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02/08/2008

L comme Livres (Histoire Universelle de la destruction des)

335701084.jpg« Là où l’on brûle des livres, on finit par brûler des hommes », cette formule de Heinrich Heine est inscrite au frontispice de cette somme passionnante écrite par Fernando Baez, intitulée « Histoire Universelle de la destruction des livres », publiée par Fayard, un de ces éditeurs qui aime encore le travail bien fait.
Au cours des 500 pages, l’essayiste Vénézuélien nous entraîne de Sumer à la guerre d’Irak au fil des destructions de papyrus et de livres, dans les incendies et les massacres, de guerres en accidents, de désastres en terreur. Saccages de bibliothèques, inquisitions, censures, autodafés, cette sinistre histoire est conduite de main de maître par un érudit qui écrit avec clarté, efficacité et grand respect pour un lecteur qui peut à tout moment craindre d’être submergé par tant de connaissance et de faits.
Il aura fallu 12 ans de travail pour mener à bien ce travail de titan. La liste des remerciements suffit à comprendre l’entreprise et le croisement des réseaux mis en œuvre pour atteindre l’objectif. Intellectuel brillant, Baez est aussi une sorte de militant de la mémoire et de la conservation des biens culturels. Membre de nombreuses commissions internationales, Fernando Baez était présent dès 2003 à Bagdad pour évaluer les destructions. D’ailleurs son livre, qui fait basculer le lecteur dans les pires moments de l’humanité s’ouvre, contre toute attente, sur ce que Baez appelle l’énigme de Bagdad.
« Notre mémoire n’existe plus. Le berceau de la civilisation, de l’écriture et des lois est parti en fumée. Il ne reste que des cendres », tel est le commentaire d’un Universitaire Irakien que rapporte l’auteur dès l’introduction de son « histoire universelle ». Membre du Parti Baas, l’homme sera arrêté, laissant derrière lui une bibliothèque saccagée par les nouveaux maîtres de Bagdad. Justement, c’est au sud de l’Irak actuel, entre Tigre et Euphrate, que quelques milliers d’années plus tôt les premiers livres de l’humanité étaient apparus dans cette région de Sumer.
Destruction des poèmes d’Empédocle, papyrus d’Herculanum, censure contre Maimonide, Codex brûlés au Mexique, Révolution culturelle chinoise, Tchétchénie, attaques contre Joyce, nazis, pilon des éditeurs, tout ce qui concerne la destruction des livres ne peut échapper à Fernando Baez.
Comme le dit l’auteur au terme de cette formidable étude, « Le lecteur curieux de cette chronique de désastres pouvait-il imaginer que le XXIème siècle s’ouvrirait sur la mise à sac et la destruction du berceau de la civilisation ? » Cet aller-retour Sumer-Bagdad à travers l’histoire agitée de l’humanité est à lire.
Lyon, le 2 août 2008

08:50 Publié dans Culture & cultures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fernando baez, histoire, irak, bagdad, livres, fayard | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Et la disparition des rouleaux de Gilgamesh...
Ca m'avait rendu très malheureux d'apprendre ça, c'était au début des conflits en Irak.

Rien à voir, mais un article de Libé de ce matin.

http://www.liberation.fr/actualite/monde/342719.FR.php?rss=true&xtor=RSS-450

Écrit par : theo-B | 02/08/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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