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30/11/2008

Dico

Dictionnaire raisonné de la litterature rock.jpgPour tout vous dire les éditions Scali me hérissent. Livres parfois bâclés, sommes compilatoires approximatives produit d’une besogne à partir du net, opportunisme né de l’actualité, bref il y a à boire et à manger dans l’importante production de cette maison d’édition. Je voudrais pourtant dire plutôt du bien d’un des derniers titres de cet éditeur. Il s’agit du « Dictionnaire raisonné de la littérature rock » de Denis Roulleau, ouvrage à qui on va tout de même faire le reproche de la mauvaise reproduction des photographies mais qui, pour une première, mérite plus que le détour.

Entendons-nous bien pour l’auteur il ne s’agit pas de compiler uniquement des ouvrages sur le rock mais bien de prendre en considération cette fameuse « écriture rock ». La polémique pourrait commencer ici tant ce concept d’écriture rock est sujet à caution et voire même à critique. Pour ma part je veux laisser ce débat sur le bord du chemin pour saluer ce travail que certains vont considérer comme modeste mais que j’estime utile.

Ce dictionnaire, bien documenté, recense donc tout ce qui s‘est écrit d’important à propos du rock qu’il s’agisse de livres, revues et périodiques les plus divers. Ecriture précise et jamais prétentieuse, sens de la formule, ce dico devrait être un compagnon plus-que-parfait pour ceux qui fréquentent avec constance et passion cette musique et les écrits qui la concerne. Sans vouloir être moqueur, il y a fort à parier qu’à la lecture de ce dictionnaire quelques monomaniaques repèreront telle imperfection ou tel oubli, c’est un peu la loi du genre. Pour ma part je préfère vous assurer que l’auteur se tire avec succès d’un exercice après tout casse-gueule et, alors que les fêtes s’annoncent, vous songez peut-être à offrir un petit cadeau à l’un de vos proches mordu de musique rock. L’achat de ce dictionnaire raisonné est en vérité bien plus recommandé que l’un de ces nombreux albums de photos sur le rock qui peu à peu envahissent les rayonnages de nos librairies à l’approche des fêtes.

Lyon, le 30 novembre 2008.

29/11/2008

Crimes de masse et génocides

genocide.jpg« A l’heure où renaissent l’intolérance et la haine, avons-nous suffisamment tiré les leçons du passé, suffisamment analysé ce basculement possible de l’homme ordinaire en un criminel contre l’humanité ? ». Telle est la question que pose Ugo Iannucci, le Président de la « chaire lyonnaise des droits de l’homme » dans l’avant propos de ce « Crimes de masse au XXème

siècle », ouvrage qu’édite ces jours-ci l’association lyonnaise.

Ce livre concis, précis et pédagogique, confié à une dizaine de spécialistes, recense les crimes, massacres et génocides d’un siècle barbare en réussissant, à l’aide de chapitres d’une dizaine de pages tous agrémentés d’une courte bibliographie, de faire le point à destination d’un public que l’on suppose être étudiant, enseignant ou plus généralement composé de citoyens souhaitant être mieux informés. De la shoah au génocide des Arméniens, du Rwanda au régime Khmer Rouge non sans faire l’impasse sur les crimes contre les Tziganes mais aussi d’effectuer un retour sur certaines mécaniques sanglantes développées en URSS ou dans l’ex-Yougoslavie, ce petit livre en mobilisant des auteurs spécialistes de la mémoire, qu’ils soient historiens ou juristes, atteint son objectif visant à mettre à disposition du lecteur une information cernée et de qualité.

Spécificité lyonnaise, pour le lecteur « d’ailleurs », je veux préciser que la « chaire lyonnaise des droits de l’homme » regroupe autour de la ville de Lyon, de l’Ordre des avocats et Bioforce, l’ensemble des grandes institutions universitaires de l’agglomération qui agissent ainsi ensemble dans un cadre commun. Organisatrice de cycle de conférences et manifestations ouvertes à tous, la « chaire lyonnaise » inaugure avec ce « Crimes de masse au XXe siècle » un travail d’édition dont on doit saluer la qualité et l’approche et qui, tout du moins je l’espère, mériterait de se poursuivre.

. Chaire Lyonnaise des Droits de l’homme, « les crimes de masse au XXe siècle, génocides, crimes contre l’humanité » Editions Aleas, 10 euros.

. Contacts :

>Aleas Editeur, 15 Quai Lassagne - 69001 Lyon. Site

> Chaire Lyonnaise des Droits de l’Homme, 42 rue de Bonnel - 69484 Lyon Cedex 03. Tel : 04 72 60 60 14. http://www.aidh.org/cldh.

Lyon, le 29 novembre 2008.

28/11/2008

Design

20080910113923.jpgJe plaide coupable car passant mes soirées à voter avec mes amis socialistes j’ai oublié de vous parler de la Biennale Internationale du Design de Saint-Etienne qui bat son plein depuis le 15 novembre. Il est temps d’en dire quelques mots car le dernier weekend s’approche, l’évènement stéphanois fermant ses portes dimanche soir.

C’est donc sur le site de la manufacture d’armes, là où la future « Cité de Design » ouvrira l’an prochain, que St-Etienne fête les 10 ans de sa manifestation la plus exceptionnelle. Comme c’est devenu l’habitude, la biennale stéphanoise qui allie fréquentation populaire et démarche de très grande qualité, accueille une kyrielle de jeunes créateurs et en particulier ceux qui ont fait les beaux jours des éditions précédentes. Tel est par exemple le sens de « Flight n°10 » avec ses projets expérimentaux, ses prototypes, ses applications industrielles mais aussi les objets du futur.

Le design ce n’est pas, loin s’en faut, uniquement l’intérieur de nos logis de demain. Dans le cadre du « City Eco Lab », la manifestation propose projets et démarches tournés vers le développement durable comme ce « So Watt » du Musée d’Art et d’Industrie. Les démarches plus expérimentales et alternatives du « Garage », notamment situées autour des logiciels libres, valent aussi le détour tout comme les parcours conçus par les organisateurs dans certains commerces de la ville et dans des friches. Enfin le cinéma documentaire trouve toute sa place dans cette édition 2008, le cinéma « Le Melies » (04 77 32 63 47) et « Le France » (04 77 32 71 71) assurant des projections sur le design manière de tout savoir sur l’aspirateur Hoover ou la Fiat 500.

A noter que les Lyonnais du « Village des Créateurs » présentent « Germination » dans le cadre de la biennale façon de montrer que mode et vêtement traboulent à merveille à la lisière du design (www.villagedescreateurs.com).

. Biennale Internationale du design de Saint-Etienne. Renseignements sur www.citedudesign.com et au 04 77 33 55 60.

Nocturne ce soir jusqu’à 22 heures.

Lyon, le 28 novembre 2008.

27/11/2008

Avenir commun et désirs partagés

normal_coeur-nuages.jpgJohn Kennedy Toole, avant que son œuvre ne connaisse un destin brillant mais posthume, avait pris soin de noter en exergue de son roman « La conjuration des imbéciles » cette phrase de Swift que je dois vous avouer avoir des difficultés à considérer au regard des quelques jours de gloire que le PS vient de s’offrir. Jonathan Swift écrivait donc, « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ».

Concernant donc le Parti Socialiste, suite au vote des militant(e)s intervenu le 20 novembre, j‘ai tendance à penser que nos ligués à nous s’avèreront peut-être sur la durée des imbéciles mais nous pouvons, cette fois-ci avec certitude, affirmer qu’au terme de ce « débat » de congrès ils sont plus méchants que bêtes.

Reste à envisager le premier terme de la formule de Swift qui nous parle de l’apparition d’un génie. Pour être honnête et toujours au regard de ce qui s’est produit après le vote désormais historique du jeudi, j’ai quelques difficultés à qualifier ainsi ceux qui étaient face aux ligués. En effet après tant de hurlements et d’exigences on constate, maintenant que la température est revenu à la normale, qu’au lendemain du Conseil National on assume enfin, non pas une défaite mais plutôt le fait, à partir d’une dynamique politique impressionnante, une situation de minoritaire, minoritaire d’une poignée de voix, parfois suspectes, mais minoritaire tout de même.

Adieu comptages, recomptages et décomptages, adieu nouveau vote, adieu recours à la justice, adieu toutes ces agitations et contestations improductives qui nous conduisent à penser qu’il n’est point question de génie dans toute cette affaire.

Avec toute modestie qui est la mienne, lundi dernier ici même, je m’efforçais, peu ou prou, de dire cela et je demeure surpris que Ségolène Royal et quelques uns de ses proches équipiers se soient perdus dans des arguties qui ne pouvaient déboucher sur rien de bon.

Il conviendra, de toute évidence, de tirer le bilan d’un tel épisode très loin d’être anecdotique. S’il venait à l’idée de certains d’envisager, sous la forme différente d’une motion une vie commune, plutôt que de s’en remettre au destin d’un génie et à certaines coteries, je suggère que face aux ligués, histoire de rénover les pratiques, on en finisse avec les mauvaises habitudes et les pratiques douteuses. C’est le seul moyen d’avoir un avenir commun et des désirs partagés.

Lyon, le 27 novembre 2008.

26/11/2008

Sabots de pauvre !

poulbot_06.jpgIl y a en France environ 8 millions de pauvres selon l’indice dit de la "pauvreté monétaire". Étrange, cette façon d’appréhender des situations humaines aussi dramatiques et variées : on chiffre là les personnes qui gagnent moins de 50 % du revenu médian (qui n’est pas le revenu moyen, mais le revenu tel qu’il y a autant de personnes gagnant plus que de personnes gagnant moins).

Comme le dit Jean-Baptiste de Foucauld, président de Solidarités Nouvelles contre l’Exclusion « Avec ce mode de mesure, les revenus de tout le monde peuvent baisser de 2% sans que le taux de pauvreté varie. Pourtant les pauvres gagneront quand même 2% de moins, ce qui dans leur cas sera bien plus dramatique que pour les autres. »

Au cours du débat La France face à la pauvreté, organisé par le Nouvel Observateur sous la présidence de Jacques Delors le 6 novembre, le même Jean-Baptiste de Foucauld déclarait aussi : "Il existe des situations de pauvreté qui se vivent avec moins de difficulté parce que les personnes concernées sentent la manifestation de solidarités proches, attentives, personnelles. On ne peut se contenter de dire, on a payé, on a versé des allocations. Il ne faut pas d’indemnisation sans accompagnement, pas des prestations sans relations humaines, pas de solidarité active sans des comportements de solidarité active. On peut observer une notable insuffisance, voire même une diminution, du soutien de l’état aux associations de lutte contre l’exclusion. Alors que celles-ci savent pourtant mieux travailler, au plus près des situations extrêmes, que les services de l’état . Ce manque de soutien est un grave problème démocratique."

Le Secours Catholique, pour ne citer que les chiffres de cette organisation, accueille de plus en plus de personnes de plus de 50 ans et, scandale des scandales, à l’autre bout de la chaîne des âges, il y a, en France, 2 millions d’enfants pauvres !…

Je sais que la charité est souvent l’alibi de la mauvaise conscience ou celui d’un État ravageur qui laisse aux seules solidarités caritatives le soin de régler ce qui est de sa responsabilité, dans le même temps où il taille à vif dans les moyens dévolus aux associations de lutte contre l’exclusion. Mais je sais aussi que si, dans nos pratiques quotidiennes et secrètes, nous abandonnons ce souci aux seuls gouvernants, nous finirons par ne plus voir la honte de nos égoïsmes. Alors, et au risque de tomber dans le pathos, relisez ce poème en prose de Charles Baudelaire ; au moins pour sa chute et la fraternitude du rire des deux enfants :

« À travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même. Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur. »

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 26 novembre 2008.

25/11/2008

Orphelin

01_img_7356.jpg« Vous imaginez Hamon demandant rendez-vous au président de la République pour discuter de la situation économique du pays ? Quelle serait sa crédibilité ». Tel est le jugement péremptoire que portait Jean Christophe Cambadélis, dans le cas où il devienne numéro 1 du PS, sur un garçon qui a finalement obtenu 20% de votes des militants socialistes et qui porte son jeune âge, pour un politique, en bandoulière. Il est vrai que pour le vieux routier qu’est Cambadélis en matière d’économie seul son ami DSK peut dialoguer avec le chef de l’Etat ce qu’il fait déjà depuis son poste au FMI que lui a offert Sarkozy. Mais là n’est pas le problème.

Ce qui est étrange c’est de juger de la valeur future d’un premier secrétaire sur son éventuelle capacité à demander un rendez-vous au chef de l’Etat pour discuter d’une situation économique dont on connaît les méfaits, et qu’il faut donc plutôt combattre en avançant des propositions alternatives débattues avec les militants, les salariés, le pays tout entier sans l’aval d’un Sarkozy dont la position est avérée et ne risque pas de changer au cours d’une conversation.

Benoît Hamon l’a bien compris lui qui ce week-end manifestait à Paris contre la privatisation de la poste, un exercice qui semble bien loin des habitudes de Cambadélis, loin de l’étudiant militant de la MNEF. Au-delà du côté anecdotique de ces propos perce une question majeure qui aura traversé le congrès du PS à savoir sa capacité à renouer avec les citoyens qui, dans leur majorité, connaissent des difficultés en tout genre, ou bien son enfermement dans le statut d’un parti d’Etat plus prompt à comprendre les situations qu’à les combattre. Une question loin d’être tranchée ce qui risque de laisser le peuple de gauche orphelin de perspectives jusqu’en 2012 et même au-delà.

Philippe Dibilio

Lyon, le 25 novembre 2008.

24/11/2008

Et après

martine-aubry.jpgParaît-il, Martine Aubry est sur le point d’achever sa traversée du désert entamée dès sa défaite aux législatives. Ce commentaire entendu pendant le weekend n’est pas totalement inexact au sens ou la Maire de Lille est désormais au devant de la scène. En gagnant de quelques poignées de voix, parfois suspectes, cette élection au poste de Première Secrétaire Nationale du PS, Martine Aubry peut donc effectivement s’installer sur un balcon royal, le plus convoité dans la galaxie socialiste, et après ?

A la traversée du désert va succéder probablement celle d’une zone des tempêtes tant l’équipage des marins d’eau douce qui soutient la nouvelle Première Secrétaire est hétéroclite et avant tout cimenté par son sectarisme à l’égard de Ségolène Royal et une démagogie qu’il nomme « socialisme de gauche ». A la tête d’une majorité (?) dont nul ne sait en vérité si elle est si confortable que cela, Martine Aubry, pour exister et donner des gages à ses amis continuera à aboyer contre le gouvernement et en appeler à l’unité des socialistes tout en prenant grand soin de faire à Lille le contraire de ce qu’elle dira à Paris. Côté rénovation les militant(e)s socialistes pourront toujours circuler car il n’y aura pas grand chose à voir.

Prenant acte que la dynamique politique est définitivement de son côté, Ségolène Royal aurait tort de replonger dans ce marigot socialiste au risque de lui trouver une ressemblance avec le Bayou et la Floride. Qu’elle laisse Jospin, Fabius, Delanoë, Rocard, Hollande et autres Montebourg gérer, à l’occasion avec Benoît Hamon, un Parti socialiste présidé par Martine Aubry qui s’abîmera sur les premiers rochers. Rien ne sert donc de s’agiter. Que Ségolène Royal continue de tracer sa route. A condition de rénover pour deux, de poursuivre la réflexion politique et de se doter d’un fonctionnement réellement démocratique, les premières bases politiques jetées par la motion E devraient avoir un avenir utile au sein du PS ne serait-ce que pour accueillir dans les prochaines semaines les premiers militant(e)s déçus du 21 novembre, lassés des péroraisons de Martine Aubry et de ses nouveaux amis. Le temps viendra alors de se retrousser les manches pour organiser ces fameuses primaires destinées à désigner celle ou celui qui sera candidat aux présidentielles contre Sarkozy.

Lyon, le 24 novembre 2008.

Agenda 21

831c325913.gifLa mise à jour de l’Agenda 21 du Grand Lyon est toujours disponible sous la forme extrêmement attrayante de deux importants volumes intitulés « Aimons l’avenir », le premier présentant la stratégie dans une version actualisée, le second le plan d’actions 2007-2009. Au total, ces presque 200 pages regorgent d’informations, la plupart du temps sous formes de fiches, qui permettront à tous d’accéder à des connaissances générales mais aussi aux mesures les plus concrètes que le Grand Lyon met en action depuis près de quatre ans.

Changement de comportements, appropriation par tous du développement durable, volonté commune d’agir et enracinement de nos politiques sont les maître-mots qui parcourent un document fouillé qui a le grand mérite de conjuguer tout à la fois démarches scientifiques, approches techniques, objectifs politiques et pédagogie.

Les démarches initiées par le Grand Lyon commencent d’ailleurs à porter leurs premiers fruits. Pour la première fois dans l’agglomération la part des déplacements en automobile régresse en basculant en dessous de 50%. La qualité de tri des déchets s’améliore également et dans un autre registre le plan climat récemment adopté devrait marquer des avancées à brève échéance. Tant dans des domaines aussi différents que l’urbanisme, le logement ou le développement économique de nouvelles volontés émergent et même, ne soyons pas naïfs, si amplifier nos efforts en matière de durabilité est une nécessité, la feuille de route fixée par Gérard Collomb à la communauté Urbaine de Lyon est marquée par un véritable volontarisme de l’action et une détermination de plus en plus partagée.

  • « Aimons l’avenir », volume 1. Agenda 21 Grand Lyon
  • « Stratégie et programme d’actions de développement durable pour le XXIème siècle », Version actualisée, 2007/2009 – 90 pages.
  • « Aimons l’avenir », volume 2. Agenda 21 Grand Lyon
  • Plan d’actions, 2007/2009 – 112 pages.

Pour se tenir informé de la démarche Agenda 21 de la Communauté Urbaine de Lyon, il convient d’aller sur www.grandlyon.com et sur www.millenaire3.com.

Lyon, le 21 novembre 2008

23/11/2008

Sacré Lou

reed2.jpgÇa ne viendrait à l’idée de personne de s’exclamer, « S’il y a un type que j’admire et avec qui j’aimerais boire un verre, cela serait Lou Reed ». En effet, le New Yorkais patibulaire aussi aimable qu’une porte de prison est probablement ce qui se fait de moins sympathique sur toute la planète rock’n roll. Distant dans le meilleur des cas, Lou Reed sait être méprisant et tellement rongé par la contemplation de soi-même. Il n’empêche que tel n’est pas l’aspect principal du « dossier »  Lou Reed. Si on aborde la question de l’ex Velvet Underground par le bon bout, celui du talent, il convient de saluer une œuvre originale et remarquable. Décoré, admiré, reconnu dans le monde entier, le musicien, poète et photographe mérite bien entendu tous les honneurs même si notre homme réserve uniquement quelques-uns de ses rares sourires à son chien, le clébard étant à bien y réfléchir le plus à plaindre. Lou Reed est aujourd’hui dans l’actualité à un double titre puisque la version « Live » de Berlin est désormais disponible et l’intégrale de ses chansons à la disposition des Français dans une version bilingue. C’est d’ailleurs la parution française de cette intégrale qui, promo oblige, a valu aux rares spectateurs parisiens du nouveau « Cent-quatre », une lecture publique de quelques-uns des textes de ce recueil par le maître lui-même. (Voir l’excellent Stéphane Davet dans Le Monde du 7 novembre).

Après de telles éditions en Allemand, Espagnol, Italien et même Croate, j’étais, vous l’imaginez, tout à fait disposé à saluer l’éditeur français à l’initiative du projet. Je veux parler des Editions du Seuil. Le livre est donc enfin disponible ici dans la remarquable collection « Fiction et Cie » et le travail des deux traducteurs mobilisés, Sophie Couronne et Larry Debay, me semble tout à fait à la hauteur de notre attente, même si je dois vous confier que mon niveau personnel en anglais m’interdit tout commentaire dans ce domaine.

Le problème, ou plutôt le scandale, ne se situe pas le moins du monde dans la traduction mais plutôt au plan du prix. Rendez-vous compte, les Editions du Seuil proposent cette intégrale, il est vrai de 500 pages, au prix prohibitif de 32 euros. Si l’objet en question manifestait par sa conception la moindre originalité et témoignait d’un soin particulier mon coup de gueule serait mal venu mais en l’occurrence ce « Traverser le feu » est un bouquin particulièrement banal. S’il fallait démontrer que dans l’édition française il y a aussi de « sacrés Lou-Lou » qui prennent les admirateurs de Lou Reed pour des volailles à plumer, cette édition de l’intégrale est là pour nous le prouver. Comme beaucoup d’entre-vous, j’attendrais donc du côté des librairies d’occasions qu’une opportunité se présente en attendant une hypothétique édition de poche.

  • > Lou Reed, « Berlin, Live at St Ann’s-Warehouse », Matador.
  • >Lou Reed, « Traverser le feu », Le Seuil.

Lyon, le 23 novembre 2008.

22/11/2008

Abd El-Kader

Kader.jpg

La bibliographie concernant l’Emir Abd El-Kader est abondante et les éditions du Seuil en publiant cette année l’ouvrage de Ahmed Bouyerdene ont bien entendu fait œuvre utile. Vous l’avez compris je veux dire deux mots aujourd’hui sur ce personnage mais, et les lecteurs d’ailleurs voudront bien me pardonner, en insistant sur les liens particuliers qui unissent Lyon et l’Emir. Pour ce faire, une fois dit que Gérard Collomb a proposé qu’une rue de la ville porte le nom d’Abd El-Kader, je veux signaler la parution d’un livre de Christian Delorme (celui que la presse appelle encore le Curé des Minguettes) sur ce personnage important de notre histoire intitulé « L’Emir Abd El-Kader à Lyon » et publié par celui qui est doté de la mémoire la plus active de Lyon, je veux parler de Michel Chomarat.

Comme le dit le Maire de Lyon dans sa préface, « l’Emir représente un modèle nécessaire (…) Il a été un pont entre la culture arabo-musulmane et la culture européenne, un précurseur du dialogue entre les civilisations ».

L’ouvrage de Christian Delorme retrace non seulement le message de l’Emir mais surtout un parcours, alors qu’il partait en exil en Turquie, marqué par un court passage à Lyon en décembre 1852. En vérité Abd El-Kader quitte Ambroise le 10, séjourne les 12 et 13 décembre à Lyon, pour le 21 rejoindre Constantinople après une étape marseillaise. Delorme, sur une centaine de pages richement illustrées, replace le séjour lyonnais dans un contexte plus vaste évoquant tour à tour le Sergent Blandan, Pauline Jaricot, le Cardinal de Bonald ou le Maréchal de Castellane. Bref, tout un pan de l’histoire lyonnaise.

Je ne sais si l’ouvrage de Christian Delorme bénéficie d’une diffusion nationale, il est édité par « Mémoire active » et on peut éventuellement contacter l’imprimeur pour se le procurer (Valmy, 10 rue Pierre Maillot, 42120 Le Coteau).

Rappelez-vous, pour évoquer un tout autre sujet, que les Herman Düne sont ce soir au Ninkasi-Kao. C’est à ne pas rater.

Lyon, le 22 novembre 2008.

21/11/2008

Red

Logo PS Bull.jpgAlors que les adhérents du Parti Socialiste votaient hier au soir dans leurs sections, sur France 2, « Envoyé Spécial » s’interrogeait sur cette fameuse boisson énergisante, le « Red Bull ». Comme quoi, il n’y a pas que le PS qui veut virer au rouge puisque ce très chimique « taureau rouge » est sur le point de faire passer chez les jeunes le coca pour de l’eau bénite.

Jusqu’ici la France affichait moue et dégout face à ce « taureau rouge » que notre administration avait tendance à considérer comme un produit dopant. De guerre lasse, aujourd’hui, comme dans la plupart des pays, « le taureau rouge » est autorisé avec les réserves d’usage, puisque on demande aux assoiffés de limiter la consommation de « Red Bull » à deux canettes de 25 cl par jour. Je vais vous faire grâce de la composition de cette boisson, qui, pour donner de l’énergie, n’hésite pas à faire de la chimie un art majeur.

Du côté du PS c’est un peu le même principe car la nouvelle union des laborantins associés contre Ségolène Royal rêve d’une mixture politique qui tire aussi sur le rouge mais concernant ce nouveau « Red – PS » il convient tout de même de s’interroger sur sa composition chimique qui, élaborée par quelques œnologues rémois, est potentiellement en passe de proposer aux français un précipité qui à terme risque de faire, comme disait l’autre, « pschitt » !

Le « Red PS » proposé à la commercialisation est, il faut le dire, d’une rare complexité chimique. En voici le détail

  • 18% d’acide Lillois régénéré de Modem peu nocif provenant de jardins ouvriers.
  • 5,7% de Jospinine
  • 9,3% de précipité de Delanoë traité à la caféine
  • 17% d’eau gazeifiée provenant des monts Fabius
  • 1% de vitamine Utopique plus connue sous le nom de vitamine F.
  • 3,5% de Rocardo-glucose
  • 2,5% de saccharose-nomadique connue dans le grand public sous le nom de « Montebourienne »
  • 21% de colorants « Red plus » Emanuellohamontiques avec quelques traces de Melenchonite.
  • 0,3% Moscose, anti-dépresseur qui pris à une si petite dose est sans effet
  • 1% de Cambédélices
  • 1% de « Jack-Jack » sorte de précipité de vote constitutionnel difficile à doser

Le reste étant constitué d’une série d’acides très instables dont le célèbre « pot hollandais » célèbre dans les milieux cyclistes. J’espère que maintenant vous comprenez pourquoi tout cela fait peur et pourrait provoquer à brève échéance des troubles majeurs du comportement, et à plus long terme une issue fatale. En quelque sorte « Red mort ».

Lyon, le 21 novembre 2008.

20/11/2008

Khadda

Khadda.jpgCela fait maintenant dix-sept ans que Mohammed Khadda, figure emblématique de la peinture algérienne est décédé et c’est avec une grande satisfaction que les Lyonnais apprendront qu’une série d’expositions et de conférences sont proposées à partir d’aujourd’hui jusqu’au 13 décembre. En effet sous la houlette de l’association France-Algérie Rhône-Alpes, la Galerie Françoise Souchaud, la Fondation Bullukian et l’Université Lyon 2 proposent conjointement deux expositions consacrées au peintre, l’une concernant ses peintures à la Fondation Bullukian, l’autre présentant ses aquarelles à la galerie Françoise Souchaud. Dans la même période deux importantes conférences, l’une consacrée au métissage et à la modernité, l’autre à la complexité du champ culturel algérien baliseront ces quelques semaines qui focaliseront notre attention, non seulement sur l’œuvre de Mohammed Khadda mais au-delà sur l’art et les artistes en Algérie.

Pour revenir à Mohammed Khadda, on ne mesure pas toujours de ce côté ci de la Méditerranée l’apport de ce peintre majeur à la culture algérienne mais aussi, au-delà de la force et de l’importance de son œuvre, la référence qu’il est de plus en plus pour les jeunes générations artistiques d’aujourd’hui.Comme l’écrit Zohra Perret, l’une des inspiratrices de cette manifestation et Présidente de l’Association, « Mohammed Khadda constitue la pierre angulaire de la peinture algérienne contemporaine qui offre aux générations futures la liberté de porter sur l’univers esthétique un regard mobile et subversif qui s’ouvre à l’énigme du réel ».

Occasion unique de découvrir une partie de l’œuvre du plasticien, ces manifestations entendent aussi, comme l’écrit toujours Zohra Perret, de « s’interroger sur nos cultures métissées devenues expression contemporaine de sociétés modernes aux prises avec la menace des replis communautaires et des idéologies closes ».

Contacts :

  • > Association France Algérie Rhône-Alpes (afa.rhonealpes@orange.fr)
  • > Fondation Bullukian (26, place Bellecour, Lyon 2ème, Fannyrobin@bullukian.com)
  • > Galerie Françoise Souchaud (35, rue Burdeau, Lyon 1er, contact@galerie-souchaud.fr)
  • > Université Lumière Lyon 2 (18, Quai Claude Bernard, Lyon 7ème, bonn.charles@gmail.com)

Lyon, le 20 novembre 2008.

19/11/2008

Et pendant ce temps là, la méditerranée

62471589uj4.jpg« Et pendant ce temps là, la Méditerranée joue avec les galets » déclamait une chanson de Gilbert Becaud, je crois, car il me souvient de l’écouter en un temps où je portais des culottes courtes pas seulement l’été au bord de la plage, un temps où la date de mon anniversaire passait « comme une lettre à la Poste » ce qui ne fût pas le cas ce week-end. Certes Reims se situe loin de la Méditerranée mais il s’y passait des choses qui n’ont pas ébranlé le rythme des océans et des mers réunies. On s’y est allégrement étripé au nom des valeurs de gauche, une gauche qui ces deux derniers siècles, ou presque, a fait vibrer le peuple au rythme des espoirs qu’elle portait et des actions qu’elle menait. On y chantait même des chansons révolutionnaires jusque dans les congrès. Deux siècles ou presque parce que le rêve s’est éteint en 1983 lorsque François Mitterrand à peine élu lui a imposé une real-politique qui l’a engoncée dans les travers de ce capitalisme dont le premier secrétaire du congrès d’Epinay avait juré du haut de la tribune que pour être socialiste il fallait rompre avec ce système. Bien sûr il est inutile de ressasser le passé car, comme le disait Héraclite : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». Il n’en demeure pas moins que le PS d’aujourd’hui bégaye son histoire ce qui ne clarifie pas les choses. Car la question centrale qui se présente à lui et de savoir s’il s’engage dans un renouvellement du jeu politique national, ce qui suppose d’aller au bout du processus et afficher la perspective d’un bi-partisme à l’anglo-saxone plus proche du parti démocrate de Barak Obama que du parti socialiste de Jaurès. Dès lors il faut accepter de transformer les militants en supporters et s’adresser directement à eux en chuintant les processus de réflexion et de décisions toujours en vigueur. Un parti qui s’installe dans la société capitaliste avec la volonté de l’amender ; sans plus. Ou bien, maintenir valeurs et méthodes jusqu’alors en cours tout en affirmant plus clairement un discours de rupture. Le pire serait en tout cas un éternel compromis dont on a vu depuis onze ans qu’il ne menait qu’à l’impasse et pourtant c’est bien ce qui risque d’arriver, et pendant ce temps là, la Méditerranée continuera de jouer avec les galets.

Philippe Dibilio

Lyon, le 19 novembre 2008.

18/11/2008

La "liberté" de Nicolas

leger1.jpgJ’enrage du détournement grossier de sens de ce mot que, quotidiennement, Nicolas Sarkozy détourne. Il parle, il parle, il parle…

Il parle de la « liberté » de prendre sa retraite à 70 ans, quand Eluard écrit

Sur les marches de la mort - J'écris ton nom

Il parle de « libre » concurrence entre cliniques privées et hôpitaux publics, quand Eluard écrit

Sur la santé revenue - Sur le risque disparu - Sur l'espoir sans souvenir - J'écris ton nom

Il parle de la « liberté » de travailler le dimanche, quand Eluard écrit

Sur le pain blanc des journées - J'écris ton nom

Ah cette fameuse « liberté » de travailler le dimanche ! Et remarquez la constance dans le procédé : phase 1, un sondage bidonné : « travailler le dimanche est payé davantage qu’en semaine [comme en ce moment j’ai du mal à joindre les deux bouts, ça tombe plutôt bien]. Si votre employeur vous proposait [une proposition ça se discute, faut voir] de travailler le dimanche, accepteriez-vous ; qui paraît dans un journal ami sous le titre : « Les Français sont favorables au travail du dimanche à 67% » alors que lorsque l’on examine les réponses, la moitié des personnes interrogées n’est disposée à travailler le dimanche que de temps en temps (et encore n’a-t-on pas interrogé l’ensemble des actifs risquant de devoir travailler le dimanche car la réponse aurait certainement été différente) - Phase 2, on martèle avec la rhétorique populiste habituelle chère à Nicolas "Pourquoi continuer d'empêcher celui qui le veut de travailler le dimanche ? »  – phase 3 on recule un peu devant la bronca, mais on va quand même dans le sens habituel de la liberté du renard dans le poulailler pour annoncer que l’on ne va autoriser l'ouverture le dimanche que dans 4 grands bassins urbains, dont Lyon !

Comme l’écrit Eluard, trahi lui aussi :" Et par le pouvoir d'un mot - Je recommence ma vie - Je suis né pour te connaître - Pour te nommer - Liberté".

Jean-Paul Schmitt

Lyon, le 18 novembre 2008.

17/11/2008

Socialistes sous observation

logo PS.gifC’est donc les militants socialistes qui vont devoir réussir là ou le congrès de Reims a connu l’échec. Face à l’impossible synthèse nocturne et à l’absence d’accord entre les quatre principales motions, le vote qui interviendra en fin de semaine dans les sections sera donc décisif. Telle est la réalité.

En effet, en face de la raideur d’un trio Aubry – Delanoë – Hamon, par ailleurs inopérant pour tracer la moindre voie commune, les multiples tentatives de Ségolène Royal pour trouver une synthèse ont été combattues d’arrache pied au point que l’on se demande pourquoi ce qui était depuis des semaines de l’ordre de la nuance est devenu à Reims de l’ordre du rédhibitoire. La réalité est ainsi faite.

Jeudi, les adhérents vont donc voter. Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour admettre que si un(e) premier(e) secrétaire n’émergeait pas lors de ce vote du 20 novembre, le scrutin de deuxième tour du lendemain risquerait de se révéler à très haut risque pour le PS avec la reconstitution perverse d’un front anti-Royal agrémenté des petits arrangements traditionnels entre chefs à plumes.

Ce matin, à quatre jours de ce vote, inutile d’indiquer que les électeurs socialistes, d’où qu’ils viennent dans le précédent débat de motions, seront sous observation de la part des Français. Ils seront donc, dans la perspective de remobilisation unitaire formulée par Ségolène Royal devant le congrès, conscients de vivre une situation proche du point de non retour, le pire étant devant nous, si la querelle Rémoise se perpétuait le lendemain. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. Si jamais un second tour s’imposait le vendredi, veille du troisième du samedi destiné à installer la direction nationale, l’heure des combines artificielles reviendrait au galop avec, cette fois-ci un effet dévastateur démultiplié.

Alors que pour les Français, ceux de gauche comme les autres, la nécessité est bien de construire une grande alternative républicaine et sociale face à Sarkozy, soyons certain qu’un épilogue aussi désastreux creuserait encore plus le fossé qui les sépare de socialistes plus préoccupés à leur yeux par leur jeu interne que par la mobilisation contre la crise épouvantable qui les frappe.

En se saisissant des éléments de convergence proposés à Reims par Ségolène Royal les militants socialistes disposent encore des cartes pour construire ce parti neuf et combattant que le congrès de Reims devait remettre sur les rails. Ils ont quelques jours pour réfléchir à la question.

Lyon, le 17 novembre 2008.

 
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