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28/03/2007

Le petit Nicolas passe le bac philo

medium_Philosophie_mag.jpgDans la revue « philosophie magazine » d’avril 2007 un étrange dialogue entre Michel Onfray et Nicolas Sarkozy nous est proposé. Ayant manifestement lu les propos le concernant sur le blog du philosophe qui parle de Sarko comme « d’un démagogue animé par une obsession pathologique : jouir de la puissance donnée par le pouvoir », le candidat UMP attaque d’entrée : « Qu’est-ce que je représente pour vous ? Osez pousser jusqu’au bout la logique que vous exposez dans votre blog : vous me voyez comme un démagogue, la réincarnation de la bête immonde ? ». L’autre lui répond aussi sec, « Il y a de la démagogie dans vos derniers discours, celui de l’investiture et celui de la Mutualité. J’y ai découvert des affirmations inhabituelles chez vous ». « Par exemple » coupe Sarkozy. « Le fait que vous vous revendiquiez comme républicain, cela m’a semblé assez neuf » rétorque Onfray.

En vérité, au-delà de cette entame plutôt enlevée, l’essentiel de ce dialogue est sans véritable intérêt, nos deux interlocuteurs échangeant assez superficiellement sur le Gaullisme, les Etat-Unis, la religion et bien d’autres sujets. Lisez bien entendu l’intégralité du texte de ce magazine, vous trouverez peut-être comme moi que tout au long de ces huit pages le petit Nicolas, notamment dans une deuxième manche sous forme de petit déjeuner, est de temps à autre pathétique mais parfois une victime sympathique du professeur Onfray.

Le petit Nicolas passe donc ce mois ci le bac philo et le nietzschéen Docteur Onfray, comme bien d’autres, est au bout du compte piégé par un candidat plutôt malin, capable de caser le peu de choses qu’il a révisé.

J’espère que Nicolas Sarkozy ne sera pas président de la République mais avouons qu’il mérite la moyenne à l’épreuve de philo tant, malgré un début d’oral difficile, il a su se défaire d’un professeur émerite bien plus cultivé mais bien moins agile et roublard que lui.

Lyon, le 28 mars 2007. 

Commentaires

Bien vu mon cher Jean-Yves (à propos, merci de m'avoir sorti de ma cellule de dégrisement).

Onfray a effectivement - à son corps défendant certes, mais objectivement - servi la soupe au petit Buchodonozor.
Je viens d'écouter un extrait sur le site de la revue, c'est patent.

Métro, commentant cet entretien, rajoute à ce propos : "Vraie-fausse conclusion en fait, car à l’issue de l’entretien, Sarkozy a convié son contradicteur à… une deuxième rencontre, cette fois autour d’un petit déjeuner. Au menu : littérature, douleur, transgression… « Ce qui me différencie des littéraires, c’est que pour transgresser, il faut qu’il y ait des règles ! », affirme le ministre. « Le libertaire que je suis est contre les règles », rétorque le philosophe. Entre les deux hommes, une sorte de sympathie s’est instaurée. Partiront-ils en vacances ensemble ? "

À quoi je rajouterais volontiers cette adresse au philosophe des UP :
"Bon appetit Monsieur Onfray. Prenez une longue cuiller et souvenez-vous de ces quelques vers que je pastiche :

Un jour, un Onfray mordit Sarko au talon
Et que croyez vous qu'il arriva?
Ce fut l'Onfray qui en creva"

Bien à toi depuis mes monts

Patmos Tarse

Écrit par : Patmos Tarse | 28/03/2007

C'est peut-être même freudien comme problème: http://www.dailymotion.com/video/xr73w_nicolas-police

Écrit par : Bicshow | 28/03/2007

Michel Onfray contre Sarko : bon début !
Mais il ne reste que très peu de semaines, alors pourriez-vous transmettre à Michel Onfray cette demande :
Un entretien, c'est bien : Sarko montre son aisance, ses maladresses, mais, in fine, son "humanité". Quelques inhibitions tombent chez quelques électeurs hésitants...

Ce dont nous avons BESOIN, c'est une analyse précise, sans dialogue mondain : comment appelle t'on l'attitude de renvoyer dans un pays supposé d'origine, par milliers, UN des deux parents d'une famille d'enfants, laissant sur place enfants semi-orphelins, conjoint séparé de force et désespoir ?
Comment appelle t'on une promesse très solennelle de ne pas descendre au dessous de 70% à Gaz de France puis de laisser descendre à des miettes ? Comment appelle t'on le "je suis du camp de ceux qui payent leur billet" alors qu'il aurait pu rajouter "je suis du camp de ceux qui payent leur billet d'avion (ministériel)", ou "je suis du camp de ceux qui payent leurs impôts (sur la fortune, mais modérément quand même)","je suis du camp des candidats dont le QG est protégé par quelques centaines d'hommes et de véhicules de l’Etat, dans un quartier où les habitants ne peuvent rentrer chez eux (cela s'est produit) quand ils n'ont pas pu produire une pièce d'identité alors qu'ils s'étaient éloignés de 100m de chez eux", "je suis du camp des ministres qui publient d’autorité au journal officiel, sans que personne n’y trouve a redire, 18% d’augmentation des budgets de campagne électorale", etc... La liste de ces attitudes, ces décisions, ces actes et ces paroles fascisantes est longue, et il serait temps qu'on la dresse dans toute sa cruauté, dans tout son cynisme, qu'on la structure, que l'on pétitionne pour demander son inéligibilité démocratique (un million de pétitionnaires nous avaient on dit!) quand tant d'autres l'on été pour bien moins que cela. Qui en aura le courage ?

Nous sommes du pays ou un seul Papon a été jugé, et seulement après une longue carrière et un grand nombre d'honneurs. Allons-y, notre silence feutré prépare l'inhumanité de demain en prolongation des brutalités d'aujourd'hui. Et nos concitoyens pourrons toujours pleurer (dans les gaz lacrymogènes) de nos postures édulcorées, "dignes" (on se pense toujours digne, mais que diront nos enfants ?).
Pour le logement : la rue certes, ...mais, immense progrès, le droit d'aller en justice. Juste quelques années de procédures, le temps que les enfants se soient imprégnés de leur état de répudiés sociaux, notre belle république se gargarise de mots. Quel toit bien fictif que ce droit juridique ! Pour le reste du monde, un beau char Leclerc, de beaux sous-marins, etc... Pas besoin de tribunaux pour cela, c'est du cash. Mes exemples ne sont sûrement pas les meilleurs, mais seul derrière mon clavier j'ai besoin de vous pour cela.

Ce n'est pas mon irritation au premier degré qui décidera quelque candidat que ce soit, mais une grande "carrure" comme Michel Onfray est tout à fait capable de réunir un petit groupe de travail sur ces sujets, collecter les faits indéniables des années passées jusqu'à aujourd'hui, contacter les politiques de gauche capables de signer collectivement un jeu d'affiches claires sur la nature profonde du gouffre où notre pays se précipite, sujet per sujet, avec les références historiques, psychologiques, philosophiques, sociologiques, qui conviennent.

Pour ma part, j'ai assez de cartes de rationnement d'heures de télé, de km d'autoroute, de journées sur les plages, de revues et de livres, de bibliothèques et de radio, pour que je n'ai même pas besoin de dénoncer mon voisin pour prendre son appartement ou obtenir ma promotion, alors pourquoi vais-je bouger lorsqu'un maréchal Sarko gravit imperturbablement les marches d'un pouvoir absolu. Et je dirai à mes petits enfants "je ne savais pas".

Amitiés à Michel Onfray, que les universités se développent!
Roland.

Écrit par : Eugène Muva | 29/03/2007

À Eugène Muwa de Roncevaux
Très simple (quoique!) de faire passer votre avis à Michel Onfray : il a un site http://perso.orange.fr/michel.onfray
Patmos Tarse

Écrit par : Patmos Tarse | 29/03/2007

Michel Onfray raconte la façon dont il a vécu l'entrevue. Passionnant et... terrifiant
http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/04/03/le-cerveau-d-un-homme-de-droite.html

Écrit par : thelonious | 06/04/2007

Mon cher Jean-Yves, il me semble que tu as loupé la perle de cet entretien, et qu'Onfray commente largement sur son blog, et que la presse a reprise depuis: la génétique.

Pour le prince de Sarkozy y Nagy-Bosca (son vrai nom), tout s'explique par la génétique: la couleur des yeux, la forme du faciès, son orientation sexuelle, son envi de mourir, etc... Si l'entretien avait duré, il nous aurait sûrement dit que les juifs ont les doigts crochus parce que l'avidité est inscrit dans les gênes!

Ce qui est certain c'est les idées brunes sont bien inscites dans le cerveau du (très) petit Nicolas.

Écrit par : Renaud | 10/04/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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