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19/08/2008

T comme Tristan (Flora)

218790432.jpgCe matin, destination Saint-Exupéry pour quelques jours à Londres. Au programme Tate Modern, Institute of Contemporary Arts, shopping à Soho, Camden Town, quelques salles du British Museum et au hazard Balthazard pour le reste. Je serais de retour dimanche pour « X comme XXL », une nouvelle ode à Sarkozy, autant vous dire que cet abécédaire de l’été commence à toucher à sa fin.

A propos de Londres, Gallimard dans sa collection Folio à 2 euros republie « Promenades dans Londres » de Flora Tristan, sorte de reportage de la militante socialiste et féministe alors qu’elle réside dans la capitale anglaise pour la quatrième fois, nous sommes en 1839.

Comme diraient certains aujourd’hui Flora « Casse » Londres, une ville qu’elle n’est pas loin de détester pour ce qu’elle est. Capitale d’un Empire en proie « à la dictature de l’argent », cynique et terriblement « fashionable », Tristan s’attache à décrire la misère, la prostitution, y compris celle des enfants, les taudis, l’indigence d’une classe ouvrière « traitée pis que les nègres » (sic !), bref une cité babylonesque dont elle aime certains paysages mais aussi quelques leaders adeptes de réflexion sociale comme Robert Owen ou les chartristes.

Ville gigantesque et sans proportions, Flora Tristan note « l’énormité des distances » d’une cité qui est «  la réunion de plusieurs villes » dont « l’étendue est devenue trop grande pour qu’on puisse se fréquenter ou se connaitre ». En d’autres temps Stendhal décrira à son tour une ville dont les quartiers sont découpés à coups de gourdins les rendant ainsi imperméables les uns par rapports aux autres.

Les pages consacrées à la femme anglaise sont nombreuses et néanmoins toutes des observations réglées au millimètre. « Entièrement étrangère à son logis » nous dit Flora Tristan, la femme anglaise est sous la coupe d’un mari qui « tient l’argent et les clés, commande le dîner /…/ lui seul décide du sort des enfants, en un mot » conclue Flora, « il s’occupe exclusivement de tout ».

Saluons l’effort de Folio pour mettre à la disposition du public des textes parfois oubliés et ce à un prix plus que correct. Dans cette collection dédiée aux femmes et dirigée par Martine Reid on notera « La femme indépendante » de Simone de Beauvoir ainsi que des textes d’Elsa Triolet, Georges Sand et Isabelle Eberhardt.

Puisque nous évoquons Londres et la collection Folio à 2 euros, je veux également signaler le travail de Jean-Claude Zylbersteim qui après 10-18 anime, chez Tallandier, l’excellente collection « Texto ». On peut y lire « Les bas-fonds de Londres » de Kellow Chesnay, un texte d’une trentaine d’années remis pour 10 euros à la disposition du public.

Lyon, le 19 août 2008.

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