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03/06/2008

Rayon layette

1691984279.jpgLes Français, paraît-il, parient sur une victoire de Delanoë si l’on consulte l’étude d’Opinionway / Le Figaro de la semaine passée. Les sondages relatifs à l’issue du Congrès de Reims pleuvent. Ils concernent souvent l’opinion des électeurs de gauche à propos de cette échéance et comme pour la campagne de désignation de notre candidate aux élections présidentielles certains instituts sondent même l’âme des militant(e)s socialistes ce qui m’étonne toujours dans la mesure où je ne m’explique pas comment l’on peut connaître le point de vue de ceux qui seront en situation de voter à l’automne prochain au sein du Parti Socialiste. Bref, tout ceci, si je me souviens bien de la nature des attaques qui visaient Ségolène Royal il y a deux ans, relève de ce que certains appellent la « démocratie d’opinion ». Bien entendu parmi les soutiens de Bertrand Delanoë on compte quelques spécimens qui à l’époque dénonçaient avec acharnement Ségolène Royal accusant la Présidente de Poitou-Charentes de s’en remettre à cette fameuse démocratie d’opinion qui bafouait alors la consultation démocratique interne au PS. Le pauvre Bertrand Delanoë n’est en rien responsable de tout cela mais il est amusant de constater que ce qui était néfaste il y a deux ans est devenu banal pour certains hiérarques soutiens du Maire de Paris.

Rappelez-vous il y a deux ans les mêmes s’en prenaient également à Ségolène Royal la désignant comme une chouchoute des côteries médiatiques. Actuellement le plan-média de Bertrand Delanoë n’est pas mal non plus et ceux qui voulaient estoubir à l’époque Ségolène ne semblent pas outrés par la couverture de Bertrand Delanoë dans les médias. Le pauvre Bertrand Delanoë n’est en rien un coupable en la matière mais il est cocasse de constater que si hier Royal était soutenue par la main invisible de la grande presse qui pesait alors de manière éhontée sur les militant(e)s du PS aujourd’hui il s’agit  d’un simple éclairage du débat. Amusant !


Souvenez-vous aussi des attaques contre Ségolène Royal visant à démontrer que la dirigeante socialiste n’était qu’un produit de mode, une poupée maquillée, une image. Il faut croire que la couverture du bouquin de Delanoë visant à accréditer que le socialisme moderne c’est aussi « Photoshop » ne fait guère hurler une Martine Aubry qui multipliait les horreurs contre Ségolène Royal à l’époque. Bertrand Delanoë ne saurait être dénoncé pour l’usage de tant d’artifices mais avouez qu’il est plaisant de constater que les ami(e)s de Bertrand, en s’abstenant de critiquer leur leader sur cet aspect parfaitement secondaire des choses, semblent avoir accomplis de véritables ruptures en l’espace d’une paire d’années. Réconfortant !

Et puis, il y ce que les socialistes les plus pénétrés appellent le fond. Le débat sur le social-libéralisme qui prospère actuellement est lui aussi étonnant. Comparons les propos de Royal qui faisaient alors hurler quelques carterons en garnison rue de Solferino à ceux tenus aujourd’hui par Bertrand Delanoë. Comme disait ma grand-mère, « il vaut mieux entendre ça que d’être sourd ! »

Dans cette pré-campagne du Congrès socialiste, compte tenu de la manière dont les lignes bougent, j’avoue ne pas avoir d’animosité particulière à l’égard de Bertrand Delanoë et même de temps à autre une véritable sympathie pour le Maire de Paris, cela étant, pour nous convaincre, il va bien falloir que Delanoë nous explique ce qu’il compte faire de Lionel Jospin, l’ex ayant proféré et écrit des propos avant et en marge de la dernière présidentielle qui doivent être examinés à la lumière de ce débat de congrès.

Vous me direz peut-être, et vous aurez raison, qu’entre Royal et Delanoë la différence est aussi épaisse que le programme de Besancenot, cela dit, ce qu’il y a de réconfortant au PS, c’est qu’au milieu de tant de barouf, certains « qui n’ont pas toujours travaillé ensemble » comme le dit avec candeur Laurent Fabius se veulent, en tant que « reconstructeurs », aussi « une force d’interposition ». Cette formule d’Arnaud Montebourg en dit assez long au point que je me demande si le PS n’est pas devenu selon eux les Balkans ? Quant au quatuor Fabius - Aubry – Montebourg - Cambadélis en voulant jouer les casques bleus, il nous promet la vie en rose comme si nous avions encore l’âge de porter de la layette. 

Lyon, le 3 juin 2008

 

            

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