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01/08/2008

L comme Live Nation

1570416221.jpgLe festival Main Square d’Arras de début juillet va peut-être rentrer dans l’histoire. En effet, avec son affiche prestigieuse (Radiohead, Mika, Chemical Brothers, The Kooks…), la société de production lilloise, FLP, en organisant la manifestation pour le compte des américains de Live Nation est d’ores et déjà accusée de faire « entrer le loup dans la bergerie ». En vérité, après la Belgique, Live Nation  veut investir le marché français des concerts et spectacles musicaux principalement animé jusqu’ici par des tourneurs et producteurs indépendants, un marché jugé « sous-développé » par Herman Scheremans, fondateur du Festival belge Werchter, l’homme lige de Live Nation en Europe.

La société Live Nation, née dans le giron de la très bushiste multinationale Clear Channel (Affichage, publicité, médias…), est sur le point de devenir un monstre de « l’entertainment » planétaire. L’an passé elle a assuré l’organisation de 33 000 concerts dans le monde accueillant plus de 60 millions de spectateurs. Live Nation possède ou gère la billetterie de presque 170 lieux de spectacles dans le monde dont les prestigieux Fillmore de San Francisco, la Wembley Arena de Londres, l’Appollo Théâtre de New York, le London’s Hammersanth. Première entreprise mondiale de spectacles, deuxième entreprise mondiale de gestions de salles, Live Nation monte également en puissance en matière de billetterie sur le net.

Live Nation est donc un ogre enfanté en 2005 par Clear Channel Communications. Depuis elle n’a cessé de racheter avec grand fracas les droits des plus grandes stars de la planète du rock et de la variété. 120 millions de dollars pour Madonna en échange de l’intégralité de ses droits pendant dix ans. 120 millions de dollars pour U2 moyennant la cession de la totalité des droits « hors-disques » du groupe pendant douze ans. 150 millions de  dit-on, dont 25 en cash, pour le rappeur Jay Z. La liste est déjà longue et devrait croître peu à peu. Live Nation c’est également la production des tournées des Rolling Stones, de Police, de Barbara Streisand, Madonna, U2, Coldplay, Neil Young, Tina Turner, Santana, Paul Simon, Avril Lavigne, etc…

Déjà à la limite de « position dominante » aux Etats-Unis l’association Clear Channel (1200 radios) et Live Nation inquiète beaucoup et, sous peine de ne plus avoir de visibilité, de nombreux artistes préfèrent se jeter dans les bras de l’ogre plutôt que de disparaître. Côté public, avec Live Nation, le prix des pass pour les Festivals et des tickets d’entrée sont à la hausse et chacun imagine ce que pourrait être l’avenir sachant que la billetterie frise le prohibitif là où Live Nation domine. Nouveau filon lucratif de la musique, le business des concerts est un enjeu. Selon Forbes, 75% des revenus d’artistes comme les Rolling Stones proviennent désormais de la scène et il n’est pas fortuit que Mick Jagger et les siens résistent actuellement à l’offensive de Live Nation. La stratégie mondiale de Live Nation s’inscrit donc dans ce nouveau modèle d’intégration verticale sur la chaîne de l’industrie de la musique. A surveiller de près ! De très près ! 

Lyon, le 1er août 2008.

08:50 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : festivals, live nation, concerts, arras, madonna, u2, jay z | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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