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31/12/2008

L’humanisme pour les nuls

L'humanisme_pour_les_nuls.jpgUn cadeau pour François Bayrou.

Un livre marrant et simple pour celui qui, benoîtement, gentiment sinon innocemment, surfe sur un concept aussi vieux que la philosophie. Après « La philosophie pour les nuls », « La mythologie pour les nuls », « Le Parti Socialiste pour les nuls » (eh oui !), pour ne citer que les meilleurs, voici un cadeau utile pour ce cher François qui s’approprie ce beau mot - mot-valise s’il en est – d’une manière un peu trop exclusive à mon goût.
Comme pour le sujet de philo du bac, le cher ex-ministre de l’éducation qui à l’époque n’avait pas encore fait son chemin de Damas, pourra méditer et approfondir. Je n’aurai pas la cruauté de lui retourner ce qu’il disait concernant Martine Aubry (qui avait d’ailleurs largement mérité la charge, compte tenu de sa position sur les alliances avec le Modem) : « Moi je n’aime pas les gens qui disent une chose et font le contraire ». Je lui rappellerai cependant les propos plus récents d’un de ses lieutenants qui voulait « tailler dans le gras de l’hôpital » à coups de 10 milliards d’euros sur 5 ans. Humanisme comptable ?
Peut-être est-il sincère. Habile, sûrement. Parfois drôle malgré lui. Ne disait-il pas récemment, certes après avoir avalé un grand bol de vin chaud : « Généralement, les gens commencent révolutionnaires et finissent ministres. Moi, j’ai commencé ministre et je finis révolutionnaire ». Désopilant.
Bayrou nuls.jpgEn tout cas, son langage révolutionne parfois les centristes sarkozyens. Mais, quand il qualifie l’humanisme du Modem de troisième voie entre le socialisme et le capitalisme, c’est surtout une « ficelle » destinée à phagocyter le PS en vue de 2012 (comme si ses organes dirigeants avaient besoin de lui pour l’affaiblir).
La lecture lui rappellera que le sujet est vaste et, qu’à défaut de définition partagée, il risque fort de prêter à toutes les manipulations. Je lui recommande cette définition : « Est humaniste celui qui se bat contre la discrimination et la violence en proposant des voies pour que la dignité et la liberté de choix de l’être humain puissent se manifester. »
À cette aune, pour l’immense majorité des Socialistes – pour les 50% notamment de ceux qui soutiennent l’équipe de Ségolène Royal – le Socialisme est un humanisme.
En guise de dédicace, j’inscris une citation d’Henri Laborit : « Il est plus facile de professer en paroles un humanisme de bon aloi, que de rendre service à son voisin de palier ».

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 31 décembre 2008.

30/12/2008

Oscar

546708066.jpgUn cadeau pour votre cheval de course.

Mon cher Oscar à l’approche de Noël je vais te faire un petit cadeau mais ce n’est pas facile de choisir pour le brave cheval que tu es. En bon professionnel tu es équipé pour la compétition et puis dans ce domaine on ne rigole pas alors je laisse ça à notre ami Pierrot, ton entraîneur. J’ai bien pensé à une couverture en ces temps rigoureux et froids mais tu es un animal si solide que tu passes toute l’année dehors loin des box et seulement à l’abri d’une cabane les jours de grosses pluies. Et oui tu es un cheval robuste et fort et tu le prouves en compétition où tu réussis, certes à ton niveau, avec une louable régularité. Je ne dirai pas de toi que tu es le Poulidor des courses hippiques du Centre Est puisque toi ce sont les troisièmes places que tu affectionnes. Mais il t’arrive de gagner aussi comme ce fût le cas ce printemps à Cagnes sur Mer où tu as brillamment défié les trotteurs du bord de la Méditerranée, et d’ailleurs, ce jour là j’ai été un propriétaire heureux. Je n’ai donc rien à te reprocher puisque tu gagnes même le prix de ton avoine et de tous les petits besoins d’un cheval de course chouchouté. Rien à te reprocher ou presque. Je t’avoue, en effet, qu’il m’est arrivé de me fâcher au bord de la piste ou devant mon poste de télévision lorsque je te voyais entrer en tête dans la dernière ligne droite avant de te faire rattraper et dépasser par plusieurs adversaires. Je ne m’explique pas ce relâchement au moment de l’effort final. Alors je me demande si tu n’aurais pas des problèmes d’ouie au point de ne pas les entendre arriver ces concurrents plus « débouleurs » que toi. Ou bien considère-tu que ta prestation est finie lors du dernier passage devant les tribunes et que tu te contentes alors de faire admirer ta belle robe baie foncée. Aussi j’ai pensé t’offrir un petit ustensile qui pourra peut-être t’aider. Il s’agît d’un rétroviseur, pas un gros rétroviseur de camion, non un petit, mignon, comme on avait sur nos vélos Solex en un temps que ni toi ni les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Je te l’offrirai dans un paquet cadeau à ton nom : « Oscar Magoda » mais je veillerai à ce que tu le portes en course. Grâce à lui tu verras tes adversaires fondre sur toi et puisqu’il paraît que l’optique du cheval fait qu’il voit les choses trois fois plus grandes qu’elles ne sont j’espère que la vision de ces monstres lancés à ta poursuite t’effraiera suffisamment pour que tu accélères ta course jusqu’au poteau final. Tu vas me dire que c’est un cadeau intéressé, c’est vrai, mais je ne doute pas que tu prennes toi aussi du plaisir à gagner plus de courses avec tout ce qui va avec : photos, félicitations et bisous ; parfois même de la part de jolies filles. Moi, il est vrai j’en ai les gains, que veux tu c’est ainsi. Alors joyeux Noël Oscar et une bonne année riche de victoires.

Philippe Dibilio

Lyon, le 30 décembre 2008.

29/12/2008

Mauriac

9782841004287.jpgUn cadeau à un parent demeuré gaulliste.

Autant le dire tout net, il convient d’être vraiment « accro » de François Mauriac pour prendre quelque plaisir à lire l’intégrale des 1000 pages de son journal et mémoires politiques éditées dans la collection « bouquins » chez Robert Laffont. Ce cadeau que vous pouvez pourtant destiner à un grand-père ou vieil oncle demeuré gaulliste (et donc anti-Sarkozyste), mérite pourtant de s’y perdre. Par-ci, par-là, de belles charges contre le stalinisme et quelques-uns de ses contradicteurs de « l’humanité » sont pourtant de véritables délices pour le lecteur très occasionnel du Mauriac « politique ».

Dans bien des cas, même si le charme de l’écriture et l’humour du grand écrivain demeurent, les nombreuses effluves catholiques du Bordelais paraissent interminables et soporifiques. Il n’empêche que cette édition établie par le maître du genre, Jean-Luc Barré, est remarquable et démontre, si le besoin s’en faisait sentir, que Mauriac est un observateur et un commentateur acide et avisé de son époque malgré des inclinaisons aux limites du réactionnaire mais franchement libres. Si papy ou l’oncle sont remis de la disparition du Général mais demeurent ouverts sur le monde, une autre somme de François Mauriac est préférable. Il s’agit cette fois-ci, chez Bartillat, des chroniques de télévision de cet écrivain à la voix passée au papier-de-verre qui disposait d’un goût manifeste pour l’étrange lucarne.

Vous le savez peut-être, Servan-Schreiber avait sollicité en 1959 l’écrivain pour assurer chaque semaine dans l’Express des billets sur l’étonnant spectacle de la télévision que Mauriac appréciait particulièrement à la différence de nombre d’intellectuels de l’époque. Tout y passe, des grandes adaptations littéraire que l’unique chaine de télévision produisait jusqu’à « Intervilles » via les émissions de variétés ou les jeux. C’est assez formidable pour tout vous dire. Mauriac parlant de Bellemare, Johnny, Claude François ou des grands pionniers de notre télévision sont par exemple des grands moments que les destinataires de ces chroniques intitulées « On n’est jamais sûr de rien avec la télévision » devraient tout particulièrement apprécier car c’est un authentique régal.

  • > François Mauriac , « Journal et mémoires politiques », Robert Laffont, 32 euros
  • > François Mauriac, « On n’est jamais sûr de rien avec la télévision », Bartillat, 25 euros

Lyon, le 30 décembre 2008.

28/12/2008

Quelques disques…

John_mellencamp.jpgUn cadeau pour un(e) ami(e) amateur de rock.

Si vous suivez les « conseils » rarement désintéressés des distributeurs spécialisés ou pas, impossible d’échapper cette année à l’omniprésent Gainsbourg qui nous sort par les oreilles, à quelques chèvres juste sorties des entrailles de la télévision oubien aux grandes marques du rock comme AC-DC, Police, Metallica, Radiohead…
A un(e) ami(e) amateur de rock, faire un cadeau est une affaire sérieuse. Il convient donc de jouer serré. Vous pouvez bien entendu offrir quelques-uns des opus remarquables de l’année, je pense à ceux, posthumes ou pas, des frères Wilson (Dennis et Brian), à celui des frères Gallagher, au Last Shadow Puppets des quasi frangins Alex Turner et Miles Kane et au « Bleu Pétrole » de notre grand frère à tous, je veux parler d’Alain Bashung. Cela étant, la hantise que le destinataire dispose déjà de ces remarquables enregistrements vous gagne dès votre approche du rayon. Pour chasser le stress du consommateur pressé en recherche du cadeau idéal, je vais donc, très humblement vous proposer quelques CD, souvent passés sous silence, qui iront droit au cœur de celui ou celle à qui ils sont destinés.
Eclipsé depuis des lustres par l’immense Springsteen, tout aussi engagé que le boss, le rêve américain chevillé à la guitare, John Mellencamp est toujours vivant, je vous l’assure, à tel point qu’il signe cette année un magnifique album intitulé « Life death love and Freedom » (Universal) produit par l’ex mentor d’Elvis Costello, T Bone Burnett. Ce dique est à offrir les yeux fermés aux amateurs du genre et pour vous convaincre je préfère laisser la parole à Tony Grieco du mensuel « XRoads » qui s’exclamait il y a quelques semaines, « Je le tiens mon 5 étoiles… vingt même, dix à l’artiste et dix autres au producteur ». Evitant de piocher dans votre porte-monnaie pour acheter les fonds de tiroir de ce cher, de ce très cher Dylan, et pour rester dans la veine des song-writers d’outre-atlantique, sachez qu’avec celui de l’ex Cougar (Mellencamp), le « Exit strategy of the soul » (Kensal Records) de Ron Sexsmith devrait constituer un fort bon lot.


Si votre ami(e) rocker est plutôt né(e) sous le signe de la curiosité, même si cet enregistrement est largement promu par « Les Inrockuptibles », je sais que la chose peut faire peur, n’hésitez pas à offrir le disque de Fleet Foxes (Bella Union Records), autrement dit un mélange magnifique de Beach Boys et Mercury Rev, un folk planant et choral matiné de pop gracieuse. Le groupe dont je ne sais en réalité pas grand-chose arrive de Seattle mais sa musique n’a pas grand-chose à voir avec celle des paleo-grunge qui sévissent encore là bas. C’est ma deuxième proposition gagnante.
Scotché(e) dans le passé, largué(e) dans le labyrinthe des nouveautés, définitivement tourné(e) vers le rock patrimonial, il convient ici aussi d’être à la hauteur en prenant grand soin de ne pas se faire arnaquer par les nombreux produits séduisants qui se multiplient pour les fêtes. En évitant, question de crédibilité, les Genesis, King Crimson, David Gilmour et autres Todd Rundgren, le choix d’un revenant ravagé s’impose. Il s’agit de Kevin Ayers. L’anthologie éditée par EMI intitulée « Songs for in sane times » regroupe sur quatre CD, vendus à un prix correct, le meilleur de la période 70-80 agrémenté des inévitables bonus. A vous de voir !

  • John Mellencamp, “ Life death love and freedom”, Universal, 2008
  • Ron Sexsmith, “Exit strategy of the soul”, Kensal records, 2008
  • Fleet Foxes, “Fleet Foxes”, Bell Union, 2008
  • Kevin Ayers, “Songs for Insane Time”, EMI, 2008

Lyon, le 28 décembre 2008.

27/12/2008

Une nuit insolite pour deux sous la tente

Tente_Flash_74463.jpg

Un cadeau pour Christine Boutin et Jean-Paul Bolufer, son ex-directeur de cabinet, une nuit de la Saint Sylvestre dans l’une des superbes résidences de la chaîne Tentes et Relais Don Quichotte.

La pub dit « Au bout d’un chemin creux ou pavé, aux herbes glacées de givre, dans un environnement naturel exceptionnel et revigorant, un intérieur de carton gaufré très design peut abriter deux personnes. La tente de couleur vive aux formes arrondies et contemporaines est équipée d’un couchage romantique recouvert d’une couverture ajourée très tendance. Une réserve d’eau à volonté se trouve à quelques mètres dans un très joli canal ou dans une mare qui conserve l’eau à un degré de fraîcheur idéal. En option, pour la modique somme de 1€ par nuit, un dessus de touret de câble en bois cerclé et traité peut servir de desserte. À l’extérieur, les lieux d’aisance naturels sont nombreux. »

Christine Boutin trouvait Augustin plus beau pour ce séjour romantique, mais je n’ai pas réussi à le convaincre. Alors, j’ai pensé à Bolufer. Ce Jean-paul (décidément j’adore ce prénom), au maigre salaire de préfet hors cadre, ne parvenait à se loger depuis 20 ans que grâce à la Ville de Paris. Et encore, dans un tout petit 190 m2, à 6 euros et des poussières le m2 près du Jardin du Luxembourg. D’ailleurs, il était obligé de sous-louer pour s’en tirer. Le pauvre a dû démissionner à cause de ça, risquant cette chute terrible qui nous guette tous et peut nous mener à la rue. Heureusement, ses amis lui ont trouvé un petit job comme contrôleur général à Bercy où il sera chargé de traquer les abus dans le financement public (judicieuse valorisation de l’expérience acquise).

Boutin 2.jpgGageons qu’ils sauront mettre à profit cette nuit magique pour faire enfin comprendre à tous ces irresponsables qui s’entêtent à dormir dehors, que la diminution de 7% du budget logement pour 2009 et de 30% des aides à la construction des HLM sont des mesures prises pour leur plus grand bien. Ils sauront faire appel à leur bon coeur pour leur demander de laisser à d’autres pauvres déjà logés et qui veulent devenir propriétaires, 40.000 logements HLM chaque année. Les 3 millions de mal-logés attendront un peu et cesseront de croire au Père Noël. Ils comprennent bien que les 500 000 nouveaux logements nécessaires chaque année, dont 120 000 logements sociaux, cela coûte si cher… Quant aux logements d’urgence, il y a des hôtels sans étoiles pour çà.

Heureux ceux-là qu’attend la bonne chambre chaude !

Mais le gamin qui court, mais le vieux chien qui rôde,

Mais les gueux, les petits, le tas des indigents…

Voici venir l’Hiver, tueur des pauvres gens.

Jean Richepin, La chanson des gueux.

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 27 décembre 2008.

Photo: DR

26/12/2008

Pistolet à eau

Pistolet.jpgUn cadeau pour Martine Aubry.
Pour la fille chérie de Jacques : un pistolet à eau moderne et motorisé. Rien d’agressif dans son apparence : en forme de joli petit requin rose, il incarne le renouveau de la célèbre gamme PS (Pistolet Solides).
Martine pourra en jouer sans danger avec ses amis Benoît, Bertrand, Lionel et Laurent.
J’ai beaucoup hésité à lui offrir une énième poupée vaudou de Ségolène Royal, mais comme Lionel les lui dérobe systématiquement pour les massacrer - il est très rageur quand il joue – j’ai opté pour ce joujou plus inoffensif. Quoique…
Quelques conseils d’utilisation pour bien s’amuser :

  • - remplir la réserve d’eau (éviter absolument le vitriol utilisé sur Ségolène avec l’ancienne gamme de jouets);
  • - se mettre en embuscade (un an et demi avant l’attaque est un délai raisonnable, mais ne pas se priver d’exercices préalables);
  • - viser (bien repérer les nombreux amis déguisés et leurs seconds couteaux pas toujours en plastique) ;
  • - tirer à vue (conseil superflu ?) ;
  • - plus besoin de pomper en tirant : grâce au système électrique, une seule main suffit pour actionner la gâchette et projeter l’eau (l’autre peut servir à baillonner un allié de circonstance un peu trop bavard et souvent tenté de parler à votre place) ;
  • - profiter pleinement de la grande liberté de mouvement permise par ce jouet révolutionnaire pour éviter les pièges des alliés farceurs (très utile dans les mois qui viennent) ;

Martine Aubry.jpgCaractéristiques : réservoir de 450 ml - Jet sur plus de 7 m - Alimentation : 2 piles LR6 (fournies). Coloris selon la disponibilité (le rose est fortement conseillé : le requin est plus sympathique).

Une version pour tirer dans les coins sera bientôt disponible. Inspirée du fameux « Cornershot » dont l’armée française vient tout juste de se doter, sa livraison est prévue pour fin 2011 juste avant les prochaines présidentielles. Le réservoir pourra contenir du vitriol, contrairement au modèle offert. À prévoir pour un prochain cadeau de Noël.

Jean-Paul Schmitt.

25/12/2008

Joyeux Noël

Lyon, le 25 décembre 2008.

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24/12/2008

L’étincelle

[Ce matin, Philippe Dibilio n'avait pas l'humeur à faire des cadeaux, il a préferé réagir à l'actualité. Voici son billet. JYS]

DSC04177.JPGUn mot en cette fin d’année qui s’approche sur ce mouvement étudiant qui secoue l’Europe et pas seulement la France. S’il s’interrompt pendant les vacances il reprendra sans aucun doute à la rentrée malgré les reculades du gouvernement car ce qui apparaît comme étant en jeu dépasse largement les revendications quantitatives certes légitimes et qu’il convient de satisfaire. En Grèce les manifestants agissent avec le sentiment d’être la première génération dont le niveau de vie sera inférieur à celui de leurs parents et les diplômés se nomment eux même « la génération des 700 euros », le salaire moyen auquel ils peuvent prétendre et qui les place au dessous d’un niveau de vie décent. En Espagne ils ont réveillé les craintes sur le « processus de Bologne » cette réforme européenne signée dans la ville italienne en 1999. Une réforme visant à moderniser et internationaliser l’enseignement supérieur et qui débouche sur une privatisation des universités accoucheuse de mercantilisme. D’où la crainte de la disparition des filières lettres faute de rentabilité sur le marché du travail, de la disparition des bourses et du règne des « masters ». En Italie les jeunes ne montent pas à l’assaut d’une autorité abstraite, ne s’en prennent pas à leurs aînés en tant que tel mais à l’héritage qu’ils vont leur laisser : « Nous ne paierons pas votre crise » proclamait une banderole à Milan. Une génération qui souffre parce qu’en bute avec son avenir et qui ne supporte plus les politiques à deux vitesses : coupe sombres pour l’école au moment où le gouvernement sauve les banques et les grandes entreprises en difficulté. Un panorama somme toute équivalent à ce qui se passe en France. Il est donc grand temps de prendre cette situation au sérieux et de ne pas se contenter d’un soutien moral à un mouvement qui touche du doigt les problèmes structurels de notre société et qui veut les affronter sans concessions. Il y a sûrement beaucoup à apprendre en engageant le débat sur le fond avec ces étudiants et lycéens qui, une fois encore, pourraient bien allumer l’étincelle de la révolte.

Philippe Dibilio

Lyon, le 24 décembre 2008.

Photo: DR

23/12/2008

Supermarket

510.gifUn cadeau pour votre nièce.

Il faut la calmer. La petite s’imagine déjà vétérinaire, Top Model ou Docteur Kouchner, il est donc grand temps, puisque elle a déjà 5 ans, de lui faire rentrer dans la tête quelques principes de réalité. Cette caisse équipée de supermarché devrait commencer à lui donner le goût du service et l’entraîner au travail partiel. Avec un sens du détail qui honore ce fabriquant, votre petite nièce disposera d’une caisse électronique, d’un lecteur de carte bleue mais aussi du linéaire de friandises qui piège les enfants à la caisse. Bien entendu pour 54€90 on aurait aimé aussi un détecteur de faux billets mais également une carte d’identité destinée à contrôler les chèques des clients à la mine pas très nette.

Ce magnifique « supermarket » proposé à des enfants de plus de 3 ans devrait accompagner votre petite nièce pendant toutes ses études car une fois obtenu son Bac+3 elle pourra postuler à un emploi d’hôtesse de caisse et bénéficier ainsi d’une sacrée avance sur ses collègues débutantes.

Si par malheur vous n’avez pas de nièce mais un neveu reportez-vous au billet d’hier. Avec son poste de police, le petit pourra prétendre faire valoir quelques qualités le jour ou il souhaitera occuper un job dans la sécurité d’un « supermarket ».

Lyon, le 23 décembre 2008.

22/12/2008

Le poste de police

lego.jpgUn cadeau pour votre petit frère.

Impossible de l’avoir manqué. Il était dans l’ensemble des catalogues qui jonchaient votre boite aux lettres. Le poste de police est la nouveauté Lego de ce Noël 2008, mais écoutons ce qu’en disait le catalogue Auchan. « Attrape les voleurs et mets-les en prison ! Contient 7 mini figurines, un camion, une voiture et une moto de police - 953 éléments - 67 € 90, dès 6 ans. »

Voilà votre petit frère en situation de commencer à réviser son concours à l’entrée de l’école de police. En attendant il pourra le mercredi après-midi, en invitant quelques amis d’origine étrangère, s’exercer à ce noble art de policier. Ne vous inquiétez pas, à l’âge de six ans il ne s’apercevra pas qu’avec une bagnole et une seule moto le poste de police est en sous effectif ; cela étant il est toujours possible de compléter ce splendide cadeau par l’achat d’une boite supplémentaire de Lego. Je ne peux que vous suggérer, sans attendre, d’écrire au service clientèle de la marque pour demander qu’à Noël 2009 on songe à proposer à nos enfants un poste de rétention administrative avec la figurine de oncle Hortefeux, un avion et une camionnette destinée à déposer, au pied de la passerelle, un petit sans papier.

Lyon, le 22 décembre 2008.

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21/12/2008

Idées cadeaux

Pere_noel fd blanc.jpgA partir de demain, « De Lyon et d’ailleurs » lâche l’affaire sur une certaine actualité, trêve des confiseurs oblige. C’est donc d’idées cadeaux dont nous allons parler ; manière de vous accompagner dans cette fort rude période. Quel cadeau pour votre petit frère ? Votre nièce ? Votre grand-père gaulliste, « De Lyon et d’ailleurs » répondra donc à vos problèmes existentiels non sans s’efforcer d’intégrer la baisse sérieuse du pouvoir d’achat.
Rassurez-vous, c’est avec le sourire que mes billets et ceux de mes invités tenteront de vous faire passer cette période douloureuse des fêtes. Chaque jour, jusqu’au 4 janvier, avec « une idée cadeau par jour « vous aurez, à la fois l’occasion de faire le bonheur autour de vous mais aussi, si le cœur vous en dit, d’offrir le présent susceptible de faire plaisir à quelques « grands de ce monde ». Rendez-vous donc le lundi 5 janvier pour reprendre notre vitesse de croisière dans l’actualité. Il sera toujours temps alors de me dire merci tant votre reconnaissance sera sincère.
En attendant, ici même, demain, je vais vous parler du cadeau idéal pour votre petit frère (ou votre fils).

Lyon, le 21 décembre 2008.

08:29 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : noël, noel, cadeaux, reveillon, cadeau, lyon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/12/2008

Palmes 2008 - # 3

250_375_haring.jpgParmi le faible nombre d’expositions fréquentées cette année un coup de chapeau s’impose tout d’abord à Thierry Raspail pour la magnifique rétrospective Keith Haring au Musée d’Art Contemporain de Lyon. A ce propos j’ai oublié hier d’évoquer le somptueux catalogue édité par Skira. Dans la même veine, même si je garde un beau souvenir de l’exposition Rancillac proposée à Saint-Etienne il y a quelques années, l’exposition « Figuration narrative » des Galerie nationales du Grand Palais valait le déplacement. De manière très connexe j’ai pu me procurer à cette occasion l’invisible livre de Bernard Rancillac, « Le regard idéologique » (Somogy) au prix révolutionnaire de 6,5 euros qui regroupe des textes écrits dans la deuxième partie des années soixante-dix. Cet été, à Londres, en visitant la superbe « National Portrait Galery », j’ai pris la décision de me servir désormais à la pompe que chez BP, le pétrolier, via sa fondation, proposant le « BP Portrait award », une délicieuse expo dont Total devrait s’inspirer.

Plus en amont dans la saison, il convient de saluer aussi le Musée des Beaux Arts de Lyon pour avoir initié une magnifique exposition sur le dessin cornaquée, entre autre, par Jean-Luc Nancy sans oublier le Musée de l’Imprimerie qui était l’hôte, en début d’année 2008, de collections de chromos superbes à faire fondre en larmes de joie nos grand-mères .

En consultant rapidement mon agenda 2008, je me suis dit que cette année finissante n’était probablement pas à marquer d’une pierre blanche en ce qui concerne les concerts. Des piètres pitres de Babyshambles aux tristes et prévisibles ZZ Top les occasions de s’ennuyer en concert furent nombreuses. Quatre concerts remontent à la surface de ma mémoire. Alain Bashung à l’auditorium Maurice Ravel, Cat Power aux Nuits de Fourvière, Suzanne Véga à la salle Molière et Neil Young à la Halle Tony Garnier. Je sais c’est bien peu de choses mais on nous annonce entre autre pour 2009 Lou Reed, Bruce Springsteen, … et Johnny Hallyday (je plaisante !).

Lyon, le 20 décembre 2008

19/12/2008

Palmes 2008 - # 2

9782707156297R1.gifJ’ai fort heureusement oublié certains des bouquins lus cette année. Je pense à celui de Léotard sur Sarkozy ou bien à l’opuscule du Rédacteur-en-chef de Paris Match viré sur ordre. En mobilisant ma mémoire le « Courir » de Echenoz (Minuit) s’impose tout comme le court roman de mon ami Laurent Cachard (« Tébessa 1957 ») que nul Croix Roussien digne de ce nom se doit d’ignorer sous peine d’être désigné comme indécrottable. D’ici quelques jours je compte vous parler de François Mauriac mais sachez que lire ses chroniques sur la télévision (Bartillat) est chose surprenante et donc épatante. Limpressionnante érudition de Fernando Baez (« histoire universelle de la destruction des livres ») fait partie de mes coups de cœur de l’année même si je dois constater que ce gros bouquin est totalement passé inaperçu pour une raison que je ne cherche même pas à m’expliquer (Fayard).

On nous annonce une année noire, mais aussi une année « polar » 2009 exceptionnelle avec enfin le Ellroy, un nouveau Dennis Lehanne, un festival de rééditions pour le 50ème anniversaire de la disparition de Chandler et un Quarto Gallimard sur Hammett. En attendant je dois vous confier avoir laissé le polar de côté cette année. A signaler encore une fois aux fondus du genre la formidable et indispensable somme en deux volumes de Claude Mesplède (« Dictionnaire des littératures policières ») mais aussi le « correspondant étranger » de l’américain Alain Furst (l’olivier) qui est encore un auteur peu traduit en France alors que les prémices de sa carrière remontent aux années soixante-dix.

N’étant pas particulièrement sensible au phénomène de la rentrée littéraire de septembre, je me dois tout de même de vous rappeler la parution de « Le carnet d’adresses » d’Alain Fleisher, une curieuse plongée dans l’intimité du répertoire de la mémoire d’un auteur confirmé et reconnu que je découvre de manière tardive mais heureuse (Le seuil).

Concernant la musique, beaucoup de livres sortent et parmi un tel nombre de parutions les titres intéressants sont légion. Castor Astral livre ces jours-ci le second volume du Presley de Guralnick (pas encore lu) et une très intéressante traduction sur le folk-rock de la fin des années soixante intitulée « Hôtel California ». Plus ébouriffante et en aucune façon politiquement correcte, la biographie du Pink Floyd intitulée « Pigs night fly » (Tournon) du journaliste anglais Mark Blake mérite plus que le détour. Un livre à ne surtout pas mettre entre les mains d’un baba encore persuadé que la vie est rose chez les volatiles de Cambridge.

Qui dit fin d’année dit « beaux livres ». Un gros bouquin de photographies s’impose ; « Over », c’est son nom, est une vue du ciel de l’Amérique du gaspillage, de la déraison et des « torture-tests » de paysages. Plus agréable à lire et feuilleter que la plupart des pensums écolos, cette vue plongeante sur notre terre est loin d’être une jérémiade, c’est un vrai bouquin militant mais fort sympathique à parcourir. C’est si rare de pouvoir observer l’absurdité écologique assis dans son fauteuil (La découverte). Enfin, les passionnés de cinéma ne pourront se passer de caser dans leur bibliothèque l’énorme nouvelle édition des « Amis américains » de Bertrand Tavernier avec ses mille pages, ses centaines d’illustrations et ses dizaines d’entretiens de l’auteur avec les plus grands noms d’Hollywood (Actes sud - Institut Lumière).

Lyon, le 19 décembre 2008.

18/12/2008

Palmes 2008 - # 1

The age of the understatement.jpgAvant de liquider 2008, il est plaisant de retenir quelques perles qui nous auront aidé à passer des zones de tempêtes et à penser à autre chose qu’à Sarkozy, à Lehmann Brothers et à ce funeste Congrès de Reims, vous savez ce truc dont Montebourg dit que c’est l’aboutissement de ses combats. Bref, à ces petits riens, en vérité peu nombreusarkx, qui laisseront quelques traces sympathiques mais centrifugées par la grande actualité avec en tête l’impensable victoire de Obama, ici à Lyon la magnifique réélection de Gérard Collomb sans oublier l’historique traversée de Paris par la flamme olympique chinoise.
Le meilleur disque, le plus lumineux et le plus dégoulinant de l’année et sans conteste à mettre à l’actif de The last shadow puppets, cache-sexe country cinématographique de l’Artic Monkeys Alex Turner et du Rascals Mils Kane. C’est vraisemblablement un truc sans lendemain mais à coup sûr le disque le plus voluptueux de l’année. Côté France, Alain Bashung et son « Bleu pétrole » épouvantent et surclassent l’ensemble de la production nationale. Au rang des rééditions il y a pléthore et du très bon au point que l’on peut s’interroger sur une musique qui brille parfois plus par ses « oldies » que par des nouveautés déjà faisandées le lendemain de leur sortie. Quitte à passer pour un vieux hippie, je veux remercier les camarades Sony et BMG d’avoir, probablement suite à une erreur manifeste de leur service marketing, ravivé notre mémoire musicale en ressortant le mythique « Pacific Ocean Blue » de Dennis Wilson.

Au cinoche, circulez il n’y a rien à voir. En cette année ch’tis, le style baraque à frites s’impose définitivement et on ne remerciera jamais assez l’adorable Dany Boon d’avoir assuré la promotion du service public postal qui en a bien besoin. Si je voulais être poseur, au rayon documentaire, je me devrais de porter au pinacle Raymond Depardon dont l’obsession paysanne semble être le dernier truc chic. Quitte à aggraver mon cas, ma palme ira donc à Julien Temple et son « Futur is unwritten » vu au CNP Terreaux en compagnie d’une poignée de spectateurs et dont j’ai oublié de parler sur ce blog tout comme d’ailleurs « Gomorra ». Demain place aux livres.

Lyon, le 18 décembre 2008.

17/12/2008

L’indécence de Fillon ou sa honte ?

Fillon1.jpgÀ écouter notre sourcilleux Premier ministre, le PS serait indécent et trop bruyant, trop pressé : "Je leur demande un peu de décence, restez silencieux, aidez-nous à redresser notre pays et attendez le moment venu ce délai de décence pour pouvoir de nouveau donner des conseils à la France entière". C’était lors d'une réunion des nouveaux adhérents de l'UMP, salle Gaveau dans le VIIIe arrondissement de Paris, fin novembre.
Le PS aurait failli aux bonnes moeurs ? Aurait-il commis des actes que la morale réprouve ? Est-ce que je me méprends sur le sens des mots ?
Je saute sur le Littré et j’y lis : « La décence désigne ce qui est honorable ».
Ouf !
Que Fillon François, parangon de décence, réponde donc à ces simples questions parmi les dizaines qu’appellent ses actes.
N’attendez pas de réponses autres que de bois, mais pointez l’honneur. Ou la honte… :
Est-il décent et honorable d’intervenir de façon brutale avec des maîtres-chiens et des gendarmes dans les collèges (du Gers, comme à Marciac par exemple)?
Est-il décent et honorable que la police encadrant des parents vienne se saisir d’enfants en maternelle et en CE1 pour les mettre dans une prison – ce qu’est de fait un centre de rétention – puis les expulse manu militari en urgence avant même que la CIMADE ne puisse les contacter (comme ces enfants kosovars de l’école Jardin de Ville à Grenoble le 24 novembre) ?
Est-il décent et honorable de voter l’abaissement à 12 ans de l’âge où il est permis d’emprisonner un enfant ?
Est-il décent et honorable de refuser que les plus riches participent au Revenu de Solidarité Active pour les plus faibles ?
Est-il décent et honorable de ne pas respecter les 20% de logements sociaux que la loi SRU prévoit et de la contourner alors que tant de personnes n’ont pas de toit et que parmi celles-là, le tiers a un travail ?
Est-il décent et honorable d’avoir les pires prisons d’Europe, surpeuplées et où plus de cent personnes se suicident chaque année ?
Est-il décent et honorable…

Relisez les Châtiments. Il faudrait ici le talent dans la rage qu’avait Hugo pour dénoncer cette façon de nous gouverner :
« Si nous les laissons faire, on aura dans vingt ans,
Sous les cieux que Dieu dore
Une France aux yeux ronds, aux regards clignotants,
Qui haïra l’aurore »

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 17 décembre 2008.

 
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