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28/02/2009

Le jazz de Nabe

ALBERT AYLER.jpgLe dilettante réédite deux textes de Marc-Edouard Nabe autour du Jazz. Le premier, « La Marseillaise » remonte à 1989 et est consacré Albert Ayler. Le second, « Nuages » est légèrement plus récent, puisque datant de 1993 ,et  tourne bien entendu autour de Django Reinhart, un musicien considéré par l’auteur comme « le plus grand jazzman non noir » (sic !).

Je crois que beaucoup de gens ne lisent pas Nabe uniquement pour des raisons idéologiques, le type ayant parfois des inclinaisons peu fréquentables. Autant le dire tout net, ils se privent ainsi d’un vrai plaisir de lecture. Les deux courts textes proposés aujourd’hui par le Dilettante, à un prix déraisonnable, valent donc plus que le détour.

Le premier est né des effluves festives et commémoratives du 14 juillet 1989, un jour, je cite, ou « la sale France a rendu l’âme, enfin ! Dehors » nous dit Nabe « ils croient se réjouir, les sans-culottes sans rien dedans, mais ils assistent, sans le savoir, à l’enterrement de la démocratie en personne ». N’étant pas très certain que Nabe puisse avoir quelque légitimité pour nous annoncer la mort de la démocratie, le lecteur préférera se perdre dans cette marseillaise d’Albert Ayler que Nabe décrit comme celle « des bébés, la marseillaise des croyants, la marseillaise des vivants, la marseillaise des loubards, la marseillaise des vaincus, la marseillaise des bourreaux. » Cet hommage ramassé à Ayler, cet « infatigable massacreur des faciles perfections » est du Nabe, tantôt pur sucre, tantôt pur porc, c'est-à-dire de quoi en fatiguer beaucoup, de quoi en ravir comme moi quelques-uns.

Le second texte, consacré à une belle évocation de Django est, sur une petite cinquantaine de pages, une histoire très revisitée de celui, nous dit Nabe, qui « peignait avec sa guitare ». « Django est un nuage » écrit au terme de son texte notre amoureux, « il est passé au-dessus du monde. Bien ouaté, tout en vapeur d’amour, il flotte dans le ciel inquiet, pour toujours ».

Ce terrible Nabe devrait toujours faire chanter sa plume, toute seule et tout le temps, comme la guitare de Django, histoire d’en finir avec cette idée qu’il ne serait pas, comme Django, un artiste maudit.

  • Marc-Edouard Nabe, « Nuage », Le Dilettante, 2009 – 9,90 euros.
  • Marc- Edouard Nabe, « La Marseillaise », Le Dilettante, 2009 – 9,90 euros.

Lyon, le 28 février 2009

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27/02/2009

Jennifer aussi

fields.gifJe ne sais plus très bien s’il demeure possible de faire de bons disques avec de bons sentiments. A l’écoute du dernier et second album de la néo-folkeuse, Alela Diane, nous devons légitimement nous interroger. La seule chose qui demeure certaine c’est que l’on peut faire un disque correct quand on n’a pas grand-chose à dire. Ensuite tout est question d’humeur. C’est le cas avec ce « To be still », dont j’attendais avant sa sortie probablement beaucoup trop et qui distille sur quelques onze titres cet ennui indéfinissable et plutôt agréable que je suppose issu de sa bourgade, paraît-il verdoyante, de Nevada City. Un bled, nous disent les Inrockuptibles, que la petite Alela quitta un beau jour pour rejoindre son boy-friend à Portland avec retour vers ce havre Nord-Californien après la rupture consommée avec le gonze en question. Si Alela en était restée là, ce deuxième album aurait peut-être été plus excitant. Las, Alela est retournée à Portland pour rejoindre le type en question et tout ceci nous donne un disque convenable mais bien moins indispensable que son prédécesseur, le magnifique « The Pirate’s Gospel » qui lui était tout aussi aérien, soigné et intime, mais qui avait l’immense avantage d’être le premier.

Vous l’aurez compris, « To be still » sera vite oublié. Je ne sais pas de quel bois sera fait le dixième ou douzième album d’Alela Diane mais, au train où vont les choses, il conviendrait que cette belle voix nous mette un peu de sauce piquante dans son folk pour un troisième album qu’elle devrait peut-être ne pas confier à son papa producteur.

Pour me faire pardonner, je voudrais vous conseiller la divine surprise de février, à savoir le magnifique disque d’Elysian Fields intitulé « The Afterlife ». Pour tout vous dire, j’avais perdu de vue ce duo constitué de la chanteuse Jennifer Charles et de son « mentor » le multi-instrumentiste Oren Bloedow, depuis belle lurette. Vu il y a une grosse dizaine d’années en première partie de Eels puis par hasard lors d’un concert gratuit sur Central Park, la vie sans Elysian Fields me convenait après tout fort bien. J’avais probablement commis une erreur car ce « The Afterlife » est une merveille. Aux confins, comme le dit Richard Robert dans les Inrocks, du « rock de chambre » avec un léger accent jazzy, la suave Jennifer envoûte la musique de Oren Bloedow avec une perfection qui frise au scandale. En indiquant amicalement aux dépressifs de s’abstenir, je vous conseille de vous procurer sans délais ce disque qui mériterait de figurer dans votre discothèque car vous le valez bien. Elysian Fields sera ce soir à l’Epicerie Moderne de Feyzin (69). A vous de voir.

Lyon, le 27 février 2009

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26/02/2009

Le dernier des mohicans ?

debord.jpgC’est peut-être, après tout ce qui restera de « l’œuvre » de notre actuelle Ministre de la culture. Christine Albanel vient d’interdire, par un arrêté du 29 janvier et publié récemment au journal officiel, l’exportation des archives de Guy Debord qui étaient convoitées par l’Université de Yale et plus précisément son Centre de Recherche sur les avant-gardes.

Il faut dire qu’outre atlantique on est presque raide-dingue de tout ce qui concerne Debord. Quinze ans après la disparition du Fondateur de l’Internationale Situationniste, tout ce que les states comptent d’Universitaires arty et branchouilles se pament, on se demande en vérité pourquoi. D’ailleurs, à contrario, il suffit de lire Maurice G. Dantec le seul écrivain français néo-catholique, néo-canadien, sioniste et réac assumé et sa prose anti post-hippie-gaucho, pour mesurer, tant sa haine à l’égard de Debord est sans limite, l’audience importante de l’intellectuel et Situationniste Français en Amérique du Nord.

C’est donc Racine, Bruno et non Jean, le patron de la Bibliothèque Nationale de France, qui est à l’origine de cette décision ministérielle. Il faut probablement l’en remercier mais surtout le féliciter pour cette victoire pas si évidente que cela sous Sarkozy 1er.

A propos de Sarkozy, imaginons une seconde qu’un journaliste l’interpelle à l’occasion d’un banal déplacement présidentiel. « Monsieur le Président, Monsieur le Président, SVP » dirait l’un au second. « Monsieur Le Président, comment réagissez-vous au classement des archives de Guy Debord par votre Ministre Christine Albanel » clamerait dans le brouhaha de la foule le premier à l’autre. « Euh ! » répondrait le Président tout en continuant à serrer quelques-mains. « Monsieur le Président, Christine Albanel vient d’interdire l’exportation des archives du fondateur du situationnisme. Quel est votre sentiment ? » reprendrait le journaliste en tendant son micro. « Euh !...c’est bien ! » rétorquerait un Sarkozy tout la fois ennuyé et donc irrité. « Monsieur le Président, vous pourriez nous en dire plus » et là, tout de go, notre Président enchainerait avec un « Casse-toi pauv’con » qui retentirait face à la cohorte des caméras rassemblées pour le déplacement Elyséen.

Tout ça pour vous dire que le dernier situationniste du pays est peut-être après tout notre Président. C’est d’autant plus impressionnant qu’il est peut-être un des seuls à ne pas savoir qui est Guy Debord. Trop fort !

Lyon, le 26 février 2009

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25/02/2009

Edifiant

PIECE.jpgElle est assez édifiante la page « débat » de « Tribune de Lyon » de cette semaine qui pose la question : «  Donner un tiers des bénéfices aux salariés, est ce possible ?

Ils sont trois à y répondre : un économiste, le secrétaire départemental de la CGT et le patron régional du MEDEF. Et leur réponse unanime se résume en un mot : démagogie. « Dans l’absolu, c’est une idée sympathique, mais il s’agît d’une vaste plaisanterie, tout à fait démagogique » affirme Pierre Dockès, l’économiste, qui ajoute : « cela signifierait une transformation profonde de la société et une sortie du mode libéral ». Sarkozy à la gauche de Besancenot en quelque sorte. « C’est une annonce qui paraît pleine de bon sens et qui passe bien à la télévision mais qui ne sera pas concrétisée » dit Pierre Coquan de la CGT qui poursuit « je préférerais que le travail soit rémunéré correctement, qu’il y ait une augmentation de salaires ». « Je dois dire que je suis à la fois surpris et déçu par le propos de Nicolas Sarkozy » poursuit Patrick Martin du MEDEF qui trouve lui aussi tout ça « assez démagogique » et qui conclut « mais à mon avis personne n’y croit, sinon la bourse se serait effondrée tout de suite après l’allocution du président ».

Cette belle unanimité corrobore parfaitement la chute de Sarkozy dans les sondages au lendemain de son passage à la TV tout comme le silence radio des leaders de la droite qui se sont bien gardés de relayer cette idée fumeuse. Il est vrai qu’ à force d’avancer en zig-zag, au gré des idées les plus farfelues de ses conseils en communication l’inénarrable président va finir par mécontenter tout le monde à commencer par son propre camp. De ce point de vue les déclarations persistantes de Laurence Parisot le mettant en cause ainsi que le gouvernement sont significatives.

En fait Nicolas Sarkozy n’a jamais vraiment connu d’état de grâce et commence à entrer en état de disgrâce, il est temps qu’à gauche on l’affronte sans complexe ni retenue, à la manière de Ségolène Royal. L’ex-candidate socialiste qui a beaucoup analysée sa campagne présidentielle progresse, en effet, dans sa présence médiatique et cela est bon pour la gauche. Dès lors il serait dommage que certains, comme l’écrit Daniel Navrot dans « Prospective Rône-Alpes » s’emploient déjà à « déroyaliser le courant Royal » de peur que le système leur échappe.

Philippe Dibilio

lyon, le 25 fevrier 2009

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24/02/2009

Les comptes de Nadine Morano

Morano.jpgÀ force de sévir dans la communication, Nadine Morano prend les Français pour des sots.

Elle s’en donne à cœur joie dans la défense et l’illustration des mérites de la loi TEPA (Travail, Emploi Pouvoir d’Achat du 21 août 2007), quitte à oublier les ordres de grandeur.

On a pu la voir, sur France 2, se livrer à un calcul au résultat délirant pour tenter de faire oublier les 4,4 milliards d’euros que la calculette officielle affiche en année pleine quand il s’agit du coût de la défiscalisation des heures supplémentaires.

À défaut de comptes corrects, c’est un conte pour endormir les enfants que Nadine nous serine. C’est même un vrai conte de fée. Songez que grâce à la défiscalisation des heures supplémentaires, les travailleurs qui y ont recours s’enrichissent désormais de 1800 euros par an. Un qui a du mal à s’endormir, c’est le secrétaire général de la CFDT qui, hier encore, demandait la suppression de cette disposition pour pouvoir financer un fonds d’investissement social. Dors, mon cher François, la fée et Nicolas l’enchanteur s’occupent de tout. Pourquoi veux-tu mettre ces sous dans le social quand les cinq millions et demi de Français qui travaillent plus pour gagner plus sont si heureux ?

Morano compte bien conter encore les merveilleux tours de bonneteau du plus magicien des présidents. Hop : 750 millions d’heures supplémentaires en 2008 grâce à la loi nouvelle ! Hop : on escamote au passage une centaine de millions d’heures rajoutées en 2008 parce qu’en 2007 on ne comptait pas encore dans les bons comptes officiels les heures faites dans la restauration ! Hop : on oublie qu’en 2006 déjà on faisait 650 millions d’heures supplémentaires ! Hop : on reste bouche bée quand finit le compte – ou le conte – sur une chute qui fait rêver : « ça fait 150 euros par mois » !

Du beau conte de Morano il restera peut-être quelques chiffres dans la mémoire de certains. Des chiffres intéressants dans les comptes des entreprises qui auront bénéficié des exonérations sociales correspondantes. Des chiffres introuvables pour tous ceux qui ont fait des heures supplémentaires « supplémentaires » sans retrouver dans leur besace les 1800 euros « supplémentaires ». Ils seront les plus nombreux d’autant que pour ce qui est de la déduction fiscale dont devraient bénéficier les heureux salariés concernés, le compte n’y sera pas puisque beaucoup d’entre eux ne paient pas d’impôts.

 

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 24 février 2009

07:10 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : nadine morano, tepa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/02/2009

Tout, tout. Vous saurez tout !

perret.jpgCela faisait quelques jours que je voulais parler d’une chose secondaire mais néanmoins pathétique, « l’affaire Pierre Perret ». Le chanteur est depuis quelques semaines, suite à un travail d’investigation journalistique de première bourre, accusé d’un terrible crime.

Selon le Nouvel Obs, le chanteur n’aurait jamais rencontré l’écrivain Paul Leautaud contrairement à ce qu’il affirmait depuis des dizaines d’années. Chacun le sait, le Nouvel Obs ne plaisante pas avec ce genre de trucs. Aujourd’hui par simple effet de contagion, quelques belles âmes vigilantes se plongent dans l’épais journal de Leautaud pour voir si le vieux avait, à un moment ou un autre des années cinquante, fait état de sa rencontre avec celui qui était encore loin d’être l’auteur du célèbre zizi.

Le pierrot a tellement les boulles qu’il envisage de saisir un juge pour retrouver ce qu’il estime être son honneur perdu ce d’autant qu’on lui cherche également querelle à propos de Brassens et d’un supposé plagiat de quelques vers de Lorca.

Si je peux me permettre, j’accuse personnellement Perret de très rarement préciser qu’un bon cassoulet convient d’être fait avec des haricots Tarbais et je ne suis pas loin de penser que le natif de Castelnaudary s’approprie de façon honteuse des recettes qui sont en vérité Toulousaines.

Il faut donc en finir avec le mythe Perret. Merci encore une fois au Nouvel Observateur de mener les plus justes combats et j’espère que Denis Olivennes dispose encore de quelques amis à la FNAC pour faire retirer des rayons les livres et disques de ce Monsieur Perret.

Lyon, le 23 février 2009

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Information "Anti-crise"

JEUDI 26 FEVRIER 2009 à 19H30

Salle Jean Couty 56 Rue Sergent M.Berthet - 69009 LYON

pour plus d'informations voir site Fédération du Rhône du PS

22/02/2009

Avec les dents

barca.jpgL’Olympique Lyonnais doit s’y faire et pourquoi pas s’y préparer. En huitième de finale il va rencontrer mardi prochain lors de cette ligue des champions 2008-2009 ce qu’il y a de pire : le F.C.Barcelone. Comment dire une pareille chose à quelques-uns des lecteurs de « De Lyon et d’ailleurs » peu au fait des choses du football ? A ceux qui s’intéressent à la politique je pourrais dire que l’O.L est à peu près dans la situation d’un gus du PS désigné par sa section pour une législative partielle à Neuilly. A ceux qui se passionnent pour la musique je pourrais dire que les Lyonnais ont autant de chances de gagner que les fans d’Amy Whinehouse, possesseurs de billets, d’assister à la prestation scénique live de leur Diva. A d’autres je dirais que vaincre le Barça c’est pour l’O.L moins compliqué que de trouver un 40 m² pour 800 Euros dans le 15ème arrondissement ou un futur emploi dans le secteur de Gandrange. Bref, les ignards ont compris, tomber face à un tel adversaire ce n’est même plus de la scoumoune, c’est une malédiction.

Passons aux spécialistes et examinons les statistiques proposées par l’excellent « So Foot » dans son numéro de Février. Au terme des matchs aller de la liga espagnole, Barcelone c’est 9104 passes réussies, 1089 ballons récupérés, 671 centres réalisés dans la surface adverse. J’en vois encore certains qui toisent de haut mes arguties, alors continuons. Le Barça, cette année c’est le record de points engrangés, le plus gros écart avec le deuxième, le record de buts marqués. Deux ou trois Kakous résistent encore, achevons-les. Eto’o est le meilleur buteur du championnat espagnol, avec Messi et Henry ce trio a marqué plus de buts que le Real Madrid au grand complet. J’allais oublier. Le F.C. Barcelone, c’est aussi la meilleure défense de la Liga.

Ne me demandez pas pourquoi mais malgré tout cela j’ai le sentiment que l’Olympique Lyonnais va éliminer sans contestation les Catalans. Comme notre Président avec la croissance, nos gones seront capables d’arracher un résultat avec les dents et mes ami(e)s nuls en foot savent bien que les dents ça compte au moins autant que les pieds quand il s’agit de football.

Lyon, le 22 février 2009

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21/02/2009

Elles nous rendent marteau

sophie hunger.jpgSi vous êtes abonnés à SFR vous avez tout de même le droit de savoir comment la très dispensable Lily Allen dépense le petit magot que doit lui attribuer la célèbre marque de téléphonie mobile. Si j’en crois « Star Up » le magazine des disquaires du même nom, la fille à papa devenue pop-star s’est acheté un appartement en 2007. Après plus d’un an de travaux elle le fait visiter. Vous lirez la suite dans le journal en question. Lily Allen vient donc de sortir son second album et vous imaginez que cela m’indiffère. Profitant de l’occasion, je préfère vous recommander quelques-uns des excellents disques, qu’aux quatre coins du monde, la génération féminine montante nous propose.

Par pur esprit de contradiction je veux tout d’abord signaler le nouvel album des « vieux » Pretenders, de Chrissie Hynde. L’américaine a beau être pour nombre de critiques une « has been », elle signe un disque de pur rock and roll et de ballades que malheureusement les Français ne peuvent qu’acquérir en importation. A vous procurer les yeux fermés.

Si vous aimez les petites contines chantées, les vocaux tendres et presque enfantins, entre Cocorosie, Stina Nordenstam et Emiliana Torrini, le premier album de The Pierces est pour vous. Les deux sœurs que les fans de la série « Gossip Girl » connaissent déjà pour la chanson « Secret » administrent une pop douce-heureuse limite glamour qui devrait convaincre du monde dans les mois qui viennent.

Après son « The Pirate’s gospel » de la fin 2007, la délicieuse et talentueuse Alela Diane nous revient. Le deuxième opus intitulé « To be still » est paraît-il à la hauteur de nos attentes, espérons-le et souhaitons à cette magnifique chanteuse de connaître une carrière dans son Amérique natale qui ne sera pas plombée par son succès en France.

Chrissie Hynde, the Pierce, Alela Diane, les filles occupent avec une légitimité qui ne leur était pas jadis acquise le devant de la scène. Ces temps-ci une autre heureuse découverte nous arrive, cette fois-ci de Suisse. Elle s’appelle Sophie Hunger et son album « Monday’s Ghost » est une petite merveille qui devrait nous accompagner jusqu’à l’été et peut-être même au-delà.

Quand je vous disais que les filles allaient nous rendre marteau, j’aimerais vous convaincre qu’en évitant d’acheter le dernier Franz Ferdinand, les inutiles Glasvegas, les anecdotiques Cazals et les Wampas dont François Bégaudeau est le premier fan, c’est dire, vous allez faire quelques économies pour faire plaisir à votre Ipod. Alela Diane et Sophie Hunger iront y rejoindre les Keren Ann, Feist et autres Chissie Hynde. Ça c’est un plan de relance !

  • The Pierce, “ Thirteen tales of love and revenge”, Lizard King.
  • Alela Diane, “To be still”, Fargo.
  • Sophie Hunger, “Monday’s Ghost”, Universal.

 

Lyon, le 21 février 2009

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20/02/2009

Terre neuve

terra nova.pngCette nuit, retour somnolent de Erevan. Entre deux plongées dans les bras de Morphée, j’ai parcouru, rassurez-vous, la version courte du rapport de Terra Nova intitulé « Moderniser la vie politique : innovations américaines, leçons pour la France ».

Une fois dit que ce texte est le produit d’une mission de « The » fondation progressiste sponsorisée par le Ministère des Affaires Etrangères, Euro RSCG, Opinionway et quelques autres moins à l’aise mais plus balèzes, il convient de s’intéresser à l’exercice proposé. Cette synthèse du rapport aborde lors de ses six premières pages une description du système de communication et de mobilisation mis en place par Barack Obama. Au détour de la page six mon attention était attirée, malgré la présence d’un gros monsieur qui dormait en ronflant comme un bien heureux, par les fameuses recommandations formulées par Terra Nova concernant notre pays.

Même si on peut s’interroger sur le fait que la dernière campagne américaine représente, comme l’affirme le rapport, « une revitalisation de la démocratie américaine » passant par « la mobilisation des masses », les pistes avancées par le texte concernent tout à la fois quelques idées qui figuraient dans la démarche de Ségolène Royal, lors du débat initié en interne, pour sa désignation de candidature. Il s’agit de l’épineuse question de la création d’un Parti de masse dont la direction actuelle du PS avait décidé de faire un axe de combat acharné pour le congrès de Reims. Deuxième idée, deuxième proposition, Terra Nova avance l’idée de primaires ouvertes. Une proposition qui figurait dans le texte initié par Gérard Collomb « La vie claire » puis repris par la motion E pour le Congrès et dont Martine Aubry et ses ami(e)s ne semblent pas vouloir. Concernant les trois autres propositions qui tiennent à l’organisation d’un Parti de masse, inséré et organisé pour élaborer une campagne très en amont, convenons que les cheminements indiqués par « La Fondation progressiste » ouvrent des perspectives intéressantes.

Enfin, Terra Nova, dans un ultime volet évoque quelques recommandations conditionnées par l’évolution de notre cadre juridique. Il s’agit, en vrac de « la règle des 500 signatures », « la campagne du 2ème tour », les questions de « temps de parole », de « campagne officielle » et de financement. Terra Nova avance avec novation mais aussi un sens tactique affirmé quelques éléments liminaires d’une réflexion qui mériterait de s’extraire au plus vite de ses arcanes actuelles.

Dans ma somnolence de la nuit passée, autant vous dire que j’avais quelques aprioris négatifs pour ce travail de Terra Nova. C’était une erreur et, pour tout vous dire, je compte me plonger dans la version « King size » de ce rapport. Si d’aventure l’envie naissant, vous aviez l’intention de faire comme moi, sachez que l’ensemble des documents sont disponibles ici.

Bonne lecture. Quant à moi je ne suis pas certain d’être très actif aujourd’hui. A demain pour vous parler de musiques de filles.

Lyon, le 20 février 2009

06:30 Publié dans Ainsi va la vie..., Politique & politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terra nova | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/02/2009

La force de l'exemple

acteur de l'economie.jpgLorsque l’on parle de pays émergents les automatismes de notre pensée dominante nous renvoie à des taux de croissance basés sur un développement assis sur un coût de main d’œuvre peu élevé qui fait rêver les adeptes d’un taux de profit le plus élevé possible. Bref, nous projetons notre propre modèle sur ces pays qui s’ouvrent au développement économique.

C’est au contraire une bouffée d’air frais que nous offre le mensuel « Acteurs de l’Economie » dans sa dernière livraison. L’interview de Luiz Seabra, PDG fondateur du groupe de cosmétique Natura, est révélatrice de ce que peut nous apporter une initiative venue du Brésil et qui remet l’entreprise, et au-delà le capitalisme, au cœur de la vie sociale. Il est rare, en effet, de se trouver face à un homme qui a économiquement réussi tout en portant sur la vie et le monde un regard de philosophe éclairé. Et c’est rassurant. « Ce défaut de la pensée systémique, nous dit-il, cette perte d’une vision d’ensemble de tout un système, de toute une société, Spinoza montre bien qu’il conduisent à des maux tels que l’égoïsme, à la dilution du sens des responsabilité ».

Et Spinoza avait raison, nous en avons la preuve tous les jours. Alors le PDG brésilien a réagi : « nous cherchons des profits quand nos résultats répondent aux principes du triple bottom line, ce doit être bon pour l’entreprise, bon pour toute la société et bon pour la planète ». Un projet exigeant s’il en est et que le groupe Natura semble faire avancer par la force de l’exemple. Un projet porteur d’un système de vie, d’une éthique aussi. Car au fond c’est l’homme qui est mis au centre des choses, l’homme dans sa dimension sociale, l’homme dans chacune de ses fonctions aussi : producteur, ouvrier, consommateur et être pensant qui s’insère dans son environnement et le protège. Il y a une part de rêve chez Luiz Seabra et il la revendique. Il nous montre en même temps que le développement des pays émergents est aussi porteur d’idées nouvelles bien utiles pour faire évoluer les sociétés ; à commencer par les plus « avancées ».

Philippe Dibilio

Lyon, le 19 février 2009

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06:38 Publié dans Philippe Dibilio | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : acteurs de l'économie, luiz seabra, natura | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/02/2009

Tolérance zéro ou culture du résultat ?

saisie du crayon.jpg« À Ecully, des lycéens sont convoqués par les gendarmes pour un jet de… crayon »

Si, si, c’est vrai puisque c’est dans le Progrès de vendredi dernier.

L’affaire est de taille. Je vous laisse juge : un lycéen a jeté un crayon à sa professeur et, comme le champion du lancer de crayon ne s’est pas dénoncé, la cible - qui elle aussi aurait pu jeter quelque chose, par exemple jeter l’éponge ou, mieux encore, la passer - a porté plainte. Et les gendarmes ont déployé tout leur zèle pour trouver le coupable.

Hélas, le parquet de Lyon s’en est mêlé et a mis le holà, jugeant disproportionnées les suites données par ladite gendarmerie.

Voilà un vendredi 13 qui ne sera pas jour de chance pour les pandores dépités : ils tenaient là une enquête facile à mener à bien. Le ratio d’affaires élucidées allait pouvoir grimper. La prime sera plus difficile à atteindre, et en ces temps de crise et de course aux résultats…

Bon d’accord, la maréchaussée n’y est pas allée avec ses chiens antidrogue à la façon de la béarnaise (pas la sauce, la maréchaussée, suivez !) : elle n’a convoqué qu’une dizaine d’étudiants du lycée professionnel François Cevert pour mener son enquête.

Un doute me vient : s’agirait-il d’un énième exemple de ce que les chercheurs Jean-Hugues Matelly et Christian Mouhanna décryptaient comme les effets pervers des « sarkomètres » dans leur livre « Police : des chiffres et des doutes. Regard critique sur les statistiques de la délinquance » paru en 2007 aux éditions Michalon ? Un adouci de la bonne vieille tactique consistant à faire « du crâne » ou du « bâton » pour améliorer les chiffres ?

Selon une note interne de la gendarmerie datée du 2 août 2006 « L’action des militaires qui s’inscrivent résolument dans cette culture de performance doit être reconnue et récompensée. Ainsi la prime au mérite peut être utilement adossée, par exemple, aux résultats obtenus en matière de rétention administrative du permis de conduire ou d’immobilisation du véhicule, qui sanctionnent des infractions très graves »

Il ne faut pas hésiter à poser la question : pourquoi les gendarmes n’ont-ils pas saisi l’objet du délit et immobilisé le crayon ?

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 18 février 2009

17/02/2009

Djavakhk

georgie.jpgCette nuit je m’envole pour Erevan. Les clés de ce blog seront donc confiées mercredi et jeudi à Philippe Dibilio et Jean-Paul Schmitt dont je veux remercier la constance et la fidélité. Profitant de ce court voyage en Arménie j’aimerais dire quelques mots aujourd’hui des minorités arméniennes du Djavakhk et de Georgie qui n’ont en règle générale jamais l’honneur de figurer dans les colonnes de la presse internationale.

Fin janvier, dans l’indifférence quasi générale, Vahagn Chakhalyan, le leader de « L’alliance démocratique Djavakhk uni » était traduit devant ses juges géorgiens après six mois d’incarcération. Il était inculpé pour avoir organisé des manifestations en 2006 afin de contester le résultat des élections locales et d’exiger leur invalidation.

En vérité depuis longtemps les autorités géorgiennes marginalisent les minorités arméniennes. Devant le tribunal, Vahagn Chakhalyan a bien entendu dénoncé ces agissements à répétition des autorités géorgiennes visant, selon le leader arménien « à modifier la composition ethnique de la région ». Cette politique de « Géorgisation » vise la pratique de la langue arménienne, le refus d’édifier pour les arméniens du Djavakhk une université et plus généralement de construire en territoire Djavakhk des monastères de l’église géorgienne, des orphelinats ou des prisons géorgiens.

Se revendiquant d’une tradition démocratique, Chakhalyan a également dénoncé devant le tribunal une politique d’arrestation de militants arméniens destinée à provoquer la radicalisation extrémiste de certains secteurs d’un mouvement qui se veut pacifique et qui revendique « des droits linguistiques, d’éducation et religieux pour les arméniens du Djavakhk ».

Aujourd’hui, comme l’a réaffirmé Chakhalyan, le 28 janvier 2009 devant le tribunal, les arméniens du Djavakhk revendiquent « un statut juridique légal à l’église arménienne » et que les églises confisquées pendant la période soviétique puissent être rendues aux autorités de l’église arménienne. Sur le plan linguistique Vahagn Chakhalyan a exigé « la légalisation de la langue arménienne comme langue officielle dans les services administratifs des régions de Samtshe-Djavakhetie et de Tsalka ». Enfin, face à la « géorgisation » de l’université le leader arménien a demandé l’autorisation de créer une université arménienne à Akhalkalak.

Après la terrible crise de l’été 2008 face à la Russie, il serait temps que les autorités de Georgie qui dénoncent les manœuvres de Poutine à leur égard révisent leur comportement à l’égard de leurs propres minorités. C’est une politique indigne pour un pays qui fait tant référence à l’Europe et à sa tradition démocratique.

Lyon, le 17 février 2009

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16/02/2009

L'Etat réformateur est de retour

plaque.jpgOn en sait désormais beaucoup plus sur l’un des dossiers qui agite légitimement le pays, la question des plaques d’immatriculation de nos bagnoles. L’Etat a donc tranché. Le logo officiel de la région de notre choix pourra enfin figurer sur la plaque en compagnie de notre numéro de département. Saluons cette décision de l’Etat, cette capacité à intégrer les récriminations des uns comme des autres, cette qualité d’écoute. C’est évident, mais osons le dire, cette intelligence pratique du gouvernement aurait pu s’exercer sur des dossiers annexes et même subalternes comme les DOM-TOM, le pouvoir d’achat ou la recherche. Cherchant à agir très concrètement mais sur le long-terme et de façon durable, le gouvernement s’est attaqué courageusement et avec succès à l’une de ces questions qui fondent l’identité même de la France, les plaques d’immatriculation. Chapeau !

En effet, n’importe quel gouvernement se serait perdu dans ce dossier délicat qui hante le labyrinthe mental de chacun de nous. Par le dialogue, se mettant en permanence « à la place de l’autre », l’Etat et ses meilleurs serviteurs, s’est offert une sortie par le haut réussissant, tout en respectant les lourdes contraintes de l’Europe, à intégrer les désirs de ces milliers de pays qui composent le notre. Respect !

D’ici le 15 avril, chacun pourra donc boulonner sur son véhicule une plaque blanche avec ses 2 lettres, 3 chiffres, 2 lettres, séparés par 2 tirets, accompagnés à droite, sur fond bleu du logo de sa région et d’un numéro de département. Nickel !

Très fortiche, le gouvernement transforme dans le même temps cette heureuse décision d’une mesure destinée à la relance de l’économie puisque la mesure s’applique aux véhicules neufs. Dès le 16 avril nous serons donc nombreux à acheter une nouvelle voiture histoire d’y apposer de belles plaques. Trop fort !

Toute décision historique étant dépositaire de la force régalienne de l’Etat, le Ministère de l’Intérieur sera en charge de pourchasser les plaisantins qui voudront faire figurer un numéro de département sans relation avec la région choisie. C’est ainsi qu’un Corse sujet à de fortes inclinaisons cinéphiliques ne pourra, en l’honneur des Chti’s, apposer le numéro du Pas-de-Calais. C’est normal !

Dans cette affaire l’autorité de l’Etat se conjugue avec beaucoup de générosité. Fruit d’une concertation inégalée depuis les débuts de la Vème République, les Bretons bénéficieront d’un geste majeur et amical. Ce n’est pas le logo du Conseil Régional qui sera porté sur les plaques mais bien le fameux Gwen Ha Du. Classe !

Passons maintenant au seul point noir de cet important dossier qui risque de ficher un coup de blues à Edouard Balladur le Boss de notre future réforme territoriale. Si jamais l’ancien Premier Ministre voulait fusionner les deux Normandies ou rendre solubles quelques départements dans des régions plus vastes, ça mettrait un sacré désordre. Cela étant, il va bien falloir que Balladur s’y fasse, sa réforme des collectivités ne pèse pas bien lourd face à celle des plaques de bagnoles.

Lyon, le 16 février 2009

photo:DR

15/02/2009

Roissy, Terminal Bobigny.

air france.jpgLe 16 avril 2008, André Barthélémy, Président de l’association lyonnaise Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme s’est opposé, à bord d’un vol Air France pour Brazzaville, à l’expulsion de deux Congolais. La scène se passe à Roissy et André Barthélémy est en partance pour Brazzaville afin d’effectuer une mission, pour le compte de son association, au sujet de trafics d’enfants.

Dans l’avion, huit policiers encadrent deux hommes menottés qui poussent des cris. Barthélémy, ainsi que d’autres passagers protestent et s’interposent. Les deux africains accompagnés des policiers quittent l’avion. Barthélémy aussi avec également des menottes. Direction les locaux de la police de l’air pour dix heures d’interrogatoire. Vous connaissez la suite, Article 433-10 du code pénal, le président de l’ONG lyonnaise est cité à comparaître jeudi prochain, 19 février, devant le Tribunal de Bobigny. Il encourt une peine maximale de deux mois de prison et 7500 euros d’amende pour cette « incitation à la rébellion ».

André Barthélémy est membre de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH). Paul Bouché, Conseiller d’Etat honoraire et ancien président de la CNCDH accompagnera André Barthélémy à titre de témoin tout comme l’actuel Secrétaire Général de la CNCDH, Monsieur Michel Frost.

Si la semaine prochaine vous croisez du côté du Tribunal de Bobigny, allez apporter votre soutien au Président Barthélémy. Si cela s’avère impossible, signez la pétition sur le site du Réseau Education Sans Frontières http://www.educationsansfrontieres.org.

Pour tout contact, Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme 16, avenue Berthelot, 69007 Lyon. Tél 04 37 37 10 11.

Lyon, le 15 février 2009

Photo : DR.

 

14/02/2009

Incubagion

PIL.jpg"Contagion" est le mot de la semaine. Depuis le retour, probablement perdant, du secrétaire Jego du confessionnal de Matignon, on craint la contagion. Rappelez-vous « contagion » était également le maître-mot qui expliquait, il y a plusieurs semaines, les deux pas en arrière de Sarkozy quant à la réforme des lycées avec en arrière-fond les manifestations d’Athènes.

Si j’en crois le Petit Robert, la contagion c’est « la transmission d’une maladie à une personne bien portante ». Force est donc de constater qu’en ce qui concerne les DOM-TOM, comme pour hier notre jeunesse lycéenne, il ne peut s’agir de « contagion » car la transmission de la contestation ne se fait pas d’un corps qui serait contaminé vers des corps sains. En effet aujourd’hui la situation en Guadeloupe n’est en rien, ni pire, ni meilleure que celle des deux autres millions de nos compatriotes qui vivent par exemple à la Martinique ou en Guyane. Même constatation concernant la jeunesse scolarisée, son désenchantement en Sarkoland pouvait, comme le pensait le Président, provoquer des effets comparables à ce qui se passait alors en Grèce.

D’ailleurs, peut-être est-il plus correct au lieu d’évoquer « la contagion » de parler « d’incubation » ? Reportons-nous à nouveau vers le Petit Robert. « L’incubation », nous dit l’ami fidèle de nos difficultés en orthographe, c’est « Le temps qui s’écoule entre l’époque de la contagion et l’apparition des symptômes d’une maladie ». Convenons-en, en lisant cette définition, tout porte à croire que l’on approche non seulement la réalité des DOM-TOM mais aussi celle de l’ensemble du pays. A lire l’indiscrétion parue dans le Canard Enchaîné, le Président de la République, semble partager cette analyse. Que dit Sarkozy à propos du mouvement des chercheurs et universitaires ? « Dans le climat social actuel, on ne peut pas se permettre le luxe d’un mouvement chercheurs-étudiants. Il faut donc composer et vite ! » aurait lancé Sarkozy à Valérie Pécresse rajoutant, « les chercheurs avec leurs manifs ont coûté cher à Raffarin ».

La France incube donc mais le Docteur Sarkozy, pour lutter contre cette sourde maladie, n’a qu’un remède, administrer des médiateurs au pays.

Ils sont aujourd’hui si nombreux qu’ils pourraient prétendre à former un syndicat. Présents à chaque fois qu’un front s’ouvre, les médiateurs, sur ordre, s’occupent de la Guadeloupe, de la réforme des lycées, de la recherche. Mais qu’est-ce qu’un médiateur ? C’est, nous dit toujours « Little Bob », « une personne qui s’entremet pour faciliter un accord ». Si vous voyez pointer à l’horizon un accord concernant les DOM-TOM, la recherche ou les lycées, merci tout de même de prévenir le Président, qui sur l’ensemble de ces questions n’en mène pas large au point d’ordonner hier la création d’un Conseil interministériel de l'Outre-mer.

Lyon, le 14 février 2009

Photo:DR

 
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