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31/08/2007

« Best of ». Réponse à Erick Roux de Bézieux

medium_Gérard_Collomb_1.jpgPierre Gandonnière, journaliste à Lyon capitale, vient hier de me demander de rejoindre les blogueurs lyonnais qui vont, sur le nouveau site de l’hebdomadaire, échanger leurs points de vue sur ce que sera l’actualité lyonnaise au fil du temps. Pour initier l’expérience, Lyon capitale vient de demander à l’élu Milloniste, mon collègue au Conseil Municipal, Erick Roux de Bézieux de lancer une première salve dont la lourdeur est inquiétante mais pas franchement nouvelle. Sujet traité par Erick Roux de Bézieux, Gérard Collomb.

C’est donc un Roux de Bézieux sur-vitaminé qui s’y colle en recyclant, il faut le dire, pour la nième fois des arguments ruminés depuis l’élection municipale de 2001, une sorte de Best of de ce qui hante la droite lyonnaise, un florilège qui est un assez bon symptôme d’une maladie digestive jamais soignée. La droite lyonnaise qui s’estimait propriétaire de la ville trouve donc toujours obscène que Gérard Collomb impulse une nouvelle dynamique municipale. C’est triste mais c’est ainsi.

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30/08/2007

Réfugiés

medium_tentes_refuges.jpgCet été, plus précisément le 10 août, Olivier Brachet responsable de "Forum Réfugiés" signait une tribune dans Libération intitulée "Des actes pour le droit d'asile" destinée à promouvoir la nécessité d'engager notre pays dans un véritable effort international pour protéger les réfugiés.

Partant des fracassantes déclarations de Nicolas Sarkozy au soir de son élection indiquant que la France serait aux côtés "des persécutés et des martyrisés" mais aussi du constat d'inaction du Ministre Hortefeux, Olivier Brachet s'interrogeait sur la politique d'un pays qui dans les faits est avant tout mobilisé et obnubilé par une espèce de chasse aux "faux réfugiés".

Dans un contexte international qui voit le nombre de réfugiés atteindre aujourd'hui selon le HCR les 10 millions de personnes, comment interpréter ce cri de victoire des autorités françaises qui ne cessent de se féliciter d'une baisse de 40% des demandes d'asile dans notre pays. Comment qualifier une Union Européenne qui fait intercepter des bateaux en pleine mer leur ordonnant de rebrousser chemin sans s'assurer qu'à leur bord de possibles réfugiés figurent parmi les passagers ? Comment juger une politique européenne qui collabore avec un pays comme la Libye, non signataire de la convention de Genève de 1951, qui emprisonne des réfugiés avant de les renvoyer vers des régimes répressifs ? Enfin comment ne pas s'interroger sur ces 2,2 millions de réfugiés Irakiens qui s'entassent dans les pires conditions en Syrie ou en Jordanie. Un chiffre que nous devons comparer à celui dérisoire des 99 personnes qui ont été en situation de demander l'asile dans notre Pays.

La France et l'Europe ne peuvent plus se contenter de distribuer quelques subsides pour que sous l'égide des nations Unies, la Syrie, la Jordanie et d'autres pays limitrophes de l'Irak "gèrent" cet afflux impressionnant.

Dans les années soixante-dix, en accueillant quelques 15 000 réfugiés du Sud-Est Asiatique, la France avait fait face à ses responsabilités. Plus près de nous  en évacuant les camps de réfugiés kosovars, notre pays avait participé de façon active à une politique de protection  internationale et de "réinstallation".

Aujourd'hui dans notre pays comme dans l'ensemble de l'Europe il est grand temps de reposer cette question urgente qui n'est pas seulement morale. Des pays comme l'Argentine, l'Uruguay, le Brésil prennent quant à eux une part active dans l'accueil des réfugiés et l'on ne peut s'expliquer que notre pays se dédouane, comme le dit Olivier Brachet, "d'une obligation internationale que la France a souscrite".

Après tout peut-être qu'un de ces jours, un certain Bernard Kouchner croisera dans un couloir son collègue Brice Hortefeux pour lui parler de tout cela mais j'ai l'impression qu'Hortefeux préfèrera toujours les chiens de garde aux Saint-Bernard. Allez savoir pourquoi.

Pour plus d'informations il est utile de se tourner vers les excellentes et précieuses publications de Forum Réfugiés (www.forumrefugies.org). 

Lyon, le 30 août 2007.

29/08/2007

Nouvelle-Orléans

medium_Nouvelle_orleans-jazz.jpgIl y a deux ans, le 29 août 2005, le cyclone Katrina s'abattait sur La Nouvelle-Orléans laissant derrière lui une ville dévastée, des quartiers populaires qui conservent encore aujourd'hui intactes des blessures béantes dont l'administration fédérale fait bien peu de cas. La municipalité, quant à elle, est au bord de la déroute financière, la ville ayant perdue plus de la moitié de ses habitants donc de ses contribuables. Les plus démunis n'ont jamais été autant démunis ni aussi nombreux dans une cité fantôme en proie à la pauvreté extrême et donc à la violence.

Ville délaissée, mémoire à vif, La Nouvelle-Orléans c'est aussi un immense patrimoine culturel en danger car la cité du jazz a bien des difficultés à se sortir des conséquences catastrophiques de Katrina, les musiciens étant les premiers à souffrir de cet abandon.

Beaucoup d'artistes apportent leur contribution solidaire aux musiciens de La Nouvelle-Orléans. C'est le cas d'Elvis Costello qui a signé un disque avec Allen Toussaint et les spectateurs de Fourvière étaient les témoins cet été de la formidable association du  Liverpuldien et du pianiste américain. Plus près de nous on ne peut que saluer le bon boulot effectué par Francis Cabrel mais beaucoup reste à faire même si globalement notre pays s'est plutôt mobilisé pour soutenir les musiciens et les écoles de musique.

On dit qu'aujourd'hui à La Nouvelle-Orléans, sur les 2500 musiciens qui exerçaient une activité professionnelle avant le cyclone, à peine 250 continuent de travailler.

Inviter des musiciens à se produire en Europe, leur proposer des résidences, faire venir des professeurs de musiques dans nos conservatoires, fournir des instruments de musique à La Nouvelle-Orléans, sont des actions concrètes qui pourraient se développer efficacement à l'échelle de l'Europe sachant que la ville berceau du jazz n'a probablement plus grand-chose à attendre de Washington.

Lyon, le 29 août 2007.

28/08/2007

Ribéry au PS ?

medium_ribery-franck.jpgDepuis sa défaite toulousaine de la mi-août, l'Olympique Lyonnais est l'objet de l'attention suspecte et des conseils de nombre de commentateurs qui, en vérité, croisent les doigts pour qu'enfin le champion de France sortant engage sa dégringolade. Parmi les explications qui fondent les avis autorisés de nos experts, la question de la vie dans le vestiaire revient avec régularité pour expliquer les problèmes du club rhôdanien.

Au Bayern de Munich c'est tout le contraire. Depuis quelques semaines la presse ne cesse d'évoquer l'intégration rapide et positive de Frank Ribéry dans son nouveau club. Bien entendu le talent de l'international français explique largement cette réussite mais des deux côtés du Rhin on nous dit que la personnalité joviale et potache du néo-Bavarois accélère le processus au point que même le gardien Oliver Khan, c'est dire, serait client des pitreries adolescentes de Ribéry.

Le solide international belge Daniel Van Buyten attestait de cet excellent état d'esprit dans les colonnes de L'Equipe en disant "avec Franck, je prends beaucoup de plaisir. Il adore blaguer. A table, je suis son voisin et je suis tout le temps mort de rire". Agent d'ambiance du vestiaire Bavarois, Franck Ribéry déploie une activité de chaque instant pour faire vivre dans la bonne humeur le groupe en mettant par exemple du dentifrice sur la poignée de la chambre de Lukas Podolski et du sel dans son verre, en découpant, pendant que son propriétaire est sous la douche, l'avant des chaussures de Van Buyten, en bourrant les chaussures d'un autre de mousse à raser.

Vestiaire qui pleure, vestiaire qui rit, je me demande si, au point où il en est, le Parti Socialiste ne devrait pas lui aussi tirer des leçons de l'exemple du Bayern de Munich en invitant Franck Ribéry à siéger le mardi soir aux pénibles réunions du Bureau national afin de redonner le sourire et modestie à nos instances dirigeantes. En insufflant autant de joie de vivre dans un PS divisé imaginez ce qu'un Ribéry pourrait apporter. François Hollande devrait sérieusement se poser la question de la venue comme membre-associé du milieu offensif français. C'est à mon sens la seule possibilité de voir Valls en paix avec ses chevilles, Marie-Noëlle Lienemann retrouver l'esprit d'équipe, Hamon conscient de ses limites techniques et pourquoi pas Cambadelis mort de rire. Avouez que cela aurait de la gueule. Par ailleurs je suis certain qu'à l'instar d'Oliver Khan au Bayern, grâce à Ribéry, Laurent Fabius irait même jusqu'à annoncer qu'il entame sa dernière saison.

Lyon, le 28 août 2007.

27/08/2007

Dernier sprint vers La Chaise-Dieu.

medium_Chaise_dieu.jpgC'est la rentrée, mais peut-être que certains d'entre-vous se trouvent encore en vacances du côté de l'Auvergne et plus particulièrement dans ce magnifique département de la Haute-Loire. Alors pourquoi ne pas faire une petite virée vers "La Chaise-Dieu" pour assister aux dernières représentations du festival éponyme qui s'achève mercredi.

Je sais bien que la messe est pour ainsi dire dite puisque c'est le 18 août que l'on inaugurait l'édition 2007 et que pour vous délecter des œuvres de Purcell, du requiem de Fauré, de Gounod  et du Messie de Haendel il convenait d'anticiper. Cela étant, à condition de vous rapprocher au plus vite des organisateurs du festival (www.chaise-dieu.com) ou en contactant l'Office de Tourisme (04 71 00 01 16) vous avez peut-être une chance d'obtenir un billet pour assister aux dernières représentations.

Ce soir (21 heure) et demain (14h30), à l'Abbatiale pour un programme regroupant Beethoven, Tchaïkoski, Fiala et Prokofiev avec "Alexandre Nevsky" cette grandiose œuvre écrite pour le film d'Eisenstein ( Alexel Volodin, les chœurs de Brno et l'Orchestre National de Lorraine sous la direction de Jacques Mercier)

Après demain, toujours à l'Abbatiale, mais à 14h30 cette fois, le concerto pour violon N°7 avec la violoniste Alexandra Soumme et l'Orchestre national de Lyon placé sous la direction de Michel Plasson.

Le même jour, en soirée, toujours à l'Abbatiale, concert de clôture avec en particulier la symphonie N°1 "Titan" de Gustav Mahler interprétée par l'Orchestre français des jeunes dirigé par Jean-Claude Casadesus et Olivier Patey à la clarinette.

Lyon, 27 août 2007.

26/08/2007

Z comme Zut! C'est la rentrée.

medium_Z.jpgDemain ce blog va reprendre sa vitesse de croisière. Je vais essayer, malgré les diverses contraintes de la vie, de continuer à apporter mon grain de sel, au jour le jour, en évitant de  trop pratiquer la langue de bois. Depuis quelques mois, vous êtes nombreux à me rendre visite et parfois même à délivrer vos réactions, parfois les plus injustes, continuez!

Ce blog s'efforce d'être fidèle à deux principes thématiques, la politique et la culture. Pour cette deuxième saison qui s'annonce ce sera encore le cas, même si la campagne pour les élections municipales va occuper une place de choix.

Lyon sera donc encore plus présent sur ce blog mais, car vous l'évoquez souvent, la musique, la culture et les évènements culturels, continueront à s'imposer au fil des jours.

Merci à celles et ceux qui aiment prendre plaisir à visiter "de Lyon et d'ailleurs", bienvenue aux nouveaux arrivants et en particulier aux blogueurs de l'été qui viennent de le découvrir.

A demain pour la saison II de "Lyon et d'ailleurs". En attendant une petite sucrerie de Jamel Debouze sur la rentrée des classes.

 

Lyon, 26 août 2007.

25/08/2007

Y comme Young (Neil)

medium_Y.jpgLes admirateurs inoxydables de Neil Young, dont je suis, sont depuis quelques mois aux anges. Après le brûlot anti-Bush intitulé "Living with war" (Reprise, 2006) et des deux premiers volumes de ses tant attendues archives, Paramount home vidéo vient de mettre à la disposition du public français, dans une version double DVD, le film de Jonathan Demme intitulé "Neil Young, heart of gold".

Les amateurs de rock se souviennent très probablement du fameux "Stop making sense", concert des Talking Heads filmé à New York par Demme il y a vingt ans de cela. Avec "Heart of gold" le même Demme est à Nashville pour une captation de Neil Young à l'occasion de la sortie de l'album "Prairie Wind".

Le canadien est bien entendu toujours au sommet servi par un Jonathan Demme impeccable. Si vous n'avez qu'un seul DVD musical à visionner en cette période de fin de vacances, offrez-vous le duo Young/Demme, vous ne le regretterez –pas. Quant à ceux qui disent que le "looner" est un animal préhistorique tout juste bon à faire vibrer les baby-boomers, ils devraient avoir honte de vivre ainsi dans le blasphème. Ils mesureront, après avoir vu ce concert, l'étendue de leur ignorance.

En guise de pénitence ils grimperont, bien entendu à pieds, à Fourvière, en répétant inlassablement " Hey, hey, my, my, rock'n' roll never die". Pour s'y préparer, ils visionneront dix fois la vidéo qui suit, si possible à genoux.


Lyon, 25 août 2007.

24/08/2007

X comme XL (Tee Shirts)

medium_X.jpgPratiquement passé inaperçu, un assez formidable bouquin d'un professeur d'économie de l'Université américaine de Georgetown à Washington est paru il y a quelques mois. L'ouvrage s'intitule « Les aventures d'un tee-shirt dans l'économie globalisée », il est édité par Grasset et son propos est de raconter l'histoire d'un tee-shirt de A jusqu'à Z.

A ceux qui pensent que traiter un tel sujet devrait conduire automatiquement son auteur à épouser les pieuses mais caricaturales thèses alter mondialistes, je signale qu'il y a fausse route. En effet, en suivant les méandres de l'économie mondialisée au travers une enquête économique précise et documentée, Pietra Rivoli, nous propose de remonter un fleuve pas si tranquille que cela dont les soubresauts devraient en étonner plus d'un.

Raconter l'histoire d'un tee-shirt c'est tout d'abord plonger dans les eaux troubles d'une économie américaine qui depuis des dizaines d'années abonde le marché mondial du coton en assurant sa prospérité par de consistantes subventions.

Décrire l'industrie textile c'est explorer l'Asie.

 

 Lyon, le 24 août 2007.

23/08/2007

W comme Woodstower.

medium_W.jpgAprès une année 2006 marquée par l'annulation du festival, l'équipe de Woodstower revient investir le Parc de Miribel-Jonage du 31 août au 2 septembre. Autant vous dire que dès aujourd'hui vous devez mobiliser les troupes pour convaincre les uns et les autres de se rendre sans délais dans les points de location habituels.

Ceux qui connaissent Woodstower savent bien que ce festival unique est le dernier bon moment estival avant la rentrée. L'équipe qui le concocte depuis des mois est animée d'un tel (bon) esprit que ce serait quasi criminel que de ne pas s'y rendre. D'ailleurs ceux qui connaissent déjà se rendront encore cette année, les yeux fermés, du côté du grand parc urbain de Miribel tant l'ambiance est détendue, l'organisation parfaite et l'accueil "comme à la maison".

Concernant les autres, il me faut tout de même parler musique même si d'autres formes de spectacles vous seront proposées. Le vendredi 31 août, après Siméo, les Fatals Picards, Nosfell et quelques autres, l'agitation concernée et bondissante d'Asian Dub Foundation devrait faire l'affaire, le groupe britannique d'origine pakistanaise étant à nul autre pareil pour soulever les publics les plus retords.

Le samedi les têtes d'affiche que sont les Gladiators et Tété devraient convaincre les plus blasés ce d'autant que Bikini Machine, les Hurlements d'Léo, Fred Wesley & the JB's mais aussi Mademoiselle K dont j'attends beaucoup, complèteront un plateau tout à fait dans l'esprit de Woodstower, c'est-à-dire varié et ouvert.

Lyon, 23 août 2007.

22/08/2007

V comme "Venge-moi !"

medium_V.jpgIl y a quelques jours de cela, je suis tombé dans une Maison de la Presse sur le dernier bouquin de Patrick Cauvin, "Venge-moi!", dont j'avais lu une bonne critique dans un Nouvel Observateur du début de l'été

Cauvin / Klotz n'est en général pas le genre d'écrivain que je cherche à lire mais je dois vous dire que le cru 2007 de l'auteur de "E=MC2, mon amour" est plutôt bon. S'il vous fallait à tout prix lire "un roman populaire de l'été", sachant qu'il ne vous reste plus que quelques jours, n'hésitez pas à vous plonger dans celui de Cauvin.

Thriller de très bonne facture, "Venge-moi!" raconte l'histoire de Simon, fils de parents juifs déportés, dont le père n'est jamais revenu de l'enfer des camps. Sa mère, sur son lit de mort, lui montre la photo de celle qu'elle soupçonne de les avoir dénoncés. Elle demande à Simon de la venger. La traque commence. L'infernale machine littéraire de Cauvin aussi. Je ne sais pas si "Venge-moi!" va être le "Best Seller de l'été" en tout état de cause si tel était le cas cela serait mérité. C'est chez Albin Michel, 200 pages, 16 Euros.

Hautes Pyrénées, 22 août 2007.

21/08/2007

U comme "Un goût de rouille et d'os"

medium_U.jpgHistoire d'attirer le chaland qui passe, les Editions Albin Michel livrent le bouquin d'un  canadien inconnu, Craig Davidson, avec un bandeau qui invite le lecteur à saliver. Pensez donc, comment résister à un tel artifice qui, en lettres blanches sur fond rouge porte la mention "Croyez-moi, vous n'avez jamais rien lu de tel" le tout signé Bret Easton Ellis. Il faudrait être fou, après un tel aguichage, pour ne pas se précipiter sur une quatrième de couverture qui dans un deuxième temps, et c'est là que c'est déloyal, vous choppe au colback en vous disant, toujours signé du même parrain littéraire, "Ces formidables nouvelles sont les meilleures  que j'aie lues depuis longtemps. Il y a là matière à un douzaine de romans". Albin, deux. Moi, zéro.

Le lecteur méfiant que je suis se dit que chez Albin on en fait peut-être un peu trop ce d'autant qu'en retournant le livre côté jaquette le visuel grisâtre représentant les mains d'un boxeur ne me plonge pas dans un état second. Retour au texte de la quatrième de couve qui n'est pas loin de me faire lâcher prise, la bobine du Craig Davidson en question m'invitant à exercer ce droit de retrait dont chaque acheteur potentiel est dépositaire. A ce moment là, Albin me ferre en ponctuant du nom de Chuck Palahniuk son texte promotionnel mais j'étais encore loin de passer à la caisse dans la mesure ou l'œuvre du pote de Bret valait tout de même 21,50 Euros. Albin, deux. Moi, deux.

C'est là que l'histoire bascule. Alors que je pouvais  reposer tranquillement le bouquin sur la table de présentation, fier d'avoir déjoué les stratagèmes de l'éditeur de la droite française, je me piège moi-même en faisant machinalement le geste qui tue. Je feuillette et tombe sur les premières lignes d'une des nouvelles, "A deux mois de mon vingt-huitième anniversaire, je bats à mort Johnny "the kid" Starkley, à Tupelo, Mississipi. Un méchant coup droit au plexus solaire l'a envoyé dans les cordes, le souffle coupé. Je lui avait filé un paire de coups…". Pas de chance pour Albin, je tombe sur une coquille. "Un" paire et non "une" paire de coups. Albin, trois. Moi, trois.

Alors que je pouvais me retirer du jeu et acheter, en confiance, un de ces polars griffés "Rivages", me voilà comme un imbécile, Easton Ellis et Palahniuk aidant, à continuer mon feuilletage en commençant cette fois-ci à lire le premier texte, "Un goût de rouille et d'os" qui donne son titre au recueil. Page sept, "Il y a vingt-sept os dans la main humaine. Entre autres, le lunatum, le capitatum et le naviculaire, le scaphoïde et le triquétrum, ou bien encore les minuscules pisiformes cornus de la face extèrieure du poignet ", je saute quelques lignes en me demandant dans quelle direction l'ami Craig veut m'entraîner. "Cassez-vous un bras ou une jambe, et l'os vas s'envelopper de calcium en se ressoudant, si bien qu'il sera plus solide qu'avant. Mais cassez-vous un os de la main, et cela ne guérit jamais correctement" poursuit l'auteur canadien. Quelques lignes supplémentaires et je me retrouve page huit, "Vous verrez des hommes pleurer lorsqu'ils se fracturent la main durant un combat, des Mexicains à la peau dure ou des ouvriers metallos, des malabars effondrés sur leur tabouret avec des larmes qui leur jaillissent des yeux", coup d'œil au milieu de la page neuf, "Je m'appelle Eddie Brown Junior, je suis né le 19 juillet 1966 à San Benito, un petite ville misérable située à quinze kilomètres au nord de la frontière entre le Texas et le Mexique; quelque part "entre nulle part et adios", comme disait ma mère de sa ville d'adoption"….

Albin, 21,50 Euros, moi au tapis après la lecture de ce recueil de nouvelles. Vous l'avez compris c'est chez Albin Michel, 292 pages et, si les agents littéraires ne lui grignotent pas son énorme potentiel, on a probablement droit avec ce Craig Davidson, à un futur grand de la littérature américaine. 

Hautes Pyrénées, le 21 août 2007.

20/08/2007

T comme Topor

medium_T.jpgPour les plus jeunes d'entre-nous Topor c'est probablement "Télé Chat" la cultissime série d'antenne 2 (Ah! Le gluon de l'éponge). Pour la génération d'avant, Topor c'est le duo, tout aussi culte avec Jean-Michel Ribes ("Merci Bernard" et "Palace). Pour les post soixante-huitards c'est peut-être la revue "Panique" et pour leurs prédécesseurs la revue "Fictions" de Sternberg et des apparitions dans un "Haha-Kiri" dont on ne saluera jamais assez le rôle majeur joué à l'époque dans un pays baignant dans le formol.

Topor s'en est allé en 1997 et depuis, même si une toute petite partie de son travail graphique et littéraire est encore disponible, l'artiste iconoclaste demeure un inconnu pour les jeunes générations et leurs aînés trop souvent amnésiques. L'œuvre de Topor est donc immense, dispersée et pas toujours accessible. Dessins, textes, photographies, pièces de théâtre mais aussi cinéma mériteraient maintenant que la mort est venue emporter le génial touche à tout d'être proposés à nouveau à un public qui, j'en suis convaincu, se ferait une fête de fréquenter un tel artiste.

Peut-être que la biographie signée Frantz Vaillant et éditée par Buchet-Chastel va redonner le goût pour Topor en dehors du cercle des initiés. Œuvre de fan, le travail de Vaillant est une première qui en appellera d'autres tant on a l'impression à la lecture de "Roland Topor ou le rire étranglé" que Topor demeure un continent encore inexploré et son œuvre largement sous estimée.

Hautes Pyrénées, le 20 août 2007.

19/08/2007

S comme Strummer (Joe)

medium_S_2.jpgJ'adorais le Clash et son leader Joe Strummer. Je me souviens d'un concert au Palais d'Hiver ou un crétin situé au pied de la scène passait son temps à cracher sur Mick Jones et Strummer inspiré par un article paru la semaine d'avant dans le mensuel Best qui relatait que quelques punks anglais pour dénoncer le "renoncement, voire la trahison" de Strummer et sa bande, mollardaient à longueur de concert sur le chanteur et le guitariste du groupe alors en plein trip "Sandinista".

Strummer n'est plus là, il doit faire quelques reprises avec Johnny Cash, dans un coin du paradis. Justement à l'instar de ce qui se passe avec Cash, dont, si les choses continuent ainsi, on va bientôt éditer des vidéos de l'homme en noir entrain d'arroser ses tomates au fond de son jardin, Strummer connaît un regain commercial tout azimut et pas encore suspect. Biographies en vidéo, "Joe Strummer, the future is unwritten" le film de Temple, B.O., énième compilation du Clash, concerts filmés envahissent les bacs en attendant les livres et albums en préparation.

Pour ne pas vous rendre méfiant vis-à-vis de cette vague Strummienne, je voudrais vous signaler aujourd'hui un polar écrit par un breton, Caryl Férey, intitulé "la jambe gauche de Joe Strummer" et qui a la particularité d'être le premier inédit publié dans la collection de poche "Folio policier" chez Gallimard.

Caryl Férey n'est pas un inconnu pour les lyonnais amateurs de polars puisque l'auteur a obtenu en 2005 le prix "Sang d'encre" délivré par nos voisins de Vienne lors du festival du même nom puis, la même année, le prestigieux "Prix SNCF du polar". Auteur jeune, déjà chevronné et  prometteur, Férey nous propose à nouveau une virée avec l'ex flic Mc Cash, toujours borgne mais dépressif qui s'apprête à tourner mal, très mal. A lire.

Avant de vous rendre chez le libraire du coin pour vous procurer le bouquin de Caryl Férey et d'aller voir le bon film de Julian Temple, visionnez ce clip de la belle version de "Redemption Song" enregistrée par Joe Strummer quelques temps avant sa disparition.

 

 

Hautes Pyrénées, le 19 août 2007.

18/08/2007

S comme Stiglitz (Joseph E.)

medium_S_1.2.jpgSoyons clairs. La plupart du temps, l'idée de lire un bouquin d'économie fait plus que me rebuter, elle me déprime. En attente depuis plusieurs mois le livre du Prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz intitulé "Un autre Monde" dormait sous une pile d'ouvrages et sa lecture début août n'est pas loin de me réconcilier avec le genre. En vérité Stiglitz est presque un conteur et le DVD d'entretiens diffusé par l'hebdomadaire "Challenges" cet hiver ne peut qu'encourager des lecteurs aussi fainéants que moi à poursuivre. C'est ce qui a été fait et je m'en porte que mieux.

Autour de l'idée que Wall Street et la mondialisation débridée en cours sont antagoniques aux perspectives de développement, l'ancien conseiller de Bill Clinton avance l'idée qu'une certaine forme de capitalisme, celui en vigueur aux Etats-Unis pour parler court, est à proscrire. Autour de l'idée du retour à un Etat modernisé et à des processus de décisions issus de choix démocratiques, un nouvel équilibre peut émerger entre l'Etat et le marché permettant ainsi non seulement aux sociétés de maîtriser le marché, de protéger travailleurs comme consommateurs au Nord comme au Sud mais, et c'est essentiel pour Stiglitz, d'être soucieux de l'avenir de la planète.

S'il fallait très grossièrement caser l'économiste américain parmi les références qui s'imposent  en matière de projet de société il est clair que le Nobel 2001 pourrait se situer entre la démarche sociale démocrate suédoise, les positionnements d'une bonne partie du PS français (de DSK à Royale) et certaines velléités de Clinton ou Al Gore.

Pour vous convaincre de visiter Stiglitz et de tenter l'aventure voici quelques bribes de la conclusion de son ouvrage.

"Pour une grande partie du monde" nous dit l'auteur, "la mondialisation telle qu'elle a été gérée ressemble à un pacte avec le diable. Dans le pays, une poignée d'individus s'enrichissent; les statistiques du PIB, à prendre pour ce qu'elles valent, ont meilleure mine, mais les modes de vie et les valeurs fondamentales sont menacées. Dans certaines régions du monde, les gains sont encore plus minces, les coûts plus palpables. Les progrès de l'intégration dans l'économie mondiale ont apporté plus d'instabilité, plus d'insécurité, plus d'inégalité. Et ils ont même compromis des valeurs essentielles.

Ce n'est pas une fatalité. Nous pouvons faire fonctionner la mondialisation, mais pour tout le monde, y compris les habitants des pays pauvres. Ce sera long et difficile. Nous avons déjà beaucoup trop attendu. Nous devons nous y mettre immédiatement ".

Cela vous tente? Cela s'appelle "Un autre Monde", c'est chez Fayard, 448 pages pour 22 Euros mais j'imagine que d'ici quelques mois une version en poche devrait être proposée. A vous de voir si vous préférez attendre.

 

 
Hautes Pyrénées, 18 août 2007.

17/08/2007

R comme Reuzeau (Jean-Yves), biographe de Janis Joplin

medium_R_2.jpgIl y a huit jours je m'énervais tout seul dans mon coin contre la rente que constituait Jim Morrison pour nombre d'éditeurs du monde entier, le rocker enterré au Père Lachaise étant toujours source de ventes garanties. Je m'en prenais particulièrement à l'inutile bouquin édité par Sam Bernett chez "Privé" mais aussi aux excellentes éditions du Castor Astral qui totalisent un nombre suspect de livres sur l'ex chanteur des Doors. En évoquant "Janis joplin et Jim Morrison, face aux gouffre" j'essayais de vous dire que tout cela commençait à bien faire.

Aujourd'hui, en parlant du "Janis Joplin" de Jean-Yves Reuzeau, vous allez vous dire que je creuse ma tombe puisque l'auteur en question est également le directeur littéraire du Castor Astral. Pas du tout. En signant chez "Folio Gallimard" une bonne biographie de la texane qui devrait passionner celles et ceux qui profitent de l'été pour assouvir leurs connaissances sur le rock, Reuzeau est à remercier et à féliciter.

En vérité peu de livres sur Janis étaient jusqu'ici disponibles en langue française et, si ma mémoire ne me fait pas défaut, mis à part la traduction de celui de Myra Friedman chez Albin Michel, désormais introuvable puisque remontant aux années soixante-dix et le plus récent mais bourratif "Sur la route de Janis Joplin" de Jeanne-Martine Vacher (Seuil, 1998) la littérature sur le sujet était éparse.

Le travail de J.Y. Reuzeau mérite donc plus que le détour et s'il devait permettre d'éclairer à nouveau l'œuvre d'une chanteuse bien souvent caricaturée comme une simple junkie de base, l'effort de son biographe serait déjà récompensé.

Puisque nous en sommes au chapitre des amabilités, à propos de la politique de Gallimard qui, au travers de sa collection "Folio biographies", publie en format de poche, sur les sujets les plus divers, beaucoup d'inédits, il convient d'être reconnaissant et de dire bravo à Gérard De Cortanze son inspirateur et directeur de collection.

Hautes Pyrénées, le 17 août 2007.

 
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