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20/02/2007

Dès que le printemps revient

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Si l’on en croit les sondages tels qu’ils se présentaient hier au soir avant que ne débute l’émission de TF1 avec Ségolène Royal, l’état de l’opinion pouvait se résumer assez simplement.

Ségolène Royal continuait à apparaître comme une candidate déterminée, sincère et d’une certaine façon rassembleuse mais la conduite cahin-caha de sa campagne pénalisait la compréhension de son projet présidentiel et grosso modo presque la moitié des Français trouvaient décevante, peu convaincante et assez peu rassurante la candidate de la gauche.

Bref, si la personnalité de Ségolène Royal provoquait une grande ou assez grande adhésion, force est de constater qu’un sentiment de distance par rapport à son pacte présidentiel dominait dans l’opinion et ce malgré la grande qualité de son discours de Villepinte.

Je ne sais quel va être l’impact exact de l’émission de TF1 et plus particulièrement sa traduction dans l’opinion mais je suis certain, parce que Ségolène Royal a été bonne, voire très bonne hier soir, que son image de femme sincère, battante et proche des préoccupations des Français va progresser.              

Pour ce qui concerne sa capacité à expliquer sa démarche et son projet, à les rendre compréhensibles et lisibles, j’ai le sentiment que l’émission de TF1 va, si les grands médias consentent à y porter quelque intérêt, effacer le brouillard qui a suivi le meeting de Villepinte.

En donnant tout au long de l’émission d’hier soir un sens et une cohérence retrouvée à son message aux Français, Ségolène Royal a, je le crois, atteint son objectif.

Reste les arguments qui sont de l’ordre de la conviction, de l’explication, de la démonstration. A coup sûr les quinze prochains jours de la campagne vont être utiles et nécessaires pour continuer à progresser tant, sur le terrain de la crédibilité, une émission, aussi réussie soit-elle, ne peut suffire à faire un printemps victorieux.

Il faut donc, fort d’une relance de la campagne entamer la reconquête d’une partie de l’opinion qui veut, et c’est ainsi ,en savoir plus sur les retraites, sur le chiffrage du programme, sur la nouvelle donne sociale et salariale, sur l’impôt et le temps de travail. En revanche, comme beaucoup de téléspectateurs, j’ai la faiblesse de penser que, depuis hier au soir, pour ce qui relève, en vrac, de l’école, du co-développement, de la violence, du logement, de la réforme démocratique, de la jeunesse, de l’économie sociale et solidaire, du handicap… Nicolas Sarkozy n’a qu’à bien se tenir.

Une autre phase de la campagne s’ouvre donc après l’émission de TF1. Jeudi prochain en présentant son équipe de campagne, face à certains médias dont la grossièreté et la servilité sont les deux caractéristiques majeures depuis presque deux mois, Ségolène Royal devra s’imposer et indiquer un tempo nouveau.

A ceux, à droite comme à gauche, qui espéraient secrètement hier soir un décrochage définitif de Ségolène Royal sur le plateau de TF1, ce lundi 19 février est à marquer d’une pierre noire. Depuis 23 heures hier soir nous sommes probablement rentrés dans la phase active de la campagne présidentielle et tout porte à croire que Ségolène Royal sera bien au rendez-vous du printemps 2007. Le printemps de la France.

medium_ecouter_une.gifVoir la première partie de l'émission



medium_ecouter_une.gifVoir la seconde partie de l'émission

 

Lyon, le 20 février 2007.

Commentaires

J’ai encore rêvé. Tu sais, un de mes rêves prémonitoires (si, si)

Tu revenais enfin d’Erevan et tu t’installais devant cette télé que, comme moi, tu honnis souvent. Juste à temps pour entendre Ségolène sur TF1.

Il y avait, dans ton immense salon, derrière le poste à écran plat, plusieurs dizaines de millions de gens. Je me demande encore pourquoi je ne me suis pas réveillé à ce moment-là. C’est ridicule, des millions de gens dans cette pièce. Sauf si tu as fait des travaux, forcément inconsidérés vu ton salaire de prof à plus de 4000€ comme le dis si bien le sous-ministre du budget. De plus, c’était enfumé, tant tu tirais sur tes cigarettes.

Ce qui est fou, c’est que dans ce rêve j’entendais les voix de chacun de ceux qui étaient planqués dans ton salon.

Il y avait une syndicaliste sympa (si, si, il y en a plein), le bras en écharpe, la voix couverte par les aboiements de son chien qui lui aussi jappait de joie. Elle disait à son voisin au chapeau brun (ou blanc, je ne me souviens plus très bien) : « Je sens que nos coco… copains – elle bégayait un peu - comprennent enfin que cette femme-là seule peut nous faire mieux vivre tous ensemble et nous sortir de cette m… ».
Un jeune black faisait danser une blonde au chapeau noir façon Madame de Fontenay en lui murmurant dans l’oreille emperlousée « T’as entendu, beauté, fini les discours racoleurs qui allument les mecs les uns contre les autres. Et en plus, si je te serre contre mon cœur, je suis sûr que tu comprendras que les mots du petit sont pas justes, qu’ils sont réacs. ». Et la grande dame un peu coincée lui répondait « Serre-moi fort, contre ton corps, oublie le temps et les heures, et pour nous deux, à l’infini, retiens laa nuiiiit » – non, là je crois que c’est un égarement de pré-réveil. Tu sais : au moment où les rêves commencent à être pilotés par la raison ; en fait, dans mon rêve, elle disait d’un timbre précieux (à 50 centimes d’euro) : « Mon petit, les mots de Sarkozy, sont avant tout comme ses solutions : inefficaces ».
Il y avait même des artisans, des commerçants, des entrepreneurs (je m’en souviens bien, ils avaient tous quelque chose à l’oreille : qui, un crayon ou un stylo, qui un portabe, qui, une oreillette). Ils disaient : « ce coup-ci, on aura une Présidente qui va renouer les liens entre nous et les gars salariés ». Au début, ils n’étaient pas nombreux, mais à la fin de l’émission, ils étaient plusieurs centaines de milliers et ils avaient fondé un syndicat dissident du Medef. Il y en a même un, le plus râleur, qui s’était entendu sur une date de rencontre avec la syndicaliste dont le chien pissait de joie contre la jambe de pantalon d’un élu milloniste effondré.
Il y avait plein de gens différents : ceux qui ont assez pour vivre qui discutaient de fiscalité et de logement avec ceux qui manquent de tout. Il y avait aussi des débats assez vifs entre jeunes (ils n’étaient pas tous du MJS) et moins jeunes, entre sangs mêlés évidents et sangs mêlés qui s’ignorent, entre mecs et nanas de pays du Sud et nanas et mecs de pays du Nord. J’ai même entendu une ménagère qui avait allègrement passé les cinquante ans, une fan de Bayrou, qui disait étonnée à sa voisine « Et François qui nous disait qu’elle était creuse : elle a un vrai programme, cette femme ». Sa copine moustachue lui répondait : « Ouais, moi elle me donne confiance. C’est cohérent, son truc et on est loin des « y’a qu’à prendre l’argent chez ceux qui en ont » et des « y’a qu’à faire suer le burnous de tous ces assistés et de tous ces salariés bardés de protection sociale » ».

Bref, un rêve formidable qu’on faisait ensemble (pas dans la même chambre quand même), quand ma femme, m’entendant glousser de joie, a cru que je me moquais d’elle et m’a poussé en bas du lit.
Je suis tombé sur le coin de ma table de nuit et j’ai un coquard qui orne désormais mon œil droit (tant qu’à faire, le droit au beurre noir c’est mieux qu’une conjonctivite sur l’œil gauche). Il y avait un vieux bouquin oublié sur ce meuble trop anguleux à mon goût. Un vieux bouquin qui me servait pour agrémenter mes discours d’autrefois de citations que je pensais profondes et qui cachent mon manque crasse de culture universitaire : « 400 citations pour le manager ». Je l’ai ouvert au hasard et, tiens-toi bien, j’y ai lu cette citation du maréchal Foch « Fortement pressé sur ma droite, mon centre commence à céder. Situation excellente. J’attaque. »
Je ne sais pas toi, mais moi, cela me dit quelque chose.
Amicalement, depuis mes monts
Patmos Tarse

Écrit par : Patmos Tarse | 20/02/2007

Excellente prestation de Ségolène ROYAL contre mauvaise "bulle médiatique"...

On l'attendait tous "au tournant" hier soir , mais sa prestation a été marquée par la force, la conviction et le réalisme de ses propositions contre une une certaine " bulle médiatique" qui trouve presque vulgaire de répondre aux attentes d'une grande partie de la population qui ne peut se contenter de propos (et non des propositions) démagogiques du ministre de l'intérieur... relayés par certains médias dont le courage et l'indépendance leur sont aussi éloignés que le rockn'roll peut l'être d'Hervé VILLARD...

Écrit par : olivier | 20/02/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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