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05/10/2007

Charles est en forme

medium_Fiterman.jpgElle est peut être passée inaperçue pour certains d'entre-vous, c'est pourquoi je vous recommande tout particulièrement la tribune de mon ami Charles Fiterman publiée ce lundi 1er octobre par Libération. Charles est en forme et cela fait plaisir.

Bonne lecture.

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medium_logo_liberation.pngLionel Jospin dans l’impasse

L’ancien leader socialiste et candidat malheureux à la présidence en 1995 et 2002 persiste et signe dans son refus de remise en question.


Par Charles Fiterman, ancien Ministre. | Edition du lundi 1 octobre 2007.

L'attaque virulente lancée par Lionel Jospin à l’encontre de Ségolène Royal constitue une faute politique majeure.

Faute de méthode d’abord. Lionel Jospin veut écarter la candidate socialiste de 2007 de l’avant-scène politique et de la candidature en 2012. Il devrait savoir, puisqu’il dit la connaître, que l’agression va plutôt l’inciter à vouloir relever un défi aussi provocant. Il va rendre plus difficile un examen critique collectif sérieux de ce qui s’est passé, et obliger à des prises de distance avec la parole inconvenante du maître à penser qu’il veut être. A vouloir juger des capacités de quelqu’un à l’aune d’un résultat électoral, il prend un terrible risque, car la comparaison entre 2002 et 2007 ne plaide certes pas en sa faveur. Comment comprendre un tel aveuglement ?

Faute sur le fond surtout. Ce qui a manqué et ce qui manque encore au Parti socialiste, c’est avant tout un projet politique fondé sur ses valeurs et inscrit dans le XXIe siècle, capable de constituer ainsi une alternative mobilisatrice à la politique de la droite. Un travail avait été engagé dès 1994 en vue de construire à gauche un tel projet sous le label des «assises de la transformation sociale». Or Lionel Jospin qui a d’abord pris appui sur cette initiative l’a par la suite fait interrompre et n’a jamais depuis ni permis ni favorisé sa reprise.

Il a fait perdre une douzaine d’années à son parti et à la gauche tout entière. Il s’est contenté de quelques interventions personnelles et a laissé sans réponse pertinente en 2002 le besoin de proposition d’une véritable perspective politique, ce qui est la cause centrale de la défaite. Il a voulu en 2001 une inversion du calendrier électoral qui a donné le résultat que l’on sait et qui a accentué la présidentialisation et la personnalisation du système politique, favorisant toutes les dérives médiatiques de la campagne de 2007.

Pour ces raisons, je considère Lionel Jospin comme le premier responsable du déficit de projet dont souffre aujourd’hui le Parti socialiste. Cherche-t-il à le faire oublier avec une diversion grossière ? Et puis, il y a la faute de savoir vivre ensemble. C’est peut-être la plus irrémédiable.
En 2002, le projet rassembleur fait défaut, la gauche plurielle se délite, Lionel Jospin perd… et il s’en va. Le peuple de gauche lui a manqué, il n’a pas su reconnaître ses mérites. Lionel Jospin regrette très vite son départ et passe les années qui suivent à tenter d’organiser son retour, en faisant peser sur le parti son ombre tutélaire. Et voilà qu’une «moins que rien» surgie de nulle part se lance dans le vide existant et se fait désigner candidate, s’octroyant au surplus le droit de faire l’inventaire de l’héritage de son prédécesseur.

Pour couronner le tout, le premier secrétaire, sollicité, ne lance pas l’appel au retour du partant d’hier. Une telle outrecuidance ne pouvait rester sans suite. Lionel Jospin remâche son ressentiment et se venge. On ne peut que s’interroger sur les ressorts d’une attitude aussi affligeante. Elle n’aura pour seul effet que d’enfoncer définitivement Lionel Jospin dans l’impasse qu’il a lui-même choisie.


Tournons la page et passons, comme nous y a appelé François Hollande à La Rochelle, au travail d’élaboration d’un projet politique porteur des changements attendus par le pays et d’un parti libéré de ses entraves, capable de réaliser autour de lui un rassemblement victorieux. L’avenir est ouvert.

> Lien vers l'article

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Lyon, le 5 octobre 2007.

Commentaires

Très juste et pertinent. Charles est en forme !

Je vous signale également que Pierre Mauroy dénonce le "réquisitoire sévère" de Jospin contre Ségolène Royal.

Voici la dépêche AFP d'hier:

LILLE, 4 oct 2007 (AFP) - L'ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy a dénoncé jeudi le "réquisitoire sévère" de Lionel Jospin contre l'ex-candidate du PS à la présidentielle Ségolène Royal, tout en précisant qu'il ne "participait pas à ce genre d'attaque en règle".
"Pourquoi avoir écrit tout cela ?" s'est interrogé le président de la communauté urbaine de Lille lors de sa conférence de presse de rentrée, au sujet de "l'Impasse", le livre de M. Jospin paru le 24 septembre.
"Il a pris un ton, c'est (celui d') un procureur, il la juge dans son ensemble, mais aussi en particulier. C'est un réquisitoire sévère (auquel) je ne participe pas", a poursuivi M. Mauroy.
Interrogé sur l'échec de la gauche à l'élection présidentielle, le sénateur du Nord et ancien Premier ministre de François Mitterrand est également revenu sur la campagne menée par l'ex-candidate du PS, qu'il avait soutenue.
"Incontestablement, Ségolène a apporté quelque chose de nouveau. Elle a quand même rassemblé 17 millions de Français et je ne sais pas comment ces 17 millions réagissent en entendant ces critiques", s'est demandé Pierre Mauroy.
"Peut-être que l'assemblage n'a pas été parfait notamment avec le parti socialiste. Mais la seule campagne parfaite est celle du vainqueur" a-t-il concédé.
Dans son livre, Lionel Jospin juge notamment que la candidate PS était une "illusion" et la "moins capable de gagner".

Écrit par : m&m's | 05/10/2007

La tribune fielleuse de Fiterman ne le grandit pas ... Encore une contribution dont on aurait pu se passer !

Écrit par : Karim Aou | 05/10/2007

livre fielleux, nourri de rancoeur et d'amertude personnelle... ce n'était certes pas la meilleure campagne que nous ayons pu faire (sachant l'implication de certains diplodocus), la défaite est collective, nous n'étions pas prêt, pas assez préparé et trop divisé. Justement la division et les attaques entre socialistes non pas arrangé les choses !..

mais n'oublie pas une chose Karim on ne tire jamais sur l'ambulance, surtout quand on est 'camarade', c'est un principe basique, fraternel. A croire que tout se perd !

Nous aurions pu nous passer... du venin et de la haine de Jospin... qu'il continue et sera définitivement grillé et fini (pour lui et ses amis)... déjà que c'était pas terrible avant mais alors là ca sonnera la fin... S'abaisser à de telles méthodes, c'est d'une MEDIOCRITE sans nom...

Arrête de défendre ton "gourou, ton mentor", ca devient ridicule... Prends de la distance, pourquoi pas commencer à exister par toi même, tu peux valoir bien mieux ! Ne rejoue pas le match de 2002, car là nous pourrions refaire le match désastreux... et n'oublie pas que 17 millions de français(e)s se sont portés vers notre candidate s.o.c.i.a.l.i.s.t.e...

Écrit par : yellow submarine | 06/10/2007

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