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02.09.2010

Sarkozy, le grand tisonnier

feu.jpgComme l'avait prédit dès 1979 le célèbre duo pythique Stone et Charden, l'été fut chaud. Non pas de cette chaleur bolloréene des premiers jours du quinquennat à la faveur desquels Notre Infaillible Nespote allait pudiquement se prélasser sur le frêle esquif d'un ami boursicoteur.

Cette fois-ci, la chaleur fut davantage étouffante et pesante, du type de celle qu'on rencontre bien souvent dans la cuvette grenobloise. Sarkozy semble y avoir troqué son Kärcher contre un tisonnier ardent, attisant des sentiments peu glorieux et érigeant l'esprit d'amalgame en mode de gouvernement. Si son discours prononcé à Grenoble fut pire que les autres, c'est aussi sans doute parce qu'il fut inaugural d'un festival de démagogie qui permet légitimement de proposer à l'UMP de devenir sans plus tarder l'Union pour un Mouvement Populiste.

Et les sicaires chargés du sévice après vente purent jouer, sous les feux de la rampe, aux exégètes décomplexés de la déchéance nationale, du sécuritarisme caravanesque et de la charterisation des roms, confirmant cet adage populaire qui nous apprend que le pire n'est jamais décevant.

Il y eut bien évidemment la triplette azuréenne - Estrosi, Ciotti, Mariani - toujours à l'affût d'une générosité sécuritaire, coutumière de ses plaidoiries altruistes qui nous font apprécier chaque jour que Dieu fomente le rattachement du comté de Nice et du Comtat Venaissin à la France.

Surtout il y eut Brice et Eric, les fameux duettistes de l'immigration nationale et de l'identité française désunies, l'un disputant à l'autre, dans une surenchère épatante et en technicolor, la conquête du bâton de Maréchal du sarkozysme. Le réchauffé n'effraya personne, à l'instar de Brice Hortefeux, pourfendeur sans rougir des leçons données par une supposée gauche caviar dont il est bon de rappeler ici qu'elle n'eut jamais à se démettre, elle, pour avoir fait payer aux contribuables des volutes cubaines tant appréciées ces dernies temps d'une certaine droite cigare. Et puis voir un ministre, né à Neuilly et par surcroît fils de banquier, s'attaquer aux milliardaires, fussent-ils de gauche, est assurément d'une volupté de fin gourmet...

"Le triomphe des démagogies est passager, mais les ruines sont éternelles." (Charles Péguy, droite grognard)

A la semaine prochaine

Lyon, le 2 septembre 2010

Stéphane Nivet

01.09.2010

Catalogne

Catalogne.jpgMon ami Philippe Dibilio a décidé pour cette saison de prendre un peu de distance avec « De Lyon et d’ailleurs » afin de se consacrer à des travaux plus personnels. Que Claude Puel, l’entraineur de l’Olympique lyonnais se rassure donc, il n’aura plus à subir les foudres souvent méritées de Philippe. Si Philippe Dibilio dispose toujours de son rond de serviette sur ce blog et donc de la possibilité de nous donner son grain de sel quand il en ressentira le besoin. Dès demain, son successeur, Stéphane Nivet, nous livrera chaque semaine un billet que l’on souhaitera aussi fougueux que ceux de l’ami Dibilio et les quelques repères biographiques relatifs à Stéphane devraient vous mettre l'eau à la bouche.

En attendant, on me signale que vendredi et samedi prochain la place de la République devrait présenter un sympathique petit air catalan et donc prolonger notre goût pour les vacances. En effet, les 3 et 4 septembre l’ « Agencia Catalana de Turismo » va investir le cœur de Lyon pour y présenter son potentiel touristique par le biais de toute une série d’animations justifiées par le lancement de l’année de la Catalogne en France (2010-2011).

Les autorités catalanes vont donc proposer aux lyonnais autour d’un petit village des envies de Val d’Aran, de Barcelone ou de la Costa Brava. Monuments en miniature, ateliers pour les enfants, danses et chansons seront au menu de ces deux journées avec le concours de la Ville de Lyon et de la Région Rhône-Alpes.

> Envie de Catalogne, Lyon, 3 et 4 septembre 2010, place de la République, 1er arrondissement

Renseignements sur www.enviedecatalogne.fr

Lyon, le 1er septembre 2010.

31.08.2010

Roms

Kouchnerizroms.jpgLes premières expulsions de camps de Roms dans notre région ont eu lieu. On entend peu nos élus à part la récente déclaration de Gérard Collomb sur Europe 1. Du style : "de la fermeté, et en même temps de l'humanité". C’est presque du Besson dans le texte (pas celui des aires obligatoires pour les gens du voyage, mais celui de la question fumeuse sur l’identité nationale).

Certes, le premier des Strausskaniens lyonnais, après avoir dit "Il faut qu'il y ait des expulsions", a heureusement ajouté "un certain nombre d'entre eux peuvent être intégrés dans nos villes; il faut le faire, et je dis au ministre de l'Intérieur que je suis prêt à le faire avec lui"… C’est un peu court jeune homme et l’on pouvait dire bien d’autres choses en somme…

Je crains fort que, le nez sur les sondages récents, nos élus ne soient trop polarisés par leur volonté de montrer que la gauche n’est pas laxiste au contraire du refrain entonné ad nauseam par la droite. Et étant ainsi polarisés, ils n’entrent, parfois à leur corps défendant, dans le jeu débile et mortel  de la désignation des boucs émissaires.

Je ne sais pas toujours distinguer un étranger d’un bon vieux Français de souche (aujourd’hui, même les gens du voyage rappellent qu’ils sont Français et qu’ils ne veulent pas être confondus avec les Roms), un bon Européen d’un Européen indésirable. C’est certainement un vieil accès d’angélisme soixante-huitard, mais mon cerveau un peu lent a du mal à croire  que les 1500 à 2000 Roms qui squattent et bidonvillent notre belle ville créent une situation si inacceptable qu’elle conduit à dresser de nouvelles frontières.

Certes, l’insuffisance de logements sociaux ne facilite pas le logement de ces familles qui dans leur immense majorité ne demandent qu’à se sédentariser (et dont les enfants sont très souvent scolarisés). Fallait-il soutenir, voire demander, des expulsions qui ne font que rajouter de l’errance à l’errance, du squat au squat et de la misère à la misère ?

Re-certes, la solution est européenne et roumaine, mais fallait-il céder à la manipulation ? Il suffisait d’entendre Gollnisch l’autre jour agiter les vieilles peurs de l’Autre et parler de centaines de milliers de Roms à nos portes pour se rendre compte qu’à mettre les mains dans la boue que remue ce gouvernement elle allait nous polluer tous au plus profond.

Alors, en attendant une éventuelle solution roumaine et européenne qui de toute façon prendra quelques années, pourquoi ne pas mettre en place des sites d’hébergement dédiés aux Roms pour 50 ou 100 personnes ? Le préfabriqué, l’eau et l’électricité sur des terrains aménagés, sont encore dans les moyens d’une société comme la nôtre, fut-elle en crise, et cela permettrait d’attendre que la situation des expulsés de camps illicites soit régularisée… Et, pour en finir avec les idées reçues sur les Roms :

> voir l’exposition « Voyages pendulaires, des Roms au cœur de l’Europe » avec les photos de Bruno Amsellem au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon ;

> lire l’excellent article de Laurent Burlet dans LyonCapitale (www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualit...)

Jean-Paul Schmitt

30.08.2010

Retraites à l’allemande

409px-SPD-Cube.svg.pngAlors que d’ici quelques jours la question des retraites va une nouvelle fois être posée dans la rue, c’est bien entendu du côté de l’Allemagne, pays très souvent montré en exemple de ce côté-ci du Rhin, que l’on lorgne. En effet, en invitant son pays à revoir l’âge de départ en retraite, Sigmar Gabriel, le président du SPD, a mis les pieds dans le plat en brisant ainsi le tabou imposé par son prestigieux mais contesté prédécesseur Gerhard Schroeder. Le leader social démocrate s’est donc manifesté en remettant en cause la loi de 2007 qui prévoyait une augmentation progressive de l’âge de départ à la retraite à 67 ans à partir de 2012. La loi en question conditionnant son entrée en vigueur au niveau d’emploi des seniors, Sigmar Gabriel a mis en avant le fait que seulement 10% des 60-64 ans exercent une activité professionnelle en Allemagne. Pire, concernant certaines professions, le taux ne dépasse même pas les 2% ce qui fait dire au leader du SPD que « l’on ne peut pas punir ceux qui ne peuvent plus travailler au-delà de 65 ans en réduisant de facto leur pension ». Cette nouvelle position d’une fraction du SPD à l’égard des retraites pose de toute évidence l’abrogation de la loi de 2007 alors que d’autres mettent au contraire en avant la nécessité de repousser l’âge de départ en retraite à… 70 ans.

Ce débat allemand largement alimenté par la situation démographique d’un pays atteint de vieillissement n’autorise plus la droite française à inviter de force l’exemple allemand dans nos propres discussions. Fonctionnant jusqu’ici comme une sorte d’argument d’autorité, il va bien falloir que ceux qui entendaient imposer ici la réforme des retraites en s’appuyant sur cette mythique vision allemande, changent leur fusil d’épaule.

Lyon, le 30 août 2010.

29.08.2010

Z comme "Zone critique 2010"

Z.jpgLes murs semblent tenir encore quand surgissent les extrêmes.

Les ordres aux visages colorés discutent doctement ou veillent, la violence cachée au creux des robes saintes et des boucliers.

Les peintres sont en bâtiment et le plafond de la Sixtine dégouline. On achète des burkas pendant que les rebelles, visière sur la nuque, bombent rageurs.

Un clown humain dirige le monde et tutoie l’Esprit de son doigt créateur. Il renverse les frontières fraternelles de ses paroles impulsives. Pendant que rêve le spectateur qui dort comme un enfant, d’étranges étrangers incorporés sur des listes d’asile noircies annuellement attendent résignés l’avion qui les emmènera vers le pays inconnu.

Don Quichotte épuisé dort à même le sol. Aux croisements des rues, les vierges ricanent. Qui voit encore Ernest Pignon Ernest sortir le crucifié du tombeau ?

L’état est limite et la zone est grise. Ni démocratie ordinaire, ni dictature. Ferments d’un basculement possible.

Zone critique 2010.jpg

Zone critique 2010, acrylique sur toile, 73x100 cm

Jean-Paul Schmitt

 

28.08.2010

Y comme "Yeshoua"

Y.jpgLe long des trottoirs bleus du midi, dans les pavés disjoints, à ras des murs de la ville, la balsamine ne pousse plus. Plus personne ne sait comment embaumer la plaie du temps.

Seul le vin amer calme encore l’impatience. L’eau est trop rare dans l’été de feu pour l’alegria. Où trouver ailleurs que dans l’ivresse le balsamo pour éviter les stigmates ?

Regarde-moi. Touche moi…

Yeshoua.jpg

Yeshoua, acrylique sur toile, 30x60 cm

Cadavre, l’homme qui titube et que les passantes ignorent tant elles croient le connaître ? Un seul regard les ferait impures pour sept jours ? Déjà enfants, elles courent se rincer avec l’eau des cendres de la vache rousse qui dort là-bas, après la place brûlante et blanche.

Pas une pour toucher ce Yeshoua qui rêve dans un ultime hoquet de leur dire : « Noli me tangere ».

Il a vu tant de Corrège, de Bronzino, de Fra Bartolomé, Mantegna, Holbein, Greco, Guerchin et autres Poussin pour ne pas crever du désir de rencontrer enfin celle qui voudrait le toucher.

Jean-Paul Schmitt

27.08.2010

X comme "XX (The)"

X.jpg

Il y a presque un an nous arrivait du sud-ouest londonien the XX un de ces groupes venus de nulle part qui en l’espace de quelques semaines peuvent aussi bien entamer une ascension définitive comme sombrer dans les oubliettes. Au terme d’un été plutôt favorable puisque écumant quelques-uns des festivals majeurs, the XX est, à condition que Dieu lui prête vie, en passe, si le deuxième album est à la hauteur, de bifurquer dans le monde des vedettes. Il faut dire que la pop légèrement new wave minimaliste du groupe de Oliver Sim est charmeuse malgré quelques inclinaisons à la déprime. De là à penser que nous tenons là Les Cure ou Depeche Mode d’après demain il y a un cap que je ne suis pas disposé à franchir.

A l’affiche des Eurockeennes, du Festival d’Hérouville Saint-Clair et des Nuits de Fourvière, j’ignore si l’essai a été transformé sur les scènes estivales mais de toute façon le plus difficile reste à faire. En effet, après le tourbillon engendré par le succès plus que remarqué du premier album, les gamins The XX devront être solides. D’après Hugo Cassavetti de Télérama l’environnement familial du groupe devrait être un atout car avec the XX pas question de conflit de génération, de rébellion ou de contestation. Il faut s’y faire, désormais nos rockeurs sont des fayots.

J'étais l'invité hier de la web TV lyonnaise Surf TV qu'anime Daniel Dubois. Voici la vidéo:

JYS Surf TV.jpg

Pour poursuivre sur la musique, je suis, avec l'équipe de Woodstower, l'invité demain à 10h samedi d'Hervé Laurent sur Radio Pluriel (FM 91.5). Vous pouvez écouter en direct l'émission ici. On parlera du festival, de culture à Lyon et de rock and roll.

Lyon, le 27 août 2010.

26.08.2010

W comme "Woodstower"

W.jpg

C’est donc les 3, 4 et 5 septembre prochain que se tient sur le Parc Nature de Méribel-Jonage le Festival de Woodstower.

Chaque année je m’évertue à vous convaincre d’aller faire un petit tour sur le « grand parc » histoire de soutenir ce festival qui, rappelons-le, était prié il y a quelques années de quitter sa base de l’ouest-lyonnais. Chaque fin d’été, malgré le travail effectué par les équipes de Woodstower et celles du Parc, les jeunes lyonnais ne sont pas en nombre suffisant pour assurer l’avenir d’une manifestation prometteuse. En effet, au-delà des quelques milliers de spectateurs qui se déplacent, si seulement les milliers d’autres, tous persuadés que c’est une idée géniale d’organiser un festival dans un Parc naturel, passaient enfin aux actes, dans les années qui s’annoncent la région lyonnaise serait à la tête d’un magnifique évènement musical, Woodstower devenant un véritable tremplin musical pour la saison à venir.

Arno JYS.jpgPour revenir à l’édition 2010 qui s’ouvre dans quelques jours, l’équipe de Woodstower a fait l’effort d’une programmation qui devrait faire l’affaire de tous autrement c’est à ne plus rien comprendre. Avec comme têtes d’affiches Peter Doherty, l’homme qui fume si bien sur scène, Arno notre meilleur rocker continental, Archive et Olivia Ruiz, Woodstower accueille également ce que Thomas le programmateur m’annonçait comme une véritable surprise pour le public français à savoir Tokyo Ska Paradise Orchestra. La très énergique Jeanne Cherhal, Luke, Four Tet ainsi qu’une kyrielle d’autres artistes attendent, entre fin des vacances et rentrée celles et ceux qui apprécient les évènements rassembleurs et à l’esprit aussi positif comme peut l’être Woodstower. Juré, craché, vous serez tous à Miribel-Jonage le premier week end de septembre.

Lyon, le 26 août 2010.

25.08.2010

V comme "Valse ou tango ?"

V.jpgSonge de valse ou tango rêvé ?

L’accordéon de Richard Galliano fait rouler des trilles de triolets, billes de verre aux couleurs emprisonnées d’agates, qui claquent en cascades sur les gradins de Fourvière. En bas, dans la rue, des rêves d’amants tournent gouailleurs et nostalgiques devant la tente oubliée d’un bar perdu. Blessures de lumière. Regards accrochés au lointain des horizons intérieurs. La ville tourne, tourne.

Valse.

Ralenti. Arrêt infime. Le bruit d’un rideau ponctue le silence. Argentique argentin au futur de papier glacé trop tôt jauni.

Pas glissés sur l’asphalte.

Tango !

Valse ou tango_.jpg

Valse ou tango ? acrylique sur toile, 73x54 cm

Jean-Paul Schmitt

24.08.2010

U comme "Urbatopies"

U.jpg

L’an passé, ici même, je vous disais le plus grand bien de l’ouvrage de Jean Haëntjens intitulé le « Pouvoir des villes » publié par les éditions de l’Aube. Cette année, le même auteur, chez le même éditeur, nous propose « Urbatopies » un voyage dans des villes qui, selon Haëntjens « sont en train d’inventer l’urbanisme du XXIème siècle ». Cocorico, avec Barcelone, Bilbao, Copenhague, Turin, Hambourg, Vancouver ou Nantes, Jean Haëntjens distingue Lyon ce qui, vous vous en doutez n’est pas pour me déplaire. Plus sérieusement dans un bouquin efficace car ramassé, Jean Haëntjens, qui tire quelques utiles leçons comme praticien car patron d’une agence d’urbanisme, nous propose avec « Urbatopies » une sorte de prolongement du « Pouvoir des villes ». Planification, Stratégie, Urbanisme durable, interrogations quant à la qualité urbaine sont au menu d’un bouquin dont les contours politiques, au bon sens du terme, sont particulièrement présents ne serait-ce qu’en s’en prenant « au glamour planning », « aux coups architecturaux sans lendemain » et en affirmant la nécessité d’impliquer nos concitoyens.

Le livre est destiné à l’ensemble des, professionnels de la ville, étudiants, élus, militants associatifs. Publié par l’Aube, il bénéficie au sein de la collection « Villes et territoires » de l’environnement de l’ESSEC business school pour, au bout du compte, se situer dans une collection que je ne résiste pas à vous conseiller.

- L’aube, « Villes et territoires » - ESSEC business school

- Jean Haëntjens, « Urbatopies », 2010, 16 euros

- Patrice Noisette et Franck Vallérugo, « Un monde de villes », 2010, 21 euros

- Luc Gwiazdzinski et Gilles Rabin, « Urbi et Orbi – Paris appartient à la ville et au monde », 2010, 19 euros.


NB: Réponses du quizz d'hier:

  1. Réponse A : le Front National
  2. Réponse B : Nicolas Sarkozy
  3. Réponse A : le Front National
  4. Réponse B : le Front National
  5. Réponse B : Marine Le Pen
  6. Réponse B : Nicolas Sarkozy
  7. Réponse A : Marine Le Pen
  8. Réponse B : Nicolas Sarkozy

Lyon, le 24 août 2010.

23.08.2010

U comme "Ulcérés"

812274608.jpgCet été, à propos du « président voyou », Jean-François Kahn nous a proposé une explication au nauséabond discours de Sarkozy suite aux événements dits de Grenoble. Pour Kahn, la thèse est simple. Sarko n’est pas un xénophobe ou un raciste, encore moins une variante des Le Pen. Pour l’ancien patron de Marianne, Nicolas Sarkozy est une sorte d’animal politique totalement désinhibé, affecté d’aucun interdit moral, politique ou idéologique. Comme le caïd dans sa cité, Sarkozy est, selon Jean-François Kahn, prêt à déclarer toutes les guerres à toutes les bandes rivales pour assurer l’avenir de son business. C’est donc un « président voyou » pas du tout effarouché qui, pour continuer à squatter l’Elysée après 2012, déploie les pires méthodes inspirées par les plus hideuses idées.

Brice_Hortefeux311008275_thumb%5B2%5D%2051DCD105.jpgBien que séduisante l’explication de Kahn peut être contestée mais il n’empêche que ce mois d’août 2010 demeurera dans la mémoire des démocrates et républicains français comme l’un des pires de la Vème république. Au nom de la défense des « honnêtes gens », les Hortefeux, Ciotti et autres Estrosi, chiens de garde du sarkozysme, ont dépassé les bornes en promettant des déchéances de nationalité, en pratiquant la chasse aux roms, en menaçant d’emprisonner les parents d’enfants délinquants, en voulant supprimer le paiement en espèces des allocations de rentrée ou en menaçant les maires (de gauche) soupçonnés de faire le lit de la violence. Le Monde daté de lundi dernier a judicieusement rappelé à ses lecteurs l’étrange similitude des formulations du Président avec celles des responsables du Front national. Au cas ou vous ne seriez pas ulcérés au terme de ce mois d’août par les vociférations gouvernementales et les propositions présidentielles, voici quelques extraits des propos tenus par la famille Le Pen et par le chef de l’Etat. A vous de faire le test, réponse demain.

Ils ont dit :

1)« La déchéance de nationalité pourra être prononcée par la juridiction concernée dans le cas de naturalisation acquise depuis moins de 10 ans et dans le cas de crime ou de délit grave ayant entrainé une condamnation à plus de 6 mois de prison, non assortie de sursis.»

Réponse A : le Front National

Réponse B : Nicolas Sarkozy

2)« La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou de toute personne dépositaire de l’autorité publique »

Réponse A : Jean-Marie Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

3)« Nous voulons généraliser la tolérance zéro dans certains domaines et instaurer une répression sévère contre les attaques organisées visant les forces de l’ordre, les secours ou les pompiers, notamment dans les quartiers sensibles »

Réponse A : le Front National

Réponse B : Nicolas Sarkozy

4)« Il faut supprimer l’acquisition automatique de la nationalité. L’acquisition dépendrait alors de critères reposant sur la bonne conduite et le degré d’intégration. »

Réponse A : Brice Hortefeux

Réponse B : le Front National

5)« Un terme doit être mis à l’avancée des signes ostensibles de l’Islam »

Réponse A : Nicolas Sarkozy

Réponse B : Marine Le Pen

6)« Chacun doit savoir se garder de toute ostentation, de toute provocation »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

7)« Les Français ressentent douloureusement le fait d’être bousculés dans leur identité nationale »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

8)« Le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance »

Réponse A : Marine Le Pen

Réponse B : Nicolas Sarkozy

Lyon, le 23 août 2010.

Photo: DR

22.08.2010

T comme "Théâtre"

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Triste et maudit été 2010 pour les lyonnais amateurs de théâtre puisque Philippe Faure, le directeur du théâtre de la Croix rousse s'en est allé, lui qui était tout sauf un malade imaginaire.

Demain, beaucoup d’entre-nous retrouveront le travail et, m’adressant là tout particulièrement aux lyonnais, je vous suggère de songer au cours de la semaine à vos abonnements si le théâtre vous intéresse. « Les Célestins » et « La Croix Rousse » proposent en effet une belle saison 2010-2011 et il ne faut pas être grand clerc pour prévoir à terme quelques embouteillages pour certains spectacles, certains jours. Plouf ! plouf ! Commençons par la Croix Rousse qui propose le beau menu concocté par Philippe Faure et accueille en Octobre l’excellent et toujours aussi beau Sami Frey, qui joue et met en scène « Premier amour » de Beckett, un spectacle créé l’hiver dernier au Théâtre de l’Atelier.

Pas le temps de se remettre de l’évènement puisque on nous suggère dans la foulée, « La Médaille », une adaptation du roman de Lydie Salvayre par Zabou Breitman puis début novembre 2 dates pour Christophe, le musicien étant sur le point de devenir un véritable pensionnaire croix roussien. Je ne vais pas vous faire l’article dans les moindres détails mais sachez que le théâtre de la Croix Rousse enchaîne avec Sylvie Mongin qui adapte Charles Juliet, des « Précieuses ridicules » popisantes, Victor Hugo mis en scène par Laurent Pelly, l’épatant Olivier Py adaptant les contes des frères Grimm sans oublier Perec est également de la partie.

Du côté des « Célestins », le menu est lui aussi alléchant puisque Claudia Stavisky invite d’entrée Jean-Louis Trintignant qui interprétera Prévert, Vian et Desnos dans un spectacle teinté de musique. Après « La nuit, les brutes » une création mêlant également musique et théâtre, Bruno Boëglin nous revient avec « Le prix Martin » et je ne vous cache pas attendre avec impatience la confrontation de Boëglin à l’univers bourgeois de Labiche. Après « Les récits de Choukchine » spectacle en russe surtitré en français puis « L’Opéra du Dragon » mis en scène par Johanny Bert, Lavelli débarque aux Célestins avec « Le Garçon du dernier rang » précédant « Les nouvelles brèves de comptoir » de Gouriot (Théâtre du Rond Point). Pour les fêtes de fin d’année, place à Alfredo Arias et son « Cabaret Brecht Tango Broadway », en janvier Jean-Pierre Vincent avec un Marivaux (Théâtre des Amandiers) et surtout le Théâtre du Soleil qui, depuis le Palais des sports de Gerland, fortement inspiré par Jules Verne et en partie écrit par Hélène Cixoux, proposera son nouveau spectacle « Les naufragés du fol espoir (aurores) ». Un évènement ! Shakespeare, Ionesco, Molière prendront la suite sans oublier bien entendu du 17 mars au 7 avril le spectacle mis en scène par la patronne des Célestins, Claudia Stavisky, « Le dragon d’or » un dyptique dont on nous dit qu’il est « l’évocation du déracinement, le rapport au pays d’origine ou au pays d’accueil », comme une sorte d’interrogation sur « des crispations nationalistes qui hantent les sociétés en proie aux doutes et aux crises.»

Théâtre de la Croix-Rousse, accueil et réservations au 04 72 07 49 49 et sur www.croixrousse.com

Théâtre des Célestins, direction Claudia Stavisky et Patrick Penot, billetterie au 04 72 77 40 00 et sur www.celestins-lyon.org

Lyon, le 22 août 2010.

S comme "Saison en images (une)"

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Lyon, le 22 août 2010.

20.08.2010

S comme "Saatchi"

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Début juillet, Charles Saatchi annonçait vouloir offrir à la Grande-Bretagne pour 30 millions d’euros d’œuvres d’art. Quelle générosité ! Charles Saatchi, co-fondateur de l’agence de publicité Saatchi & Saatchi célèbre en son temps pour sa dévotion à l’égard de Margaret Thatcher est donc, comme il sait parfaitement le faire, de retour dans l’actualité. Une actualité qui n’a rien à voir avec la publicité puisque se situant dans l’autre grand domaine de l’arnaque, à savoir l’art contemporain. Ce Charles, que l’on ne doit pas confondre avec Maurice, l’autre Saatchi, est donc un pubard en exil dans l’art contemporain, un type qui a tendance à réussir tout ce qu’il touche. A la tête de la première agence mondiale à l’époque du thatchérisme triomphant, Charles va très vite, malgré ses déboires de fils de pub devenir un incontournable de l’art contemporain Londonien. Fondateur d’une galerie sur Boundary Road, le collectionneur invétéré qu’il est devenu va faire sensation avec justement « Sensation » une exposition qui en 1997 va promouvoir à l’échelle de la planète les YBA (Young British Artists) tout d’abord à Londres (Royal Academy) puis à New York (Brooklyn Museum). Le scandale aidant Saatchi va s’en mettre plein les poches en assurant « la promo-vente » d’artistes comme Damien Hirst. « Sensation » devenant un véritable trampoline dans la carrière du natif de Bagdad, c’est donc, fort de sa nouvelle mauvaise réputation que Saatchi va ouvrir sur King’s Road 6 500 m² d’exposition d’art contemporain, un record planétaire pour une galerie. Peu bavard et cultivant son mystère oriental, époux de la célèbre Nigella Lawson, fille de son père éminent membre du part conservateur et productrice d’émission sur la bouffe, Charles aime s’entourer du mystère qui convient. Phaidon vient de traduire en français « Mon nom est Charles Saatchi et je suis un artoolique » une série d’entretiens que je vous engage à lire car c’est à mon sens la seule manière d’être certain de continuer à détester Charles Saatchi. Alors faites comme moi, si le cœur vous en dit.

charles_saatchi.jpgCharles Saatchi, « Mon nom est Charles Saatchi et je suis un artoolique », Phaidon, 9.95 euros.

Lyon, le 20 août 2010.

Photo: DR

19.08.2010

S comme "Sociologie de Lyon"

S 1.jpg

Voilà un petit bouquin de 120 pages, au demeurant fort intéressantes, qui pourrait s’adresser à priori à celles et ceux qui sont d’ailleurs, les gens d’ici étant toujours persuadés de connaître à la perfection leur ville. En fait cette « sociologie de Lyon » conçue par des universitaires lyonnais peut-être utile à tous. On peut la mettre entre toutes les mains car elle évite avec soin les clichés que très souvent la presse nationale continue de colporter. Cette petite sociologie est également recommandée à ceux qui voient des bobos partout ou qui doutent de la vocation internationale de la ville. Bref, vous saurez tout (ou presque) sur Lyon, sur une cité jeune, active et dynamique. Sur des Lyonnais qui sont plutôt sur-diplômés et qui semblent ne penser qu’à bosser au point d’oublier de se marier et donc de faire des enfants.

Vous l’avez compris aux confins de la géographie, de l’économie et de la sociologie, cet ouvrage de la collection « Repères » de La Découverte examine, après Bordeaux et Paris, le cas lyonnais avec un regard expert et un sérieux qui devient parfois rare de nos jours.

Sociologie de lyon.gif

« Sociologie de Lyon », Jean-Yves Authier, Yves Grafmeyer, Isabelle Malon et Marie Vogel, collection Repères, La Découverte.

Lyon, le 19 août 2010.

 
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