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31/03/2009

En retard d'une guerre

Est_Lyonnais.gifAlors que chaque français cherche à son niveau à affronter la crise, les élus des villes de la Communauté de Communes de l’Est lyonnais, c’est à dire celles situées autour de l’aéroport Lyon Saint Exupéry, ont d’autres soucis. Ils ont, en effet, tenu pas moins de 24 réunions dans le secteur pour contrer une offensive qu’ils jugent imminente: l’absorption de leur territoire par le Grand Lyon.

Une offensive qu’ils sont les seuls à redouter mais que les propositions de la commission Balladur sur l’évolution des institutions a réveillé dans leurs esprits. Cette attitude n’est pas sans rappeler l’histoire d’Astérix et de son village gaulois. Car de quoi s’agît-il? Les communes concernées, toutes limitrophes du Grand Lyon, ont vu depuis des années leur développement activé par la présence de l’aéroport sur leur territoire, un équipement totalement à la charge de la CCI de Lyon, de l’Etat de la Région et de Grand Lyon. Mais qu’importe puisqu’ils en tirent les bénéfices. Un bénéfice généré, entre autre, par la taxe professionnelle directe ou indirecte (du fait des implantations facilitées par la présence de Saint Ex) et cela ils veulent le conserver entre eux. Voilà bien un comportement étroit et réactionnaire. Il est évident, en effet, que le sens de l’histoire appelle des intercommunalités plus vastes et en capacité de peser en Europe. Un besoin tellement évident que les mêmes élus sont candidats à des partenariats avec le Sytral pour leurs transports en commun largement tournés vers Lyon. Mais là encore ils vont à la recherche des avantages sans les inconvénients. Il reste qu’ en matière de transports, d’assainissement, de propreté ou autre, l’intégration à une collectivité plus vaste et bien rodée est source d’économie d’échelle non négligeables. Et les maires concernés devraient y penser à l’heure de la suppression de la Taxe Professionnelle envisagée par Sarkozy. Ce sera pour leur communauté de communes la fin de la poule aux œufs d’or. Quant à leur crainte de perdre leur identité en entrant dans le Grand Lyon, elle relève du fantasme, il suffit pour le vérifier d’interroger les 58 communes qui le compose, aucune ne se sent « colonisée ». Bref, il y a un vrai combat d’arrière garde dans ce refus aussi effréné que dérisoire. Mais ainsi vont les choses et les mentalités sont toujours en retard sur les réalités qui s’annoncent. Dans ces cas là, comme disait l’autre, il ne reste plus qu’à laisser du temps au temps.

Philippe Dibilio

30/03/2009

Construire l'Europe

europeen.jpgDans deux jours, c’est le 1er avril, journée magnifique qui puise au plus profond de notre identité nationale. La seule à être consacrée à la plaisanterie. Il paraît que c’est Charles IX qui est à l’origine de cette affaire, le roi ayant décidé de ne plus faire commencer l’année le 1er avril mais bien le 1er janvier. Avouez que c’est une réussite.

Alors que l’on se prépare à voter pour nos futurs députés européens, pourquoi ne pas s’inspirer de l’audace de Charles IX en imposant une de ces grandes idées qui font l’Europe. Je veux parler d’une journée européenne de la plaisanterie et du canular.

Vous me direz que le Parti Socialiste a pris les devants. Sans attendre le 1er avril, il ne cesse de plaisanter chaque jour d’avantage, mais passons à l’essentiel.

Cette idée bien française d’un « European Joke Day » mériterait de s’imposer un 1er avril. Elle permettrait tout à la fois de montrer la place incontournable de la France en la matière mais aussi de faire cesser le désordre qui ronge l’Union, car désordre il y a. Prenez les Anglais, ils ont bien leur « April Fool’s Day » mais ils ne sont même pas capables de l’imposer aux Ecossais qui continuent de célébrer leur « Gowk ». Les Allemands, quant à eux, ont « Aprilscherz » mais les Espagnols ne pouvant rien faire comme les autres font du 28 décembre, jour des « Saints Innocents », leur fiesta des canulars.

C’est à la France d’être chef de file d’une pareille réforme. C’est à notre pays et à notre Président de faire valoir les voies et les moyens pour y aboutir, pour, vous l’avez compris, avancer dans la construction européenne.

Lyon, le 30 mars 2009

 

29/03/2009

Selection d'Avril

herman.jpgAprès un hiver plutôt frisquet sur le plan de la programmation, les semaines qui s’annoncent devraient nous apporter un nécessaire réchauffement de la planète musicale lyonnaise.

Avec les Festivals « L’Original », « Reperkusound » et les « Nuits Sonores » chacun devrait pouvoir trouver son petit bonheur en ce printemps naissant. Nous aurons probablement l’occasion d’y revenir, je me borne donc aujourd’hui à pointer quelques dates encore une fois dominées par ce renouveau Folk (Americana ?) jusqu’ici improbable mais désormais dominant au point parfois de friser l’indigestion.

Cela étant du beau monde pour faire escale, entre Saône et Rhône et aux alentours, en ce mois d’Avril.

Le 3 avril, Alela Diane est annoncée au Rail Théâtre, un choix sympathique pour la salle du 9ème arrondissement mais surprenant pour une artiste qui bénéficie d’un appui médiatique plus que consistant. On pouvait s’attendre à un Transbordeur ou à une salle Rameau. Il faudra donc aller dans le quartier de Gorge de Loup pour applaudir la neo-folkeuse. Le jeudi 9 avril, direction plein ouest vers St-Etienne et plus particulièrement au « Fil » (20, boulevard Thiers) pour aller à la rencontre des indispensables Herman Düne forts de leur excellent ultime album paru l’automne dernier. Respectivement les 24 et 28 avril, le Transbordeur accueille The Ting Tings puis le retour des Babylon Circus, une façon sympathique de patienter pour, cette fois là, tracer plein sud vers l’Epicerie Moderne. Le 30 avril, Andrew Bird s’y produit et il est donc prudent de réserver, cela évitera pour quelques-uns d’entre-vous de se retrouver sur le parvis, tristes et seuls, comme pour Calexico il y a quelques semaine de cela.

J’en connais certain(e)s qui craquent pour Emily Loiseau. Emily jolie sera le 13 mai à la salle Rameau à l’invitation des Mediatone (www.mediatone.net) qui, une fois de plus, nous démontrent qu’ils ont l’esprit large.

Lyon, le 29 mars 2009

Photo:DR

28/03/2009

Peah

Peah_09.jpgSi vous aimez la mode et si vous n’avez pas encore dépensé votre paye d’avril, je vous rappelle que demain dimanche 29 mars le sympathique « village des Créateurs » accueille « Le Peah » une exposition-vente de cinq créateurs dans le cadre de la 14ème édition de ce festival qui allie mode-art-musique et performance.

Au programme la présentation des travaux de Charlotte Cochet (Genève), Loup chocolat (Genève), Papisa Juana (Barcelone), Valerie Pache (Annecy) et Mademoiselle L (Genève) mais aussi une « Carte verte » à la mode éthique, une exposition de Raphael Naud H2N0, de la musique avec Rico Exciter et Boolimix sans oublier la performance-Peah avec la compagnie Princesse Club.

N’oubliez pas, par ailleurs, que ce week end « Quais du Polar » bat son plein.

  • Peah, Village des créateurs, 19 rue René Leynaud – Lyon 1er arrondissement.

Renseignements sur Lepeah@live.fr et au 04 78 39 71 41

Lyon, le 28 mars 2009.

27/03/2009

Iain Levison

petit boulot.jpgC’est ce soir que décolle l’édition 2009 de « Quais du Polar ». Tout au long de ces trois jours le festival lyonnais va accueillir écrivains et critiques par dizaines. Parmi les très nombreux invités de cette année, je ne vais rien dire de Jean-Christophe Grangé dont je n’ai rien lu mais plutôt quelques mots d’un auteur pour le moins cabossé et qui doit beaucoup au travail de son éditeur français, Liana Levi, au point que je ne suis pas très certain que Iain Levison, car c’est de lui dont il va être question, est actuellement édité aux Etats-Unis.

L’auteur, bien qu’Ecossais, a immigré en Amérique et ses « Tribulations d’un précaire » traduites en 2007 ont été une véritable révélation ici. Ce bouquin, sorte d’illustration de « travailler plus pour gagner moins » n’est, vous l’avez compris, pas du tout un roman mais plutôt l’itinéraire vraiment noir d’un Levison qui exerce, par dizaines, des petits boulots pour survivre. Telle est en vérité la vie de Iain Levison, celle d’un écrivain tour à tour charpentier, employé dans la restauration ou ambulancier. Pour revenir au roman, le premier de Levison, édité déjà chez Liana Levi en 2003, s’appelait « Un petit boulot ».

Sur fond d’Amérique sinistrée, l’auteur nous racontait le quotidien de Jake, un type qui ne possède plus rien mis à part quelques dettes. Fort heureusement, un beau jour, on va lui proposer la chose la plus nécessaire, un « petit boulot ». Le problème c’est que le job en question n’est pas très commun puisqu’il s’agit d’être tueur à gage. Je vous laisserais lire la suite.

« Tribulation d’un précaire », « Un petit boulot », si comme moi vous devenez mordu de ce Levison si acide et les yeux rivés sur le quotidien, vous dévorerez aussi « Une canaille et demie », roman cette fois-ci plus conforme aux règles du polar qui nous parle d’un personnage qui va accéder au crime après une erreur judiciaire. Suite à un braquage qui bien entendu devait être le dernier, Dixon, c’est le nom du héros, se retrouve en cavale. Lors de cette fuite il va rencontrer un petit prof et une nénette agent du FBI, bref de quoi s’interroger sur les canailles…

Iain Levison sera donc à « Quais du Polar », allez lui serrer une bonne pogne pour lui dire que nous l’aimons. Cela lui remontera peut-être le moral car, dès son retour, la vie devra continuer. Ambulancier ? Charpentier ? Serveur ?...

« Un petit boulot », Liana Levi, 8 euros

« Une canaille et demie », Liana Levi, 9 euros

« Tribulations d’un précaire », Liana Levi, 16 euros

Lyon, le 27 mars 2009

 

 

26/03/2009

D'jeunes

sarkozyjeune.jpgMême Le Figaro-Magazine l’écrit, c’est dire. L’Elysée craindrait par-dessus tout le désespoir des jeunes qui ne trouvent plus d’emplois. Mieux une indiscrétion Elyséenne indique, toujours dans le Fig-Mag que « la mèche qui peut provoquer l’embrasement social, ce sont les jeunes ». Il faut dire que depuis quelques temps, Sarkozy surveille la jeunesse comme le lait sur le feu. Déjà les manifestations étudiantes d’Athènes avaient eu raison de la forme olympique du Président et après quelques semaines de protestations la réforme des lycées concoctée par Darcos sur ordre présidentiel était passée par-dessus-bord, le ministre de l’Education étant perdu pour la cause.

Un peu plus tard, nul n’avait prêté beaucoup d’attention à la nomination de Hirsh comme super-commissaire à la jeunesse. C’était une erreur. Aujourd’hui Sarkozy dispose avec Martin Hirsh d’un ministre qui mouille sa chemise et qui « s’y croit ». La jeunesse n’est pas sacrifiée ne cesse de répéter, souvent dans le désert, notre commissaire qui, à chaque fois que l’opportunité se présente à lui, n’hésite pas à bomber le torse. Il est même monté, devant le Grand Jury RTL-LCI, au créneau pour contrer Christine Lagarde la gardienne du temple en disant que « d’habitude on endette la France et on demande aux jeunes d’éponger. Là, ce sera l’inverse ».

Darcos et sa réforme out ! Hirsh en première ligne. Sarkozy pétoche et tente donc de multiplier les signes pour calmer une jeunesse scolarisée qui demeure remuante et potentiellement mobilisée. A cet égard, le mouvement des universitaires et chercheurs est lui aussi un des détonateurs que le Président cherche à mettre sous observation tant son potentiel calorifuge est jugé important. Sarkozy est donc sur le point de repartir dans son travers habituel, la bougeotte. C’est le sens de sa nouvelle opération de drague de l’électorat populaire, c’est peut-être aussi l’explication de ces rumeurs qui suintent à propos d’un remaniement gouvernemental dès le lendemain des élections européennes. Remuscler politiquement son gouvernement est une nécessité pour Nicolas Sarkozy ce d’autant qu’à force de l’utiliser comme un paillasson force est de constater que l’équipe de Fillon est de plus en plus indécrottable. C’est ainsi que l’on parle du retour des Juppé et Seguin. Des signes qui devraient de toute façon aller droit au cœur des jeunes qui sont légion parmi les 80000 chômeurs supplémentaires comptabilisés en février.

Lyon, le 26 mars 2009.

Photo:DR

25/03/2009

Avantages acquis

crise--co.jpgDans un récent communiqué François Turcas au titre de la CGPME, qu’il préside dans la région, évoque la situation économique du moment. Après avoir souligné les difficultés, réelles, des petites et moyennes entreprises il tombe dans les lieux communs en écrivant : « monter les français les uns contre les autres… ne constitue en rien une réponse à la crise ». Puis il passe son message : « préparons dès maintenant le retour à l’emploi de ceux qui en ont besoin » ce qui se situe pour lui « bien loin de la seule défense catégorielle des avantages acquis ». A la lecture de ces derniers mots je me suis dit que notre François montrait du doigt les parachutes dorés, paquets de stocks options, bonus en tout genre ou autres « rémunérations variables » selon la formule hypocrite d’Alain Minc, et je m’en félicitais. J’avais seulement un instant oublié la langue de bois syndicale, et oui il y en a une aussi, qui donne un sens particuliers à la formule « avantages acquis ». Il s’agît, en effet, de conditions particulières relevant de la convention collective de certaines corporations. Des avantages qui touchent aussi bien des éléments de rémunération que de couverture sociale , des conditions d’horaires de travail allant même jusqu’à un regard sur l’embauche. Des avantages acquis à des moments forts de l’histoire de France, pour l’essentiel à la Libération et que les salariés ont su conserver à travers le temps. Des avantages qui ne font pas de leurs bénéficiaires des riches et encore moins des spéculateurs. Mais il est de bon ton à droite de pointer ces éléments pour expliquer les difficultés de l’économie française, pourtant même avec la meilleure mauvaise volonté du monde on n’atteindra jamais en mettant bout à bout le coût de ces avantages le plancher le plus bas soit-il des profits du CAC 40. Aussi ce serpent de mer apparaît bien dérisoire en particuliers au moment où la dernière étude du CREDOC nous apprend que les classes moyennes, dans lesquelles se situent en général les bénéficiaires des dits avantages, représentent 50% des salariés et perçoivent un revenu mensuel entre 1120 et 2600 euros dont pour 30% d’entre eux au dessous de 1750. Ce qui, selon les calculs du CREDOC, laisse une fois les dépenses incontournables réalisées, 294 euros pour l’habillement, l’équipement et les loisirs. Ce qui amène l’organisme à constater que les classes moyennes rognent sur les dépenses de confort : en 2008 , 48% ne sont pas parties en vacances, 37% se sont privés de cinéma, 34% n’ont pas de voitures, 50% n’ont pas Internet à domicile et 40% n’ont pas de produit d’épargne liquide. Il n’est pas sûr dans ces conditions que la chasse aux avantages acquis rapporte gros ; une véritable taxation des profits serait certainement plus efficace. En revanche ce constat justifie de défiler derrière les banderoles syndicales tout en travaillant à une perspective pour demain.

Philippe Dibilio

Lyon, le 25 mars 2009.

Illustration: DR

24/03/2009

Habemus latex

pape.jpgTollé sur les propos de Benoît XVI. Tollé justifié, même si ses affirmations concernant le préservatif comme facteur aggravant du sida jouent une musique déjà entendue de ce côté du conservatisme éclairé.

Tenus dans l’avion qui le mène en Afrique, les propos de l’homme en blanc face aux journalistes qui l’avaient pourtant avertis de la teneur de leurs questions ne sauraient être expliqués par je ne sais quel mot dépassant la pensée papale. Il est de plus en plus difficile de surfer sur les évangiles que l’Église sait trop souvent tordre à bonne courbure.

Ce pape souffre, nous dit-on, d’être si mal compris. Alors un peu de compassion, qualité si répandue jusque dans les plus hautes sphères politiques de la fille aînée de l’Église.

Songez un instant, que diable, à la difficulté de l’exercice quasi quotidien auquel le primus inter pares s’astreint. À la limite de la schizophrénie, il est obligé de jongler entre d’une part son infaillibilité dogmatique (essayez donc d’expliquer l’immaculée conception autour de vous) et d’autre part, la trivialité des recommandations des jours ordinaires où il est question de messe en latin, de relations sexuelles soumises à l’abstinence contraceptive, d’excommunication navrée d’une fillette de neuf ans violée par son beau-père, de réintégration d’évêque négationniste pour cause d’ignorance, de suprématie sur l’Islam et j’en passe…

Et puis, la communication est un art si difficile. Plus que l’étude des pères du désert.

Ses conseillers en robe auguste font pourtant des efforts. Ils vont même jusqu’à faire fuiter sur la toile – sur hollybuzz, cela ne s’invente pas - une étude d’un éminent chercheur de Harvard. Edward C. Green affirme que les preuves qu’il possède soutiennent le commentaire du pape et que ses études montrent une corrélation entre l’utilisation accrue du préservatif et un plus grand taux d’infection par le sida : « C’est peut-être dû à la compensation du risque qui fait que quelqu’un qui utilise une « technologie » de réduction de risque en perd le bénéfice parce que ce faisant il prend plus de risques que quelqu’un qui n’utilise pas cette « technologie » ».

Un peu tiré par les cheveux, non ?

En clair, si contrairement à moi vous sortez toujours avec un parapluie dans votre sac, vous serez plus souvent mouillés que moi parce que vous prendrez plus souvent le risque de sortir quand il pleut !…

Études pour études, celles des nombreux scientifiques et experts contredisent pourtant ce point de vue, ne serait-ce que celles qui sont issues des milieux spécialisés des Etats-Unis, un pays pourtant parfois travaillé par les évangélistes. Les études épidémiologiques des Centers for Disease Control and Preservation, de l’U.S. Agency for International Development, de la Food and Drug Administration, des National Institutes of Health, montrent que les préservatifs réduisent à moins de 1% le risque de contamination par le VIH.

Mais les faiseurs de buzz bigots mégotent.

Lyon, le 24 mars 2009.

Jean-Paul Schmitt

23/03/2009

Martin Luther King

martin luther.jpgAprès mon petit « Mea Culpa » de ce matin, je voulais vous parler des misères faites aux dirigeants de la Société Générale, de l’acharnement d’Alain Minc contre les patrons « autistes », des malheurs de la famille Wendel au bord de la crise de nerf mais les impératifs du calendrier lyonnais m’imposent de changer mon fusil d’épaule.
En effet la semaine qui débute est placée sous le signe de Martin Luther King puisque samedi on inaugure, Parc de la Tête d’Or, un espace destiné à rendre hommage au leader américain. Il y a quarante-trois ans de cela, le 29 mars 1966, une trentaine d’associations se constituaient en collectif de parrainage pour accueillir à Lyon, le Prix Nobel de la Paix. C’était à la Bourse du Travail et, ignorée par les autorités municipales de l’époque, cette manifestation unitaire qui fut un immense succès est toujours dans la mémoire de nombre de lyonnais. Dans un ouvrage collectif coordonné par Robert Vial les Editions Mémoire Active reviennent, par le biais de nombreux témoignages, sur ce moment important de la vie lyonnaise qui a permis de voir côte à côté, autour du Pasteur américain, des personnalités, associations et courants de pensée d’horizons les plus divers. Ce livre intitulé « Martin Luther King à Lyon » revient de manière approfondie sur le message de celui qui venait d’obtenir le Prix Nobel mais aussi sur toute une époque à l’aide des contributions et témoignages les plus divers.

  • « Martin Luther King à Lyon » de Robert Vial, Préface de Gérard Collomb,

Mémoire active, 20 euros (Franco de port)

L’ouvrage peut-être commandé à « L’hospitalité d’Abraham »,
22 rue Voltaire, 69600 Oullins


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Martin Luther King à Lyon

  • Jeudi 26 mars, 18h30 - Hôtel de Ville

Conférence de Jean-Louis Touraine, Député du Rhône, Premier Adjoint au Maire de Lyon
« Martin Luther King, un visionnaire humaniste »

  • Lundi 30 mars, 10h et 18h - Mairie annexe du 5ème arrondissement

10h : conférence-débat sur le thème des discriminations
Avec la participation d’Azouz Begag, de Pascale Coton et de Jacques Perney.

  • Mardi 31 mars, 20h - Mairie annexe du 5ème arrondissement

Projection du court métrage : "Nashville, nous étions des guerriers"
Débat avec Serge Perrin et Guillaume Gamblin sur le thème
« La non violence, une force pour agir »

  • Mercredi 1er Avril, 20h – Mairie annexe du 5ème arrondissement

Conférence-débat avec le Pasteur Eddy Nisus et Harry Sullivan Consul des Etats-Unis sur le thème « Barack Obama, concrétisation du rêve de Martin Luther King ? »

  • Jeudi 2 avril, 19h-20h30 – Mairie annexe du 5ème arrondissement

« Quand les esclaves chantaient », concert de negro-spirituals par le Lyon Glee Club

  • Jeudi 2 avril, 20h30 – Cinéma Le Zola 117 Cours Emile Zola, Villeurbanne

Ciné-débat : « Actualité du message de Martin Luther King »
Avec la participation de Christian Delorme

  • Samedi 4 avril, 11h – Parc de la Tête d’Or

Inauguration de l’espace Martin Luther King
Chœurs de negro-spirituals interprétés par les chorales Parousia et Lyon Glee Club

Expositions

  • Du 30 mars au 6 avril, 10h -19h

Maison des Passages, 44 rue Saint-Georges, métro Vieux-Lyon
« De la discrimination à la citoyenneté, la longue marche de Martin Luther King »

  • Du 31 mars au 3 avril, 15h – 19h

Mairie annexe du 5ème arrondissement
« Martin Luther King, un héritage impérissable »


Lyon, le 23 mars 2009

Photo:DR

Mea culpa

ROBIN.jpgLa semaine passée, plus exactement le 13 mars, j’essayais de vous convaincre de vous procurer, pour le dévorer, l’excellent bouquin de Régine Robin intitulé « Mégapolis » paru chez Stock.

Histoire probablement de faire le malin, craignant que ce livre ne passe inaperçu et donc finisse mal sans que vous n’ayez le temps de réagir, je m’aventurais à évoquer le sinistre pilon qui est malheureusement le destin de nombre d’ouvrages souvent remarquables.

Régine Robin, l’auteure de « Mégapolis » s’est autorisée, à juste raison, à m’envoyer un mail pour me dire que son livre connaissait un beau succès critique et qu’il était donc loin du pilon.

Autant vous dire que je ne peux que me réjouir du fait que ce livre trouve en France son public.

Une fois dit que ma formule, pour le moins malheureuse, sur le pilon est à oublier, je veux encore une fois vous recommander « Mégapolis », féliciter les éditions Stock de l’avoir publié et remercier Régine Robin d’avoir mis les points sur les « I ».

Régine Robin, « Mégapolis, les derniers pas du flâneur », Stock, 2009 – 25 euros

A noter que « Berlin chantiers » autre ouvrage de Régine Robin vient d’être réédité chez Stock

Lyon, le 23 mars 2009

Photo:DR

 

22/03/2009

Noir

male.jpgHier, je vous engageais à réserver votre week end du 20 au 24 mai pour assister à l’édition 2009 des Nuits Sonores. Puisque votre agenda est encore à portée de main, il s’agit aujourd’hui de bloquer celui du 27 au 29 mars. En effet à cette date va se tenir la cinquième édition de « Quais du Polar » qui s’annonce, fidèle à l’esprit de départ de ce festival désormais majeur en France, mais aussi tournée vers le public le plus large.

Centenaire de sa naissance oblige, « Quais du Polar » consacre une partie de son énergie à rendre hommage à Léo Malet avec une enquête mystère dans la ville, expositions, lectures et projections de films. Que l’on se rassure, Nestor Burma ne va pas monopoliser toute l’attention des festivaliers puisque une quarantaine d’auteurs se rendront à Lyon pour les traditionnelles dédicaces mais aussi pour animer tables rondes et conférences. Parmi eux Jean-Christophe Grangé devrait faire figure de « Super-star » même si la venue de Douglas Kennedy, Iain Levison et surtout de Lawrence Block font évènement.

Cinéma, BD, expositions continueront, avec un important coup de projecteur sur la littérature jeunesse, à assurer le succès d’une édition 2009 qui cette année rayonnera à partir du Palais du Commerce (Place de la Bourse, métro Cordeliers).

Quais du Polar, Lyon, du 27 au 29 mars – Renseignements sur www.quaisdupolar.com et bientôt dans les vitrines de nombre de librairies de la ville.

Lyon, le 22 mars 2009

Photo:DR

21/03/2009

Nuits sonores # 7

lydia lunch.jpgC’est donc au « Marché Gare » que Les Nuits Sonores 2009 vont établir leur camp de base non sans, comme à leur habitude, proposer leur circuit électronique et quelques « extras » au-delà des limites de l’ancien MIN qui vivra ainsi ses derniers jours dans l’apothéose et la gloire.

Même si pour l’heure, la programmation du « Concert Spécial » est encore sous embargo, l’essentiel de la prochaine édition du festival lyonnais des musiques électroniques et indie est désormais connue. Sans rentrer dans les détails de ce nouveau labyrinthe musical qui sera proposé du 20 au 24 mai, voici quelques-unes des bonnes raisons à faire valoir pour converger vers Lyon au printemps prochain.

Nuit 1 : L’ami des tolliers, Laurent Garnier, ouvrira le bal précédé de Carl Craig sur la scène 1, les ex-sidemen de Björk, à savoir Matmos, se produiront comme François Virot et Psychic TV sur la deux et l’enfant du pays, Agoria, sur la trois sachant que pendant toute la durée du festival la scène quatre sera consacrée à l’émergence avec le concours de MTV.

Nuit 2 : Au travers des onze étapes (gratuites) du circuit électronique on pourra assister aux sets de The Cyber-Mudjahedeens, Sergueï ou O.B. Session mais aussi à des performances vidéo et de danse.

Nuit 3 : Je le sais, l’usure commençant à produire ses premiers effets il conviendra d’afficher une forme quasi- olympique pour accueillir comme il se doit Scratch Bandits, Boss Hog, Ricardo Villalobos ainsi qu’une grosse quinzaine d’artistes.

Nuit 4 : Malgré la fatigue naissance, il faudra encore plus s’activer pour aller au pied de l’une des quatre scènes assister à la prestation attendue de Miss Kittin & The Hacker mais aussi au shows de revenants tels que Teenage Jesus and the Jerks ou Lydia Lunch accusés de reconstitution de ligue dissoute.

Une fois dit que chaque scène accueille, telle une noria, des formations de 22h00 à 5h30 chaque nuit, vous comprendrez aisément que pour connaître l‘ensemble de la programmation de ces Nuits Sonores 2009, il convient de se reporter au site www.nuits-sonores.com;

D’ici ce week end fatidique du 20 mai les plus impatients se mettront en jambe lors des « Echos Sonores » prévus à la Plateforme du Quai Augagneur, en particulier pour le numéro 70 avec General Elektricks, Black Joy et Boolimix le 27 mars 2009.

Lyon, le 21 mars 2009

Photo:DR

20/03/2009

Patrice Béghain

patrice.jpgL’ami Patrice Béghain, notre ancien adjoint à la culture, semble rattraper le temps perdu. En effet avant d’en savoir plus sur le dictionnaire historique qu’il s’apprête à publier d’ici quelques temps, il nous propose « Le cours du fleuve fait le mien », une série d’entretiens avec Nelly Gabriel et Jean-Pierre Saez qui nous permettra de se délecter sur son parcours d’homme de culture mais probablement également sur son point de vue sur le cours du fleuve et donc sur le cours des choses. En témoigne le fait que le texte principal est suivi d’une « lettre au successeur d’André Malraux » qui devrait mériter plus qu’un détour.

Les lecteurs lyonnais se rendront donc mercredi prochain 25 mars à la librairie Le Bal des Ardents, située rue Neuve, pour dialoguer avec Patrice Béghain. Les autres, ceux du Nord, de Paris, de Toulouse ou de Bordeaux pourront se tourner directement vers son éditeur lyonnais afin de se procurer l’ouvrage d’un témoin important de l’action culturelle et artistique.

  • Patrice Béghain, « Le cours du fleuve fait le mien »

Espace Pandora 7, place de de la paix, Vénissieux 04 72 50 14 78 espacepandora@free.fr

Lyon, le 20 mars 2009.

Photo:DR

19/03/2009

Saumon

saumon3.jpgJadis, il y avait la « vie en rose ». Aujourd’hui, c’est presque une évidence, il y a la vie « en saumon ». A celles et ceux qui éprouvent ce sentiment étrange que tout va mal, je suggère la lecture quotidienne des pages économiques du Figaro, les célèbres pages saumon, qui s’avèrent, par ces temps difficiles, un véritable passeport pour le paradis.

Prenez la question de la crise. Inutile de flipper, d’avoir le spleen ou la peur du lendemain. En lisant, ne serait-ce que les titres du quotidien, vous vous rendrez compte que l’issue est une question de mois. On nous annonce en effet tranquillement dans l’édition de mardi « Le rebond fin 2009 » ou bien « La reprise début 2010 » à deux pages d’écart. Pas convaincu, le lecteur ne peut se mettre qu’à planer quand, une page plus loin, on indique en format King-size que « La valeur de la France est estimée à 12 513 milliards d’euros ». Ouf ! se dit-on et en poursuivant le feuilletage du cahier économie on découvre toutes les bonnes nouvelles qui, au garde-à-vous, attendent le lecteur au coin de chaque page. L’engagement de la distribution à baisser les prix, les investissements de la RATP grâce au plan de relance, la baisse de la TVA pour la restauration sont autant d’éléments chargés de nous redonner un moral jusqu’ici en berne. Dans la vie couleur saumon, rassurez-vous, les mauvaises nouvelles existent aussi mais étant de la taille d’un timbre poste, on se dit qu’elles relèvent de l’anecdote au point que « Le plan de sauvegarde de l’emploi » (Sic !) de chez Amora, le conflit de Continental ou la hausse de l’inflation et du chômage dans la zone euro passent par pertes et profits pour Le Figaro.

Avec le rose saumon du Figaro, le rose-bonbon gouvernemental et le légendaire bleu horizon de l’UMP on peut se dire, qu’en ce printemps naissant, la France est sur le point de reprendre des couleurs. A se demander pourquoi les milliers de manifestants qui vont arpenter les rues de nos villes aujourd’hui ont tendance à voir le pays couleur « gris caserne ».

Lyon, le 19 mars 2009.

18/03/2009

Obama l’Afghan

OBAMA.jpgAvec son crane rasé et son visage très souvent inexpressif, Gérard Chaliand est un spécialiste de la geo-politique connu et apprécié des Français. Très souvent invité à la télévision, à la tête d’une impressionnante bibliographie, Chaliand était l’invité, il y a peu, de Gilles Anquetil et François Armanet, journalistes au Nouvel Observateur.

Alors que le nouveau Président Obama souhaite engager son pays dans une présence encore plus active en Afghanistan, il est probablement utile de se pencher sur le concept de « guerre zéro mort » mis en avant par Gérard Chaliand. Echaudés, depuis le Vietnam, par des pertes en hommes politiquement inassumables, les Etats-Unis militent, depuis la première guerre en Irak, confortés par l’intervention au Kosovo, pour ce type de « guerre propre » et « sans mort ». Il est bon tout d’abord de rappeler, comme le fait Gérard Chaliand, que ces guerres « zéro mort » ne sont pas une réalité. C’est ainsi que la première guerre d’Irak, si elle s’est soldée par environ 70 morts du côté américain, n’en totalisait pas moins de 40 000 dans le camp opposé. Plus décisif, l’actuelle guerre en Irak enregistre, quant à elle, de très lourdes pertes parmi les GI démontrant ainsi que, malgré un désir de « guerre propre », le bilan est catastrophique. Au bout du compte, en Irak, comme en Afghanistan, la simple présence aérienne est un leurre. C’est « au sol » que se conduisent de telles opérations et les armées occidentales connaissent le prix à payer pour de tels choix.

Le Président Obama a beau considérer que la présence renforcée des troupes américaines en Afghanistan est essentielle, cela ne le dédouane pas d’une réflexion sur l’utilité politique de son choix et du « prix à en payer ». Obama est loin d’être un imbécile, il mesure bien la nécessité de déboucher, au terme du renforcement de la présence militaire en Afghanistan, sur des négociations dont il est juste de dire qu’elles ne sont pas envisageables pour l’heure. Comme le dit d’ailleurs Gérard Chaliand, nous sommes, loin d’une « guerre zéro mort » et « le temps ne travaille pas pour les occidentaux ». Dans ce type de guerre considérée par les militaires comme « asymétrique », il est clair que les talibans intègrent l’impossibilité pour les occidentaux d’utiliser les moyens technologiques les plus en pointe et, sont prêts à assumer des pertes par dizaines, par centaines et voire même par milliers. De ce point de vue de réajustement prévisible des relations avec Téhéran pourrait s’avérer porteur d’avenir pour une politique américaine fort heureusement moins manichéenne que celle de G.W.Bush.

Barack Obama devra donc prendre en considération l’ensemble de ces éléments, une « guerre propre à zéro mort » étant à l’évidence contradictoire avec les inévitables combats au sol, leurs tristes bilans mortuaires et au bout du compte une issue politique particulièrement incertaine.

Lyon, le 18 mars 2009

Photo:DR

 
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