Avertir le modérateur

08/11/2008

Le grand (jeudi) soir ?

850-179e7a.jpgDans Le Monde 2, livré le lendemain du vote des adhérents socialistes, figure un entretien avec Michel Rocard qui ne peut que prêter à sourire. A la question « Qui souhaitez-vous voir accéder à la tête du Parti » l’ancien premier ministre répond « Bertrand Delanoë. D’abord parce que c’est un fervent européen et qu’il est le premier à avoir dit sans ambigüité qu’il était un socialiste libéral. Ensuite parce qu’il a directement présenté son projet aux adhérents sans magouiller pour faire signer tel grand responsable local en pensant que les membres du parti, localement, suivraient automatiquement leur chef. C’est au contraire la tactique qu’à choisie Martine Aubry. A mon avis cela risque de lui porter tort ». Vous connaissez la suite et chacun peut désormais prendre acte du résultat et Rocard profiter d’une retraire méritée.

Nul ne sait exactement de quoi sera faite la semaine qui s’annonce mais une chose est désormais certaine, appuyé par les Rocard, Jospin et autres Vaillant, exit Bertrand Delanoë qui vient ainsi de sonner le Tocsin d’un certain archeo-jospinisme. Exit aussi Jean-Luc Mélenchon dont on doit saluer la décision de quitter le parti. Adieu aussi aux vieilles lunes, aux autruches, à quelques donneurs de leçon et à bien des aveuglés.

Au soir du vote de jeudi les commentaires fusaient. Les uns voyant dans cette tempête militante une volonté de changement ou d’émancipation, les autres réaffirmant, ce qui est un des fondamentaux des défaites, le désir de continuer le combat. Il n’empêche que les socialistes, tous les socialistes, doivent se convaincre que ce vote, aussi important soit-il, ne règle en rien les questions soulevées lors de ce débat de Congrès. Comment remettre au travail PS ? Comment le rénover ? Comment et avec qui le diriger ? sont autant d’éléments qui continuent à être têtus et donc à s’imposer à vous alors qu’un contexte détérioré et aggravé s’offre aux Français. N’en déplaise à Bertrand Delanoë mais aussi à Martine Aubry la parenthèse présidentielle qu’ils souhaitaient ouvrir à Reims se referme avec ce vote militant. C’est donc bien d’un Congrès de rénovation et non de présidentialisation dont les socialistes, la gauche et les Français ont besoin. Espérons que désormais chacun en est persuadé.

Lyon, le 8 novembre 2008.

 

Commentaires

il va bien falloir que le ps se mette au boulot et que cessent polémiques et attaques visant segolene.Vous ne parlez pas de hollande. Personnellement je le trouve "tres moyen" apres ce vote.Qu'il se retire et laisse faire les choses.Petite question subsidiaire, melenchon abandonne t-il aussi son poste de senateur ps? je vous souhaite bien du courage.

Écrit par : sabine | 08/11/2008

Rocard qui fut rénovateur se fait rhabiller par les rénovateurs. Et, oui, il faut faire attention, on est toujours le rénovateur de quelqu’un et le rénové d’un autre.

Le système est à bout de souffle. Une abstention de 45% sur un scrutin de Congrès, et un Congrès qui a beaucoup mobilisé d’énergie pose question.

Je ne suis pas le seul à dire que le texte des trois motions qui font 80% sont interchangeables. Sacrilège ? Je ne crois pas. Imagine les militants qui viennent voter et il n’y a que le texte de la moton. Pas le titre, et pas les signataires : désarroi total. Et pour la différence entre ces trois motions arrivées en tête, le vote se fait à 99% sur le présidentiable plus ou moins caché, et à 1% sur le contenu. Tout le reste c’est du bla bla. Les ambitions au frigidaire… Quand même ! Elle ne pense qu’à la présidentielle, comme son équipe. La question de l’alliances avec Bayrou comme ligne de partage du Congrès, c’est du balourd. Bayrou et son parti éclaté sont ingérables, et personne ne sait là où il en sera dans quatre ans. Quand la victoire pour le second tour est là, on prend ce qu’on trouve, et je n’ai jamais vu qu’une motion de congrès freinait les ardeurs. Mitterrand avait entre les deux tours en 1981 pactisé avec les monarchistes. Pourtant, la question avait été débattue au Congrès de Metz.

Ce ne sont pas les idées qui sont en cause. Ce sont uniquement des pb de personnes, avec des questions très interrelationnelles. Qu’Aubry, alliée à Fabius, soit une meilleure interlocuteur pour Ségo que Delanoë allié à Hollande, il faudra m’expliquer la teneur politique !

Les questions de personnes amènent vite à choisir le moins pire. J’avais soutenu Ségo aux présidentielles pesant que c’était l’opportunité de sortir de l’immobilisme PS. Je n’oublie pas la catastrophe qu’a été la campagne présidentielle, et les créatures insaisissables qui sont devenues les piliers du Ségolènisme triomphant. Et plus récemment, c’est la consternation entre le show illégal du Zenith, le remboursement des cotisations, et une extraordinaire interview sur la crise financière aux Echos. Grand moment ! Je te rappelle aussi son livre de post campagne expliquant gentiment qu’elle avait soutenu plusieurs points auxquels qu’elle savait infaisables, à commencer par le niveau du SMIC.

Je pense aussi que la priorité était de couper les élans de « désir d’avenir » est autre salades, car ce ne sont là que des catastrophes annoncées. L’idée « pacifique » de Collomb était défendable, vu l’ambiance. Prendre le risque de remettre Ségolène dans le circuit … Je crois que c’est une grande erreur. Grosse addition à prévoir.

Il n’y a hélas aucune rénovation dans notre vieux parti. La question de fond est l’économie : quelle place face au marché ? J’observe qu’à l’heure du grand rendez-vous, celui de la crise financière, DSK a approuvé le plan de Sarko, et personne n’a rien eu à dire dans le PS. Sauf Ségo, mais c’était délirant. Alors,…

Et pour ce qui est des « nouvelles manières de faire de la politiques… à d’autres ! Les 83% pour Ségolène dans le 9° sont le résultat d’un intense débat d’idées, je n’en doute pas.

Ségo, candidate sortante, avec 15% des adhérents qui votent pour elle, qui se retrouvent aux manettes. Un leurre qui ne fait qu’enfouir les pb à traiter. Je pense aussi que ce vote nous a fait reculer.

Écrit par : gilles devers | 09/11/2008

pour Mitterand et les monarchistes, manque une négation, bien sur. Toutes les personnes présentes à Metz auront rectifié.

Écrit par : gilles devers | 09/11/2008

c'est encore une fois le tss (tout sauf segolene) qui se prepare. L'impression que le ps marche sur la tete.L'instinct suicidaire?

Écrit par : ed | 10/11/2008

@gilles

"... Je pense aussi que ce vote nous a fait reculer ..."
Tu es amer !
Le train se met en route laissant un terrain dévasté de 2 ans de combats où se sont affrontés des Goupies, des Cassandres et des Graques.
Il faut monter dans le train car la feuille de route est ok. Nous le savons, la réalité est complexe, mais entre l'étendard de la Transparence et celui de la Clarté, les militants ont saisi le second et se sont mis en marche. Je ne resterai pas sur le quai.

Écrit par : jbdivry | 12/11/2008

Amertume ? Que néni ! je suis trop amateur dans ce domaine pour gouter de l’amertume.

J’avais soutenu Ségo pour les présidentielles, persuadé de la nécessité de bousculer le parti, pour le faire sortir de sa torpeur. Mais, ce qui s’est passé ensuite m’apparait en dessous de tout. Non sérieux. Aussi, qui peut conduire la rénovation ? Je n’en sais rien. Mais, remettre Ségo dans le circuit complique singulièrement le jeu.

Rester à quai ? ce n’est pas le genre de la maison.

Écrit par : gilles devers | 13/11/2008

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu