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31/08/2007

« Best of ». Réponse à Erick Roux de Bézieux

medium_Gérard_Collomb_1.jpgPierre Gandonnière, journaliste à Lyon capitale, vient hier de me demander de rejoindre les blogueurs lyonnais qui vont, sur le nouveau site de l’hebdomadaire, échanger leurs points de vue sur ce que sera l’actualité lyonnaise au fil du temps. Pour initier l’expérience, Lyon capitale vient de demander à l’élu Milloniste, mon collègue au Conseil Municipal, Erick Roux de Bézieux de lancer une première salve dont la lourdeur est inquiétante mais pas franchement nouvelle. Sujet traité par Erick Roux de Bézieux, Gérard Collomb.

C’est donc un Roux de Bézieux sur-vitaminé qui s’y colle en recyclant, il faut le dire, pour la nième fois des arguments ruminés depuis l’élection municipale de 2001, une sorte de Best of de ce qui hante la droite lyonnaise, un florilège qui est un assez bon symptôme d’une maladie digestive jamais soignée. La droite lyonnaise qui s’estimait propriétaire de la ville trouve donc toujours obscène que Gérard Collomb impulse une nouvelle dynamique municipale. C’est triste mais c’est ainsi.


Dans une telle situation, ici ou ailleurs, certains auraient fait le choix de la jouer profil bas préférant consacrer leur énergie à la réflexion et à l’inventivité. A Lyon il en va manifestement autrement puisque depuis des années la droite se persuade qu’en taillant grossièrement des costumes au Maire de Lyon son sort devrait s’améliorer. Retour sur le pot-pourri favori de la droite chantonnée avec détermination par un Erick Roux de Bézieux aujourd’hui chef d’une chorale sans répertoire qui aimerait se faire passer pour le clone de Johnny Rotten à la tête des Sex Pistols lyonnais.

Notre nouveau « bad boy » ne fait donc pas dans la nuance bien que moulinant une bluette d’un autre âge. Qu’en est-il ? Les choses sont décidemment simples pour Erick. « Fashion Collomb » comme il aime depuis quelques mois l’appeler est un usurpateur qui s’est « autoproclamé héritier de Raymond Barre » (sic !) et comble de la manipulation, le Maire de Lyon s’efforcerait de mettre en œuvre avec application la politique géniale imaginée par la droite locale depuis des lustres. Depuis des années « Collomb le coucou » (re-sic !) copierait, décalquerait, photographierait, dupliquerait, pomperait comme un petit ingénieur coréen les projets les plus extraordinaires d’une droite lyonnaise qui aurait toujours été l’incarnation de la créativité, de l’audace et du dynamisme.

Il suffirait de reprendre les minutes du Conseil Municipal pour se rendre compte que, si l’on écoute les arguments de la droite, les berges du Rhône, le confluent, la restructuration de la Duchère mais aussi pêle-mêle, les ginguettes, la politique économique, l’événementiel et même les Vélo’v sont nés du cerveau fécond d’une droite lyonnaise honteusement spoliée.

Chacun constate qu’une telle posture n’est pas crédible. Elle s’épuise rapidement puisque n’importe quel interlocuteur pourrait répondre à Erick Roux de Bézieux qu’il devrait être satisfait, si tel était le cas, que la gauche reprenne les soit disant idées de la droite lyonnaise. En vérité les arguties qui tournent autour de la « captation d’héritage » et du « benchmarking » frauduleux ne peuvent convaincre d’où la nécessité pour Erick Roux de Bézieux et ses amis de s’en prendre systématiquement à ce que serait la personnalité cachée du Maire. C’est depuis 6 ans le crédo de prédilection de la droite et je suis peiné qu’Erick Roux de Bézieux tombe lui aussi dans ce travers plutôt pathétique.

« Frileux », « calculateur », « centralisateur », « obscur », « méprisant », en général tout y passe pour nous décrire un Gérard Collomb qui a un « goût immodéré de la com » (sic !). Bref un maire qui non content de piller les cerveaux féconds de la droite lyonnaise serait doublé d’un esprit tordu. Mussolini installé place des Terreaux !

Cher Erick, vous inaugurez bien mal cette séduisante idée imaginée par « Lyon capitale ». Je veux expliquer cette première contribution par cet été pluvieux qui peut avoir déréglé les esprits les plus vifs et les personnalités les plus sympathiques. Puisque vous avez la main, je vous propose d’oublier cette fin août et d’attaquer septembre sur un autre sujet : Dominique Perben.

Lyon, le 31 août 2007.

Commentaires

Mon cher Jean-Yves,

Je me demande si Roux de Bézieux, joueur habituel de piano droit - voire très droit – ne serait pas tenté par les rôles de commedia dell’arte et tout particulièrement par les rôles de vieux. Tout pétri de son ancienneté relative il rêve d’endosser la longue zimara noire de Pantalone.

Peut-être même, une fois qu’il aura retrouvé sa belle voix minaudante, actuellement enrouée d’avoir trop chanté sous les fenêtres du MEDEF en gratouillant sa sarkoline, veut-t-il nous la jouer façon Arlequin. Les rôles de Mascarille, de Scaramouche ou de Matamore sont pourtant bien taillés pour lui. Que va-t-il nous jouer les Arlequins quand Polichinelle lui va si bien ?

Mais les tréteaux sont dressés, le scénario est réglé d’avance et le canevas est simple :
- il vient blaguer en bégayant sur les blogs les bogues laissés dans les bagages du béguinage milloniste ;
- ensuite, il nous joue les faux attristés nasillants (si, si, c’est la bonne orthographe) derrière son masque de roux vénitien en imitant sans mal la voix de son mentor et en disant qu’il est triste de voir Perben si mal réussir aux législatives ;
- puis, vraiment joueur, un peu camelot et très cabot, il mise mezzo voce sur la défaite du candidat UMP tout en rêvant à la victoire malodorante du duce décroché de son croc de boucher italien et qui se prépare à l’extrême droite de la scène ;
- pendant ce temps, dans les coulisses, un élu UMP rigolard assis sur une caisse vide de Malodor se pince le nez ;
- Erick le Roux déguisé lance des boules lyonnaises trafiquées sur Collombine en même temps qu’il teste Malodor sur Perben et que les spectateurs voient celui-ci en commander lui aussi une caisse au cas où…
- la pantalonnade se termine comme toute bonne farce : Erick Pantalone Arlequin de Bézieux – plus souvent Zannis qu’Arlequin - est l’arroseur arrosé car les Lyonnais détestent qu’on jette des boules puantes sur Collombine !

Allez, mon cher Jean-Yves, continue à arracher les masques, fussent-ils de commedia. Le milloniste communicateur est séduisant sur les photos, mais dans son rôle il est plutôt médiocre.

À toi depuis mes monts

Écrit par : Patmos Tarse | 31/08/2007

Bien vu !
Il est vrai qu'on peut s'interroger, à écouter la droite tous les projets de Collomb sont ceux que voudraient les membres de la droite lyonnaise, alors pourquoi se présenter contre lui ?!

Écrit par : Frosties | 31/08/2007

Comme le dit les potins d'Angèle, Jean-Yves Sécheresse et Erick Roux De Bezieux sont les deux meilleurs blogueurs politiques lyonnais mais alors quels sont ceux qui vont oser relever le défit de cette bataille des blogueurs sur lyon capitale? Il faut dire qu'avec la passe d'arme sur collomb entre vous et Roux de Bezieux ça commence fort et ce n'est pas plus mal. Il va falloir que Lyon capitale trouve des intervenants à la hauteur.

Écrit par : Tolbiac | 31/08/2007

secheresse vainqueur par KO.

Écrit par : boxe | 31/08/2007

Je vois, à l'instar de votre ami de maire, que vous dédaignez tout ce qui est petit. Les petits ingénieurs coréens, les petits maires... Tout est petit pour vous. Pourtant il me semble que vous manquez de hauteur dans vos propos et dans votre vision... Oser prétendre que vous avez tout inventé et qu'avant vous rien n'a été me fait espérer que vous laisserez prochainement la place à des gens qui ont une vision d'avenir, qui lancent de grands projets et ne se limitent pas à des guinguettes et des vélos. Je reconnais que ces évènements sont plaisants mais sont-ils le reflet d'une ville à stature internationale? Permettez-moi cher monsieur de vous dire que la petite gens que je suis trouve que vous avez la vue basse...

Écrit par : VMcD | 03/09/2007

etienne tête s'est fendu d'un post sur votre reponse à Roux de Bezieu sur le blog VIP de lyon capitale parfaitement démago. Moi qui croyais que le leader lyonnais des verts avait un peu de surface et de sens politique. Deception! felicitations pour votre blog. Tete devrait s'en inspirer.

Écrit par : samuel | 04/09/2007

votre reponse à Erick Roux de Bezieux est bien troussée, il faut dire que votre interlocuteur vous donnait un baton pour se faire battre.Je note que le commentaire de patmos tarse est pas mal non plus. Je me demande si à vous trois vous ne pourriez pas reprendre Lyon capitale.

Écrit par : JC | 04/09/2007

Mon cher Jean-Yves,

Moi, j’ai des angoisses après avoir lu les à-peu-près d’Etienne Tête sur le blog de Lyon Capitale. Alors autant y aller de la même veine. Pour ma part, j’hésite entre mon cher Tête et mon Tête est malade.

Mon cher Tête, c’est celui qui me protège du froid et me tient chaud quand les frimas extrêmes guettent et que le verglas fait déraper la région : mon cher Tête est alors un remède efficace contre le cas Millon – un poids lourd à conduite à droite.

Mon Tête est malade quand, du haut de son Aventin, il juge que « l’échange d’arguments entre Erick Roux de Bézieux et Jean-Yves Sécheresse augure mal le débat politique des prochaines élections municipales ». Quand du haut des rostres lyonnaises improvisées par Lyon Capitale, tu soulignes la faiblesse des arguments de ceux qui, faute de pouvoir s’attaquer au bilan du maire de Lyon, s’attaquent à l’homme et à ses attitudes et font appel à la genèse prétendue des projets, tu vises juste. C’est du bas chicanou que de laisser entendre que peu importe qui gouverne, pourvu que les idées des Verts triomphent. Cela me semble d’une indigence coupable. Leurs idées – elles ne manquent pas et sont souvent excellentes – pourraient donc de l’avis de Mon Tête est malade être mises en oeuvre quelles que soient les idéologies qui sous-tendent l’action des gouvernants. Singulière affirmation. En matière de stratégie, les Verts vont encore avoir du souci à se faire. Allez les Verts, parlez à Testud car mon Tête est malade. Bien que cette chère Ghislaine en ait beaucoup pincé pour Nicolas Hulot (en matière de stratégie, on peut faire mieux…), au moins disait-elle sans ambages qu’elle préférait ce Nicolas-là à ce Juppé-pé.

Je me souviens, je souffrais déjà et me doutais que mon Tête est malade lorsqu’il déclarait en mai dans la Tribune de Lyon que le PS avait fait le choix d’une cannibalisation des Verts. Je croyais Gérard Collomb socialiste et lui l’un de ses adjoints ?…
J’aurais pu me douter d’ailleurs de la prise de Tête en lisant l’entretien donné à Stéphanie Pioud dans Lyon Mag au sujet des femmes. À la question ô combien politique et philosophique « Votre qualité préférée chez une femme ? », mon Tête est malade répondait : « L’infidélité ! Mais surtout l’infidélité de la femme des autres ! C’est vrai que ça peut être désagréable d’apprendre que sa femme vous trompe. Mais si on réfléchit bien, si toutes les femmes étaient vraiment fidèles, la vie serait très ennuyeuse ! ». Ô l’insoutenable légèreté de Tête ! Mais quand je suis tombé sur la question du siècle : « En tant que femme, qu’est-ce qui vous énerverait le plus chez un homme ? », quel délire : Mon Tête est malade répondait « Les hommes qui se négligent, c’est-à-dire les crasseux, les obèses.... ». Les obèses, des gens qui se négligent ? Les obèses, une engeance juste située après les crasseux ?… Foutues études de gynécologie qui conduisent à de telles conceptions. À ce tonneau-là, je connais un médecin-gyn(écologiste)-élu qui risque d’être à l’écologie ce que Doc Gynéco est à la culture et c’est dommage car finalement, mon cher Tête vaut bien mieux.

Mon cher Tête, il ne faut pas jouer à celui qui reste au-dessus de la mêlée, ni déclarer rêver de n’avoir rien d’autre à faire que de cultiver son jardin tel le Candide du roman. Moi, entre deux migraines, cela me rappelle non pas Tintin sur la lune mais les envies inavouées de califat d’une autre BD. Il faut que mon cher Tête écrive « candide » sans sa majuscule. D’ailleurs, la candida n’a rien d’infâmant. Quand on la voit, tout le monde sur le forum sait que c’est un candidat qui la porte pour solliciter les suffrages. Vêtu de probité candide et de lin blanc comme disait Hugo. Au grand jour.

Pour finir, je ne veux retenir que mon cher Tête. Aussi, après avoir lu Candide, je lui suggère de relire Zadig du même Voltaire. Ce cher Zadig qui, après avoir combattu victorieusement pour épouser sa reine, s’est fait rouler dans la farine par un adversaire malhonnête. Attention, mon cher Tête candide, toutes les idéologies pour respectables qu’elles soient, ne permettent pas de mener les vertes actions que vous souhaitez mener et que les citoyens attendent.

Bien amicalement depuis mes monts.

Patmos Tarse

Écrit par : Patmos Tarse | 07/09/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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