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29/09/2008

Naming

Alain_Fleisher.jpgIl y a parfois des petits détails qui nous interpellent sur le cours des choses. Voyez cette rentrée littéraire. Deux bouquins touillant réel et fiction se taillent un petit succès qui laisse prévoir le pire. Leur point commun, les Rolling Stones. Le premier s'intitule "Keith me" et le second "Petit déjeuner avec Mick Jagger". Au delà du fait qu'ils transpirent tous deux des procédés moisis sur une grosse centaine de pages, ces deux dispensables ouvrages truffés de références stoniennes à doses jamais homéopathiques ne peuvent que nous interroger sur le fait que deux éditeurs, à priori sérieux, puisqu'il s'agit de Stock et l'Olivier, prennent le risque en des temps si difficiles de jouer leur crédibilité dans de pareilles opérations. Demain si on nous proposait sur les étals de nos librairies un "chez Monop' avec David Bowie" ou "l'Amant du comptable de Yoko Ono" cela ne serait pas pour me surprendre.

Alors si vous aimez les noms, les vrais noms et que vous voulez vous perdre dans un bouquin, un vrai bouquin, plongez en apnée dans un vieux Filofax élimé pour vivre une véritable aventure littéraire, celle du "Carnet d'adresses" d'Alain Fleischer. De Avelle (Noëlle), femme oubliée dont seuls les noms et prénoms caressent encore les oreilles de l'auteur à Zvenigodsky, professeur d'arts graphiques, privé quant à lui malencontreusement de prénom, Fleisher nous entraîne dans un feuilletage mêlant souvenirs du réel et oublis comme ce Bonnemaison (Michel) qualifié par l'auteur de "Sans logis dans (sa) mémoire" ou ce Brieffel (Roby), copain de lycée qui convoque automatiquement le souvenir du vieux professeur Warguier qui à l'époque, déjà si abîmé par l'âge, faisait faire cinq fois de suite la même dictée d'allemand à ses élèves. La succession de noms de personnalités et d'anonymes dans ce répertoire est un vrai bonheur pour le lecteur devenu quasi voyeur de l'intimité de Alain Fleischer. Le "Carnet d'adresses" était ma délectation dominicale au point que le "Rock'n'roll" de François Bon est encore en souffrance. C'est dire!

  • > Alain Fleischer, "le Carnet d'adresses", le Seuil, 21 euros.

Lyon le 29 septembre 2008.

Commentaires

Suite à ta suggestion sur le blog je viens de lire Le carnet d'afresses, c'est pas mal mais ça ne casse pas la patte gauche d'un canard.Même si à côté des Angot et Nothomb ce bouquin peut apparaître en course pour le nobel de littérature, il faut tout de même garder la tête froide.Il ne nous reste plus qu'à attendre dans quelques jours le prochain echenoz et là-dessus nous risquons de tomber d'accord.Chapeau pour ton blog.

Écrit par : fanta diallo | 09/10/2008

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