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08/12/2008

Huis clos

martine-aubry.jpgEn titrant dans son édition d’hier, « Le PS toujours coupé en deux », le JDD ne peut bien entendu être accusé de se tromper mais chacun sait, et Martine Aubry la première, que la réalité est plus complexe puisque autour de la nouvelle Première Secrétaire censée incarner la cohérence d’une ligne on a en fait une équipe hétéroclite simple produit d’accords de bouts de boutiques. Au fil du temps, Martine Aubry pourra-t-elle se défaire de la pression que, les uns avec les autres, les autres contre les uns, les uns sans les autres, exerceront sur la Maire de Lille, il est trop tôt pour le dire même si, sans jamais douter de l’autoritarisme de la patronne, on peut s’interroger sur sa future autorité à la tête de cet aréopage.
Maintenant que la motion E est de fait dans la minorité, ce qui est pour moi une grande première au sein du PS, je ne peux m’empêcher, en consultant la liste du secrétariat National de rêvasser aux lendemains qui attendent le Parti. Concernant le fait d’aboyer avec constance à chaque fois que la caravane Sarkozyste passera, on ne peut qu’être certain que le job sera fait avec application même si je souhaite bon vent à un Michel Sapin en charge de l’économie ou a un Didier Migaud, conseiller pour les finances, dont les inclinaisons guerrières ne semblent pas le fort.
Portant la parole et comptant nos sous, en charge de l’éducation comme des services publics, le Père Noël est donc passé par la cheminée des amis d’Hamon. Côté rénovation, jusqu’ici l’un des gros mots détestés par Aubry et ses amis, notre sort est entre les mains d’un Arnaud Montebourg dont l’inconstance légendaire ne devrait donc pas conduire à garantir les positions d’hier et avant-hier. Coordonné par Harlem Désir, le Parti et ses fédérations vivront par la grâce de Christophe Borgel non sans oublier un Claude Bartolone, chargé des relations avec la gauche (et rien que la gauche) qui pourra ainsi reprendre langue avec son ami Mélenchon avec qui il avait tant œuvré pour le « Non » au traité constitutionnel.
Passons sur les nombreux « Secrétaires nationaux » ou « organisationnels » qui pour la plupart d’entre-eux doivent vivre leur désignation magique comme une consécration non sans leur rappeler que désormais leur comportement doit être exemplaire dans la mesure ou l’on va les désigner, tous ensemble, sous le vocable prestigieux de « Solférino ».
Justement à propos de « Solférino », dans sa fameuse feuille de route aux accents de texte sacré, Martine Aubry dont l’humour n’a jamais été le fort contrairement à son prédécesseur, écrit, « nous n’admettons pas de voir notre Parti se transformer progressivement en un parti au service d’une candidature ». On veut bien la croire dans la mesure où l’appareil socialiste qu’elle est en charge désormais de cornaquer à passer son temps, lors des dernières présidentielles, à « dézinguer » celle d’une Ségolène Royal pourtant désignée par les adhérents.
Depuis samedi, un concept dirige donc à nouveau un Parti situé rue de Solférino, loin, très loin de moi comme de bien des adhérents. En quelque sorte un concept dans un huis-clos. Un huis-clos fort heureusement entre amis.

Lyon, le 8 décembre 2008.

Commentaires

Rooh, c'est un peu, euh, pour dire le moins, injuste, non, comme résumé ?

50% des militants ont fait confiance à Aubry pour conduire le PS, 71% ont choisi de voter pour les motions qui composent le Secrétariat National, ça fait quand même une petite base de travail, au moins de quoi donner une chance à la nouvelle équipe, non ?

Écrit par : Florent | 09/12/2008

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