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28/03/2007

Expulsions

medium_RESF1.jpgMes amis du CCAF (Conseil de Coordination des organisations arméniennes de France) m'informent du sort de la famille Sarkissian, arrêtée ce matin et vraissemblablement à l'heure où j'écris au centre de rétention en instance d'expulsion.

Les Sarkissian se sont les parents (Ashot 30 ans et Nelly 25 ans), leur fils Georg (3 ans) et la grand-mère Aida (69 ans). Avant d'arriver en France, ils avaient quitté la Russie pour rejoindre la Suède où Georg est né. Vont-ils être refoulés vers la Suède ou pire vers l'Arménie où ils n'ont ni famille, ni proches susceptibles de les accueillir ?

Après ce qui s'est passé à l'école de la rue Rampal à Paris, comment ne pas s'inquiéter du sort de ce petit Georg scolarisé à l'école Condé dans le 2ème arrondissement de Lyon.

Pour en savoir plus, sur le parcours de la famille Sarkissian lire la note de RESF Rhône qui suit.


Note de RESF Rhône concernant la famille Sarkisian

La famille Sarkisian demande actuellement l’asile à la France. Les quatre membres de la famille sont : les parents Ashot (30 ans) et Nelly (25 ans), la mère d’Ashot, Aida (69 ans) et leur fils Géorg (3 ans).
Fils d’un couple “mixte” chrétien-musulman (arménien-azéri) marginalisé dans la société azérie, Ashot a émigré avec ses parents en Arménie dans les années 80. Mais les discriminations s’exacerbent à cause du déclenchement de la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaidjan à partir de 1988. La famille n’étant acceptée ni en Arménie, ni en Azerbaidjan, elle part s’installer en Russie. Après le décès du père en 2002 et de nouvelles menaces racistes de la part de la police russe envers les Caucasiens, Aida et son fils Ashot retournent en Arménie. Mais les autorités arméniennes leur refusent l’obtention de papiers pour rester légitimement sur le sol arménien. Après quelques mois ils repartent en Russie avec la compagne d’Ashot, Nelly en décembre 2003. A cause des menaces racistes notamment au sein des commissariats de police, ils craignent pour leur vie d’autant plus que Nelly est enceinte de huit mois.
Ashot, Nelly et Aida fuient à nouveau la Russie et arrivent en Europe par la Suède où ils tentent de recommencer une nouvelle vie. Le petit Géorg naît 5 jours après leur arrivée en Suède en janvier 2004. Les parents déposent une première demande d’asile auprès de l’Office de l’Immigration. Le problème de la langue les empêche de bien détailler leur parcours et les raisons de leur exil. Ils se voient opposer un premier refus quelques par l’Office de l’Immigration qui ordonne leur renvoi en Arménie avec mise à exécution immédiate. Sous le choc de cette décision, Nelly, alors âgée de 21 ans et jeune maman, sombre dans une grave dépression. Elle est internée dans une clinique psychiatrique où elle est alimentée à l’aide d’une sonde. La famille va renouveler sa demande d’asile en faisant appel maintes fois sans succès auprès d’une administration particulièrement rigide. La famille est exposée régulièrement et constamment à des menaces d’expulsion. Ashot est gagné par le découragement et le petit Géorg est pris en charge par sa grand-mère qui s’occupe de tout malgré une santé très fragile.
Malgré le soutien d’un homme politique du parti Chrétien-démocrate suédois, qui appelle à la régularisation de la famille notamment à travers la presse, l’Office de l’Immigration décide de supprimer les moyens de subsistance de la famille (article de journal de décembre 2006 intitulé “Menacés de famine : une honte pour la Suède”). Malgré les arguments de deux pasteurs qui demandent en leur nom un permis de séjour permanent à la famille pour des raisons humanitaires évidentes, la Suède leur refuse l’asile jusqu’à la fin 2006.

Désespérée et découragée, la famille Sarkisian quitte clandestinement la Suède et arrive en France fin 2006. Ils demandent l’asile auprès de la Préfecture de Lyon et attendent actuellement que la France interroge la Suède sur leur devenir. Selon les accords de Dublin, ils risquent d’être renvoyés en Suède ou directement en Arménie où ils n’ont ni famille, ni proches susceptibles de les accueillir. En Arménie, ils risquent d’être à nouveau victimes de fortes discriminations ethniques et de se retrouver dans des foyers de réfugiés d’Azerbaidjan ou plus vraisemblablement dans un bidonville des faubourgs de Erevan sans pouvoir être soignés convenablement ni trouver un travail.
La famille est pourtant très motivée pour trouver un vrai pays d’accueil et mener une vie normale et équilibrée. Ashot est prothésiste-dentaire de métier, le jeune couple commence à apprendre le français et à tisser des liens à Lyon où le petit Géorg est scolarisé pour la première fois.
Le petit Géorg n’a jamais vu ni connu l’Azerbaidjan, l’Arménie, ni la Russie. Ses parents veulent lui épargner tous les racismes qu’ils ont dû subir en Arménie, en Azerbaidjan et en Russie. Il doit grandir dans un pays où lui et ses proches ne souffriront plus de graves discriminations pouvant empêcher toute vie sociale et professionnelle.
La France sera-t-elle digne de sa réputation de terre d’asile ?


Mars 2007
d’après les témoignages d’Ashot et Nelly Sarkisian

15:40 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Arménie, Armenie, RESF, expulsion, expulsions, enfants | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Face à combien de mesures inhumaines de reconduites à la frontières avons-nous été directement confrontés depuis cinq ans ? Combien de procédures perdues au tribunal administratif pour seulement quelques maigres victoires pour vice de procédure ?

Il faut que ça change. La France doit retrouver son statut de terre d'asile. Pour celà, il faut mettre la droite dehors. Et vite !

Écrit par : Karim AOU | 29/03/2007

L'histoire de cette famille montre à quel point la régularisation des sans papiers n'est ni une affaire d'un quelconque appel d'air, ni un problème sur lequel on peut répondre de façon comptable comme Sarko : "je veux X expulsions sur 1 an" comme il vient de le dire. L'importance de critères éligibles à la régularisation, à la fois pour entretennir des espoirs d'accueil fondés, avec des procédures claires d'étude des parcours et pour prendre en compte la scolarisation des enfants et la situation des parents et de la famille, est flagrante.
Peut être aussi que l'on pourrait souhaiter qu'avec la conduite des affaires par Ségolène ROYAL , les demandes d'asile ne soient pas des machines à fabriquer des sans papiers mais bien la façon pour la France d'honnorer les engagements signés dans les chartes internationales d'accueil des réfugiés et apatrides . La France ainsi prendrait toute sa part dans l'acceuil des populations en Europe, même si elle ne peut accueillir toute la misère du monde. Pourquoi certains ne voudraient retenir que cette dernière partie de la citation de Michel ROCARD?

Écrit par : simone | 29/03/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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