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09/06/2008

Zagdanski

6374623.GIFToute cette semaine, je suis en déplacement pour faire passer des examens du BTS. Je vais donc en profiter pour vous poster quelques billets relatifs à des livres et des lectures en vous demandant de me pardonner de m’extraire du quotidien de l’actualité. En gros si Sarko démissionne mardi et le Pape autorise l’utilisation du préservatif vendredi, il vous faudra attendre le week-end pour avoir mon grain de sel, et encore, ce n’est pas tout à fait certain.
Aujourd’hui je veux vous parler de Zagdanski, Stéphane Zagdanski, auteur d’un bon bouquin sur Debord intitulé « Debord ou la diffraction du temps » paru récemment.
Je sais qu’un tel titre peut faire fuir le plus peinard des lecteurs et pourtant Zagdanski signe peut-être là une des meilleures introductions à l’œuvre carabinée de Guy Debord. Pour tout vous avouer j’ai acheté ce livre parce que j’avais particulièrement aimé le bouquin « Pauvre De Gaulle » que l’auteur avait écrit il y a sept ou huit ans. Un brûlot anti-gaulliste à l’emporte- pièce pourtant brillant et fort amusant. Depuis je savais que Zagdanski avait écrit sur Céline, Proust et l’antisémitisme mais ces ouvrages n’avaient pas croisé mon chemin.
Précis, parfois chirurgical, Stéphane Zagdanski scrute l’œuvre et la portée de Debord avec une sorte de conviction contagieuse, au point que le lecteur se laisse emporter par le flot des arguments, des références et la fascination de l’auteur pour son sujet. Véritable traversée de la pensée politique des 19ème et 20ème siècles ce « Debord » est aussi un flash-back sur les fourmillements de l’après guerre, son lot d’illusions et d’errances.
Avec Debord, Zagdanski évoque la décolonisation, le stalinisme, les Brigades Rouges mais aussi Serge Lebovici, l’éditeur assassiné.
Ce livre qui n’oublie jamais de nous rappeler l’humour corrosif et le sens de la formule de Guy Debord est un régal dans la mesure où les candides dans mon genre se plongeront, guidés par Zagdanski, dans les écrits majeurs de Debord mais aussi les textes de l’Internationale Situationniste.
En 1970 dans une circulaire, Debord écrivait que « L’imbécile, surtout quand il est scandalisé, est une bonne caisse de résonnance ». Une fois dit que je ne suis pas scandalisé, j’aime à vous dire que j’accepte d’être une caisse de résonnance en espérant que ce billet vous donnera l’envie de lire ce « Debord » de Serge Zagdanski.
Serge Zagdansky, « Debord ou la diffraction du temps », Gallimard, collection blanche, 19 euros.
 
Beaune, le 9 juin 2008.

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