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25/03/2009

Avantages acquis

crise--co.jpgDans un récent communiqué François Turcas au titre de la CGPME, qu’il préside dans la région, évoque la situation économique du moment. Après avoir souligné les difficultés, réelles, des petites et moyennes entreprises il tombe dans les lieux communs en écrivant : « monter les français les uns contre les autres… ne constitue en rien une réponse à la crise ». Puis il passe son message : « préparons dès maintenant le retour à l’emploi de ceux qui en ont besoin » ce qui se situe pour lui « bien loin de la seule défense catégorielle des avantages acquis ». A la lecture de ces derniers mots je me suis dit que notre François montrait du doigt les parachutes dorés, paquets de stocks options, bonus en tout genre ou autres « rémunérations variables » selon la formule hypocrite d’Alain Minc, et je m’en félicitais. J’avais seulement un instant oublié la langue de bois syndicale, et oui il y en a une aussi, qui donne un sens particuliers à la formule « avantages acquis ». Il s’agît, en effet, de conditions particulières relevant de la convention collective de certaines corporations. Des avantages qui touchent aussi bien des éléments de rémunération que de couverture sociale , des conditions d’horaires de travail allant même jusqu’à un regard sur l’embauche. Des avantages acquis à des moments forts de l’histoire de France, pour l’essentiel à la Libération et que les salariés ont su conserver à travers le temps. Des avantages qui ne font pas de leurs bénéficiaires des riches et encore moins des spéculateurs. Mais il est de bon ton à droite de pointer ces éléments pour expliquer les difficultés de l’économie française, pourtant même avec la meilleure mauvaise volonté du monde on n’atteindra jamais en mettant bout à bout le coût de ces avantages le plancher le plus bas soit-il des profits du CAC 40. Aussi ce serpent de mer apparaît bien dérisoire en particuliers au moment où la dernière étude du CREDOC nous apprend que les classes moyennes, dans lesquelles se situent en général les bénéficiaires des dits avantages, représentent 50% des salariés et perçoivent un revenu mensuel entre 1120 et 2600 euros dont pour 30% d’entre eux au dessous de 1750. Ce qui, selon les calculs du CREDOC, laisse une fois les dépenses incontournables réalisées, 294 euros pour l’habillement, l’équipement et les loisirs. Ce qui amène l’organisme à constater que les classes moyennes rognent sur les dépenses de confort : en 2008 , 48% ne sont pas parties en vacances, 37% se sont privés de cinéma, 34% n’ont pas de voitures, 50% n’ont pas Internet à domicile et 40% n’ont pas de produit d’épargne liquide. Il n’est pas sûr dans ces conditions que la chasse aux avantages acquis rapporte gros ; une véritable taxation des profits serait certainement plus efficace. En revanche ce constat justifie de défiler derrière les banderoles syndicales tout en travaillant à une perspective pour demain.

Philippe Dibilio

Lyon, le 25 mars 2009.

Illustration: DR

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