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31/07/2008

K comme Kravetz (Marc)

272991667.jpgJe n’écoute pratiquement jamais France Culture. Dois-je avoir honte ? Je ne savais donc pratiquement rien de ces chroniques de Marc Kravetz diffusées dans « Les matins » de la station et éditées fort opportunément par les Editions du Sonneur sous le titre « Portraits du jour, 150 histoires pour un tour du monde ».

Les anciens lecteurs de Libération doivent, comme moi, avoir la nostalgie de l’époque July- Kravetz, mais le problème n’est pas là. Le bouquin qui compile, avec quelques réactualisations intelligentes, les chroniques de Kravetz est un vrai régal. De Piyush Mordia, superintendant de la police de Ghaziabad, à David lu, cet ancien gangster qui prêche l’amour de Jésus à Taipei, en passant par Shada Hassoun qui remporta la Star’Ac Irakienne et Zébulon Simentor, le dernier juif de Kaboul, les 470 pages d’histoires proposées par Marc Kravetz constituent des lectures idéales pour l’été. Chaque billet du journaliste, talentueusement expédié en trois à quatre pages, peut être lu au fil des vacances, en attendant à l’aéroport, à la terrasse d’un café, avant la sieste ou après l’apéro. Les « portraits du jour » seront le vrai voyage de vos vacances organisé par un tour-operator expert, sensible, humain et passionnant.

A un moment ou la France frétille à l’idée de voir, d’ici quelques semaines, une nouvelle blonde hitchcockienne présenter le journal de vingt-heures tout juste piqué à un ex nouveau romantique, la lecture de ces portraits de Kravetz devraient vous remémorer ce qu’est le journalisme. La preuve par neuf de la différence qu’il peut y avoir entre un travail de passeur et une fonction de passe-plats.

Lyon, le 31 juillet 2008.

30/07/2008

J comme Jah (Tiken Fakoly)

757443587.jpgLes occasions de voir Tiken Jah Fakoly sur scène sont nombreuses et cet été vous ne pouvez échapper au musicien ivoirien qui écume nombre de festivals français. Sorte de griot africain élevé au reggae, Tiken « Jah » Fakoly est probablement aujourd’hui la plus grande star de la musique africaine en France, particulièrement populaire parmi la jeune génération. Politique, très politique, engagé, militant et « grande gueule », le chanteur ivoirien est en passe de devenir une authentique référence sur le continent. Chantre de l’indépendance de l’Afrique, adversaire de la françafrique et supporter d’une sorte de nouvel pan-africanisme, Tiken Jah Fakoly peut apparaître dans le jeu politique ivoirien comme une sorte d’anti-Alpha Bondy tant son opposition au régime en place est sans concession.

La journaliste de Marianne, Frédérique Briard, vient d’écrire un livre-album à la gloire de Tiken Fakoly. Bel objet, illustré avec goût, ce Tiken Jah Fakoly sous-titré « l’Afrique ne pleure plus, elle parle » n’est pas exactement ce que l’on pourrait appeler un livre d’été car son poids et sa dimension ne font pas du sac de plage l’écrin idéal.

Peu critique et à la limite pesant de béatitude ce livre, à ma connaissance le premier sur l’artiste, est pourtant hautement recommandable car il évoque avec chaleur le travail de Tiken Fakoly mais aussi les différents horizons d’un continent. Remarquablement fabriqué ce très beau livre proposé par l’éditeur « Les Arènes » est accessible à tous puisque vendu 20 euros.

Le dernier album de Tiken Fakoly s’intitule « l’Africain » (2007). Comme toute sa discographie, il est édité par Barclay-Universal.

Lyon, le 30 juillet 2008.

29/07/2008

I comme I’m not there

1787156179.jpg L’heure est aux biopic et singulièrement à ces films qui entendent retracer tout ou partie de la vie de certaines icônes musicales planétaires. L’hiver dernier après Ray Charles, Edith Piaf, Johnny Cash et quelques autres, c’est du côté de Bob Dylan que l’on nous demandait de tourner les yeux et les oreilles.

« I’m not there », le film de Todd Haynes consacré aux vies du génie de Duluth est désormais disponible en vidéo. Passons sur la B.O. du film qui accompagne le DVD chez certains distributeurs, elle est excellente. Pour ce qui concerne le film proprement dit, le meilleur alterne sans nuance avec le moins bon même si Todd Haynes signe un long métrage non dénué d’ambition.

En multipliant les Dylan comme d’autres les pains, Haynes n’a pas fait le choix de la facilité, bien au contraire. En retenant six acteurs différents pour incarner Zimmerman il s’est jeté dans une difficulté qu’il domine au final. La chose a été dite et redite mais jeter son dévolu sur une actrice, Cate Blanchett, était plus que risqué mais force est d’admettre que le résultat est non seulement étonnant mais, autant le dire, un véritable coup de maître. Blanchett est le personnage. Elle domine la situation et se faufile à merveille dans la peau de Dylan. C’est de toute évidence un des points forts de ce biopic qui restera de ce point de vue dans les annales du genre.

C’est du côté de l’élaboration même du récit que « I’m not there » pêche. Loin des biopic linéaires comme « I walk the line », en décidant d’œuvrer dans les méandres souvent opaques du Zim, Haynes, dont le « Velvet Goldmine » était plat mais évident, a mis la barre un peu trop haut en particulier pour des spectateurs béotiens peu familiers de l’œuvre du chanteur. En visionnant ce film nombre d’entre eux se sentiront désemparés et perdus face à un flot d’images trop codées pour être lisibles.

  • « I’m not there » de Todd Haynes, Diaphana video. Environ 20 euros avec la B.O. chez Virgin et à la Fnac.

Lyon, le 29 juillet 2008.

28/07/2008

H comme Hannelore (Cayre)

1474690915.jpgConstatant il y a quelques mois que mon collègue élu du 7ème arrondissement, Cédric Putanier, avocat de son état, participait à un débat dans le cadre de « Quais du Polar » sur l’auteure de romans, Hannelore Cayre, je me suis tourné vers lui pour me faire expliquer l’intérêt qu’il y avait à lire les bouquins de cette avocate parisienne.

Aussitôt dit, aussitôt fait, je lisais d’abord « Commis d’office », puis quasi dans la foulée les autres, tous disponibles chez Métaillé Noir à des prix qui ne devraient pas entamer significativement votre pouvoir d’achat.

Le héro de la pénaliste parisienne, Christophe Leibowitz, est donc un avocat qui nous entraîne dans un milieu, celui du Palais décrit comme un univers clos et peu ragoutant. Maniant humour et sens du récit, Hannelore Cayre est pour moi une heureuse découverte, une romancière qui trousse à merveille un milieu qu’elle connait comme sa poche. Un milieu qui m’est totalement inconnu et donc presque exotique.

Je sais bien qu’avec les nouveaux Connely (Le Seuil), Peace (Rivages) et le « Millénium » (Actes Sud) en rade sur votre table de nuit depuis des mois, vous avez de quoi lire cet été. N’empêche que pour quelques euros vous pouvez tenter l’aventure Hannelore Cayre qui devrait vous garantir quelques bonnes heures de lecture sur votre transat.   

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  • Hannelore Cayre, « Commis d’Office », « Toiles de maître », « Ground XO », éditions Métaillé.
Lyon, le 28 juillet 2008.

27/07/2008

G comme Guide

2120817535.jpgL’information ne va pas concerner les lecteurs « d’ailleurs » mais je voulais vous signaler la sortie du « Petit Paumé des Marchés » un guide consacré à nos marchés rhodaniens. Divisé en quatre grandes sections (Lyon-Villeurbanne, Beaujolais, Grand Ouest et Grand Est) ce petit frère du « Petit Paumé » vous permettra de tout savoir sur le Marché de Vourles qui accueille de nombreux petits producteurs du côté des « Quatre chemins », celui de Lentilly le mercredi sur la place de l’Eglise ou bien dans le 5ème arrondissement celui du boulevard des Castors avec ses bonnes odeurs de poulet rôti. Halles de Lyon, absence de charcutier sur le marché de Monsols, coup de chapeau à la marchande de pommes de la rue Bellecize à Chasselay, ce guide des marchés signe avec précision et soin sa cinquième édition.

Elaboré par l’association pour le développement et la promotion des Marchés (ADPM) le petit paumé des marchés est réalisé par une équipe de testeurs jeunes et déterminés de quoi assurer une reconquête de nos marchés par la génération montante.

Ce guide gratuit soutenu par la ville de Lyon, le grand Lyon, le département mais aussi la chambre de commerce peut-être commandé sur www.les-marches.com.

A noter qu’un autre guide intitulé « Lyon et ses marchés » est également disponible, il scrute les 75 marchés phares de l’agglomération lyonnaise.

Lyon, le 27 juillet 2008.

26/07/2008

F comme Falcon

669118261.jpgConcernant ses vacances, je ne sais pas ce que Nicolas Sarkozy nous réserve cette année mais s’il fallait désigner un symbole capable de représenter les escapades présidentielles et les couacs ministériels au terme de cette première année de mandat, le Falcon, ce jet privé mythique, si cher aux stars, aux people, bref aux « grands » de ce monde conviendrait à merveille.

Tout commence bien entendu le 7 mai 2007 alors que le pote Bolloré offre son Falcon 900 EX à celui qui a été élu président la veille. Direction Malte avec Cécilia, la famille et les amis, pour passer deux jours sur le Paloma, le yacht du milliardaire et voyagiste ami. Re-belotte à Noël 2007, cette fois-ci avec Carla Bruni, pour quelques jours à Louxor largement médiatisés par la presse magazine. Souvenez-vous du fils de Carla sur les épaules de Sarko.

Autre Falcon, autre aventure, celle du Ministre Estrosi qui prétextant un agenda chargé décide de louer à la société Dassault Falcon Service, en échange de la somme rondelette de 138 000 euros, un avion privé plutôt que de voyager en classe affaire sur la ligne régulière d’Air France. La rumeur le dit mais n’est guère vérifiable, on parle aussi des allers-retours Villacoublay-Figari du ministre Kouchner en Falcon 50 (voir www.impots-utiles.com)

Mais revenons à Sarkozy. Il faut croire que la question de l’aviation est particulièrement importante pour notre président. On dit que le chef de l’Etat est très à cran et chatouilleux sur le sujet. C’est ainsi qu’à son retour du sommet de Lisbonne il convoque le staff présidentiel afin de changer le parc de zingues de la république car, arrivant quelques jours avant sur le tarmac de l’aéroport portugais, notre président s’était senti « petit » en constatant que son Falcon 900 avait l’air ridicule aux côtés des gros porteurs des autres délégations. Sachant qu’un Air Bus avoisine les 100 millions d’euros, c'est-à-dire le prix de presque trois Falcons, la République devra faire quelques efforts pour que notre Président puisse planer.

Cela étant, le pire est peut-être devant nous, car en s’offrant un A380 pour son usage privé, le prince Saoudien Walid Ibn est entrain de mettre la barre assez haute sachant que le prix catalogue de l’aéronef est de 320 millions d’euros. On dit que le milliardaire russe et patron du Chelsea F.C., Roman Abramovich serait également tenté.

En attendant, sur ses deniers, l’armée vient d’acheter un Airbus d’occase à Air Caraïbes afin d’offrir une sorte de « Air Force One » à notre Président. Cet avion viendra rejoindre la Flotte présidentielle constituée de six Falcon et sept Airbus. Ca plane pour lui.

Lyon, le 26 juillet 2008

25/07/2008

F comme festivals

1614910949.jpgDepuis plusieurs semaines les festivals d’été battent le plein, certains sont excellents, la plupart sans véritable intérêt, quelques-uns de véritables pillages de notre porte-feuille. Beaucoup d’artistes passent de l’un à l’autre, il est donc statistiquement impossible de ne pas les rencontrer. Nous en parlerons peu dans ce billet mais je compte revenir, début août, sur le Main Square d’Arras cornaqué maintenant par Live Nation.
 
  • 26 et 27 juillet, Tempo Latino, l’incontournable festival gersois invite cette année Barcelone qui débarque avec huit formations. Egalement au programme Dave Valentin le portoricain et flûtiste new yorkais au sein de The Tropic heat, Yerba Buena et Ska Cubano. (www.tempo-latino.com)
  • 28 juillet, les vieux hippies friqués iront applaudir Chicago (ex Transit Authority) au Sporting Summer Festival de Monte Carlo et le 22 Août Eric Clapton (ex Dieu).
  • Le sur-côté Manu Chao boucle sa sympathique tournée dans les arènes de Bayonne le 30 juillet. Un second concert est prévu le lendemain, bonne ambiance assurée.
  • 1er et 2 août, les amateurs de reggae ne peuvent rater le dernier grand festival du genre, le Reggae Sunska. Cette année les légendaires Max Romeo, The Beat et la nouvelle génération représentée entre autre par Nneka se produiront en terre girondine tout comme Dub Pistols et le Peuple de l’Herbe. (www.reggaesunska.com) 
  • « Jazz in Marciac » dont la quinzaine est entamée depuis le 1er Août accueille le 4 août John Zorn et l’inévitable Wynton Marsalis le 8. Me concernant, je me réserve la soirée du 9 août avec Brad Mehldau et Mc Coy Tyner. (www.jazzinmarciac.com)
  • du 7 au 9 août, si vous êtes lyonnais une escapade suisse peut se concevoir pour assister à la douzième édition du festival For noisewww.fornoise.ch avec Tricky, Mercury Rev, Anti Pop Consortium et quelques autres ()
  • 8 août, dernière soirée de Fiesta Sète qui fête également ses douze ans avec, pour les nostalgiques, Kid Creole et ses fameuses Coconuts. (www.fiestasete.com)
  • 9 août, Sonic Youth est à Saint Nazaire dans le cadre du Festival Les Escales (www.les-escales.com)
  • 10 août, le magnifique Alain Bashung est l’une des têtes d’affiche du Festival du bout du monde sur la presqu’île de Crozon (www.festivalduboutdumonde.com)
  • du 12 au 18 août, Festival Sziget (Hongrie) présenté comme le Woodstock européen, son rendez-vous 2008 est plutôt décevant sur le plan de la programmation. A noter le passage de REM le 16 août, un groupe que vous pourrez retrouver à Rock-en-Scène fin août.
  • le 14 août, premier lever de rideau pour la Route du Rock avec les Tintersticks, les inévitables The Do et le grand retour des Breeders (www.laroutedurock.com). A moins de préférer Saint Malo un 15 août, si vous êtes parisien ou à Paris, Sporto Kantes le nouvel engouement médiatique se produit à « Paris Plage » gratuitement.
  • le 29 août, Rock-en-Seine au Domaine National de Saint-Cloud avec The Raconteurs, la formidable Kate Nash, l’inusable Jon Spencer Blues Explosion, The Streets et surtout Amy Winehouse qui, espérons-le, sera en forme, mais ça c’est une autre histoire.
  • C’est l’heure de la rentrée, cela étant sachez que vous pourrez retrouver l’air de vos vacances musicales à Marseille, du 25 au 27 septembre, pour la dixième édition de Marsatac qui s’annonce comme mémorable avec Supergrass, Laurent Garnier, The Notwist, Patrice et bien d’autres (www.marsatac.com).

Si au cours de vos vacances vous croisez Tom York (Radiohead) qui réclamerait paraît-il 600 000 euros par concert, Ben Harper (400 000 euros) ou Moby (250 000 euros), demandez-leur tout de même ce qu’ils font de leur fric.

 


Lyon, le 25 juillet 2008.

24/07/2008

E comme expulsion

369751466.jpgIl l’écrit lui-même d’entrée. Il avait promis à sa femme de consacrer seulement trois ou quatre jours pour écrire son livre. Madame Génestar, vous aviez raison. Vu ce que votre époux avait à dire, trois ou quatre jours suffisaient.

Le mari de Madame Génestar, au cas où vous l’auriez oublié, est Alain Alain Génestar, ex responsable de la rédaction de Paris-Match viré par son boss Lagardère pour avoir heurté le nouveau Président de la République. Objet de la colère présidentielle, la publication à la une d’une photo de Cécilia Sarkozy avec celui qui était alors « son ami ». Le mari légitime se rebiffe et voilà Génestar à la porte. Commence alors pour le journaliste jusqu’ici docile une nouvelle vie, celle de rebelle sans cause.

Il faut dire que rien ne prédestinait Génestar à mener une carrière de dissident. Pensez-donc après douze ans à la tête du J.D.D. puis quelques autres à Paris-Match, Génestar fonctionnait bien au sein du groupe Hachette Filipacchi Médias et paf, Arnaud le flingue sur ordre.

Cela faisait donc vingt ans que Génestar effectuait le travail qui lui était demandé. Il veillait chaque semaine à illustrer la comédie des pouvoirs, à nous entretenir, entre deux coups de lèche à la droite, de la vie des peoples, à nous compter par le menu historiettes sentimentales de la Principauté de Monaco. Toujours prompt à sur-enchérir sur "Gala" et "Voici", Génestar payait les photos, faisait ses fameuses « doubles » et livrait l’ensemble dans un emballage soigné, la couve.

Habitué pendant de longues années à se mettre à genoux dès que le pouvoir tapait du pied, Génestar menait une vie radieuse de jour-na-liste et comme sucrerie hebdomadaire il écrivait dans un instant magique son édito.

Le samedi 3 mai 2008, il terminait son livre entamé le 26 avril. 147 pages sans intérêt. Une quatrième de couverture pour dire au lecteur qu’il n’est pas un de ces héros du journalisme, encore moins une victime, pas d’avantage un martyr. Même pas un fou.

Le bouquin qui raconte une malheureuse tranche de vie d’un type sans avis coûte 10 euros. Il est publié par Grasset et s’intitule « Expulsion ». Comme le dit son auteur, ce livre devrait « servir à quelque chose ». Très franchement, je cherche encore.

Lyon, le 24 juillet 2008.

23/07/2008

D comme Disquaires

136411954.jpgAlors que dans ce pays quelques représentants authentiques de cette maudite droite s’essayent régulièrement à liquider la loi Lang sur le prix unique du livre (voir billet du 5 juin 2008), si vous souhaitez vous faire une idée de ce que deviendrait le paysage des librairies en France si leur méfait se concrétisait, il vous suffit de contempler celui des disquaires kärchérisé depuis une grosse vingtaine d’années. C’est simple il ne reste quasiment plus dans ce pays de disquaires indépendants.

Le 5 avril dernier, Rennes Musique fermait ses portes après plus de vingt ans de bons et loyaux services dans la capitale bretonne, quant aux Virgin et autres Fnac ils deviennent peu à peu des vendeurs de merchandising, de papeterie et pourquoi pas demain d’épicerie fine, de chaussures de sport ou de sous-vêtements.

Vous me direz que « ailleurs » ce n’est pas mieux. Londres qui demeurait la capitale mondiale du disque jusqu’au début des années 2000 connait elle aussi une érosion préoccupante. Berwick street tient encore le haut du pavé mais d’ici quelques temps il conviendra peut-être de contempler la jaquette de l’album de Oasis pour se souvenir des « Reckless Records » et autres « Sister Ray ».

Le numéro de Juin de Vibrations (vibrationsmusic.com) aborde cette question via la rubrique de John Lewis qui relate « la journée des disquaires » destinée en mai dernier à lutter contre leur disparition annoncée. Pour Lewis, comme beaucoup d’entre nous, le shopping discographique est une thérapie et le chroniqueur nous parle avec émotion de « Sound Garden » à Baltimore un de ces disquaires américains décidé à ne pas disparaître sans combattre. Il faut dire qu’outre-Atlantique la situation n’est pas brillante. D’après le New York Times plus de 3000 magasins de disques ont fermé leur porte depuis 2003 dont 89 Tower Records. Pour en savoir plus sur ce "Record Store Day" se reporter au site mis en place (www.recordstore.com) et avant que les derniers disquaires ne disparaissent ici comme ailleurs il convient de leur être fidèles « là-bas comme ici ».

NB: Puisque nous parlons de disques et de livres, le gotha des éditeurs français lance un appel destiné aux professionnels mais surtout aux lecteurs que je vous engage à lire, à diffuser et pourquoi pas à signer:


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  1. Télécharger l'appel pour le livre: http://pourlelivre.files.wordpress.com/2008/07/appel-pour-le-livre.pdf sur le blog
  2. Téléchargez le dossier complet de l’appel pour le livre: http://pourlelivre.files.wordpress.com/2008/07/pour-le-livre_le-dossier1.pdf
  3. Signer l’appel : http://www.lekti-ecriture.com/signezpourlelivre/index.php?petition=2
  4. Facebook: Groupe "Appel pour le livre"

 

Lyon, le 23 juillet 2008.

22/07/2008

D comme Dubaï

1333854690.jpgNi capitale des Emirats, ni le plus peuplé de ces Etats, ni même le plus grand, Dubaï est très certainement le plus connu de ces territoires, celui qui s’affirme le plus, qui s’affiche sans complexe, qui fascine et qui se veut l’eldorado de demain.

Avec son commerce du luxe, son architecture ambitieuse, ses aménagements parfois délirants et son innovation, Dubaï est une vitrine qui cache aussi ses 700 000 immigrés qui dépassent en nombre les Dubaïotes. L’Emirat en faisant prendre un virage brutal mais contrôlé à son économie jadis tournée vers le seul pétrole est un cas d’école original de reconversion.

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Vue satellite de Palm Island, Dubaï (DR)

Dubaï dont on dit qu’elle concentrerait une vingtaine de pourcents des grues de la planète est une immense machine à attirer les capitaux du monde entier, à les transformer en business et en communication internationalisée. Dubaï c’est aussi le revers de la médaille avec son exploitation forcenée d’une main d’œuvre indienne, pakistanaise mais aussi asiatique. C’est l’absence de droit du travail. On dit qu’un ouvrier se suiciderait tous les quatre jours à Dubaï. Comme Las Vegas ou même Palm Beach et hier Atlantic City, Dubaï devient un objet d’étude et un terrain nourrissant la réflexion. Mike Davis, l’auteur du fameux « City of Quartz » consacré à Los Angeles (La Découverte, 1997) confiait l’an passé à la « New Left Review » un article aujourd’hui traduit en France par l’éditeur « Les Prairies Ordinaires » sous le titre drôle et évocateur de « Le stade Dubaï du capitalisme » suivi d’une contribution signée François Cusset et intitulée « Questions pour un retour de Dubaï ».

Ce texte de Davis qui devrait donner matière d’ici quelques temps à une version développée mérite d’être lu pour mieux connaître ce paradis si cher à David Beckham et Rod Stewart

Lyon, 22 Juillet 2008.

21/07/2008

C comme carambar

253334516.jpgInstitution nationale, le carambar n’est pas seulement un bâtonnet de caramel que de génération en génération on apprécie. Le carambar c’est aussi un réservoir de blagues inépuisable. Il y a quelques années les éditions Lafon faisaient l’effort de publier le florilège des blagues carambar avec le délicieux concours de Cadbury France. Instrument de lien social souvent ignoré, cet été, dans vos dîners festifs, à l’apéro, dans la queue du supermarché, lors d’un barbecue amical, une de ces blagues devrait vous être utile pour détendre l’atmosphère, faire la connaissance d’un(e) inconnu(e), prendre langue avec un quidam.
Comme le dit l’auteur inconnu de la compilation de chez Lafon, « aujourd’hui la blague carambar est devenue une référence, dans les cours de récré, comme chez les plus grands ». Alors, l’été arrivant, vous aspirez vous aussi à faire partie « des plus grands ». Voici donc mon « best of », un moyen original de briller cet été.
 
  • En reprenant la ficelle après un spectacle des Nuits de Fourvière.

Pourquoi les musiciens aiment-ils prendre le train ?
Réponse : Parce que la voie fait ré.

  • Sur l’autoroute, dégustant un café avec un chauffeur routier

Quelle est la partie de l’automobile la plus dangereuse ?
Réponse : La conductrice

  • A la buvette du camping

Comment appelle-t-on un boomerang qui ne revient pas ?
Réponse : Un bout de bois

  • Au bureau de poste

Quelle est la différence entre une carte postale et un fou ?
Réponse : Aucune, ils sont tous deux timbrés

  • A l’hôtel, en attendant l’ascenseur

Quelle est la différence entre un ascenseur et une cigarette ?
Réponse : Aucune. Ils font tous les deux des cendres (descendre)

  • A une terrasse, à l’heure de l’apéritif

Une tomate et un citron traversent la rue, le citron se fait écraser, la tomate se retourne et lui crie :
- Alors, Juju, tu te presses ?

  • A un gendarme qui vous dresse une contravention

Qu’est-ce qui est blanc, rouge au bout et qui sent le pipi ?
Réponse : Une borne kilométrique

  • En attendant que le court se libère

Que demande un tennisman lorsqu’il fait la manche ?
Réponse : « T’as pas deux balles ? »

  • Aux douches du « Formule 1 »

Un homme saute de la tour Eiffel. Ses cheveux tombent dix minutes plus tard. Pourquoi ?
Réponse : Parce qu’il utilise un shampooing qui ralentit la chute des cheveux !

Inutile de me dire merci. Pour muscler utilement votre répertoire, consultez « Les blagues de carambar », Editions Michel Lafon, 9,90 Euros.

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Erevan, 21 juillet 2008.

08:35 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : carambar, blagues, cadbury, editions michel lafon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/07/2008

C comme clopes

846838340.jpgHier je vous parlais de « cons », aujourd’hui de « clopes » et en vérité il y a un lien évident entre les deux mots que je ne veux développer tant il est largement à mon désavantage.

En expliquant à mon coiffeur que j’allais profiter des vacances pour essayer d’arrêter de fumer, celui-ci me dit que c’était une erreur, qu’il convenait de passer des vacances tranquilles et cesser de fumer à la rentrée.

J’avoue que l’argument se tient mais, le pauvre n’y étant pour rien, je me demande si en pleine rentrée de septembre je vais avoir la volonté de me lancer dans une telle opération. En attendant, voici quelques lignes de Bashung. On pense beaucoup à lui.

Vos luttes partent en fumée

Vos luttes font des nuées

Des nuées de scrupules

 

Vos luttes partent en fumée

Vers des flûtes enchantées

Et de cruelles espérances

Me lancent

Des dagues et des lances

En toute innocence

 

(Refrain)

J’clou des clous sur des nuages

Un marteau au fond du garage

J’cloue des clous sur des nuages

Sans échafaudage

 

Vos luttes partent en fumée

Sous les yeux embués

D’étranges libellules

 
Volutes
Paroles : Alain Bashung & Jean Fauque. Musique : Alain Bashung 1991 (c) Polygram Music.

Erevan, 20 juillet 2008.

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19/07/2008

C comme cons

1977204884.jpgEst-ce le signe des temps ? Le témoin d’une évolution sociologique forte ? Un simple rattrapage ? J’avoue ne pas le savoir, mais force est de constater que les cons ont le vent en poupe, l’édition française étant sur le point de battre des records en multipliant les livres ( ?) qui concernent cette partie difficilement évaluable de nos congénères. Avec pour mémoire, « Comment supporter les cons » (Editions du Lac), « Mort aux cons » (Hachette), « Travailler avec des cons » (Privé), Objectif, Zéro-Sale-Con » (Vuibert) etc… la liste des opuscules traitant du problème est entrain de s’allonger dangereusement. A croire que le con et la connerie deviendraient une de ces questions fondamentales jusqu’ici scandaleusement ignorée, voire même cachée. En fait, il n’en est rien, le taux de cons dans la population semble stable, sachant fort heureusement que globalement « Le con c’est l’autre ». Ce qui est véritablement inquiétant c’est le nombre de ceux qui entendent écrire sur un tel sujet. Je demeure donc confiant car vu la quantité de ces bouquins, je me dis que le filon est sur le point de devenir improductif. Pour reprendre la formule de Yvan Andouard, qui lui n’en était pas un, « La connerie absolue n’existe pas car, à partir d’un certain degré, le con cesse d’être rentable ». Comme quoi vu le nombre de bouquins qui sortent sur les cons nous sommes en droit de penser que le sujet est en passe de ne plus être profitable. Avouez que ce billet d’aujourd’hui vous rassure.

Erevan, le 19 juillet 2008

08:00 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cons, connerie, édition, yvan audouard | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/07/2008

B comme bonnes pioches

1526226995.jpgVendredi prochain, à la lettre F, je compte vous proposer une petite sélection des festivals musicaux qui bornent de manière pas toujours homéopathique l’été. Aujourd’hui je vous livre quelques bonnes pioches estivales en dehors des décibels et en général à des prix toujours accessibles.
  • Du 19 au 27 juillet, les « Voix de la Méditerranée » continuent leur longue marche dédiée à la poésie pour leur 11ème édition. Des centaines d’auteurs sont attendus pour une ambiance toujours sympathique (www.voixdelamediterranée.com)
  • « Mimos », à ma connaissance le seul festival consacré au mime va rendre, du 28 juillet au 2 août, hommage à Marcel Marceau. Ce festival situé à Périgueux s’ouvre aussi au hip hop, à la danse et au spectacle de rue (www.mimos.fr)
  • Du 29 juillet au 2 août, « l’Eté du Gard » à Nîmes, consacre son édition 2008 au cinéaste Claude Miller avec une rétrospective, des rencontres et des master-classes
  • Du 9 au 11 août, « Les nuits et les jours » de Querbes annoncent leur lot de performances, de littérature et de jazz. Chouette ! (www.querbes.fr)
  • Du 17 au 23 août, Etats généraux du film documentaire à Lussas. Séminaires, rencontres et projections de film du monde entier sont au programme. Il convient donc de se renseigner sur www.lussasdoc.com. A l’autre bout de la France, aux mêmes dates mais à Douarnenez, les bretons cinéphiles privilégient la production régionale mais surtout un coup de projecteur sur le cinéma du Liban (www.festival-douarnenez.com)
  • Le « Festival International de théâtre et des arts de la rue » d’Aurillac va envahir la cité auvergnate pendant 4 jours du 20 au 23 août. Impossible de vous donner le détail d’un programme pléthore disponible sur www.aurillac.net et au 04 71 43 43 70.
  • Du 25 août au 6 septembre, 5ème édition du festival « Cour et jardins » à Barbirey et Bussy-Rabutin. Au grand air, du théâtre de rue, des arts visuels et du théâtre. Détails sur www.barbirey.com
  • « Festival Silhouette » au parc des Buttes Chaumont du 31 août au 7 septembre avec de nombreux courts-métrages et films expérimentaux. C’est pour l’essentiel gratuit mais c’est à Paris (www.association-silhouette.com)
  • Du 5 au 14 septembre, le très chic Festival du film de Deauville dresse sa table de gala au cinéma américain avec ses inévitables stars, mais aussi de belles rétrospectives pour les amateurs de cinéma ricain qui se passent des rendez-vous people et de la chasse aux autographes. (www.festival-deauville.com

Erevan, le 18 juillet 2008.

17/07/2008

B comme Berlusconisme

1452369848.jpgBien du monde en Europe doit se dire que comme les Français, les Italiens n’ont que ce qu’ils méritent. A eux Berlusconi, à nous Sarkozy. En tout cas depuis l’élection du « Cavaliere » mais aussi suite à la rencontre romaine entre notre président et le chef du gouvernement italien en marge du sommet de la FAO en juin, la presse transalpine ne peut résister au plaisir d’utiliser le néologisme « Sarkoberlusconisme ». Tout un programme.

Le rapprochement entre nos deux leaders est-il le signe annonciateur d’un futur axe privilégié entre Rome et Paris ? On doit être prudent mais il est tout de même amusant de noter qu’au sein de ce nouveau couple, Silvio tire la couverture à lui en particulier quand il dit que « Si on lit les discours de Sarkozy, on s’apercevra que de nombreux points sont tirés de mes livres ».

Tous deux « bling-bling » et américanophiles à l’excès, tous deux accros de libéralisme forcené mais n’hésitant pas quand l’occasion se présente à pratiquer un interventionnisme revendiqué, tous deux fascinés par l’argent, même si l’Italien est le seul à en posséder énormément, nos jumeaux partagent aussi un mépris commun pour la gauche, la culture et l’indépendance de la presse. Comme l’écrit Pierre Musso dans son essai sur ces twins brothers alpins (éditions de l’Aube), « Le Sarkoberlusconisme est un américanisme latinisé plastique capable de s’adapter à des réalités nationales différentes. Ce nouveau modèle néo-libéral euro-méditerranéen de type bonapartiste, combine l’autorité de l’Etat, la révérence à la catholicité et la référence à l’entreprise ». Il n’y a vraiment rien à rajouter à cela.

Erevan, le 17 juillet 2008.

 
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