Avertir le modérateur

15/04/2009

Bonnes feuilles

J’ai lu cette semaine dans « Siné Hebdo » ; et oui je me suis abonné à cette feuille satirique sans prétentions en réaction à la charge effrénée de ces biens pensants de « gôche » contre le vieil anarchiste tellement inoffensif que ça me le rend sympathique. Des « biens pensants » au sommet du politiquement corrects et qui vont tous finir chez Sarkozy.

J’ai donc lu dans cette hebdomadaire une interview saisissante de Susan George, présidente d’honneur d’ATTAC-France et, entre autre experte des institutions internationales. Par des phrases aussi simples que percutentes cette intellectuelle remarquable ouvre des pistes sur les grands sujets internationaux avec en filigrane l’idée selon laquelle seule des actions coordonnées à l’échelle mondiale permettront de changer la donne sur notre bonne vieille planète. En la lisant me revenait à l’esprit les prévisions lancées dans les années soixante par René Dumont sur le terrain de l’écologie et que nous avons doctement ignorées considérant qu’il prêchait dans le désert ; on connaît la suite. Quel plaisir en tout cas que ces phrases simples qui parlent à tout le monde de chose essentielles.

Quel contraste avec ce langage politique codé et parfois même abscons comme si on voulait absolument le réserver à une élite. Du retour dans l’O TAN elle montre qu’il s’agît là d’un moyen de pousser à l’augmentation des dépenses d’armement. Du G20 elle dit qu’il y a tout pour le commerce et rien pour l’alimentaire ;que l’on va verser des centaines de milliards de dollars au FMI qui les prêtera aux pays en difficulté. Or, ajoute-t-elle, des chercheurs du Massachusetts ont découvert dans les années soixante dix que pendant trente ans des dirigeants africains avaient transféré 420 milliards de dollars dans différents paradis fiscaux ce qui avec les intérêts représente 600 milliards et dont 60% retournaient vers le Nord.

Dès lors il y a deux solutions soit le FMI ne savait pas et il est incompétent, soit il savait et il était complice. Quant à l’Afghanistan elle affirme non sans raisons que l’on,n’y résoudra rien par la guerre ni le terrorisme ni le narco-trafic qui s ‘alimentent d’ailleurs. Aussi elle s’interroge sur l’idée de vendre les différentes drogues dans des officines publiques médicalisées tenues par du personnel en blouse blanche car cela aurait l’avantage de casser les circuits de distribution et de résoudre de nombreux problèmes sociaux en contrôlant les prix ainsi que la qualité des produits. Une méthode que les Etats Unis ont éprouvée dans les années vingt en abolissant la prohibition sur l’alcool. Et d’autres propos de bon sens suivent concernant la faim dans le monde, les OGM ou le levier que représente l’économie verte.

A la lecture de ces lignes je me demande encore comment est-il possible qu’un dialogue sérieux et constructif ne s’instaure pas entre la gauche et des personnalités de ce niveau et de cette fraîcheur, pourquoi une telle barrière demeure entre ceux que l’on nomme les alter mondialistes et la gauche ? Comme Susan George j’aimerais, à mon modeste niveau, voir un vrai front de gauche large et solidaire faire vivre une unité indispensable dans des temps aussi graves. Un front de gauche créatif qui travaille avec des experts autres que ceux au service des gouvernements libéraux en place aujourd’hui ou des think task à la mode. Des gens comme Susan George.

Philippe Dibilio

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu