier Bertrand doit devenir le vecteur de communication de l’éditeur « Vie sociale » qui avec son « Comment se faire des amis » de Dale Carnegie cartonne déjà.

Cela étant, à bien y réfléchir, « tout est sous contrôle » de Hugh Laurie, le célèbre interprète de Docteur House (21 euros) pourrait également convenir. Aux Editions Sonatine d’y réfléchir.

Et Bayrou, me direz-vous. C’est juste. Le leader de l’extrême centre à géométrie variable est détenteur d’un potentiel exceptionnel que même ses derniers amis n’arrivent pas à reconnaître. Les Editions Flammarion qui connaissent fort bien leur business devraient se pencher sur le cas du béarnais qui pourrait ainsi relancer les ventes de « On ne pense qu’à ça » (19,90 euros)

Il n’y a pas, loin s’en faut, que la politique dans la vie. Les vedettes du sport peuvent devenir des officiers traitants de la littérature à très haut rendement même si, comme pour le Président, l’idée de les associer à la lecture peut s’avérer suspecte à certains consommateurs. Compte tenu de cette difficulté, le dernier ouvrage de Harlan Coben pourrait convenir aussi bien avec Ribery que Anelka car « Sans un mot » est un titre totalement accrocheur (Belfond, 21,50 euros).

Enfin, un petit regard circulaire sur notre élite artistique s’impose tout de même. Avec Julien Doré, Fayard devrait miser gagnant pour doper « Grandir » le livre de Claude Halmos qui s’efforce de faire comprendre les étapes de la construction de l’enfant (20,90 euros) et, au final, je recommande sans réserve aux Editions Actes Sud de se rapprocher des agents de Mylène Farmer, seule artistique capable de donner un bon coup de fouet aux ventes de « La Princesse des glaces » de Lamula Läckberg (21 euros).

Hautes-Pyrénées, le 16 avril 2009

 

 
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