Avertir le modérateur

21/01/2007

Hrant Dink assassiné

medium_hrant_Dink.2.jpgSamedi, en fin d’après-midi, nous étions plus de 300, place Antonin Poncet, au pied du mémorial, pour rendre hommage au journaliste turc d’origine arménienne, Hrant Dink, assassiné à Istamboul la veille.

Celui qui était désigné comme une cible depuis longtemps est donc tombé tragiquement sous les balles d’un individu que l’Etat turc nous désignera, un de ces jours comme un illuminé, un nationaliste isolé ou un pauvre type.

En vérité le fondateur et animateur de l’hebdomadaire « Agos » se savait en sursis. « Mon état d’âme » disait-il « est celui d’un pigeon inquiet ». Comme de nombreux journalistes intellectuels et démocrates Turcs il avait été poursuivi au titre du sinistre article 301 qui traque ceux « qui insultent la nation et l’identité turque ».


Indépendant mais modéré, Dink avait toujours exigé la reconnaissance du génocide des arméniens non sans régulièrement faire valoir une position critique à l’égard de la diaspora et singulièrement des arméniens de France. Cette différence d’appréciation, Dink parlait beaucoup de reconnaissance mais aussi de réconciliation, n’empêchait pas nos concitoyens d’origines arméniennes de reconnaître le talent et le courage de Hrant Dink. Il y a quelques mois d’ailleurs, « France Arménie » nous proposait la une de son magazine représentant Dink vu au travers d’une cible : C’était malheureusement prémonitoire.

Au travers de cet assassinat qui est peut-être le prélude à d’autres, il convient de poser une nouvelle fois la question de la nature de l’Etat turc. Il convient une nouvelle fois d’exiger la nécessaire émergence des droits démocratiques dans un pays qui frappe aux portes de l’Europe. Il convient enfin de rappeler, parce que c’est incontournable, que la reconnaissance du génocide de 1915 doit s’imposer à un pays qui pratique, force est de le constater, un négationnisme d’Etat.

Cet assassinat de Dink n’est en aucune façon le triste apanage de la communauté arménienne. Vendredi c’est un journaliste que l’on a assassiné dans les rues d’Istambul, c’est donc à l’ensemble des démocrates français et européens de se mobiliser pour la défense des droits démocratiques et des minorités en Turquie, pour la reconnaissance par la Turquie du génocide arménien. 

Lyon, le 21 janvier 2007

09:00 Publié dans Ainsi va la vie... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Dink, Hrant, Arménie, turquie, arménien, génocide, instambul | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Et les conneries continuent.

ISTANBUL (AFP) - Les forces de sécurité turques ont été de nouveau mises dans l'embarras vendredi dans l'enquête sur le meurtre du journaliste d'origine arménienne Hrant Dink avec la publication de "photos souvenirs" montrant des policiers et gendarmes posant avec le tueur présumé.

Sur des images et photos publiées par les médias, on voit le jeune suspect, visiblement fatigué et incrédule, déployant un drapeau turc flanqué de deux agents de sécurité décontractés devant un calendrier sur lequel figure la citation suivante du fondateur de la Turquie, Mustafa Kemal Atatürk: "la terre de la mère-patrie est sacrée. Elle ne peut être abandonnée à son sort".

La scène se passe à Samsun, ville portuaire du nord du pays, où Ogün Samast, un adolescent de 17 ans qui a avoué avoir tué le journaliste le 19 janvier à Istanbul, a été arrêté le lendemain.

Le procureur de Samsun Ahmet Gökçinar a indiqué à l'agence Anatolie qu'une enquête visant la police et la gendarmerie, corps d'armée qui dépend du ministère de l'Intérieur, avait été ouverte sur cet incident.

Quatre gendarmes et quatre policiers de Samsun impliqués dans ce scandale ont ensuite été démis de leur fonctions, a rapporté Anatolie, citant des sources du ministère de l'Intérieur.

La police est déjà sous le feu d'allégations selon lesquelles elle aurait été informée il y a un an d'un projet d'assassinat du journaliste, détesté par les cercles nationalistes en raison de ses remarques sur le génocide arménien sous l'empire ottoman --que la Turquie rejette--, mais n'y a pas donné suite.

La presse libérale et le principal parti d'opposition au Parlement ont réclamé la tête du ministre de l'Intérieur Abdülkadir Aksu et du chef de la police stambouliote, Celalettin Cerrah, les accusant de n'avoir pas protégé M. Dink qui avait écrit dans son journal bilingue Agos avoir reçu des menaces de mort.

Mais le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a clairement rejeté vendredi cette éventualité.

Dans ce nouveau scandale, les journaux s'en sont pris aux forces de sécurité de Samsun pour avoir présenté le jeune assassin présumé comme un "héros".

"Il ne manquait plus que de donner un baiser sur le front de l'assassin", martelait le quotidien Radikal tandis que pour le journal Vatan, "ces images sont encore plus graves que le meurtre lui-même".

Huit personnes, dont Samast, qui feraient partie d'un même groupuscule ultranationaliste de la grande ville de Trabzon (nord-est), ont été inculpés et écroués à Istanbul dans le cadre de l'enquête.

Le gouverneur et le chef de police de Trabzon ont été limogés la semaine dernière.

Écrit par : LAchePasLAffaire | 05/02/2007

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu