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31/10/2008

Obama mixtape

small_obama_image.jpgL’essentiel de ma journée va être consacrée à faire le voyage retour de Erevan. Difficile donc de m’embarquer dans de savantes dépressions sur l’actualité sachant que nul quotidien français, même avec retard, est disponible en Arménie. A propos de presse, je lisais à l’aller que la liste des artistes et en particulier des musiciens soutenant McCain était proche de la disette. Mis à part Burt Bacharach, quelques redneck de la country comme le rejeton de Hank Williams, l’impayable Ted Nugent, Pat Boone et, si je me souviens bien, l’ex-Nirvana Krist Novoselic supporter il fût un temps de Mitt Rommey, pas grand monde à se mettre sous la dent pour un McCain qui peut bien dénoncer les élites qui soutiennent Barrack Obama.

Dans l’autre camp il y a pléthore. Aux côtés des Sprinsteen, Mickael Stipe, Barbara Streisand, Paul Simon, Jackson Browne et autres Sheryl Crow la plupart des vedettes du Rap sont de sortie pour soutenir le candidat démocrate. C’est en vérité une grande première et clips de soutien, consignes de vote et appels pour s’inscrire sur les listes électorales convergent vers Obama même si de temps à autre le probable vainqueur démocrate se passerait bien d’intempestifs propos venant des milieux du hip-hop comme celui de Ludacris ayant traité Hillary Clinton de « bitch ». On ne se refait pas. Russell Simons et Green Lantern proposent un « Obama mixtape » qui cartonne sur le net. Cliquer ci-dessous pour l'écouter:


podcast

Erevan, le 31 octobre 2008

 

30/10/2008

Heureux qui comme Ulysse …

coureur.jpgIl suffisait dimanche dernier de lire le JDD et en particulier l’article de Virginie Le Guay pour se convaincre que nous avions beaucoup de chance d’avoir un Président comme Nicolas Sarkozy capable d’enfiler les fuseaux horaires comme d’autres les perles. Pour nous convaincre des exploits présidentiels, le célèbre quotidien du dimanche nous compilait même les miles parcourus par le petit Nicolas depuis le milieu de l’été. Pékin (24 000 km), Kaboul (11 000 km), Moscou (5 000 km), New York (11 000 km), Camp David (12 000 km) sans oublier la dernière randonnée pékinoise, soit au total 30 voyages en France et à l’étranger depuis les J.O.
Pour moi qui arrivait lundi soir usé à Erevan autant vous dire que notre Président est un exemple même si lui, quand il débarque dans un aéroport, ne poireaute pas une éternité pour obtenir un visa et changer quelques euros. Alors, comment fait le Président pour être toujours en bonne forme malgré ce va-et-vient incessant autour de la planète ?
Comme vous le savez le jogging est le premier des secrets de notre homme. Doté depuis quelques temps d’une coach amie de Carla Bruni qui lui conseille du « fractionné » deux fois la semaine, Nicolas Sarkozy est un peu notre Zatopeck.
Deuxième règle, pour le président qui aime tant voir les Français travailler plus, il s’agit paradoxalement d’en faire un peu moins. C’est ainsi que les rendez-vous quotidiens du président sont passés de vingt à sept au maximum. Pour son entourage, ce temps gagné s’appelle un « espace d’aération », un gain utilisé pour téléphoner ou fumer un cigare. Côté nourriture, on tente bien entendu de nous expliquer que Nicolas Sarkozy n’est absolument pas boulimique. Le régime présidentiel officiel est donc composé de fromage blanc et de pommes, jamais d’alcool et encore moins de chocolat comme certains se plaisent à le dire.
Jogging, plages d’aération, régime de sportif de haut niveau composé de viande blanche, de poisson et de légumes, il semblerait que même Claude Guéant veille sur le bide présidentiel en faisant , nous dit le JDD, « la chasse aux calories ». Cette vie disciplinée s’organise en 3 temps : lever à 7 heures, départ de l’Elysée à 20 heures, coucher à minuit. D’ailleurs explique le décidemment très précis journal, Sarko doit dormir au moins 7 heures par nuit et il profite de ses longs voyages en avion pour « faire ses nuits » (sic !) comme un bébé.
Résistant au stress et aux décalages horaires, Nicolas Sarkozy est donc, ce qui nous rassure, plus qu’à la hauteur de la situation. Si avec tout ça on ne réforme pas le système capitaliste, c’est à désespérer.

Erevan, le 30 octobre 2008

29/10/2008

Eléments concordants

michel mercier.jpgIl est une rumeur qui reprend vigueur, c’est celle consistant à prévoir pour la seconde partie du mois de janvier le remaniement ministériel tant attendu par Michel Mercier. Mais pourquoi y prêter plus d’attention aujourd’hui qu’hier, me direz vous? Peut être parce que, comme on le dit dans le langage policier, des éléments concordants apparaissent à l’horizon du calendrier politique.

En effet, c’est en janvier que la France passera la main de la présidence de l’Union Européenne ce qui ramera l’attention sur la situation politique intérieure. Par ailleurs, le Congrès de l’UMP aura lieu dans les mêmes eaux et, on le sait Nicolas Sarkozy veut débarquer Devedjian du secrétariat général au prétexte qu’il a du mal à faire tourner la machine, notamment face à un Jean François Coppé qui s’appuie avec efficacité sur le groupe à l’assemblée nationale, qu’il préside, pour occuper le terrain. Dans le même temps Sarkozy veut faire un peu de ménage dans un gouvernement où la cacaphonie est de mise et l’art de la boulette aussi. C’est donc en s’appuyant sur ses sept super ministres que le Président de la République va jeter les bases de l’ossature de son prochain conseil des ministres. Mais ce sera aussi le temps des récompenses. Et Michel Mercier attend la sienne eu-égard aux bons et loyaux services qu’il a rendu en sa qualité de président du groupe centriste au Sénat au moment du vote de la réforme constitutionnelle. Et, là encore l’opportunité est au rendez-vous puisque la loi qui autorise un sénateur devenu ministre à redevenir sénateur au terme de son passage au gouvernement rentrera en vigueur également autour du vingt janvier. Les voilà donc les éléments concordants. Michel Mercier le sait et force le destin en donnant de sérieux gages à Nicolas Sarkozy. Sur la réforme des collectivités tout d’abord pour dont il apparaît soudainement comme un partisan, y compris sur le point consistant à réduire le champ des départements. Sur le plan de l’organisation politique également.

Quand François Bayrou fait pencher son discours à gauche en déclarant comme en fin de semaine à Roubaix : « Sarkozy assume le capitalisme, moi je ne pense pas que c’est un modèle pour la France, je ne crois pas dans la distinction entre une capitalisme financier mauvais et un capitalisme industriel vertueux. Mon modèle est humaniste. Tout ne se résume pas à la production et à la consommation ». Qui dit mieux !

Mercier tient absolument à se distinguer de tels propos, c’est pourquoi il s’est approprié l’idée de Jean-Luc Da Passano de créer dans le Rhône le Rassemblement des Démocrates une structure refuge pour tous les centristes qui ne tiennent pas à s’identifier au Modem de Bayrou et qui conservent ainsi leur positionnement à droite. Bref, Mercier est prêt, seul problème pour lui il aura du mal à avoir le ministère de la Justice qui risque de revenir à Devedjian, Sarkozy lui devant bien ça.

Philippe Dibilio

28/10/2008

Dati, une justice à prix discount

dati.png

Ce matin, réveil difficile. Je cauchemarde encore. Impossible d’émerger d’un speed dati avec Rachida. Cela fait des jours que j’essaye de me réveiller de ce mauvais rêve. Même en déjeunant, les images continuent à couler et prennent plus de temps à se dissiper que ma tartine n’en met à se déliter dans le café crème qui, sans que je m’en rende compte, me rince les doigts.

Un rêve plein de hurlements. Je vous en raconte quelques éclairs. Peut-être que cela sera ma thérapie. Cela commence par un rendez-vous avec Rachida Dati. Déjà rien que cela, me direz-vous c’est mauvais signe et aurait dû m’alerter et me réveiller en sursaut.

Bon, bref, elle m’a donné rendez-vous à Metz, mon pays d’origine. Pour être disponible, elle a fait donner son chef de cabinet face aux délégués des gardiens de prison. Leurs hurlements m’arrivent curieusement depuis Paris : «Votre ministre, elle se fout de nous ! ». À Metz, elle a décidé de s’inviter dans une rencontre avec des magistrats. Là aussi, ça hurle.

Comme les robes d’hermine fripées l’ont quitté plus tôt que prévu, elle me rejoint.

On est installé – le rêve est décidément glauque – au fond d’un vieux bar du quartier Saint Louis. Je m’attends à ce qu’elle me parle des choses qui sont si importantes pour elle : sa grossesse, ses escarpins Dior ou son amitié avec Nicolas, mais elle me raconte des contes de sa Mère Loi. Elle dit que tout plein de méchants racontent des choses fausses sur ses prisons dont seulement 6% sont surpeuplées. À ce moment-là, Georges, mon instituteur, se dresse comme un di

able derrière elle et me dit en me regardant d’un œil sévère : « Problème : soit 231 prisons en France. Si seulement 86 sont occupées à 100% ou moins, quel est le pourcentage des prisons surpeuplées ? Vous avez 5 minutes».

 

Jean-Paul Schmitt

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27/10/2008

Motion

Je m'envolle aujourd'hui pour Erevan afin de poursuivre le travail concernant le jardin de Lyon qui va être réalisé dans l'arrondissement d'Erebonni. Au PS, pendant ce temps, la surchauffe est patente car la semaine prochaine, plus précisemment le jeudi 6 novembre, les militant(e)s vont se déplacer de 17h à 22h dans leurs sections afin de voter pour l'une des motions soumises pour le Congrès de Reims qui se déroulera les 7 et 8 novembre. Inutile de dire que cette échéance devrait être cruciale tant les capacités d'action et l'image du PS se dégradent. Comme vous le savez, signataire de la contribution "La ligne claire", je me suis engagé derrière la motion E dont le premier signataire est Gérard Collomb.

Souvent on m'interroge sur mon choix et on me demande quelles sont les orientations principales de cette motion. Une courte synthèse vallant mieux que de nombreux billets sur mon blog, voici les principaux axes, ici résumés, qui permettent à celles et ceux qui, socialistes ou non, entendent mieux comprendre les enjeux de ce prochain Congrès. Cliquez ci-dessous et vous en saurez plus.

Motion E.jpg

Invit Peillon.jpgVincent Peillon.jpg

26/10/2008

Emil

Jean Echenoz - courir.jpgEmil. Non je ne compte pas vous parler aujourd’hui du mythique chanteur du groupe Images, auteur du célébrissime « Capitaine abandonné ». Juste quelques lignes en ce dimanche pour vous dire deux ou trois choses de « Courir » de Jean Echenoz, ouvrage consacré au champion Emil Zatopek, le Tchèque le plus rapide à l’Est de l’Ouest. Un dératé dégingandé, un oublié.

En lisant ces 130 pages sur ce coureur abandonné qui vous apporteront plus de plaisir qu’un jogging du dimanche, vous serez bercé par le souffle d’Emil au point d’épouser la foulée parfois peu orthodoxe d’un acharné des kilomètres enchaînés les uns aux autres. Attention, Echenoz est un écrivain, un grand, rien à voir donc dans son bouquin avec les morceaux de bravoure que les journalistes sportifs se sentent le besoin de produire au kilomètre. Avec Echenoz ce n’est pas de « l’Equipe » dont il s’agit, mais bien de littérature. Vous allez courir, courir et encore courir aux basques d’Emil sans jamais le rattraper. Comme l’écrivait Pierre Lançon dans Libération, « l’écrivain évoque à la perfection les moments où l’on s’élève, où l’on s’isole, où l’on s’éloigne ». Le chroniqueur de Libé ponctuant son article en disant que « Courir est un livre sur l’innocence ».

Je sais bien que parfois dans notre pays il est plus facile d’acheter le dimanche un canapé qu’un livre. Sauf si vous habitez loin de tout, vous trouverez bien une Maison de la Presse ou un kiosque de gare SNCF pour vous procurer ce « Courir » de Jean Echenoz. En arrivant essoufflé(e), articulez-bien cette petite phrase en reprenant votre respiration. « Bonjour Madame » (ou Monsieur, c’est selon), « je voudrais courir de Jean Echenoz, c’est aux Editions de Minuit et ça coute d’après ce qu’on me dit 13,50 euros ». Avec un peu de chance le vendeur de journaux vous dira peut-être, « Ah ! Oui, Echenoz, le type qui avait écrit Ravel il y a quelques temps ». Bon dimanche à toutes et à tous.

Lyon, le 26 octobre 2008.

25/10/2008

Spontaneous

SPONTANEOUS.jpgC’est donc devenu une sorte de tradition. Chaque année pendant les vacances de la Toussaint, « Spontaneous », le Festival lyonnais d’improvisation occupe le devant de la scène pour le plus grand bonheur de tous. Pour cette quatrième édition, je devrais faire ceinture puisque dès lundi je serais à Erevan. Raison supplémentaire peut-être de vous convaincre de fréquenter cet évènement hautement hygiénique dans la situation actuelle.
« Spontaneous » c’est tout à la fois des soirées et des séances « défi-jeune » qui s’égrainent du 29 octobre au 1er novembre. Les soirées débutent toutes par les « Kinos » du jour puis laisseront place à une Comédie Musicale Improvisée (le 29, Rail Théâtre), les improvisations clownesques d’Howard Buten (le 30, Salle Rameau), les solos de guitares improvisés de Sylvain Luc (le 31, salle Rameau) et les 12 heures d’impro non-stop (le 1er, Rail Théâtre).
« Spontaneous » c’est donc aussi le projet Kino c'est-à-dire des films tournés dans la journée par des réalisateurs invités du festival et présentés chaque soir au public. Les contraintes de tournage sont à la fois simples et folles puisqu’il s’agit par exemple de réaliser un film « sans voir les visages », de tourner « dans un ordre non-chronologique » ou bien de se voir imposer « une couleur dominante ».
Par ailleurs, chaque jour, pendant la durée du festival, le Rail Théâtre accueille un « défi jeune » en donnant une carte blanche chaque après-midi à Johanne Lapierre (Québec), Yann Berthelot (France), Maud Lefèvre (Belgique) et Christian Baumann (Suisse).
Avec « Et Compagnie », l’équipe support de Spontaneous Festival, Lyon continue d’être une place forte de cette passion pour l’impro. Avec les « Catch-impro » du mardi (Espace Gerson), la Coupe du Monde de Catch qui cette année va réunir salle Rameau la crème de l’improvisation francophone les 6 et 7 mars 2009 et le « Spontaneous Flamenco » de juin prochain, la cité rhodanienne peut se montrer fière de cette équipe de 22 comédiens qui organise ce Spontaneous 4ème édition.

  • >« Spontaneous », du 29 octobre au 1er novembre, Réservations au 04 78 28 50 83 et renseignements sur le site du festival

Lyon, le 25 octobre 2008

24/10/2008

Le Havre

le_havre_1.jpgJe suis depuis avant-hier soir au Havre pour participer aux traditionnelles Rencontres Nationales des Agences d’Urbanisme. Dans ma jeunesse le Havre était un bastion communiste inoxydable abandonné depuis à la droite mais aussi la tête de pont de nos rêves vers l’Angleterre et sa musique. Little Bob, le rockeur local est peut-être l’artiste que j’ai le plus vu sur scène, dans les MJC caennaises lors des années soixante-dix débutantes et même en première partie d’Eric Burdon à la Bourse du Travail. Ecoutez Little Bob et en particulier son « Live in the Dockland » enregistré au Havre, c'est-à-dire à la maison, pour le 30ème anniversaire de la carrière du petit Piazza en 2005. C’est juste et énergique. Juste énergique ! Les plus nostalgiques d’entre-vous pourront se délecter, en visionnant le DVD joint, de versions, après tout encore dignes, de « Midnight to six man » et « Come see me » des Pretty Things avec, s’il vous plait, deux vieux chauves, Phil May et Dick Taylor en personne.

Le Havre, pour toute une génération, c’est aussi Philippe Garnier l’un des chroniqueurs fétiches du Rock & Folk de la belle époque, l’un de ceux qui nous a fait humer l’air et les airs de l’Amérique. Ancien disquaire Havrais, Garnier était chaque mois notre officier traitant en Amérique et peu à peu les lecteurs de Libération ont pénétré les couloirs abandonnés du vieil Hollywood des séries B et les recoins magnifiques d’une littérature américaine cachée grâce à Philippe Garnier.

Les choses apparaîtront aux plus jeunes d’entre-nous comme au mieux subalternes et au pire pathétiques mais Garnier, notre grand frère américain, nous a aussi fait (re)découvrir Hammett et Bukowski, John Fante mais également un goodis mystérieux.

Reconstruite après la guerre par l’immense Auguste Perret, inscrite au Patrimoine de l’UNESCO, la ville du Havre mérite plus qu’un détour. Le Havre c’est aussi la Maison de la Culture confiée au Camarade Oscar Niemeyer, la Seine finissante, le Pays de Caux tout proche mais surtout un port .Cela étant ce n’est pas faire offense aux édiles havrais (de Duromea à Rufenacht) d’affirmer que pour nombre d’entre nous entre le Roi de la frite et les ferries pour l’Angleterre, le Havre c’est Little Bob, Garnier sans oublier Queneau et Dhorasoo. Mais je me disperse, je suis à l’Hôtel Ibis et il est grand temps d’aller débattre de l’aménagement de nos territoires.

  • > Little Bob, « Live in the Dockland », Dixie Frog.
  • > Philippe Garnier, “Les coins cassés”, Grasset.

Le Havre, 24 octobre 2008.

23/10/2008

Esprits libres

Il est temps que je parle de la nouvelle formule mensuelle de « Lyon Capitale » puisque octobre va bientôt toucher à sa fin. Par ailleurs j’avais promis à quelqu’un de l’équipe de Lyon Cap de dire sur ce blog « tout le bien » ou « tout le mal » que je pensais du nouveau né. Allons-y !

Je ne sais pas si le bébé se porte bien, entendez par là de savoir si ses parents adoptifs seront en capacité de subvenir à ses besoins, mais je dois dire avec plaisir que le nouveau rejeton de la famille « Lyon Capitale » est un beau bébé, bien blond comme dans la publicité, avec sa bonne mine, un brin de surpoids, mais malgré quelques traits de caractère qui semblent congénitaux, un bambin qui fait plaisir à voir et donc à parcourir.

A lire certains articles, et c’est après tout bien normal, on pourra s’étouffer ou pouffer de rire notamment en lisant les propos de cet économiste qui, citant d’entrée Engels, taille un costard à la cité lyonnaise accusée d’usurper un titre de « cité internationale ».

Venant d’un professeur d’Université je dois vous confier que le coup est rude, sûrement pas bas, juste rude. D’ailleurs Lyon Capitale new look donne dans sa nouvelle formule largement la parole aux experts, thésards, autorités et personnalités les plus diverses. C’est après tout peut-être cela qui correspond aux propos du Directeur des Esprits libres, « pas de journalisme prêchi-prêcha fabriquant du prêt-à-penser, pas d’articles moralisateurs et donneurs de leçons ». Si demain les journalistes de Lyon Capitale avaient donc des douleurs au poignet cela serait peut-être plus le fait de tenir un micro qu’un stylo ? Nous verrons.

A propos du nouveau Directeur qui convoque pour l’occasion Victor Hugo et Abe Rosenthal, le boss du New York Times, je veux dire, mais c’est peut-être le fruit d’un bouclage stressant, qu’il aurait été opportun d’expliquer les épisodes manquants au lecteur entre l’ancienne formule hebdomadaire et la nouvelle mensuelle. De nous confier, pas nécessairement dans le détail, mais de nous confier tout de même quelques éléments sur le nouveau repreneur et ses perspectives. Tel sera probablement le sens de l’édito du numéro 672, sachant par ailleurs que pour une fois, Lyon Capitale n’a pas décidé de mettre la photo de son repreneur à la une. C’est déjà un signe de changement.

Beau mensuel, site internet qui percute non sans franchir parfois dangereusement la ligne jaune, critique élogieuse du dernier album de Calexico et pages sur Tanger qui, pour moi qui suis ce matin au Havre, fleurent bon l’exotisme, je dois vous dire qu’en apprenant que Lyon Capitale entendait être « indépendant », « fidèle à son concept de démocratie directe », initiateur de débats et du « partage de l’information » une formule s’impose, »Elle est pas belle la vie ? ».

  • > « Lyon Capitale », mensuel, 3 euros en kiosque.

Le Havre, le 23 octobre 2008

22/10/2008

Position du Pape ou position du missionnaire ?

kupkacantique02.jpgLa seule contraception admise : lorsque le couple traverse "des circonstances graves" justifiant un espacement des naissances, "l'observation des rythmes naturels de la fertilité de la femme". Déclaration de Benoît XVI aux participants à un colloque sur Humanae Vitae.

Que, benoîtement, l’Église catholique réitère sa condamnation de la contraception me rappelle un certain autre qui, il y a peu, voulait renvoyer mai 68 aux oubliettes de l’Histoire. En effet, en 1968 aussi, un certain Paul, sixième du nom et prédécesseur du pape actuel, publiait une encyclique intitulée « La vie humaine » - vaste programme, comme aurait dit le grand Charles. Cette Humanae Vitae était établie par l’un des deux genres de la planète - le masculin bien sûr – à destination de l’ensemble de l’humanité. Ce fut un beau tollé, y compris chez nombre de Catholiques. Au cœur du propos - encore que l’emplacement physique du cœur ne soit pas très représentatif de la localisation des dispositifs contraceptifs dénoncés, non plus d’ailleurs que le slogan « À l’index, le préservatif ! » - figurait déjà cette condamnation de la contraception.

Vous me direz que les trois-quarts des Catholiques s’assoient, parfois d’ailleurs comme moi dans la position du missionnaire, sur ces recommandations d’un autre temps. Mais, après la bulle financière, avait-on besoin de faire éclater la bulle papale ? Certains rétorqueront que cette dernière fera moins mal que l’autre. Voire, si on mesure en termes d’aliénations et de morts… En tout cas, naïf, j’aurais aimé une recommandation papale moins désastreuse : dans le sud de la planète, la hiérarchie catholique a une très forte influence sur les bonnes pratiques de prévention du sida. Dans un monde où le « prêt-à-consommer » nous submerge, on aurait pu s’attendre à d’autres conseils de spiritualité et qui nous aideraient à trouver par nous-même un chemin de discernement et d’émancipation en lieu et place de cette adresse verticale et culpabilisante faite de « prêt-à-penser ».

Monseigneur Ratzinger, désormais seizième Benoit, tout de blanc vêtu, vient non seulement d’installer un nouveau cadenas sur les ceintures de chasteté, mais il condamne à nouveau fermement toute «action visant à empêcher la procréation [qui] signifie nier la vérité intime de l’amour conjugal».

 

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21/10/2008

Sifflets

fred.jpgSamedi dernier à Gerland au bout d’une heure de jeu face à Lille, Fred, l’avant centre de l’OL, est sorti pour la deuxième fois consécutive, sous les sifflets du public. Mécontent, évidemment, il en veut aux supporters si l’on en croit ses réactions du lendemain. Mais il va plus loin, « je n’accepterai pas les sifflets la prochaine fois » affirme-t-il, bigre ! et quelle riposte nous prépare-t-il ? On peut s’attendre au pire. Il a peut-être déjà téléphoné à Sarkozy pour associer son cas à celui de le Marseillaise ; dès lors le risque est grand que si Fred est à nouveau sifflé par le public le match soit interrompu. Rien n’est impossible quand on connaît la réactivité du président.

Heureusement les sifflets de Gerland ne sont pas ceux du stade de France qui n’avaient pas de rapport avec le jeu et Fred n’a rien à voir avec le symbole fort que représente la « Marseillaise ». Il n’est, au demeurant, qu’un piètre avant-centre si l’on en juge par ses dernières prestations. Rarement au bon endroit sur les phases de jeu offensif, spécialiste des passes en retrait qui relancent l’adversaire (on se souvient du quart de finale de la champion’s ligue perdu à Milan) toujours dos au but et couché sur son adversaire ce qui lui vaut nombre de coups francs et l’a mis dans le collimateur des arbitres, bref pour ma part j’attends toujours que se révèle celui que l’on nous avait présenté comme un très grand joueur en devenir, et le public de Gerland aussi. Alors il siffle car au stade, où l’on a payé cher sa place, on ne peut s’exprimer que de façon binaire : applaudir quand on est satisfait ou siffler dans le cas contraire. Ce qui, en revanche, peut paraître étonnant c’est la constance avec laquelle les entraîneurs successifs donnent du temps de jeu à Fred sauf s’ils espèrent un miraculeux sursaut qui fasse remonter la côte du joueur avant le mercato d’hiver.

En tout cas, et ce n’est pas rassurant, Fred déclare aussi : « je vais rester jusqu’à la fin de mon contrat » et pour cause il ne trouverait nulle part au monde un club pour lui assurer le salaire qu’il perçoit. Enfin les derniers mots de sa déclaration nous rassurent sur son mode de rétorsion face au public ingrat : « si on me siffle encore je ne montrerai plus rien » ce qui ne changera pas grand chose à ce que l’on connaît et qui permettra au public de continuer à siffler.

Philippe Dibilio

Lyon, le 21 octobre 2008.

20/10/2008

Arlequin

Un beau jour le beau Mario, ancien responsable de la Banque Centrale d’Argentine apprenait que Piroska, sa tendre et légitime épouse, avait franchie la ligne blanche, un soir à Davos, avec Dominique son boss. Remonté comme une pendule, Mario qui ne digère pas le fait d’être trompé, remue ciel et terre afin de se venger. Il se confie à Aleski, le représentant russe au fonds et ennemi juré de Dominique. Aussitôt, Shakour, pensant bien faire, conduit une enquête destinée à en finir avec ce triste épisode. L’Egyptien, ami de Dominique ayant avant tout pour préoccupation de sauvegarder les intérêts supérieurs du Fonds donc l’image de son boss. Las, dans son désir de faire le ménage dans le Fonds, Dominique à viré des centaines de personnes. Dans la charrette, il y a Piroska, la femme de Mario et ancienne passade du boss. Interrogée par Morgan, Lewis et Bockius, les consultants mandatés par Shakour, Piroska à beau affirmer que son licenciement n’a rien à voir avec sa liaison avec Dominique, le scandale éclate. Même le nouveau patron de Piroska monte au créneau pour expliquer que l’ancienne amie de Dominique a été embauchée en raison de ses strictes qualités, rien n’y fait. Nicolas, celui qui avait jadis appuyé Dominique pour devenir le boss fait grise mine. Les amis de Dominique quant à eux expliquent que la baudruche va se dégonfler.

  • - Vous pensez que Dominique va se sortir par le haut de toute cette histoire. Tapez réponse A.
  • - Vous pensez que Mario n’a pas dit son dernier mot et que fort de l’appui de Aleksir il va, grâce au concours de Bertrand et François, liquider Dominique. Tapez réponse B.
  • - Vous pensez que l’amour triomphera et que Dominique et Anne vont surmonter cette épreuve, laissant Piroska à Mario, pour ouvrir ensemble des chambres d’hôte en Lozère. Tapez réponse C.
  • - Vous pensez qu’il n’y a pas de fumée sans feu et que Dominique, n’y résistant plus, épousera au final la femme de Nicolas laissant Bertrand et François dans une colère désespérée, l’ancien époux de Carla décidant de renoncer comme Lionel à la vie politique préférant épouser Piroska avant de devenir banquier. Tapez réponse D.

Lyon, le 20 octobre 2008

19/10/2008

Definitely

Noel Gallagher.jpgPour tout vous dire, je n’attendais plus grand-chose d’Oasis, le groupe mancunien qui l’espace de deux albums et demi (« Definitely may be » en 1994 et « (What’s the story) Morning glory ? » en 1995) avait tracé une voie quasi patrimoniale, pas totalement originale, mais tout de même tonique dans le rock anglais. Par la suite, perdu dans la picole, la dope, la duplication scolaire et à l’infini de leurs deux premiers albums, la musique des frères Gallagher s’était abîmée dans la routine. Ceux que l’on pensait s’inscrire dans la digne lignée des Beatles, Stones, Kinks et Jam semblaient perdus pour la cause. Bien sûr, de temps à autre, quelques provocations parfois un peu lourdes mais souvent amusantes à l’égard de leurs concurrents et ancêtres venaient nous rappeler que le duo, entre deux licenciements de musiciens existait encore. Mais ça le faisait plus comme disent les jeunes.

Avec « Dig out your soul », leur nouvel et énième album, les frères Gallagher semblent reprendre les choses telles qu’elles étaient il y a plus de dix ans. Nous pouvons considérer que Oasis signe ainsi un troisième album. Les poseurs reprocheront, comme toujours, à Oasis de se situer dans un sillage agité pourtant clairement revendiqué depuis quinze ans, celui des Beatles. Quant aux grincheux, ils s’interrogeront sur un « psyche-rock » pourtant de bon aloi. Les frimeurs, jamais en manque de références datant de la semaine et invalidées par eux-mêmes lors de la suivante, ils nous expliqueront qu’Oasis est daté, convenu ou même has been.

N’en croyez pas un mot. Si vous n’êtes ni poseur, ni grincheux et encore moins frimeur, vous vous réjouirez à l’écoute de ce « Dig out your soul », définitely rock !

Lyon, le 19 octobre 2008

 

08:46 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oasis, rock, beatles, stones, kinks, anglais, callaghan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/10/2008

Coup de froid pour la saison ?

Le Pantin.gifMême si sa qualité littéraire ne saurait atteindre celle d’un Orhan Pamuk, je veux vous conseiller vivement la lecture d’un roman d’Ahmet Umit, « Le pantin », traduit du turc par Noemi Cingoz et qui entraîne le lecteur dans les pas de Adman Sozmen, un journaliste devenu suspect et rejeté, dont la vie va prendre un cours nouveau le jour ou il va retrouver son demi-frère. Ce jour là, la vie bascule pour Sozmen entraînant notre héro dans ce que l’on appelle « L’Etat profond ». Ce polar nous entraîne en effet dans les recoins cachés d’un Etat dans l’Etat, aux confins des mélanges opaques et dangereux de la politique, de l’administration et des tendances les plus glauques d’une société grisâtre.

De nombreux éditeurs français accordent de plus en plus une place de choix à la littérature originaire de Turquie. La chose est d’autant plus intéressante que de Juillet 2009 à Mars 2010 va se tenir en France une « saison culturelle turque », formulation faible pour une « Année de la Turquie ». Le lancement de cette saison devrait se passer à Lille sur le thème « Istanbul et l’Europe », le Louvre et les Galeries Nationales du Grand Palais devant prendre la suite.

Si ces manifestations entendent légitimement mettre l’accent sur le rayonnement de la culture turque et construire des passerelles entre nos deux pays, notons tout de même que des associations, à l’instar du collectif Van (Vigilance Arménienne contre le Négationnisme - www.collectifvan.org) affichent dès aujourd’hui leur volonté d’être actifs lors de cette saison.

Terre de culture et de création, la Turquie a tout à gagner dans la mise en œuvre de ce qui devrait être un instrument de promotion formidable. Autant nous pouvons nous réjouir de cette initiative, autant nous devons mettre en garde ceux qui voudraient étouffer sous l’édredon de la culture les questions qui posent problème et en disant cela je ne songe pas uniquement à la nécessaire reconnaissance du génocide des Arméniens.

Aujourd’hui les autorités turques entendent faire taire une partie importante de la presse et singulièrement les rédactions rattachées au groupe Dogan. Que l’actuel premier ministre place à la tête de la chaîne ATV son gendre, qu’il manœuvre pour contrôler via ses amis de nombreux titres dans le pays est déjà un problème mais qu’il lance des quasi fatwas pour briser la presse d’opposition n’est pas tolérable. A moins d’un an du lancement de ce bel été Franco-Turc, il conviendrait que des nuages ne viennent pas gâcher des festivités dont nous attendons tout de même la pleine réussite.

  • > Ahmet Umit, « Le pantin », éditions Le Rocher, 23 euros.

Lyon, le 18 octobre 2008.

17/10/2008

C’est comme ça

johnny_haliday.JPGC’est donc le 9 mai prochain que débutera à Saint-Etienne la tournée des adieux de Johnny Hallyday. L’ultime barnum devrait coûter au moins 15 Millions d’euros pour une vingtaine de dates, la der des ders se situant très symboliquement au Sporting Club de Monaco le 23 Juillet.
Cette apothéose est vendue par Jean-Claude Camus, le producteur d’Hallyday, comme une fiche technique. Scène de 2000 m2, 30mètres de haut, 60 mètres de long, poids de 280 tonnes. De quoi faire la nique aux Rolling Stones et autres U2. Quant au reste, comme d’habitude, chacun y trouvera ce qu’il veut bien y chercher. Les fans se ruineront en achetant les trois dates d’un stade de France déjà « Sold out », la plupart des autres se diront qu’il conviendra d’assister à ce « Tour 66 », les tickets n’étant plus définitivement valables après la sortie, people et happy few, sans oublier Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin, se débrouilleront pour assister quant à eux aux deux ou trois shows prévus dans des lieux « intimistes » (Sic!).
Côté musique, c’est bien entendu moins impressionnant que le tonnage de la scène. Le choix comme directeur musical de celui qui jusqu’ici travaillait avec Calogero et Dave fixe assez bien les limites d’une opération qui devrait faire la part belle aux années soixante-dix et au futur album confié en partie à Christophe Mae, Francis Cabrel et Grand Corps vraiment très malade. Que les dingues de Johnny se rassurent, ce « Tour 66 » n’est pas un enterrement de première classe car le rocker national a clairement affirmé, « je ne vais pas m’arrêter de chanter. Tant que je serai vivant, je serai debout».
Comme nous faisons partie de ceux qui souhaitent une très longue vie à Johnny Hallyday, en contre-partie il nous faut accepter de supporter encore pendant longtemps sa musique. C’est comme ça, na, na, na,.

Clermont, le 17 octobre 2008

 
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