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31/01/2009

Le D.R.H. se fâche

SARKO.jpgRappelez-vous, le Président avait décidé de partir en tournée à travers le pays pour souhaiter une bonne année aux uns comme aux autres. Des « meilleurs vœux » par ci aux policiers, « une bonne année nouvelle » par là aux gens de culture, tout le monde, chacun à son tour, devait bénéficier de la dotation présidentielle, y compris les profs. Justement, concernant les enseignants, alors que d’autres auraient pu choisir un collège à Nanterre, un groupe scolaire dans les quartiers nord de Marseille ou même un lycée parisien, Nicolas Sarkozy, probablement enchanté par le paysage des pommiers dans les prairies normandes, avait décidé de se rendre à Saint-Lô dans la Manche. Malgré le caractère semi-clandestin de l’évènement, un quarteron de profs et de parents avait organisé un accueil personnalisé agrémenté de quelques sifflets et quolibets. Jusque-là rien de bien anormal. Il faut croire que le Président n’avait guère goûté ce contexte puisque quelques jours plus tard il faisait procéder au bouclage policier de la bonne ville de Nîmes permettant ainsi à son message d’être délivré dans la douceur de la paix républicaine. Les choses auraient pu en rester là.

D.R.H. en chef du pays, non seulement autorisé à embaucher certains comme le PDG de France Télévision, mais aussi habilité à en virer d’autres comme ce responsable corse de la sécurité qui avait laissé quelques indépendantistes camper chez Christian Clavier, Sarkozy vient de faire virer Jean Charbonniaud, Préfet de la Manche, coupable de défaillance, le 12 janvier dernier, lors de la visite présidentielle.

Le Directeur de la police du département devrait prendre également la sortie même si l’ensemble des élus locaux, député UMP compris, font valoir leur désaccord avec ce genre de méthodes jugées « lamentables ».

Comme l’indiquait hier ce beau gosse aux allures de Gonzague Saint-Bris qui fait office de porte parole de l’UMP, tout ceci fait partie des risques du métier de haut-fonctionnaire.

A ce train là, le message risque de passer chez les Préfets, Directeurs de la police et autres responsables de la sécurité. D’ailleurs si vous envisagez, un de ces jours, de participer à une manifestation dont les bruissements arrivaient jusqu’aux oreilles présidentielles, méfiez-vous et préparez-vous à détaler au quart de seconde car nul débordement ne sera désormais autorisé et le Préfet sera tenté de libérer les fauves, question de défense de l’emploi.

Paris, le 31 janvier 2009

Photo:DR

30/01/2009

L'armée de l'ombre

besson.jpgMercredi dernier sortait sur nos écrans "Espions", un film de Nicolas Saada ayant pour vedette Guillaume Canet. En guise d'accroche de la campagne de promotion du film figurait cette formule, "chaque année, des centaines d'anonymes sont recrutés par les services secrets pour effectuer une mission".

Samedi dernier sortait de la manche de Nicolas Sarkozy la nouvelle superprodruction de l'UMP, "le chouchou et le traître", avec dans les rôles titres Xavier Bertrand et Eric Besson. Nul n'a tenté le moindre rapprochement entre ces deux informations. Mise à part quelques protestations rapidement étouffées de députés UMP particulièrement bougons, la nomination du transfuge Besson à la direction du Parti Présidentiel semble être passée comme une lettre à la poste.

En vérité, régulièrement, des dizaines d'anonymes socialistes sont recrutés par les services spéciaux du PS pour effectuer des missions à l'intérieur des lignes ennemies. Parmi ceux là, celui que l'on nomme le transfuge est assez représentatif du phénomène. Prototype du parfait anonyme, élevé par Jean-Marie Messier puis entraîné par Lionel Jospin jusqu'au jour de son exfiltration, Eric Besson est à placer au rang des grands aventuriers du mouvement ouvrier comme les Trepper et autres Valtin.

Aujourd'hui avec ses réseaux, Besson contrôle les Affaires étrangères, la pauvreté, la politique de la ville, l'immigration, les marchés bourssiers. D'autres moins exposés que lui déterminent les voies et moyens de la croissance et même de temps à autre les réformes institutionnelles.

Grâce à l'ensemble de ces camarades à qui l'histoire rendra un jour justice, le pouvoir Sarkozyste, quasi fantôche, est presque sous contrôle idéologique et la gauche est en passe de devenir hégémonique sur le plan des idées. Il suffit de constater les appels du Président pour la refonte du capitalisme, la liquidation des énarques, la promotion de la classe ouvrière, la chasse aux nantis et autres banquiers pour s'en convaincre. Désormais Jaurès et Blum triomphent et, sous peu, Max Gallo devrait devenir Secrétaire perpétuel de l'académie française.

Depuis que je vous parle, des dizaines de ces anonymes viennent de rejoindre l'UMP et des centaines d'agents dormants n'attendent qu'un signe d'Eric Besson pour investir toutes les superstructures de l'appareil Umpiste. Leur combat est l'aurore de nos victoires. Par le don de son corps à la gauche nous pouvons dire qu'Eric Besson nous démontre que l'orient est rouge et qu'il va faire beau demain. Il n'était pas inutile de resituer le rôle de cette armée de l'ombre dans le mouvement général qui est en marche.

Lyon, le 30 janvier 2009

(Je sais que certains ne vont pas me croire mais la publication de ce billet le jour de la Sainte Martine est totalement fortuit)

photo:DR

29/01/2009

Le tee-shirt républicain

darcos (1).jpgSoulagé, Xavier Darcos  a enfin trouvé un remède efficace pour supprimer les différences visibles de niveau social ou de fortune à l’école. Un de ces bons remèdes d’autrefois, trop vite abandonnés au profit des pilules Nike et autres fashion’s medicine

Malin, il a su éviter la blouse. Trop rétro. Depuis 2003, ce sujet de l’uniforme scolaire lui tient à cœur et l’obsède. En septembre dernier, enfin, en visite dans une école du Bronx, il a trouvé la solution : le tee-shirt.

Grâce au tee-shirt au logo de leur établissement scolaire, les élèves pourront porter haut le rêve d’un avenir radieux, plein d’égalité républicaine. Adieu marques et modes ! Au placard voiles, turbans, croix pectorales ou autres kippas !

Xavier Darcos trouve des vertus à l’uniforme qui, dans certains établissements « où il y a une très grande mixité sociale, de très grandes diversités d’origine présenterait beaucoup d’avantages ». Mais bon, amis réfractaires, inutile de s’affoler, son entourage dit que « l’on n’imposera rien, mais si un directeur d’établissement se porte volontaire… »

Quoique, à bien y réfléchir, l’uniforme obligatoire pourrait aussi, s’il était porté en dehors de heures de cours, y compris la nuit, favoriser la relance du petit commerce : on vendrait des pyjamas et des chemises de nuit au logo des écoles et, pour ceux qui dorment nus, les tatoueurs auraient de belles heures de travail devant eux, sous réserve de respecter évidemment un des modèles reconnus par le rectorat.

L’obligation du port continu de ces tee-shirt de rêve présenterait également un autre avantage : les 5000 agents que Xavier Darcos va engager en emplois aidés pour prévenir les familles de l’absence de leurs enfants à l’école pourraient beaucoup plus facilement repérer les écoliers buissonnants.

À propos, quel sera l’uniforme de ces surveillants d’absence ?

Que notre Ministre se rassure, je parie qu’il y aura du monde avec tee-shirt et badges lors des manifestations du 29 janvier. Il y aura même des drapeaux, de la musique, des porte-voix, des fumigènes… et des uniformes. Ceux des CRS. Il pourrait d’ailleurs suggérer aux ex-RG qui abusent du costume civil d’adopter eux aussi des tee-shirt « I love SDIG ».

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 29 janvier 2009

 

 

08:58 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : xavier darcos | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/01/2009

Grand jour

greve.jpgCe ne sera certainement pas le grand soir, plus personne ne l’attend d’ailleurs, mais ce sera un grand jour que ce 29 janvier. Un grand jour dans le calendrier des luttes sociales de ce pays. Un grand jour que Nicolas Sarkozy n’attendait pas aussitôt dans son mandat présidentiel et qu’il semble redouter sérieusement. Il y a de quoi car cela fait bien longtemps que la France ne se prépare pas à une journée d’action syndicale avec autant d’engouement. Une journée d’action organisée dans la plus totale unité syndicale avec le soutien de l’ensemble de la gauche. Bref un temps fort dans l’action sociale de ce pays. Il faut dire que les raisons de protester ne manquent pas en cette période de crise croisée avec une action gouvernementale où l’agitation se substitue à l’action tout court sans perdre de vue l’essentiel aux yeux de ce gouvernement : satisfaire aux exigences des leaders économiques au détriment du bas peuple. Ce qui a pour effet immédiat de cristalliser un vaste mécontentement. Résultat grévistes et manifestants bénéficieront d’un capital sympathie rarement égalé si l’on en juge les sondages : 69% de français approuvent la journée d’action, 75% la comprennent ce qui va bien au-delà de l’influence électorale de Sarko même à ses plus belles heures. Ce qui veut dire que ça grince aussi dans les rangs de la droite. De toute évidence l’Etat de grâce s’éloigne à la vitesse grand V. Car une fois passées les gesticulations du président les français font leurs comptes et ils ne sont pas bons. Dans ce contexte la publication la semaine écoulée des propositions socialistes pour faire face à la crise prennent une rare résonance et s’il est dommage qu’elles aient été médiatiquement noyées dans le brouhaha orchestré par le groupe socialiste lui-même à l’Assemblée Nationale elles auront toute leur place dans la rue ce jeudi. Encore faut-il que les élus socialistes les portent jusque parmi la foule des manifestants et retrouvent pour cela le pavé de Lyon ou d’ailleurs. Un terrain un peu délaissé au profit des cocktails ces dernières années.

Philippe Dibilio

Lyon, le 28 janvier 2009

photo:DR

 

06:35 Publié dans Philippe Dibilio | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : greve, nicolas sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/01/2009

Télé réalité

la mire.jpgUn gendarme et deux gendarmettes viennent d'être nommés pour siéger au CSA, Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel étant, selon l'expression généralement consacrée, "Le gendarme de l'audiovisuel".

Une fois rappelé que le CSA comme organisme indépendant aura prochainement à avaliser/avaler le choix de Nicolas Sarkozy du président de France Télévision, il n'est pas inutile d'examiner le cas des trois heureux lauréats.

Le premier, Emmanuel Gabla est un ancien conseiller technique du premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin. La seconde, Christine Kelly, était jusqu'ici télé-prompteuse sur LCI et surtout auteure d'une biographie qui laissera une sacrée trace dans l'histoire, celle de François Fillon, l'actuel premier ministre UMP. Enfin la troisième, la célébrissime Françoise Laborde, présentatrice de J.T sur la deux, a comme dernier fait d'arme d'avoir sévèrement critiqué l'actuelle direction de France Télévisions.

Ces trois là, comme le veut la loi, viennent d'être respectivement désignés par Bernard Accoyer, Président UMP de l'assemblée nationale, Gérard Larcher, tout neuf président UMP du sénat et Nicolas Sarkozy chef suprême de tout ce beau monde. Ouvrons les yeux et fermons la télé.

Lyon, le 27 janvier 2009

26/01/2009

Fan de

album.jpgC’est ce matin que nous trouverons dans les bacs le nouvel album de Bruce Springsteen, « Working on a dream », très attendu car probablement supérieur à son prédécesseur et prélude à une tournée mondiale qui pourrait passer par Lyon au début de l’été prochain.

En vérité, Springsteen, qui cette fois-ci renoue avec le E-street band, est en tournée permanente. Celle de « Magic » n’ayant été que le tour de chauffe du barnum mondial qui se prépare aujourd’hui qui lui-même succède à des shows en solo pour soutenir Barack Obama dans le cadre de la campagne présidentielle. Le Boss bosse et c’est tant mieux pour nous.

Si l’on en croit les quelques privilégiés déjà destinataires du énième opus du citoyen du New-jersey, le disque s’ouvrirait par un impressionnant « Outlaw Pete » véritable torrent musical qui culmine à coups de guitares et de cordes vers l’ultime, le tragique. On nous indique aussi que « The wrestler », bande originale du film de Darren Afonofsky, boucle l’affaire avec une de ces chansons acoustiques dont Springsteen a le grand secret pour tirer les dernières larmes de ses auditoires. Si l’on en croit Bertrand Bouard de Rock & Folk avec cette ballade, Springsteen nous livre une de ces trois ou quatre pépites que contient l’album, le reste se situant entre rage et ballades dans la grande lignée romantique et empathique du boss, c'est-à-dire très largement au dessus du panier du meilleur de la production actuelle. « Working on a dream » sera dès le milieu de la semaine mon disque fétiche. J’irais ce soir me le procurer avec tout de même une légère hantise car je n’aimerais pas que la musique de ce disque puisse ressembler à l’image pieuse d’une pochette qui semble tout droit sortie des seventies car concernant Springsteen, je suis plus pratiquant que croyant.

A lire aussi le numéro hors-série de « Rolling Stones » consacré à Bruce Springsteen, 5,95 Euros en kiosque.

Lyon, le 26 janvier 2009

25/01/2009

Dérapage ?

gaudin.jpgJean-Claude Gaudin, le Sénateur et Maire de Marseille traverse une période difficile pas seulement à cause des problèmes liés aux finances locales, à la neige ou à l'avenir de l'O.M.

Juste avant la trêve des confiseurs, alors qu'il s'agissait lors d'une manifestation de célébrer la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, Gaudin, pointant du doigt le représentant local des associations arméniennes, s'en était pris à ceux qui exigent le vote d'une seconde loi relative au génocide des arméniens pour l'heure bloquée au sénat. Manifestement pour faire bonne figure devant Rama Yade, histoire de fermer le ban, Jean-Claude Gaudin avait expliqué que "la France a fait ce qu'elle devait faire" pour le génocide et, en présence du Consul de Turquie, précisé que "Les Turcs sont en train de fabriquer le même bateau que Protys et Gyptis" (découvreurs de Marseille en 2600) non sans rajouter bravache que "si ces gens-là arrivent devant le vieux port et la Mairie de Marseille, je les accueillerai et j'espère que vous ne me ferez pas un procès public".

Inutile de dire que le dérapage de Gaudin, même assorti le lendemain de nouvelles déclarations visant à calmer le jeu, risquent de laisser des traces du côté de la cité phocéenne. Ici, à Lyon, il y a une année de cela, Gérard Collomb inaugurait à proximité du nouvel immeuble du Groupe Le Progrès une rue Hrank Dink, moment symbolique destiné à honorer la mémoire du journaliste Turc assassiné sans que la présence des autorités diplomatiques turques ne modifient fondamentalement notre volonté de voir le génocide des arméniens enfin reconnu par l'Etat Turc laissant ainsi la porte ouverte à une normalisation des rapports entre la jeune république d'Arménie et la Turquie mais aussi avec l'Europe. Telle était d'ailleurs la position de Hrank Dink.

  • - Pour en savoir plus, lire le numéro de janvier de "France-Arménie" et en particulier l'interview de Pascal Chamassian, président du CCAF PACA. www.france-armenie.fr

Par ailleurs, suite à la campagne publique d'excuses au peuple arménien victime de "la grande catastrophe" de 1915 lancée en Turquie par des personnalités et intellectuels (www.ozurdiliyoruz.com), une soixantaine de citoyens français d'origine arménienne lancent à leur tour un appel intitulé "Merci aux citoyens turcs" destiné à soutenir cette initiative venant de Turquie. Le texte de leur appel est disponible sur Libération.fr et un site vient d'être ouvert afin de recueillir de nouvelles signatures (http://repondre.word-press.com).

    Lyon, le 25 janvier 2009

    24/01/2009

    Déverrouillage

    cd.jpgDeux informations qu’il ne convient pas nécessairement de réunir nous sont rapportées ces jours-ci. D’un côté l’année 2008 semble être une année de vaches grâces pour l’économie de la musique Outre-manche. En effet, selon l’observatoire de l’industrie britannique du disque, les ventes de singles viennent de grimper de 33%. Entendez par là essentiellement l’augmentation des ventes numériques qui compensent largement l’érosion des ventes physiques de CD. Concernant les albums, cette prolifique année se confirme puisque si les ventes d’albums physiques sont en baisse de 3,2% les ventes numériques atteignent les 65% d’augmentation.

    Autre information passée elle aussi quasiment inaperçue, depuis quelques jours les protections anticopies, les fameux DRM, sont abandonnées par la plupart des labels au point que le déverrouillage devrait se généraliser sauf pour les opérateurs téléphoniques qui distribuent de la musique sous forme d’abonnements.

    En lisant ces quelques lignes je constate que certains d’entre vous retrouvent le sourire et l’esprit vagabondant quelques naïfs s’imaginent que, les maisons de disques retrouvant quelques couleurs, la chasse aux téléchargeurs pirates est sur le point de tomber en désuétude. On se calme ! En déverrouillant les fichiers musicaux diffusés sur internet l’industrie du disque ne veux, je cite, qu’ « envoyer un signal très fort » aux amateurs de musique histoire que le piratage ne puisse être une excuse. Comme l’a dit illico le directeur du disque à la FNAC, « nous allons pouvoir vendre de la musique à tous les gens qui possèdent un baladeur ». Pour finir, afin de mettre les points sur les « i », les maisons de disques réaffirment leur volonté que l’Etat mette fin à l’impunité des téléchargeurs pirates. Qu’elles se rassurent, en mars prochain, la future loi « création et internet » devrait être examinée par l’Assemblée Nationale. Ca tombe bien, un de ses objectifs est justement de mettre fin à cette pratique coupable. Comme quoi déverrouillage en janvier rimera peut-être avec dérouillage en juillet. Attendons la suite !

    Lyon, le 24 janvier 2009

     

    23/01/2009

    Les amis de Bertrand

    tavernier.jpgIl y a quelques semaines j’attirais votre attention sur la magnifique édition par Actes Sud de la somme de Bertrand Tavernier intitulée « Les amis américains ».

    C’est maintenant l’Institut Lumière qui va mettre les petits plats dans les grands puisque son directeur, Thierry Frémaux, nous propose les 23, 24 et 25 janvier un week end consacré au cinéma américain avec une programmation XXL conçue par Bertrand Tavernier « himself ». En voici le détail sachant tout de même que le pré-achat des places est plus que conseillé.

    • Vendredi 23 janvier : 20h soirée d’ouverture avec « le malin » (John Huston)
    • Samedi 24 janvier :

    10h30, « Le sel de la terre » (Herbert Bilberman)

    14h30, « Baby Face » (Alfred E. Green) et “Night Nurse” (William A.Wellman)

    18h15, « Le bandit » (Edgar G. Ulmer)

    21h00, « L’enfer de la corruption » (Abraham Polonsky)

    • Dimanche 25 janvier :

    10h30, « Convoi de Femmes » (William A. Wellman)

    14h30, « The Star » (Stuart Heisler)

    17h15, « l’homme sauvage » (Robert Mulligan)

    Institut Lumière, 25 rue du Premier-Film, Lyon 8ème arrondissement

    Réservations 04 78 78 18 95 ou sur www.institut-lumiere.org.

    Lyon, le 23 janvier 2009

    22/01/2009

    Question de style


    Lyon, le 22 janvier 2009.

    21/01/2009

    Décalé

    obama.1201801546.jpgAvec cette chronique je vais sans doute commettre un crime de lèse-majesté, ou plutôt un crime de lèse-président-mondial. En effet je ne parlerai pas en ce jour historique de l’investiture de Barak Obama. Certes je ne minimise pas la portée de cet événement historique mais je ne tomberai pas dans l’Obamania universelle qui nous invite à attendre je ne sais quel miracle de cette élection. Bien sûr je mesure la portée de ce résultat sur son point le plus emblématique : l’arrivée du premier président noir aux USA. Moi qui suis de la génération qui a vibrée aux discours de Martin Luther King ; qui garde vivante l’émotion face au podium olympique aux trois hommes au poings noirs gantés dressés vers le ciel ; je mesure le chemin parcouru. Pour le reste j’attends pour voir et je me désole un peu de l’attitude des français qui comptent sur Obama pour améliorer leur sort car sur ce point notre avenir nous appartient et il est entre nos mains au travers de nos choix et de nos actions. C’est à nous de dire « oui nous pouvons ! » et surtout ce que nous voulons. Car, et c’est bien normal Barak lui s’intéressera à ce qui conviendra d’abord à l’Amérique. Alors je m’arrêterais aujourd’hui aux petites manœuvres de notre Sénat national qui nous fait, à juste titre, une crise d’urticaire après le traitement que lui a réservé Sarkozy au sujet de la loi sur la publicité à la télé. Allégrement court-circuité par un président de la République que rien n’arrête, la Haute assemblée lui a rappelé qu’il fallait compter avec elle en votant le texte à une faible majorité et en modifiant un point (l’augmentation de la redevance) cher au locataire de l’Elysée. Une manip qui n’a pu aboutir que grâce au président du groupe centriste ;Michel Mercier. Une attitude bien inattendue de la part de celui qui attend avec impatience un poste au gouvernement. Il s’agît de savoir comment interpréter sa position. Va-t-il mettre en valeur le fait qu’il a réussi à mobiliser les neufs membres de son groupe qui ont assuré la majorité nécessaire ? ou bien qu’il a montré au grand jour que le groupe centriste tient les clés du Sénat et donc qu’il est suffisamment puissant pour être incontournable? Dans les deux cas le président du Conseil Général du Rhône a mis en évidence le poids qui est le sien ce qui selon lui vaut bien un maroquin.

    Philippe Dibilio

    Lyon, le 21 janvier 2009

    20/01/2009

    Bonne chance Martin

    Martin Hirsch et Laporte.jpgJe sais que c’est mal porté chez beaucoup qui pensent qu’il sert la soupe à la droite. Le voilà en plus nommé Haut-commissaire à la jeunesse. Le chantier est vaste, les étudiants s’agitent. Quant aux banlieues ?…

    J’avais apprécié le Martin Président d’Emmaüs France pendant dix ans, l’ex-directeur de cabinet de Kouchner au secrétariat d’état à la santé, même si les moyens mis à sa disposition pour le Revenu de Solidarité Active ne sont guère payés par ceux qui auraient le plus la possibilité de participer. Gaétan Gorce disait que: "Le RSA n'est pas en soi une mauvaise mesure s'il améliore le revenu de ceux qui travaillent à temps partiel, mais c'est une mesure qui peut se révéler dangereuse si elle ne s'accompagne pas d'un soutien très actif à une insertion professionnelle durable."Je le crois, mais je crois aussi que si Martin Hirsch n’avait pas été en charge de cette question, ce progrès social n’aurait pas vu le jour.

    En tout cas, Martin me déçoit moins que son ex-patron, passé du Droit d’Ingérence au rejet des Droits de l’Homme dans un secrétariat d’état.

    Déjà, lorsque Martin a été nommé en 2007 Haut-commissaire aux Solidarités Actives contre la pauvreté, j’avais apprécié une de ses déclarations. Il y affirmait vouloir « sortir de la dichotomie entre une gauche qui défendrait l'assistanat et une droite qui s'est arrogé le monopole de l'effort ». J’avais apprécié cette phrase à cause de la forme verbale utilisée pour parler de la gauche, montrant qu’il y a quelque simplisme de type café du commerce à affirmer qu’elle ne saurait faire que de l’assistanat (vilain mot quand le beau mot de solidarité inscrit aux frontons de la République est abandonné). Bien que je sois un peu partial dans cette exégèse, j’avais aussi apprécié l’usage fait de l’affirmation à propos de la droite, dénonçant son auto désignation en tant que seul promoteur de l’effort et rejetant les incitateurs à je ne sais quelle paresse dans l’autre camp.

    Avec sa nomination, la clé de la jeunesse qui était sous Laporte (je sais, c’est facile), passe dans ses mains. Espérons qu’il saura en faire bon usage. Bien sûr, je me trouve face à un dilemme.

    Faut-il que par souci d’efficacité, celui qui fut le dirigeant d’Emmaüs dont le manifeste déclare « Notre but est d'agir pour que chaque homme, chaque société, chaque nation puisse vivre, s'affirmer et s'accomplir dans l'échange et le partage, ainsi que dans une égale dignité » serve de caution à un gouvernement qui flatte la richesse, fixe des objectifs chiffrés d’expulsion honteux, crée des lois de plus en plus coercitives quand nos prisons sont les pires d’Europe ?

    Je préfère parier sur les idéaux que nous partageons plutôt que sur la pureté des intentions politiciennes. Je préfère parier sur le soulagement des souffrances, fut-il insuffisant, plutôt que sur l’attente de je ne sais quel changement de personnalité ou de gouvernement. Au risque de me tromper.

    Jean-Paul Schmitt

    Lyon, le 20 janvier 2009

    06:10 Publié dans Jean-Paul Schmitt | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : martin hirsch, bernard kouchner, rsa, emmaus | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

    19/01/2009

    Inspecteurs Harry

    wallstreet.jpgEn novembre 2005, un certain Harry Markopolos transmettait à la SEC (Securities and Exchange Commission) un document d’une vingtaine de pages expliquant, quasi par le menu, le système construit par Bernard Madoff. Ce rapport qui restera sans suite avait été précédé, dès 1999, par une première alerte qui elle-même avait été sans le moindre effet.

    Markopolos décrivait alors dans ses mises en garde successives le système Madoff avec la liste des rabatteurs, les détails sur le fonds et même s’inquiétait, en cas de débâcle, de la vulnérabilité de quelques banques privées européennes partenaires privilégiés de Madoff.

    Harry Markopolos devrait être entendu prochainement par la commission d’enquête du Congrès américain qui pourra à cette occasion, n’en doutons pas, s’intéresser à la capacité de la SEC à tenir son rôle de « gendarme » et voire même à s’interroger sur le fait que seul et perdu dans son coin, un type comme Markopolos, puisse avoir été capable de découvrir ce système délictueux et ce depuis tant d’années.

    En Europe, les banques partenaires de Madoff ont paraît-il été grugées par le financier américain. Telle est pour l’heure la version officielle d’institutions financières qui se réfugient toujours dans le silence renvoyant dans leur 22 mètres les journalistes qui s’intéressent au dossier. En publiant avant Noël le document élaboré en 2005 par Makopolos, le Wall Street Journal a mis les pieds dans le plat. De quoi peut-être rêver que dans notre pays, un de ces jours, la presse économique et financière fasse preuve aussi d’une certaine hardiesse et pourquoi pas aille jusqu’à conduire un véritable travail d’investigation, d’autres diraient un véritable travail de journalisme.

    Lyon, le 19 janvier 2009

    Photo:DR.

    17/01/2009

    Epiciers

    calexico_b.jpgJe l’évoquais il y a quelques jours, la programmation par l’équipe de l’Epicerie Moderne de Calexico du côté de Feyzin est un évènement à ne pas rater. La formation de Tucson et sa country folk-rock matinée mariachi est toujours une fête. En ces temps de froidure c’est probablement le plus sûr moyen de se réchauffer et la température risque d’être à la hausse jeudi prochain à quelques encablures du couloir de la chimie. Profitant de ce rendez-vous, je veux dire deux mots sur quelques-unes des autres dates proposées par l’Epicerie Moderne d’ici le début du printemps.

    Pour demeurer dans cette tradition folk qui ne cesse de reprendre du poil de la bête après tant d’années d’ignorance et de mépris, nos épiciers invitent le 17 février l’américaine Emily Jane White qui n’est pas sans faire écho à une Cat Power si impressionnante à Fourvière en début d’été dernier. Avec une première partie confiée à l’anglaise Essie Jain nous avons là la promesse d’une soirée réussie.

    Après le passage du délicieux Mathieu Boogaerts le 26 février, on assistera avec plaisir au retour lyonnais d’Elysian Fields un duo new-yorkais conduit par la formidable Jennifer Charles dont certains se souviennent du show, il y a déjà quelques années, en première partie de Eels au Transbordeur.

    Reprogrammé au 19 mars, les amateurs de blues ne résisteront pas à faire le voyage de Feyzin pour assister au concert de Lucky Peterson que nous aurons tous plaisir à voir en dehors des formats parfois pénibles des Festivals d’été.

    L’Epicerie Moderne programme des dizaines de concerts, du théâtre, organise des expos. C’est, vous l’avez compris, un lieu à découvrir et à fréquenter avec assiduité. Avec des tarifs contraints et attractifs, l’Epicerie vous permettra de découvrir de nouveaux horizons artistiques comme, lors du trimestre qui s’annonce, pèle même une nuit du Portugal et « Toc-Toque » du théâtre d’objets, je cite, « en cuisine musicale ».

    Calexico, 22 janvier, 18 euros

    Emily Jane White, 17 février, 10 euros

    Mathieu Boogaerts, 26 février, 16 euros

    Lucky Peterson, 19 mars, 25 euros

    L’Epicerie moderne, infos et billetterie au 04 72 89 70 et sur www.epiceriemoderne-com.

    Centre Leonard de Vinci, place René Lescot, 69320 Feyzin.

    Lyon, le 17 janvier 2009

    photo:DR

    16/01/2009

    Progressiste

    Barack Obama.jpgHistorique. La semaine prochaine est historique puisque Barack Obama deviendra officiellement, très certainement dans une très grande joie populaire, Président des Etats-Unis d’Amérique. Chacun mesure la portée du symbole, la valeur d’exemple et l’immense espoir suscité par cette installation attendue depuis des semaines par le monde entier. Chacun mesure aussi l’ampleur de la tâche et du défi alors que le contexte demeure à très haut risque.

    Affronter les inégalités, lutter contre les effets terribles d’une crise loin d’avoir produit la totalité de ses effets pervers, réformer le système de santé et de protection sociale sans oublier l’école, l’Irak, l’environnement sont autant de dossiers qui attendent le Président Obama dans le bureau ovale.

    En faisant appel massivement aux anciens cadres de l’administration Clinton le nouveau Président veut manifestement rassurer en indiquant qu’il entend reprendre les choses là ou elles se situaient à l’arrivée de Bush Junior. Cela étant, comme l’écrit Paul Krugman dans son formidable « l’Amérique que nous voulons » (Flammarion), ce qui caractérise la Présidence Clinton c’est aussi la hantise de trancher et voire même une quasi absence de ligne sur fond de bonne gestion. L’échec des réformes inspirées par Hillary sur le terrain de la santé étant peut-être le signe le plus fort des limites de l’orientation Clinton. Au terme de son ouvrage Krugman s’interroge avec intelligence et même malice sur ce qui fonderait les deux options les plus vivantes, mais entremêlées, parmi les démocrates autrement dit la lutte sourde entre « Libéraux » (au sens américain) et les « progressistes ». De quel bois Obama est-il donc fait ? « Un programme progressiste » écrivait donc le prix Nobel avant que n’éclate la crise et l’avènement présidentiel de Obama, « Un programme progressiste exigerait donc des changements majeurs de politique, mais ne serait absolument pas révolutionnaire. Il aurait pour objectif d’achever le travail du New Deal, notamment par une extension du système de sécurité sociale afin de couvrir des risques évitables qui sont devenus beaucoup plus importants dans les dernières décennies. Et économiquement, ce programme serait tout à fait réalisable. Il reviendrait seulement à donner aux citoyens américains, face au risque financier et à l’infortune personnelle, le niveau de protection qu’ont déjà les citoyens des autres pays avancés ».

    Nous espérons tous que Obama aura la volonté et les moyens d’imprimer cette nécessaire nouvelle politique progressiste dont l’Amérique et le monde ont tant besoin. Tels sont nos vœux, tel est notre espoir. Ne cachons pas notre joie. Mardi prochain Barack Obama sera président. Avouez qu’il y a de pires façons d’entamer une année nouvelle.

    Lyon, le 16 janvier 2009

     
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