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31/08/2008

Go !

1496110690.jpgAprès le succès de la Convention démocrate et la désignation consensuelle de Barak Obama, la contre-offensive républicaine ne s'est pas fait attendre. En désignant comme candidate à la Vice-Présidence la Gouverneur de l'Alaska, Sarah Balin, John Mc Cain envoie deux messages distincts à l'Amérique.

Le premier, à destination de l'électorat républicain qui a porté à deux reprises Bush à la Maison Blanche, démontre qu'en choisissant la télégénique Balin, mère de 5 enfants dont deux actuellement sous les drapeaux, adversaire irréductible de l'avortement et membre de la National Rifle Association (NRA), la barre est résolument fixée à droite. Le second, à destination des électeurs orphelins d'Hillary Clinton, consiste à jouer la carte femme manière par le biais de ce ticket inédit de permettre à certains démocrates de sécher leurs larmes.

L'ouverture de la Convention républicaine risque ainsi de changer de nature. Tout porte à croire qu'en désignant Sarah Balin comme co-listière, Mc Cain s'est montré plutôt malin, essayant ainsi de limiter les effets positifs de l'étape de Denver de Barak Obama. A 66 jours de l'élection, la pré-campagne présidentielle s'achève. Les deux camps sont désormais en ordre de bataille pour en découdre et il ne nous reste plus qu'à espérer qu'Obama reprenne sa trajectoire conquérante après un été difficile, passé à patauger dans les sondages. Go Barak, Go !

Lyon, le 31 août 2008.

30/08/2008

Anniversaires

1768863310.jpgIl est encore temps ce soir, d’aller au Grand Parc de Miribel-Jonage pour le 10ème anniversaire du Festival Woodstower et puisque nous en sommes à parler bougies autant vous signaler dès à présent qu’en cette rentrée de septembre les occasions sont nombreuses de déguster les gâteaux d’anniversaires.
C’est en effet du 10 au 13 septembre que le Ninkasi-Kao fête ses onze printemps avec notamment de beaux plateaux imaginés autour des musiques du monde et des concerts avec des groupes qui se sont illustrés lors de la dernière saison sur les scènes ouvertes du Kafé.
Quatre jours plus tard, à Perrache sous chapiteau, Jarring Effects organise la 10ème édition du « Riddim Collision » du 17 au 21 septembre. Au programme le bon risque de côtoyer le très bon car, en vrac, Kaly Live Dub, le Peuple de l’Herbe, Meat Beat Manisto, EZ3KIEL et des dizaines d’autres artistes se produiront pour cet évènement majeur de la rentrée musicale lyonnaise.
Pour tout savoir sur le 11ème anniversaire du Ninkasi et en particulier les journées consacrées aux enfants et au goût, se rendre sur www.ninkasi.fr.
Concernant l’excellente édition de « Riddim Collision », il est nécessaire d’aller faire un tour sur www.riddincollision.org avant de réserver son billet sur www.digitick.com. Attention il risque de ne pas y avoir pour tout le monde.
Lyon, le 30 août 2008

29/08/2008

10ème édition

812167685.jpgC’est donc ce soir que débute sur le Grand Parc de Miribel-Jonage la 10ème édition de Woodstower avec son programme d’une grande variété avec en tête d’affiche Keziah Jones dont le nouvel album est dans les bacs lundi prochain, du reggae avec les californiens de Groundations, de la chanson française avec Amélie-les-crayons, mais aussi du hip-hop (Foreign Beggars), du rock croix-roussien (xx Mariani), le gros son de Svinkels, les belges de Zita Swoon et le très attendu « Mosquito Massala Tour-chill out ». Au total près d’une vingtaine de formations musicales occuperont la scène de ce Woodstower 2008 et une dizaine de troupes des arts du cirque et de la rue se relaieront les après-midi sans oublier l’atelier mix de l’UCPA, « Bling bling tradition », l’atelier danse hip-hop, mais aussi des ateliers « Graff », « Slam », « Cirque », « Théâtre ».

Comme à son habitude l’équipe de Woodstower propose aussi un village artisanal et associatif tout au long d’un festival qui affirme, comme toujours, son esprit écologique.

Pour tout savoir sur cette programmation et la billetterie se rendre sur www.woodstower.com. Le Sytral organise des navettes au départ de Laurent Bonnevay. Pour ce qui concerne les navettes depuis Bourgoin et Grenoble contacter www.jaspir.com et les balades en vélo depuis le pont Morand se renseigner sur www.pignonsurrue.org. Enfin les irréductibles de l’automobile bénéficieront d’un parking gratuit et comme les années précédentes une zone de camping gratuit est par ailleurs prévue du vendredi soir au dimanche matin. Bon week end avec Woodstower.

Lyon, le 29 août 2008.

28/08/2008

Dans les bras d’Edvige

1407203634.jpg

Le 1er juillet, alors que le pays s’engageait dans sa traditionnelle trêve estivale, le Journal Officiel publiait le décret instituant le nouveau fichier dénommé Edvige pour « Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale » autrement dit la généralisation du fichage des personnes de plus de 13 ans ayant « sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique » ou jouant un rôle « institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Chacun l’aura compris, nous sommes légion à pouvoir prétendre être jeté dans les bras grands ouverts d’Edvige sachant par ailleurs que « tout individu, groupe ou organisation dont l’activité est susceptible de troubler l’ordre public » a également vocation à être fiché par Edvige. Cerise sur le gâteau, l’ensemble des données confiées par la police à Edvige sont toutes à caractère personnel, sans limite dans le temps ni dans le contenu.
Cette nouvelle base de données concoctée pour le gouvernement contiendra des informations ayant trait à l’état civil, à la profession, les adresses, numéros de téléphone et adresses électroniques des personnes fichées. Photographies, signes physiques, informations fiscales, patrimoniales, judiciaires des personnes concernées et de leur « environnement » (Sic !) viendront compléter la base sans oublier le numéro d’immatriculation de leur véhicule.
Comme le précise dans son excellent blog, Maître Gilles Devers (lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr), le fichier Edvige est autorisé à collecter les données les plus intimes sur la personne fichée. En effet origines religieuses et affiliations syndicales relèvent du fichier tout comme d’ailleurs les informations sur la santé ou la sexualité c'est-à-dire autant de données, comme le dit Maître Devers, « dont on ne sait sur la base de quelles preuves ou renseignements elles sont établies ».

Même si l’accès à ce fichier est théoriquement limité aux services spécialisés, le texte du décret indique que tout « agent d’un service de police nationale ou de gendarmerie » peut « sur demande expresse » (sic !) accéder aux informations contenues dans Edvige, autrement dit n’importe qui.
Les désaccords mis en avant par le CNIL ne semblent pas effaroucher le pouvoir. Il est donc nécessaire qu’une mobilisation citoyenne et républicaine fasse valoir son refus du fichier Edvige. Déjà des recours au Conseil d’Etat sont portés par des organisations syndicales. Une pétition « Pour l’abandon du fichier Edvige » est proposée par la Ligue des Droits de l’Homme. Je vous invite à la signer:


« Non à EDVIGE »
- www.nonaedvige.ras.eu.org
- c/o Ligue des Droits de l’Homme
138, rue Marcadet – 75018 Paris.

Lyon, le 28 août 2008

27/08/2008

Ron, Sam et Randy

568706524.jpgL’été vient d’apporter son petit lot de nouveautés et en attendant le nouvel album de Cure annoncé depuis juin par un single de bonne facture, il est temps de pointer deux ou trois pépites qui risquent d’être emportées par quelques mastodontes comme Metallica, qui passera peut-être par la Halle Tony Garnier, des Frantz Ferdinand attendus au tournant, une P.J. Harvey qui revient aux affaires avec John Parish et le nouveau Brian Wilson intitulé « That Lucky old Sun ». Au rayon des soutiers du folk-rock, le divin poupon poupin canadien, Ron Sexsmith, signe ce qui doit être son quinzième album dans une indifférence habituelle. « Exit Strategy of the soul » est dans la lignée exquise de ses prédécesseurs avec une présence peut-être plus prégnante du piano et quelques accents plus latins, une partie des titres étant produits à la Havane. Sexsmith c’est un peu l’injustice incarnée. Malgré la reconnaissance quasi-éternelle de mentors référencés comme Elvis Costello, Mitchell Froom ou Bob Wiseman, Sexsmith surnage à la marge. Encore un qui connaîtra probablement un engouement posthume.

Une fois dit que Sam Phillips, elle aussi tricarde du show biz, s’est rappelée à notre souvenir avec un bon album moins médiatisé que celui de « Casse-bonbon Madonna » mais beaucoup plus respectable, passons à ce qui aurait du être l’évènement musical de l’été, le retour de l’acide et caustique Randy Newman qui malgré ses soixante-cinq ans bien sonnés est toujours au sommet de sa forme.

Dans notre pays le nom de Newman n’évoque pas grand-chose et autant dire que le Randy en question n’est pas le petit frère de Paul et encore moins le créateur d’une marque de vêtement. Bref, j’engage ceux qui découvriraient plus au moins le nom du Californien à écouter sans attendre le premier « Best of » qui leur passe à portée des mains. Cet exercice salutaire leur permettra de se délecter de « Love story », « Have you seen my baby », « Sail away », « Birmingham », « Short people », « I love L.A.” et une quantité de compositions d’exceptions qui rodent à mi-chemin entre blues, ragtime, Kurt Weil et Irving Berlin.

Bon chanteur, génial compositeur, chroniqueur caustique de l’Amérique, Randy Newman devant son clavier demeure, le cœur chevillé à gauche, un formidable dénonciateur des petits travers et des grandes trahisons. Avec son nouvel et tant attendu nouvel opus intitulé, « Harps and Angels », ce grand militant de la mélodie frappe encore à l’estomac non sans entretenir une verve adolescente. Monsieur Newman pour fêter votre grand retour nous reprenons tous ensemble, « We love L.A. »

  • . Ron Sexsmith, « Exit Strategy of the soul », Fargo.
  • . Sam Phillips, “Don’t Do Anything”, None such records.
  • . Randy Newman, “Harps and Angels”, None such records.

Lyon, le 27 août 2008

26/08/2008

Z comme Zones

1304771457.jpgLa zone verte c’est cette enclave de Bagdad située le long du Tigre, à deux pas de l’ex-Palais Présidentiel, dans laquelle les forces américaines sont retranchées.

Arrivé à Bagdad en Avril 2003, le journaliste américain Rajiv Chandrasekaran nous raconte son séjour dans la capitale Irakienne, au cœur du dispositif yankee, jusqu’à la fin septembre 2004. Près de 400 pages minutieuses, informées et parfois stupéfiantes. Paul Bremer, ex héro de la guerre de la paix imaginée par Bush, est un des personnages centraux de cette sorte de huis-clos ricain peuplé de vieux baroudeurs de l’administration des crises et d’obsédés de l’ordre. Ce petit monde en charge d’apporter le bonheur démocratique aux Irakiens passe des certitudes à une sorte de désespoir démultiplié par l’impréparation, l’incompréhension et l’isolement.

Chandrasekaran signe là un excellent reportage au cœur de cette zone verte décrivant, non sans honnêteté, une machine à produire avant tout de l’ordre, une machine coûteuse qui se grippe au rythme des déconvenues et des contradictions néoconservatrices des boss restés à Washington.

Autre sujet, autre préoccupation, autre point de vue sur l’Irak ou plutôt le quotidien des Irakiens avec le reportage d’Anne Nivat. Cette journaliste indépendante, qui intervenait aussi sur RMC Infos lors du séjour décrit dans son livre, se situe dans une démarche différente de Chandrasekaran puisque elle s’intéresse à la vie au jour le jour des Irakiens et pour une période plus proche de nous. Nivat nous guide donc dans l’univers quotidien des Irakiens et cette journaliste qui nous avait tant appris au sujet de la Tchétchénie réédite avec réussite la même démarche.

Demain nous allons reprendre le cours normal de ce blog avec de probables changements d’ici quelques semaines mais nous aurons l’occasion d’en reparler.

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  • Rajiv Chandrasekaran, « Dans la zone verte. Les Américains à Bagdad », L’Olivier, (Traduction G. Berton et R.Clarinard)
  • Anne Nivat, « Bagdad zone rouge », Fayard

Lyon, le 26 août 2008.

25/08/2008

Y comme y’a encore deux ou trois trucs à faire

174408017.jpgAujourd’hui pour la plupart d’entre nous c’est la rentrée. Sans trop en vouloir à celles et ceux qui poursuivent leurs vacances il reste encore quelques rendez-vous sympathiques. Pourquoi ne pas les y rejoindre ?
  • Du 26 au 30 août, « Jazz à Mulhouse » avec Barre Philips, Peter Evans, Axel Dörner. (www.jazz-mulhouse.org). Pass, 70 euros.
  • Le 2 septembre, Archie Shepp pour un « Jazz à La Villette »  qui accueille aussi Michel Portal (le 7) ; Erik Truffaz (le 9), Serge Tayssot-Gay et Tortoise (le 12).
  • Du 5 au 7 septembre, « Bestival » sur l’Ile de Wight (5ème édition) qui n’a rien à voir avec l’ancestrale et mythique manifestation du même nom programmée en Juin. Au programme de cette année My Bloody Valentine, Amy Winehouse (hips !), The Breeders, The Coral (acoustic Test), George Clinton. Pour en savoir plus www.bestival.net. Attention 163 euros le pass.
  • Les 12 et 13 septembre, du côté de Blayes-Les-Mines, « Summer rock Festival » avec Asian Dub Foundation, Tiken Jah Fakoly et quelques autres. Renseignements au 05 63 38 55 57 et sur www.rocktime.org.
  • Du 12 au 14 septembre à Larmer (Dorset) « End of the road Festival » avec Calexico, Mercury Rev, Kurt Wagner (de Lambchop) et des dizaines d’autres. 132 euros le pass. Renseignements sur www.endoftheroadfestival.com.
  • Du 16 au 21 septembre, « Scopitone » à Nantes avec Laurent Garnier, The Wombats, Ez3Kiel (www.scopitone.org)
  • Kill the Young et the Bishops dans le cadre du Festival des Attitudes Indépendantes (www.18enscenes.com et 01 43 41 17 11), le 18 septembre.

Je vous rappelle par ailleurs deux rendez-vous indispensables si vous croisez du côté de Perpignan et Marseille.

  • «Visa pour l’image » qui fête du 30 août au 14 septembre son 20ème anniversaire avec de nombreuses expositions (Paula Bronstein, David Douglas Duncan …) et un hommage à Jean-François Bizot et à l’Agence Sipa (autour de Mai 68). Renseignements sur www.visapourlimage.com
  • « Marsatac », du 25 au 27 septembre pour un été indien, rock et électro à Marseille avec Supergrass, Gilles Peterson, Laurent Garnier, The Notwist et beaucoup d’autres. Renseignements sur www.marsatac.com

Rendez-vous demain pour mon dernier billet de l’été.

Lyon, le 25 août 2008.

24/08/2008

X comme XXL

923101409.jpgRappelez-vous, il y a un peu plus d’un été de cela, le jogging présidentiel était quasi télévisé en direct sur LCI. Fort de Brégançon, Neuilly / Ile-de-la-jatte, vacances états-uniennes, New York City, le tee-shirt « NYPD » gorgé de sueur crevait l’écran. Fillon et Kouchner à la ramasse derrière leur chef vivaient le martyr. Depuis rideau. On n’évoque même plus les exploits quotidiens de notre Président et la transpiration Sarkozyenne ne nous fait plus vivre par procuration le dynamisme Elyséen nouveau. Changement de cap, changement de com, changement d’épouse, le tee-shirt n’a plus le même sens en cet an II du mandat.
Si hier ce vêtement basique de la tenue présidentielle hors les murs du Palais exprimait la modernité et le dynamisme, bref la rupture, aujourd’hui le tee-shirt est toujours l’objet d’une grande précaution mais à des fins nouvelles. Deux entreprises lyonnaises et avignonnaises en savent quelque chose. En ayant mis sur le marché des tee-shirts qui détournent le nom du Président pour le transformer en autant de slogans qui chatouillent manifestement Nicolas Sarkozy, les deux entrepreneurs sont actuellement en attente d’un jugement du tribunal d’Albertville. En maquillant le « O » de Sarko en cible, ces lucratives rébellions risquent de coûter gros à leurs auteurs car il convient sous Sarkozy, contrairement à ce qui se pratiquait du temps de ses deux prédécesseurs, de ne pas gratouiller l’honneur présidentiel sous peine de le voir se transformer en partie civile. Comme quoi notre Président XXL n’a pas l’esprit aussi « Large » que cela.

Lyon, le 24 août 2008.

08:11 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nicolas sarkozy, sarkozy, président, tee-shirts | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/08/2008

W comme Woodstower

1252655312.jpgSi notre W aujourd’hui doit signifier « Woodstower » il va, je l’espère, vous rappeler que W veut également dire « Week end » puisque le Festival lyonnais aura lieu en fin de semaine prochaine sur le Parc Nature de Miribel-Jonage avec un plateau artistique à la hauteur du bon esprit des organisateurs. Avec ses dizaines de bénévoles qui travaillent aujourd’hui avec acharnement le rendez-vous 2008 du Festival, jadis chassé par les autorités de la Tour de Salvagny, répondra à la curiosité de tous, loin des grandes machines qui écument l’été français. Merci de réserver votre prochain Week end aux Woodstowers.
 

> Voir le programme des concerts

Londres, le 23 août 2008.

22/08/2008

V comme villes

2009737600.jpgBien des livres évoqués lors de cet abécédaire de l’été sont le fruit de lectures antérieures. Côté polars c’est le cas de David Peace et Hannelore Cayre. Au rayon musique les bouquins sur Nick Drake, Tiken Jah Fakoly ou Robert Johnson n’échappent pas à cette règle. Réalité identique pour l’énorme « Histoire universelle de la destruction des livres » ou le roman de Gaelle Nohant.
 
En vérité après un saut de puce à Erevan, une semaine tranquille à Djerba et ce court séjour à Londres, l’essentiel de mes lectures estivales viennent d’être consacrées à la documentation transmise par le Grand Lyon et qui concerne la stratégie de développement de la métropole lyonnaise. Passer d’un rapport à un compte-rendu puis, via un autre rapport, à une série d’opuscules et brochures, est mon quotidien de l’été. Parmi ces lectures studieuses j’ai relu l’excellent ouvrage de Jean Haëntjens paru en début d’année aux Editions de l’aube et intitulé « Le pouvoir des villes, ou l’art de rendre désirable de développement durable ».
 
Pour Haëntjens, la ville, les villes, sont la carte gagnante de demain et l’on ne mesure pas suffisamment le potentiel représenté par nos grandes cités et agglomérations pour construire notre futur commun. Vous êtes probablement nombreux à vous laisser convaincre par un tel propos c’est pourquoi en marge de la lecture ce livre je vous engage à consulter sur www.laligneclaire.fr les trois courtes contributions livrées par cet auteur dans le cadre de l’élaboration de celle proposée par Gérard Collomb, Jean-Noël Guerini et Vincent Feltesse au sein du Parti socialiste.
 
De façon très directe, Haëntjens, partant des travaux de Braudel et de quelques autres, indique la place centrale des villes dans l’innovation et l’inventivité en particulier quand la nécessité d’un changement de modèle s’impose. Reprenant la célèbre expression de Fernand Braudel « des villes lièvres » et de « l’Etat tortue » afin d’illustrer une constante qui vise à montrer que si les Etats ont la puissance, les villes détiennent souvent quant à elles la créativité, Haëntjens aborde aussi la capacité des villes à réinventer la démocratie mais aussi à constituer « Les chevaux légers du développement durable ».
 
Nos villes et nos réseaux urbains s’ils concentrent la croissance et la richesse, tout comme la pauvreté d’ailleurs, constituent en vérité de véritables modes d’organisation tout à la fois en crise mais aussi d’authentiques laboratoires. Nos villes sont donc devenues des lieux d’innovation, de développement plus économe sans attendre dans la plupart des cas les grenelles de l’environnement. Seules les villes peuvent convaincre nos concitoyens d’être plus respectueux de l’environnement, d’accompagner leurs aspirations naissantes pour un développement durable, d’être économe de l’espace, de l’énergie, mais aussi d’établir d’autres rapports à la nature.
  • Jean Haëntjens, « Le pouvoir des villes », Editions de l’aube, 18,80 euros.
Londres, le 22 août 2008

21/08/2008

U comme université

812274608.jpg C’est bientôt la rentrée universitaire, celle du PS. Les Franco-Folies des socialistes Français sont en effet de retour et à l’aube du Congrès de Reims coteries, cohortes et sous-courants doivent à l’heure où nous écrivons préparer, avec une application que les Français ne peuvent imaginer, le moment tant attendu.

Pensez-donc avec pas moins de dix-sept ou dix-huit contributions dites généralistes, La Rochelle sera un véritable Warm-up avant que n’intervienne la nouvelle segmentation en motions porteuse des alliances internes de demain. Les dizaines et dizaines de caméras et micros qui vont se ruer d’ici quelques jours dans ce Lourdes socialiste épargné des miracles imposent d’être au rendez-vous, au sommet de sa forme. D’ici quelques jours donc il faudra flinguer ou charmer, combiner sourire carnassier ou naïveté feinte, petite phrase assassine ou posture câline. Les uns doivent déjà songer à leur fond de discours, d’autres à la façon de se vêtir, la cravate étant à l’évidence prohibée en pareille circonstance. Untel décidera de jeter avec une désinvolture calculée un pull sur ses épaules, il sera mandarine, bleu azur ou rose tyrien. Dieu seul le sait. Un autre en polo dont il décidera de ne jamais exposer la griffe prendra peut-être au dernier moment la décision de se faire filmer en plan américain afin que l’on ne puisse voir le ridicule pli indélébile marqué sur son jean. Un troisième enfin mandaté pour organiser la claque et les sifflets se rappellera ses années étudiantes et abreuvera de consignes, dès la semaine prochaine, ses officiers traitants à qui on rappellera les coups tordus faits à Ségolène il n’y a après pas si longtemps que cela.

En ce jeudi d’août collaborateurs et affidés sentent déjà monter l’adrénaline. Les vacances entrent dans leur dernière ligne droite. D’ici huit jours il conviendra de prendre sa respiration et de plonger en apnée jusqu’à début novembre au rythme des coups de gueules et des baffes distillées par leurs patrons sujets à déconvenues et stress. Dans huit jours c’est donc la rentrée des socialistes, juste une affaire de routine.

Londres, le 21 août 2008.

20/08/2008

T comme Tillons-Borde (Philippe).

74980178.jpgChair à canon des plans-médias présidentiels, ils sont des dizaines et des dizaines à avoir participé depuis quelques mois à ces fameuses commissions initiées par Nicolas Sarkozy. La plupart du temps, il s’agissait pour le nouveau pouvoir de « récupérer » quelques noms fauchés à la gauche. C’est ainsi que les Rocard, Attali, Lang, Orsenna, Lauvergeon, Olivennes, tous nomenklaturés Mitterrandistes ont connu leur moment de gloire médiatique il y a quelques mois de cela.

Du téléchargement à Alzheimer, des institutions à la télévision en passant par la croissance, ils sont désormais des centaines à pouvoir dire « j’y étais ».

Ces commissions souvent destinées à produire de l’agitation mais aussi à restreindre les périmètres ministériels ont en commun l’immense avantage d’avoir permis à Nicolas Sarkozy de garder la main mise sur les dossiers en question.

A la fin de cette première saison du Soap opéra politico-Elyséen, il convenait de rendre hommage à ces centaines d’esprits féconds dont nul ne se souvient, à cette matière grise tombée au champ d’honneur de l’oubli. J’ai donc décidé aujourd’hui, pour les replacer dans la lumière, d’en choisir un parmi tant d’autres, fruit du grattage, c’est le nom de Philippe Tillons-Borde, directeur général du groupe Sofiproteol, un établissement spécialisé, je cite, « dans le triturage, le raffinage des huiles alimentaires et les bio-carburants », qui est apparu.

Membre de la commission Attali, c'est-à-dire un de ces soldats destinés « à libérer la croissance », Monsieur Tillons-Borde est un anonyme pour le grand public, il était donc normal de rendre hommage à cette huile.

Ingénieur agronome de formation, Philippe Tillons-Borde est dépositaire d’un magnifique CV puisqu’il est passé par les présidences de Saipol, Lesieur et de Soprol ainsi que de la présidence des Conseils de surveillance de Sanders, Agro-Invest et de Ceagro. Officier de la Légion d’Honneur et de l’Ordre National du Mérite, Monsieur Tillons-Borde est également Chevalier du Mérite Agricole.

En libérant la croissance, il a une nouvelle fois rendu service au pays. Il convenait de lui adresser aujourd’hui ce coup de chapeau, d’une certaine façon au nom de ces centaines de commissaires jamais placés sous les feux de la rampe.

Londres, le 20 août 2008.

19/08/2008

T comme Tristan (Flora)

218790432.jpgCe matin, destination Saint-Exupéry pour quelques jours à Londres. Au programme Tate Modern, Institute of Contemporary Arts, shopping à Soho, Camden Town, quelques salles du British Museum et au hazard Balthazard pour le reste. Je serais de retour dimanche pour « X comme XXL », une nouvelle ode à Sarkozy, autant vous dire que cet abécédaire de l’été commence à toucher à sa fin.

A propos de Londres, Gallimard dans sa collection Folio à 2 euros republie « Promenades dans Londres » de Flora Tristan, sorte de reportage de la militante socialiste et féministe alors qu’elle réside dans la capitale anglaise pour la quatrième fois, nous sommes en 1839.

Comme diraient certains aujourd’hui Flora « Casse » Londres, une ville qu’elle n’est pas loin de détester pour ce qu’elle est. Capitale d’un Empire en proie « à la dictature de l’argent », cynique et terriblement « fashionable », Tristan s’attache à décrire la misère, la prostitution, y compris celle des enfants, les taudis, l’indigence d’une classe ouvrière « traitée pis que les nègres » (sic !), bref une cité babylonesque dont elle aime certains paysages mais aussi quelques leaders adeptes de réflexion sociale comme Robert Owen ou les chartristes.

Ville gigantesque et sans proportions, Flora Tristan note « l’énormité des distances » d’une cité qui est «  la réunion de plusieurs villes » dont « l’étendue est devenue trop grande pour qu’on puisse se fréquenter ou se connaitre ». En d’autres temps Stendhal décrira à son tour une ville dont les quartiers sont découpés à coups de gourdins les rendant ainsi imperméables les uns par rapports aux autres.

Les pages consacrées à la femme anglaise sont nombreuses et néanmoins toutes des observations réglées au millimètre. « Entièrement étrangère à son logis » nous dit Flora Tristan, la femme anglaise est sous la coupe d’un mari qui « tient l’argent et les clés, commande le dîner /…/ lui seul décide du sort des enfants, en un mot » conclue Flora, « il s’occupe exclusivement de tout ».

Saluons l’effort de Folio pour mettre à la disposition du public des textes parfois oubliés et ce à un prix plus que correct. Dans cette collection dédiée aux femmes et dirigée par Martine Reid on notera « La femme indépendante » de Simone de Beauvoir ainsi que des textes d’Elsa Triolet, Georges Sand et Isabelle Eberhardt.

Puisque nous évoquons Londres et la collection Folio à 2 euros, je veux également signaler le travail de Jean-Claude Zylbersteim qui après 10-18 anime, chez Tallandier, l’excellente collection « Texto ». On peut y lire « Les bas-fonds de Londres » de Kellow Chesnay, un texte d’une trentaine d’années remis pour 10 euros à la disposition du public.

Lyon, le 19 août 2008.

18/08/2008

S comme sieste

605880922.jpgLa sieste est en passe de revenir à la mode. S’y abandonner est le crédo de cette presse magazine qui fait tant pour notre bonheur et notre épanouissement. Les bienfaits pour notre équilibre, notre santé mais aussi notre performance au boulot y sont passés au peigne fin. Anti-stress, bon pour la mémoire et les performances intellectuelles, la sieste est sur le point de devenir un droit légitime que votre patron vous accordera peut-être dès la rentrée de septembre. En attendant que ce droit à piquer du nez devienne acquis je vous suggère de vous entraîner pendant ces vacances non sans vous plonger dans le très délicieux bouquin de Thierry Paquot intitulé « l’Art de la sieste » tout entier consacré à ces petits instants pour rien.

Professeur des Universités, philosophe, grand spécialiste de la ville et de l’urbain, Thierry Paquot est aussi un grand militant de l’assoupissement, un maître de la somnolence, bref un as de la sieste.

Son petit ouvrage cultivé et amusant, personnel et vécu se termine tel un véritable manifeste par un puissant « Siesteuses, siesteurs, siestez ! » qui tombe lourdement, du côté de la page quatre-vingt, tout comme un appel à la mobilisation.

L’histoire ne dit pas si le bouquin de Paquot peut-être lu d’un seul trait avant de s’enfoncer dans les bras de Morphée, il n’empêche que l’auteur, après un hommage sincère à Lafargue et son « Droit à la paresse » se sent obligé de nous rappeler avec opportunité la charte de la sieste chère à Comby (www.comby.org). Paquot nous le précise, cette charte est composée de sept articles qui définissent la sieste comme « une activité sacrée nécessaire et respectable qu’il ne faut pas contrarier et que chacun peut pratiquer comme il veut et où il veut ».

  • Thierry Paquot, « L’Art de la sieste », éditions Zulma, 8,50 euros.

Lyon, le 18 août 2008.

17/08/2008

S comme Stradivarius

1437017742.jpgComment écrire un récit dont le héro est un violon ? Comment construire une histoire digne de Rocambole qui pointe son nez dans une forêt alpine au début du 16ème siècle, va rebondir en février 36 pour se conclure à New York l’été 2004 ? Si vous souhaitez une réponse à ces deux questions et à quelques autres, lisez « Tribulations d’un Stradivarius en Amérique » un roman (récit ?) du luthier Frédéric Chaudière qu’Actes Sud édite en format de poche chez Babel.

Vous l’avez compris, l’histoire est tout sauf banale mais cohérente et argumentée sur le plan historique. Ce feuilleton au tempo nerveux est un livre idéal pour les lectures estivales qui peut tout à la fois passionner un ignorant du violon comme moi ainsi qu’un lecteur initié de l’instrument. Le récit de Chaudière puisant donc dans une grande culture historique et une connaissance impressionnante du violon entraîne le lecteur dans une aventure incroyable et palpitante. Venise, Crémone, Naples, Paris, nous parcourons l’Europe et les Etats-Unis à toutes jambes à travers les siècles successifs.

Ce livre s’inscrit dans une certaine tradition des récits d’aventures. Ce coup d’essai de Chaudière ne sera peut-être qu’un coup unique mais au terme de la lecture on ne peut que refermer l’ouvrage le cerveau souriant avec l’idée tout simple, mais parfois trop rare, d’avoir passé un très bon moment.

Lyon, le 17 août 2008.

 
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